Fernand Pinal

peintre français
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Fernand Pinal
Naissance
Décès
Nationalité
Drapeau : France Française
Activités
Autres activités
Formation
Licencié en droit
Maître
Mouvement
Groupe de Charly
Influencé par
Distinctions

Fernand Pinal, né le à Bruyères-et-Montbérault (Aisne), mort le à Romeny-sur-Marne (Aisne), est un peintre et graveur (eau-forte et gravure sur bois) français.

BiographieModifier

Il est fils unique et son père, après un engagement militaire de neuf ans où il servit en tant qu'adjudant dans les Spahis[1], est receveur des impôts successivement à Bruyères-et-Montbérault, Gandelu, Charly-sur-Marne et Meaux, son dernier poste. Sous la forte pression de son père, après des études secondaires en interne au lycée de Laon jusqu'à la terminale qu'il redouble avec obtention du baccalauréat à Paris et une licence en droit obtenue elle aussi à Paris, Fernand devient fonctionnaire tout d’abord comme rédacteur au ministère de l’Intérieur, puis au service d’hygiène et des eaux minérales, puis comme chef de bureau aux régions libérées et enfin comme chef du personnel aux finances[1],[2].

Parallèlement, il n’a cessé de peindre et de graver.

D'abord élève de Jacques-Émile Blanche qu’il quitte rapidement, il entre dans l'atelier d'Henri Martin où il se lie d'amitié avec deux condisciples, Henri Le Sidaner et Pierre Eugène Montézin.

Il épouse Hélène Chérier, originaire de Meudon, qui passe ses vacances à Charly-sur-Marne, et tous deux habitent Paris à partir de l’année 1907.

En , il est mobilisé dans son bataillon d'artillerie à Laon, mais en raison de sa petite taille et de sa mauvaise vue, il est muté à Paris dans un service télégraphique.

Après la première Bataille de la Marne, il se rend à chaque permission entre Lagny et Meaux pour peindre les ruines des villages de la vallée de la Marne, souvent accompagné de son épouse et de leur petite fille Régine (dite « Ginette »). Les critiques de cette époque, comme son ami le poète Léon Bocquet, le surnomment « le peintre des régions dévastées ».

La guerre terminée, peintre et graveur confirmé, il est attiré par les forêts aux environs de Paris, notamment à Meudon, Viroflay, Clamart, et se spécialise dans la représentation des arbres en fleurs et de la splendeur printannière. Tour à tour illustrateur de magazines poétiques et musicaux, violoncelliste - il joue dans l'orchestre parisien de Casadesus - conférencier, poète, comédien, critique d'art, restaurateur de peintures, fin gourmet et pêcheur à la ligne (occupation qu'il partage parfois avec Montézin sur les bords du Loing), la peinture et la gravure sont demeurées les plus grandes passions de sa vie. A Gandelu, « où il a vécu ses plus belles années d'enfance et où ses randonnées dominicales de l'âge adulte se terminent régulièrement au bord du Clignon », il se lie d'amitié avec l'homme de lettres Alexandre Mercereau, propriétaire du château[3]. Ami de beaucoup de peintres tels qu'Eugène Buland, Gustave Valérian, Pierre Ladureau, André Dunoyer de Segonzac, Carlos-Reymond, Pierre Eugène Montézin et Henri Le Sidaner, il expose à plusieurs occasions au Salon de Lagny avec Édouard Cortès, Alexandre Jacob et Pierre Eugène Montézin. Il effectue plusieurs séjours à Royan entre 1925 et 1939[4].

Il est membre de la Société des artistes français et obtient la médaille d'or dans la section gravure de son Salon en 1957 pour Le marché et la cathédrale de Laon. Il est également membre de la Société nationale des beaux-arts et du Salon d'hiver, ainsi que du Comité des aquafortistes français. Peintre régionaliste, il est fondateur de la Société des artistes laonnois[5], membre de la société historique et archéologique de Château-Thierry, la ville de La Fontaine, où il invite Paul Fort.

Contributions bibliophiliquesModifier

  • Léon Bocquet, Les branches lourdes - Poèmes, 1903-1910, illustrations de Fernand Pinal, Éditions Albert Messein, 1929.
  • Charles Westercamp, Le Laonnois pittoresque - Tome 1 : Laon, préface de Paul Lacour, illustration collective dont Alfred de Maghelien, Fernand Pinal et Eugène Thiery, Éditions des Tablettes de l'Aisne, 1930.
  • Jean Ott (préface d'Albert Acremant), Sous le signe de la rose, illustrations de Fernand Pinal, Éditions O. Dousset, 1933.
  • Enguerrand Homps, Sonatine champêtre, illustrations de Fernand Pinal, Imprimerie de Matot-Braine, 1949.

Expositions personnellesModifier

Expositions collectivesModifier

Réception critiqueModifier

  • « Fernand Pinal a su pénétrer l'âme secrète des sites particulièrement aimés, et son pinceau très expressif, de clochers en clochers, a réalisé une illustration magnifique de ses itinéraires familiers. Mais c'est dans ses bois au burin et en couleurs, dans ses eaux-fortes, qu'il a réalisé peut-être la plus belle et la plus vivante documentation sur nos paysages et nos vieilles cités. Peintre délicat, sa palette est d'une extrême luminosité. » - Paul Flamant[10]
  • « Un excellent peintre impressionniste dans la lignée de Montézin, Signac, Loiseau. Tout est harmonie dans cette peinture honnête et de qualité où abondent des paysages équilibrés dans des teintes chaudes et nuancées.. » - Françoise de Perthuis[6]
  • « Il existe une parenté évidente avec Montézin dans le beau métier de cet élève d'Henri Martin. Pinal porte deux chapeaux, celui de fonctionnaire des Finances et celui de peintre. Il a beaucoup regardé Pissarro et sut ajouter les piments du pointillisme clair aux recettes traditionnelles du paysagisme selon Corot. » - Gérald Schurr[11]
  • « Le nombre important de ses travaux d'atelier confirme sa témérité à trouver son propre langage pictural. L'analyse méthodique des œuvres de Monet, la fréquentation permanente des musées et les conseils du peintre Le Sidaner feront le reste : le style est là, certes redevable du réalisme de Buland et du divisionnisme d'Henri Martin, mais le brossage résolument personnel le fait alors classer par la critique aux côtés des luministes. » - Noël Coret[3]

Pris et distinctionsModifier

  • Chevalier de la Légion d'honneur, 1920[1].
  • Médaille d'argent, Exposition universelle de 1937.
  • Médaille d'argent, Salon des artistes français, 1941.
  • Médaille d'or de la gravure, Salon des artistes français, 1957[1].

Musées et collections publiquesModifier

RéférencesModifier

  1. a b c et d Fernand Beaujean, Fernand Pinal et le Groupe de Charly, communication présentée à la Société historique et archéologique de Château–Thierry le 21 octobre 1967
  2. Noël Coret, Fernand Pinal, peintre-graveur, catalogue de l'exposition du musée Bossuet de Meaux, 1994.
  3. a b et c Noël Coret, Autour de l'Impressionnisme : les peintres de la Vallée de la Marne, La Renaissance du livre, 2000.
  4. a b et c Jacqueline Bonnifleau, « Une nouvelle œuvre de Fernand Pinal au musée », Bulletin d'information des amis du Musée de Royan, n°17, juin 2014, page 4
  5. a b et c « Fernand Pinal, le plus Laonnois des peintres », quotidien L'Union, 9 juin 2013
  6. a et b Françoise de Perthuis, La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°20 du 18 mai 1979, page 7.
  7. Françoise de Perthuis, « Fdernand Pinal - 1881-1958 », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°35, 12 octobre 1979, page 2.
  8. E-journal Sud de l'Aine, présentation de l'exposition Fernand Pinal, Charly-sur-Marne, 2015
  9. Les peintres de la Vallée de la Marne, Château-Thiery, 2009
  10. Paul Flamant (1874-1947), « Fernand Pinal », journal Le Nord-est, juillet 1929.
  11. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993, page 809.
  12. Musée franco-américain de Blérancourt, Fernand Pinal dans les collections
  13. Francis Szychowski, Fernand Pinal, Communauté d'agglomération du Pays de Laon
  14. Noël Coret, Fernand Pinal, peintre-graveur, catalogue de l'exposition du musée Bossuet de Meaux, 1994.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • René Édouard-Joseph, Dictionnaire des artistes contemporains, tome 3, Gründ, 1934.
  • Françoise de Perthuis, « La double vie de Monsieur Pinal », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°20 du .
  • Claude Robert, 5, avenue d'Eylau, Paris, trois Catalogues de ventes de l'atelier Fernand Pinal, , et .
  • Fernand Pinal, L'Orxois, un pays ignoré, Le Livre d'histoire, Paris 1992 (présentation en ligne) (ISBN 2-87760-876-X).
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993.
  • Noël Coret, François Pinal, peintre-graveur, Éditions du Musée Bossuet, Meaux, 1994.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Noël Coret, Autour de l'Impressionnisme : Les peintres de la Vallée de la Marne, La Renaissance du livre, 2000.

Liens externesModifier