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Ferdinand Gaillard

Ne doit pas être confondu avec Claude-Ferdinand Gaillard.
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Ferdinand Gaillard

Naissance
Aigues-Mortes, Drapeau de la France France
Décès
Bargemon, Drapeau de la France France
Activité principale Artiste lyrique
Ténor
Style opéra

Ferdinand Gaillard est un ténor français né à Aigues-Mortes le . Il est décédé à Bargemon (Var) le .

BiographieModifier

Après avoir reçu une solide formation au conservatoire de Montpellier, il a débuté au Capitole de Toulouse dans le rôle d'Arnold de Guillaume Tell de Rossini. Il s'est produit plusieurs fois au Grand-Théâtre de Nîmes :

  • le mercredi 8 novembre 1905 dans ce même rôle d'Arnold de Guillaume Tell.
  • le mercredi 22 novembre 1905 dans le rôle d'Éléazar de la Juive d'Halévy.
  • le 31 janvier 1906 dans le rôle de Raoul de Nangis des Huguenots de Meyerbeer.

C'est en 1906 encore qu'on le retrouve en tournée à Turin, en Italie. Il n'avait alors que trente ans et c'était le début d'une longue et brillante carrière qui le mena à travers toute la France, de Toulouse à Nantes, en passant par l'Opéra de Paris, et au-delà des frontières, jusqu'en Belgique, à Anvers et à Bruxelles où il interpréta, au théâtre de la Monnaie le Don Carlos de Verdi. À son répertoire, on peut rajouter également le Faust de Gounod.

Tous ces rôles, qu'il s'agisse d'Arnold de Guillaume Tell, ou d'Éléazar de la Juive caractérisent la voix de fort ténor, c'est-à-dire la capacité de monter jusqu'au ut dièse. De ce point de vue, la carrière de Ferdinand Gaillard s'inscrit dans la tradition de l'opéra français du XIXe siècle et illustre l'engouement du public pour les tours de force vocaux.

En 1837, Berlioz écrivait : « les ténors, avec leurs registres divers de sons mixtes, de sons de tête et de poitrine, varient entre eux à l'infini. Tel n'a que trois ou quatre sons de tête, tel autre en a beaucoup plus : Rubini en a six ; la plupart ne s'élèvent en voix de poitrine que jusqu'au la; Nourrit[1] donne le si naturel ; Duprez l'ut, Haitzinger donnait l'ut dièse. Tout l'intérêt de la reprise de Guillaume Tell réside pour le public dans cet ut introuvable ».

En effet, au tout début du XXe siècle, l'ut dièse continuait à déplacer les foules. Mais l'engouement pour les prouesses vocales était manifestement lié à l'aspect visuel de la représentation lyrique et au goût du public pour la magnificence. La Juive a sans doute marqué un sommet dans ce domaine. Les œuvres interprétées par Ferdinand Gaillard nécessitaient toutes une mise en scène grandiose, un orchestre élargi, qui annoncent les procédés mis en œuvre par Wagner.

Ces opéras se caractérisent aussi par l'opposition de plusieurs groupes qui forme un principe dramaturgique puissant : chrétiens contre juifs dans la Juive, protestants contre catholiques dans les Huguenots, peuple opprimé contre oppresseur dans Guillaume Tell. Dans tous ces opéras, la théâtralité inhérente à la liturgie (mariages, couronnements, processions, prières collectives), alternent avec les scènes intimistes.

Enfin, on peut noter que ces opéras avaient tous déjà connu un énorme succès. La Juive avait fêté sa 500e représentation en 1886. Et Les Huguenots avaient atteint des sommets avec une 1000e représentation à l'académie de musique de Paris en 1903.

Le répertoire choisi avait donc reçu l'approbation du public parisien, ce qui était une garantie de succès en province, comme en témoignait déjà Théophile Gautier, au XIXe siècle : « Un poète, un chanteur, un comédien que Paris a daigné favoriser de son approbation suprême peut aller partout le front levé, il est sûr des applaudissements de l'univers ».

Par ce répertoire, Ferdinand Gaillard perpétuait donc la tradition du grand opéra français du XIXe siècle et contribuait à faire connaître au public nîmois des œuvres qui avaient fait vibrer depuis des décennies les spectateurs des théâtres parisiens. On mesurera mieux sans doute l'importance de ces représentations si l'on songe qu'il n'y avait pas alors de possibilité d'enregistrement et que toute musique, pour exister, devait être sans cesse réinterprétée.

SourceModifier

Texte établi d'après une conférence donnée par Mireille Labrousse en 2003 au Carré d'Art à Nîmes.

Notes et référencesModifier

  1. Berlioz fait allusion à l'un des frères Nourrit : Adolphe Nourrit ou Auguste Nourrit, tous deux ténors