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Ferdinand Dugué

auteur dramatique, romancier
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Ferdinand Dugué
Ferdinand Dugué (1816-1913).png
Portrait-charge par Nadar (avant 1870).
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Ferdinand Dugué (, Chartres - , Paris)[1], est un poète et auteur dramatique français.

BiographieModifier

FamilleModifier

Fils de l'avocat Pierre-Joseph Dugué de La Fauconnerie et de Barbe Victoire Thérèse Feron[2], il est le cousin de Jacques-Claude Dugué d'Assé et l'oncle de Henri-Joseph Dugué de La Fauconnerie.

Ses parents sont propriétaires du château de Mainvilliers (Eure-et-Loir) et de sa ferme constituée de 43 hectares de terre labourable (en partie sur Mainvilliers et sur Amilly), d'une pièce de vignes et de deux près. Ils donnent en location cette dernière[3].

Il se marie le 20 novembre 1840 avec Henriette Joséphine Béguin, fille d'un officier de marine, avec laquelle il fêtera en 1910 ses 70 ans de mariage[4]. La bénédiction nuptiale a lieu dans la chapelle des Missions Étrangères, à Paris, rue du Bac. Ils auront deux filles, l'une mariée à l'imprimeur Richard-Gabriel Morris, promoteur des colonnes Morris, et l'autre à Egbert Abadie (1846-1913), directeur de l'Usine Abadie, maire du Theil et conseiller général de l'Orne.

JeunesseModifier

Il demeure dans une maison du cloître Notre-Dame à Chartres. Après être allé au collège de cette ville, il poursuit ses études à Paris, hébergé à la Pension Landry, où il obtient un accessit au Concours général de 1830. La ville de Chartres organise alors une cérémonie en son honneur à l'Hôtel-de-Ville le 12 septembre 1830 en présence notamment du maire Adelphe Chasles qui lui pose sur la tête une couronne de chêne dorée et du principal du collège de Chartres, l'Abbé Calluet[5].

FonctionsModifier

Il fut vice-président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques.

En 1870, il fut désigné comme patriote délégué de la Défense nationale pour le canton nord de Chartres[6].

Il présida de nombreuses années l'Association des anciens élèves du Collège de Chartres.

Faits marquantsModifier

En 1870, il doit affronter l'armée prussienne et raconte non sans humour cet épisode : « Le 21 octobre 1870, les Prussiens atteignaient Mainvilliers et bientôt une pluie d'obus et de mitraille s'abattait sur le village. Les obus fouillèrent mon petit parc avec une précision mathématique et s'ils épargnèrent ma maison, ce fut sans doute parce qu'une haute futaie de chêne la masquait aux pointeurs ennemis. J'avais avec moi les quarante gardes nationaux de Mainvilliers. Nous entendîmes plusieurs fois au-dessus de nos têtes des sifflements rapides et comme des violents claquements de fouet. C'est égal, ne puis-je m'empêcher de dire en riant à un de mes voisins, ils obusent de la situation. Soudain la terre vola près de moi et je ressentis une forte commotion : « Monsieur, me cria tranquillement notre clairon, ça vient de s'enfoncer dans le champ de carottes. » Nous dûmes quitter Mainvilliers, les Allemands, lorsqu'ils pénétrèrent dans ma maison, criblèrent mon portrait de coups de baïonnette ; il est toujours dans mon salon, orné de ces grains de beauté. Quelques jours plus tard, je lus dans une feuille prussienne : « Notre glorieuse armée est entrée à Chartres après avoir pris le fort de Mainvilliers. » Ma maison, un fort ! C'est un fort à peu près comme c'est un château[7] !"

Le 20 septembre 1900, il accueille, à la demande des autorités locales, dans le parc de son château de Mainvilliers (Eure-et-Loir) le président de la République Émile Loubet, venu assister à une revue militaire, pour un déjeuner champêtre[8]. Le menu, dont les mets sont préparés par la maison Potel et Chabot, est le suivant : melon glacé, truite boréale sauce rosette, cuissot de chevreuil moscovite, timbale Sévigné, chaufroid de canard glacé, marquise Jamaïque, faisans truffés Périgueux, salade Rachel, foie gras Charvin, fonds d'artichauts au Cliquot et macédoine de fruits frappés au marasquin[9]

DéclarationsModifier

Interrogé en 1910 par le journal Le Gaulois sur ce qu'il pense du mouvement théâtral contemporain, il répond : « Une seule chose m'étonne, c'est que le théâtre n'ait pas succombé déjà sous les assauts de ses trois plus mortels ennemis, la pornographie, le music-hall et le cinématographe. »[10]

DécèsModifier

Le 6 décembre 1913, il est mortellement blessé par un tramway boulevard Voltaire.

ŒuvreModifier

 
Affiche pour Le Monstre et le magicien donné au théâtre de l'Ambigu-Comique (22 juin 1861, Typographie Morris, Paris).
  • Les horizons de la poésie, 1836 (sa première œuvre publiée)
  • Les gouttes de rosée (poésie)
  • L'Oasis (poésie)
  • Mathurin Regnier
  • La Misère
  • Rauquelaure
  • Geoffroy Rudel, roman en deux volumes, 1836[11]
  • Le Vol des heures, poésie, Eugène Renduel, éditeur à Paris, 1839[12].
  • Le Juif de Venise, drame en 5 actes et 7 tableaux, 1854
  • Les Amours maudits, drame en 5 actes, 1854
  • André le mineur, drame en 5 actes, 1855
  • Le Paradis perdu, drame en 5 actes et 12 tableaux, 1856 (avec Adolphe d'Ennery).
  • Cartouche, drame nouveau en cinq actes (huit tableaux), 1859
  • La Fille du Tintoret, drame en cinq actes et six tableaux, 1859
  • Les Pirates de la Savane, drame à grand spectacle en cinq actes , d'Anicet Bourgeois et Ferdinand Dugué, représentée la premiere fois le 6 août 1859 au théâtre de la Gaité[13].
  • Les 32 duels de Jean Gigon, drame en 5 actes ...tiré du roman de M. A. Gandon, 1861.
  • La Fille des chiffonniers, drame en cinq actes et 8 tableaux, 1861 (avec Anicet-Bourgeois)
  • Le Monstre et le magicien, drame-fantastique en 5 actes et 11 tableaux, 1861 (avec le mime François Ravel)
  • La Bouquetière des Innocents, drame en 5 actes et 11 tableaux, 1862 (avec Anicet-Bourgeois)
  • France de Simiers, drame en cinq actes, en vers, 1863
  • Le Château de Pontalec, 1864 (avec Adolphe d'Ennery et Emile Abraham)
  • Marie de Mancini, drame en 5 actes et 8 tableaux, 1865 (avec Adolphe d'Ennery)
  • Salvator Rosa, 1866
  • Maximilien, poésie, 1867
  • Les Éclats d'obus, E. Dentu, éditeur à Paris, 1871[14].
  • Ismène, comédie en trois actes et en vers, 1873
  • Les Fugitifs, 1875 (avec Auguste Anicet-Bourgeois)
  • Les Épaves, E. Dentu, éditeur à Paris, 1881[15].
  • Théâtre complet, 5 tomes, Calmann-Lévy, éditeur à Paris, 1891.
  • Publie en 1853, la Prière des Naufragés :

« J’ai besoin par instant de rugir comme les bêtes féroces et de bondir comme les flots de l’Océan.– J’étouffe ici ! »

Notes et référencesModifier

  1. books.google.fr
  2. Acte de naissance no 169 registre de l'état civil de Chartres de 1816. Curieusement sur l'acte, il est écrit « Ferdinand Adrien Joseph Dugué, de sexe masculin, fils de Pierre Joseph Dugué de la fauconnerie »
  3. Feuilles d'annonces du département d'Eure-et-Loir n°34, 22 août 1822
  4. Journal de Chartres, 25 novembre 1910.
  5. Journal de Chartres, 12 septembre 1900 "Souvenirs Chartrains - Vieux Papiers"
  6. Journal de Chartres, 18 février 1910.
  7. Le Journal de Chartres du 30 septembre 1900.
  8. Journal de Chartres, 25 novembre 1910
  9. Le Journal de Chartres du 19 septembre 1900.
  10. Journal de Chartres, 22 février 1910
  11. « Geoffroy Rudel : Dugué, Ferdinand : Free Download & Streaming », sur Internet Archive (consulté le 14 octobre 2015)
  12. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5865011x.r=.langFR
  13. Les Pirates de la Savane, drame en quatre actes disponible sur Gallica
  14. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5863441t.r=.langFR
  15. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5865219x.r=.langFR

SourcesModifier