Femme à la toilette (Jan van Eyck)

peinture de Jan van Eyck

La Femme à la toilette est un tableau datant des environs de 1434 et aujourd'hui perdu du peintre néerlandais Jan van Eyck.

Femme à la toilette
Image dans Infobox.
Artiste
Date
vers 1434
Technique
Huile sur bois
Mouvement
Collections
No d’inventaire
1968.83, 1968.83Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

DescriptionModifier

L'œuvre est une scène de toilette. Deux femmes sont représentées. Le sujet principal est la femme située au centre géographique du tableau. Elle est vue en pied et se tient face au spectateur. Elle est nue et fait sa toilette. Sa main gauche tient un linge qu'elle tient sur son sexe. Sa main droite se situe au-dessus d'une petite bassine posée sur un meuble en bois. À sa gauche, une autre femme vêtue d'une robe rouge attend. Elle tient dans les deux mains un large tissu[1].
La scène se déroule dans le cadre d'un intérieur visible au plancher en bois, au mur percé d'une fenêtre et aux quelques poutres supportant le plafond. Quelques meubles sont visibles, dont celui qui soutient la bassine [2]. Au-dessus, sur le rebord de la fenêtre, un miroir convexe est posé et présente le reflet des deux personnages[1].

DatationModifier

Une œuvre perdueModifier

L'existence de l'œuvre n'est documentée que jusqu'en 1668 dans un catalogue d'une vente aux enchères portant sur la vente d'œuvres appartenant à la collection de Pieter Stevens[3].

L'image de l'œuvre ne nous parvient que sous la forme de deux copies : la plus ancienne est une copie datant du XVIe siècle réalisée par un peintre néerlandais anonyme ; la seconde apparaît dans un tableau de Willem van Haecht datant de 1628, intitulé La galerie de Cornélius van der Geest et qui décrit la collection artistique de Cornélius van der Geest dont il est le conservateur.

Témoignages écritsModifier

CopiesModifier

Copie du XVIe siècleModifier

 
Femme à la toilette, copie d'un suiveur anonyme néerlandais du XVIe siècle (Cambridge, Fogg Art Museum/musées d'art de Harvard).

L'œuvre représentée dans la galerie de Cronelis van der GeestModifier

Analogie avec Le portrait des époux ArnolfiniModifier

L'œuvre a pu être rapprochée d'un autre tableau de van Eyck chronologiquement proche, Les Époux Arnolfini[4]. Les deux œuvres représentent en effet un espace intérieur comparable, et des personnages disposés de la même façon près de la fenêtre. Le miroir convexe, le dressoir sous la fenêtre présentant des oranges sur son rebord, le lit à droite, et, au sol, les socques et le chien sont autant de similitudes frappantes entre les deux œuvres, qui ont parfois pu être considérées comme des pendants[5].

Le catalogue du marchand d'art d'Anvers Peter Stevens effectué en 1668, et qui décrit la collection de Cornelis van der Gheest qu'il avait récupérée à la mort de ce dernier, évoque un tableau de van Eyck représentant l'épouse du peintre Margareta, vêtue et dévêtue, qui pourrait bien correspondre à cette Femme à la toilette[5]. Si l'idée selon laquelle van Eyck aurait représenté sa propre épouse n'est pas à écarter totalement, l'historien d'art Bernhard Ridderbos préfère y voir la toilette nuptiale rituelle de Jeanne Cename, ou encore une représentation allégorique de la Fidélité[6].

RéférencesModifier

  1. a et b Bohn Saslow, p. 35.
  2. Ridderbos, p. 68.
  3. Jean-Philippe Postel 2016.
  4. harvardartmuseums.
  5. a et b Catalogue no 36, « Copie d'après Jan van Eyck, Femme à sa toilette », dans Till-Holger Borchert, Le Siècle de Van Eyck, 1430-1530 : Le monde méditerranéen et les primitifs flamands (catalogue d'exposition), Gand-Amsterdam, Ludion, , 280 p. (ISBN 90-5544-395-6), p. 239
  6. La question est traitée par Bernhard Ridderbos, « Objects and Questions », chapitre 1 de (en) Bernhard Ridderbos, Anne van Buren et Henk Th. van Veen, Early Netherlandish Paintings : Rediscovery, Reception, and Research, Los Angeles, Getty Publications, , 481 p. (ISBN 978-0-89236-816-7, lire en ligne), p. 70 et suivantes

BibliographieModifier

  • (en) Babette Bohn et James M. Saslow, A Companion to Renaissance and Baroque Art, Hoboken, Wiley-Blackwell, , 648 p. (ISBN 978-1-4443-3726-6 et 1-4443-3726-2).
  • (en) Lorne Campbell, The Fifteenth Century Netherlandish Paintings, Yale University Press, coll. « National Gallery Catalogues », , 464 p. (ISBN 978-1-85709-171-7).
  • (de) Daniela Hammer-Tugendhat, « Jan van Eyck - Autonomisierung des Aktbildes und Geschlechterdifferenz », Kritische berichte, vol. 17, no 3,‎ , p. 78-99 (lire en ligne).
  • (en) Craig Harbison, Jan van Eyck : The Play of Realism, Londres, Reaktion Books, , 317 p. (ISBN 978-1-86189-820-3).
  • (en) harvardartmuseums, « 227899 », sur harvardartmuseums (consulté le 17 septembre 2017).
  • (en) Julius Held, Artis Pictoriae Amator : An Antwerp Art Patron and His Collection, vol. 6, Tournai, Gazette des Beaux-Arts, , 348 p. (ISBN 2-8046-0678-3).
  • Jean-Philippe Postel, L'Affaire Arnolfini : Enquête sur un tableau de Van Eyck, Arles, Actes Sud, , 158 p. (ISBN 978-2-330-06563-8, lire en ligne).
  • (en) Bernhard Ridderbos, Anne Van Buren et Henk Van Veen, Early Netherlandish Paintings : Rediscovery, Reception and Research, Amsterdam, Amsterdam University Press, , 481 p. (ISBN 978-0-89236-816-7, lire en ligne).
  • (en) Peter Schabacker et Elizabeth Jones, Jan van Eyck's Woman at Her Toilet : Proposals concerning Its Subject and Context, Paris, Fogg Art Museum, .
  • (en) Linda Seidel, « The Value of Verisimilitude in the Art of Jan Van Eyck », Yale French Studies, vol. Special Issue: Contexts: Style and Values in Medieval Art and Literature,‎ , p. 25-43.