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Felipe Guaman Poma de Ayala
Felipe Guamán Poma de Ayala.jpg
Autoportrait de Felipe Guamán Poma de Ayala (Nueva Coronica y Buen Gobierno).
Biographie
Naissance
Décès
Activités

Felipe Guamán Poma de Ayala, ou Waman Puma de Ayala, (San Cristóbal de Suntuntu, province de Lucanas, département d'Ayacucho (Pérou), 1530~1550? - , ? 1615?), est un chroniqueur indigène du Pérou de l'époque de la conquête des Amériques. Malgré son nom mixte, il était bien indigène et non métis, et de famille noble inca ː ses noms quechuas totémiques, Guamán Poma (qui seraient transcrits aujourd'hui Waman Puma), signifient « aigle » ou « faucon » pour Guamán, et « puma » pour Poma, et sont associés aux divinités tutélaires du ciel et de la terre ; ils représentaient pour lui le cœur de son identité quechua, bien qu'encadrés par ses noms hispaniques, car, élevé avec les espagnols, il se considérait aussi d'origine latine, à la fois profondément inca et profondément chrétien et donc "indio-latino"[1]... Felipe est son prénom de baptême, hispanique. Aiala (ou Ayala) est le noble nom espagnol qu’il hérite de son père, lequel après avoir courageusement combattu aux côtés du Marquis d’Ayala (le conquistador Luis Ávalos de Ayala), et lui avoir sauvé la vie, fut déclaré comme son « frère » et autorisé à porter son nom comme distinction héréditaire[2].

Il descendrait, selon son manuscrit, d’une noble famille Yarowilca (es) de Huánuco[3] et serait le fils de Martín Guaman Mallqui y Juana Chuquitanta appelée Cusi Ocllo en quechua, noble descendante du Sapa Inca X Túpac Yupanqui. C'est pour souligner cette ascendance doublement noble qu'il signait parfois ː « Don Felipe (ou Phelipe) Inca Guaman Poma de Aiala Príncipe »[2],[4] .

Sommaire

ŒuvreModifier

Son œuvre intitulée El primer nueva corónica y buen gobierno (Nouvelle chronique et bon gouvernement), achevée vers 1615, est une longue supplique adressée au roi d'Espagne, abondamment illustrée, et dont les dessins décrivent avec un luxe de détails les terribles conditions de vie des habitants autochtones du Pérou après la destruction de l'empire inca. En plus, cette œuvre comprend la Mapa Mundi de Reino de las Indias – une réalisation unique parmi les cartes indigènes de l’époque pour l’usage de forme Mappa mundi[5]. Cette œuvre n'a été connue que trois cents ans après sa rédaction, après sa découverte en 1908 dans les archives de la Bibliothèque royale du Danemark ; on se perd en conjectures sur le cheminement qui l'y avait amenée.

Notes et référencesModifier

  1. C'est la thèse de l'historienne et américaniste française Marie-Claude Cabos Fontana née à Montevideo (Uruguay), professeure à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, dans son livre ː Marie-Claude Cabos et Fontana, Mémoire et acculturation dans les Andes : Guaman Poma de Ayala et les influences européennes, l'Harmattan, coll. « Recherches Amériques latines », (2000), 282 p. (ISBN 2738488137 et 978-2738488138), livre dont on lira un résumé ici ː « Mémoire et acculturation dans les Andes », sur Amazon.fr (consulté le 5 juin 2019).
  2. a et b (en) Rolena Adorno, Guaman Poma: Writing and Resistance in Colonial Peru [« Guaman Poma: écrire et résister dans le Pérou colonial »], University of Texas Press, Austin, coll. « Institute of Latin American Studies (ILAS Special Publication) », (ISBN 978-0-292-70503-6, lire en ligne), pp. XII et 17, (ASIN B01JXSNK38).
  3. (même si l'on pense aujourd'hui qu'il était plutôt originaire comme on l'a vu de la région d'Ayacucho)
  4. On pourra voir notamment sa signature manuscrite en forme de cartouche reprise en couverture du livre ː Rolena Adorno et Ivan Boserup, New Studies of the Autograph Manuscript of Felipe Guaman Poma de Ayala's Nueva coronica y buen gobierno [« Nouvelles études du manuscrit autographe de La nouvelle chronique et bon gouvernement de Felipe Guaman Poma de Ayala »], Museum Tusculanum Press, Copenhague, (ISBN 8772898380, lire en ligne), (ASIN B00QCLRLDU).
  5. (en) Rolena Adorno, « Andean Empire », dans Jordana Dym Jordana and Karl Offen, Mapping Latin America, Chicago, University of Chicago Press, .

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Liens externesModifier