Feed-lots

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Les feed-lots[1], feedlots ou parcs d'engraissement[2], désignent à la fois les parcs d'engraissement industriels et intensifs de bovins exploités pour la production de viande, et l’activité qui y est pratiquée.

Feed lots
Image dans Infobox.
Feed-lots au Texas.
Présentation
Type

Les feed-lots sont historiquement typiquement présents en Amérique du Nord (notamment aux États-Unis, dans les États du Texas, du Kansas et en Oklahoma). Ils se sont aussi développés dans d'autres pays ayant misé sur l'exportation de viande : Afrique du Sud, Argentine, Australie et Brésil. Plus rarement ce terme désigne des installations d’engraissement d’autres animaux (agneaux par exemple).

SystèmeModifier

 
Vue aérienne d'un important feedlot.
 
Parker Dairy, la plus grande exploitation laitière d'Arizona.
 
Un élevage de 18 000 moutons en Amérique au début du XXe siècle.

Il s'oppose au ranching (élevage extensif d'Amérique du Nord) ou en est jugé complémentaire[réf. nécessaire].

L'élevage extensif à l'ancienne s'est reconverti vers la production de reproducteurs. Certains ranchs (« naisseurs ») utilisent plusieurs races destinées à produire des veaux qui fournissent les feed-lots. Dès que les jeunes bovins ont atteint leur poids-objectif, ils sont transportés vers un abattoir, et remplacés par des veaux.

Certains feed-lots concentrent jusqu'à 150 000 bovins sur une ferme par exemple en Idaho[3]. En septembre 2014, l'Australie comptait 908 000 bovins dans des feed-lots[4]. Située près de Dalby, dans le sud du Queensland, Grassdale Station a une capacité de 52 390 unités de bétail standard (équivaut à autant d'animaux de 600 kg), avec une licence pour détenir 70 000 unités de bétail standard[5]. Probablement le plus gros feed-lots au monde, Karan beef en Afrique du Sud élève 160 000 bovins en même temps et envoie à l’abattoir 0,5 million d'animaux par an[6].

Critiques et enjeux sanitairesModifier

Ce mode d'élevage suscite des préoccupations d'éthique environnementale, d'éthique animale et plus largement des préoccupations de santé publique et environnementales.

Les parcs d'engraissement ont notamment fait l'objet de critiques pour des raisons de santé publique. Concentrer des bovins (ou d'autres animaux) les expose aux épidémies, aux pullulations de mouches[7], taons et de divers parasites et donc et à un certain stress pour les animaux, ce qui encourage les éleveurs à utiliser préventivement des antibiotiques, attitude qui favorise à son tour la dissémination de l'antibiorésistance[8],[9],[10] en rendant le travail des vétérinaires et des médecins plus difficile.

Le fumier et les déchets provenant des feed-lots sont une source de pollution plus intense et concentrée qu'en élevage extensif, et susceptible de contenir des pathogènes résistants et/ou des hormones de croissance (composés œstrogéniques qui sont aussi des perturbateurs endocriniens[11] là et quand elles sont autorisées ou là où elles seraient encore utilisées illégalement (le DES a ainsi été très utilisé par les feed-lots)[réf. nécessaire].

Les bovins engraissés aux céréales contiennent beaucoup plus de gras saturés que celui du bétail élevé à l'herbe (jusqu'à cinq fois plus selon certaines sources)[réf. nécessaire]. Les quantités de maïs en grains introduits dans l'alimentation de ce bétail, en engraissement peut à la longue diminuer les quantités d'acides gras oméga sains. L'ajout de protéines issues de féculents (soja) peut aussi contribuer à rendre ces élevages plus émetteurs (directement et indirectement) de méthane[12],[13] et autres gaz à effet de serre[14],[15] et ces concentrations animales sont sources d'ammoniac[16].

Rôle économiqueModifier

Les feed-lots sont dans le secteur agroalimentaire américain l'un des facteurs expliquant une partie du développement agricole des États-Unis, qui a été orienté pour produire d'une part un important volume de viande (dont à exporter) et d'autre part de quoi produire la nourriture industrielle alimentant ces animaux.

Source de productivité et de gains importants, ce modèle est copié par d'autres pays (le Brésil notamment) qui pourraient concurrencer les États-Unis.

Notes et référencesModifier

  1. « feed-lots », dictionnaire Larousse (consulté le 11 mai 2020).
  2. « parc d'engraissement », Le Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française (consulté le 11 mai 2020).
  3. (en-US) « Take a look inside one of the nation's largest cattle feedlots », sur AGDAILY, (consulté le 8 mai 2020)
  4. (en-US) « Beef Central profiles Australia’s 25 largest lotfeeders », sur Beef Central, (consulté le 8 mai 2020)
  5. « Mort & Co - Mort & Co's Feedlots », sur Mort & Co (consulté le 8 mai 2020)
  6. « World's largest feedlot drives SA's meaty export offer », sur Fin24, (consulté le 8 mai 2020)
  7. (en) Godwin, R. M., Mayer, D. G., Brown, G. W., Leemon, D. M., et James, P. J. « Predicting nuisance fly outbreaks on cattle feed-lots in subtropical Australia », in Animal Production Science, vol. 58, no 2, 2018, pp. 343-349.
  8. (en) Tymensen, L., Zaheer, R., Cook, S. R., Amoako, K. K., Goji, N., Read, R., ... et McAllister, T. A., « Clonal expansion of environmentally-adapted Escherichia coli contributes to propagation of antibiotic resistance genes in beef cattle feedlots » , in Science of The Total Environment, no 637, 2018, pp. 657-664 [présentation en ligne].
  9. (en) Ben, W., Wang, J., Pan, X., et Qiang, Z., « Dissemination of antibiotic resistance genes and their potential removal by on-farm treatment processes in nine swine feedlots in Shandong Province », China, Chemosphere, no 167, 2017, pp. 262-268, [présentation en ligne].
  10. (en) Beukers, A. G., Zaheer, R., Cook, S. R., Chaves, A. V., Ward, M. P., Tymensen, L., ... et McAllister, T. A., « Comparison of antimicrobial resistance genes in feedlots and urban wastewater », in Canadian Journal of Veterinary Research, vol. 82, no 1, 2018, pp. 24-38, [lire en ligne] [PDF].
  11. (en) Orlando, E. F., Kolok, A. S., Binzcik, G. A., Gates, J. L., Horton, M. K., Lambright, C. S., et Guillette Jr, L. J., « Endocrine-disrupting effects of cattle feedlot effluent on an aquatic sentinel species, the fathead minnow », in Environmental health perspectives, vol. 112, no 3, 2004, p. 353, [[lire en ligne] [PDF].
  12. (en) Muir, S. K., Chen, D., Rowell, D., et Hill, J., « Development and validation of a biophysical model of enteric methane emissions from Australian beef feedlots », in Modelling nutrient digestion and utilisation in farm animals, 2011, pp. 412-420, Wageningen Academic Publishers, Wageningen [présentation en ligne].
  13. (en) McGinn, S. M., Chen, D., Loh, Z., Hill, J., Beauchemin, K. A., et Denmead, O. T., « Methane emissions from feedlot cattle in Australia and Canada », in Australian Journal of Experimental Agriculture, vol. 48, no 2, 2008, pp. 183-185, [lire en ligne] [PDF].
  14. (en) McGinn, S. M., et Flesch, T. K., « A Technique for Estimating Greenhouse Gas Exchange Adjacent Cattle Feedlots », in Atmosphere, vol. 9, no 4, 2018, p. 139, [lire en ligne].
  15. (en) Beauchemin, K. A., et McGinn, S. M., « Methane emissions from feedlot cattle fed barley or corn diets », in Journal of Animal Science, vol. 83, no 3, 2005, pp. 653-661, [lire en ligne] [PDF].
  16. (en) McGinn S.M et Flesch T.K, « Ammonia and greenhouse gas emissions at beef cattle feedlots in Alberta Canada », in Agricultural and Forest Meteorology, 2018.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • (en) Aria Johnston, Amanda Elliott, et Michelle Bryan, « Estrus Cycle Management in Feedlots », Journal of Veterinary Research, vol. 62, 1998 pp. 268–274 [lire en ligne] [PDF].
  • (en) J.C. Simroth, D.U. Thomson, E.F. Schwandt, S.J. Bartle, C.K. Larson, et C.D. Reinhardt, « Survey of Cattle Feedlot Facilities in the High Plains Region of the United States », Kansas Agricultural Experiment Station Research Reports, 2017, vol. 3, no 1, article 10 [lire en ligne] [PDF].
  • (en) Shane P. Terrell, Christopher D. Reinhardt, Connie K. Larson, ChristopherI. Vahl, et Daniel U. Thomson, « Incidence of lameness and association of cause and severity of lameness on the outcome for cattle on six commercial beef feedlots » Journal of the American Veterinary Medical Association, vol. 250, no 4, 2017, pp. 437-445 [lire en ligne] [PDF].

VidéographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier