Fazal-ur-Rehman

homme politique pakistanais

Fazal-ur-Rehman
Illustration.
Fazal-ur-Rehman en juillet 2016
Fonctions
Chef de l'opposition (officiel)
Président Pervez Musharraf
Prédécesseur Benazir Bhutto
Successeur Chaudhry Pervaiz Elahi
Biographie
Nom de naissance Fazal-ur-Rehman
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Dera Ismail Khan, Province de la Frontière-du-Nord-Ouest, Pakistan
Nationalité pakistanaise
Parti politique Jamiat Ulema-e-Islam (F)
Diplômé de Université de Peshawar
Université al-Azhar

Maulana Fazal-ur-Rehman (en ourdou : مولانا فضل الرحمٰن), né le 19 juin 1953 à Dera Ismail Khan, est un homme politique pakistanais et un ecclésiastique islamique. Il a fondé et dirige depuis 1988 l'un des principaux partis politiques religieux du pays, la Jamiat Ulema-e-Islam (F). Il a été élu quatre fois député de l'Assemblée nationale et a été le chef officiel de l'opposition de 2004 à 2008.

Dans les années 1980 et 1990, Rehman s'allie avec Benazir Bhutto et participe à sa coalition gouvernementale durant ses deux mandats de Premier ministre. En 2002, il forme avec d'autres partis une alliance islamiste qui réalise un vrai succès aux élections législatives de 2002, mais qui se rompt quelques années plus tard. Depuis 2008, il s'est allié successivement avec le Parti du peuple pakistanais puis avec la Ligue musulmane du Pakistan (N).

Jeunesse et éducationModifier

Fazal-ur-Rehman est né à Dera Ismail Khan dans la Province de la Frontière-du-Nord-Ouest, dans le nord-ouest du pays. Il est le fils de Maulana Mufti Mahmoud, un intellectuel islamique qui a été ministre en chef de la province dans les années 1970[1].

Il a passé sa scolarité dans une madrassa, puis a obtenu un bachelor en études islamiques de l'Université de Peshawar en 1983. Il part ensuite faire ses études en Égypte, où il obtient un nouveau diplôme de l'Université al-Azhar[2].

Carrière politiqueModifier

Alliance avec le Parti du peuple pakistanaisModifier

 
Benazir Bhutto, alliée politique de Rehman durant près de dix ans.

Rehman revient au Pakistan en 1988 et est élu député durant les élections de la même année[3].

Rehman et son parti, la Jamiat Ulema-e-Islam (F), se sont alliés à la Première ministre Benazir Bhutto et au Parti du peuple pakistanais lors de ses deux mandats, de 1988 à 1990 puis de 1993 à 1996. Il partage avec elle son opposition à Nawaz Sharif et à la Ligue musulmane du Pakistan (N). Bien que fondamentaliste religieux, il a clairement soutenu son droit à devenir Première ministre d'une République islamique en tant que femme, et a mené campagne en sa faveur dans la Province de la Frontière-du-Nord-Ouest[4].

Rehman a été accusé de corruption durant sa participation aux gouvernements du PPP, et est présenté par ses opposants comme un homme opportuniste[3].

Alliance islamisteModifier

En 2002, son parti politique fonde avec d'autres partis religieux comme la Jamaat-e-Islami une coalition islamiste, la Muttahida Majlis-e-Amal. Lors des élections législatives de 2002, la formation réalise une bonne performance, avec 11,2 % des voix et 61 députés, devenant la troisième force de l'Assemblée nationale. L'alliance forme ensuite un gouvernement de coalition avec la Ligue musulmane du Pakistan (Q), qui soutient le président Pervez Musharraf.

En 2004, face au début du conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan, Rehman critique la politique militaire de Musharraf qui déclenche les hostilités avec certains groupes talibans. Rehman estime la politique pakistanaise dictée par les États-Unis et il quitte la coalition en 2004. En août 2004, il est officiellement élu chef de l'opposition à l'Assemblée nationale avec le soutien du Parti du peuple pakistanais[5].

Nouvelle alliance avec le Parti du peuple pakistanaisModifier

Lors des dernières élections de 2008, il est réélu député avec environ 56 % des voix face à cinq autres candidats dans la circonscription du district de Bannu de l'Assemblée nationale[6]. En 2008, la coalition qui comprenait son parti, la Muttahida Majlis-e-Amal, éclate et le parti de Rehman est le seul à ne pas boycotter le scrutin. La Jamiat Ulema-e-Islam (F), qui dispose de sept députés, rejoint ensuite la coalition de gouvernement du Premier ministre Youssouf Raza Gilani du Parti du peuple pakistanais, mais il la quitte en décembre 2010[7].

Alliance avec Nawaz SharifModifier

 
Fazal-ur-Rehman rencontre Shehbaz Sharif.

À la suite des élections législatives de 2013, Rehman est élu député dans la circonscription du district de Dera Ismail Khan de l'Assemblée nationale avec environ 47 % des voix face à 33 autres candidats[8], et remporte également l'une de deux autres circonscriptions dans lesquelles il s'est présenté mais choisit de conserver sa circonscription de naissance[9]. Sa formation réalise dans le même temps la meilleure performance de son histoire sans être membre d'une coalition, avec 15 députés et 3,2 % des voix. Il rejoint ensuite le gouvernement de Nawaz Sharif et sa Ligue musulmane du Pakistan (N), son ancien rival[10].

Échec de 2018Modifier

À la faveur des élections législatives de 2018, l'alliance Muttahida Majlis-e-Amal est refondée afin d'unir les forces islamistes et Fazl-ur-Rehman en prend la présidence[11]. Celle-ci échoue cependant à réitérer son succès de 2002 en remportant seulement 12 députés et 4,8 % des voix alors que Fazl-ur-Rehman est défait dans les deux circonscriptions de Dera Ismail Khan, avec 28 et 30 % des voix, perdant son siège à l'Assemblée nationale[12]. Rehman rejette les résultats et dénonce des fraudes, plaidant alors pour le boycott des assemblées auquel il renonce sous pression des autres dirigeants du MMA et de l'opposition[13].

Candidat à l'élection présidentielle pakistanaise de 2018, il reçoit le soutien de la principale formation de l'opposition, la Ligue musulmane du Pakistan (N)[14]. Il arrive deuxième du scrutin, derrière Arif Alvi du Mouvement du Pakistan pour la justice mais devant Aitzaz Ahsan, candidat du Parti du peuple pakistanais[15].

Manifestations de 2019Modifier

Le 1er novembre 2019, un cortège de près de 20 000 de ses partisans arrivent à Islamabad pour réclamer la chute du gouvernement d'Imran Khan, qu'ils accusent d'avoir été coopté par l'armée. Il reçoit également le soutien du PPP et de la PML(N)[16].

RéférencesModifier

  1. (en) Haroon Rashid, « Profile: Maulana Fazlur Rahman », sur BBC News, (consulté le 20 mars 2014)
  2. (en) « Ground Zero: Pakistan », sur PBS/The New Yorker (consulté le 20 mars 2014)
  3. a et b (en) « Fazlur Rehman - Profile », sur elections.com.pk, (consulté le 20 mars 2014)
  4. (en) « Maulana Fazlur Rahman », sur Story of Pakistan, (consulté le 20 mars 2014)
  5. (en) Ashraf Mumtaz, « Features; 27 May, 2004 », sur Dawn.com, (consulté le 20 mars 2014)
  6. (en) NA-26 (Bannu) Result sur le site officiel de la Commission électorale du Pakistan
  7. (en) « PPP won’t field candidate against Fazl in elections », sur The Siasat, (consulté le 20 mars 2014)
  8. (en) NA-24 (DERA ISMAIL KHAN) Result sur le site officiel de la Commission électorale du Pakistan
  9. (en) Ghulam Akbar, « Lakki Marwat notes: NA-27 promises tough battle in by-polls », sur The Express Tribune, (consulté le 20 mars 2014)
  10. (en) « JUI-F joins federal govt, bags 2 ministries », sur Dunya News], (consulté le 20 mars 2014)
  11. (en) Maulana Fazl to head recently revived MMA sur Dawn.com, le 21 mars 2018
  12. (en) Winless election for Maulana Fazl, Siraj-ul-Haq sur geo.tv, le 27 juillet 2018
  13. (en) Grand opposition alliance taking shape in parliament sur Dawn.com, le 31 juillet 2018
  14. (en) Opposition launches new efforts to reach consensus on presidential candidate sur geo.tv, le 2 septembre 2018
  15. Le Point, magazine, « Pakistan: un proche d'Imran Khan élu président (médias d'Etat) », sur Le Point (consulté le 4 septembre 2018)
  16. « Manifestation au Pakistan: ultimatum des islamistes au gouvernement », sur Le Point (consulté le 1er novembre 2019)

Voir aussiModifier

Lien externeModifier