Semaine de la mode

événement du secteur de la mode
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Une semaine de la mode, encore appelée « semaine des défilés » ou « fashion week » par anglicisme, est un événement de l'industrie de la mode, durant approximativement une semaine, et qui a lieu deux fois par an pour permettre aux stylistes et maisons de couture de présenter leurs dernières collections de prêt-à-porter, et de haute couture uniquement pour la France.

Gisele Bündchen défile à la Fashion Rio Inverno 2006.

PrésentationModifier

Des défilés de mode sont typiquement au centre de cet événement. Les quatre plus importantes « semaines de la mode » sont[1],[2], historiquement par ordre chronologique de création, celles de Paris[3] (sous l'égide de la Chambre Syndicale du Prêt-à-Porter des Couturiers et des Créateurs de Mode), Milan[4] (semaines milanaises sous l'égide de la Camera Nazionale della Moda Italiana (it), la plus importante semaine étant la Milano Moda Donna), et celle de New York (sous l'égide du Conseil des créateurs de mode américains) ; suivies de Londres (sous l'égide du British Fashion Council)[5]. Traditionnellement, la première semaine est attribuée à New York, et la dernière semaine à Paris, avec dans certains cas des « pré-collections »[6] ; chaque « Semaine » se succède de pays en pays, avec une période approximative d'un mois au total, pour les quatre plus importants événements. Paris est la seule ville du monde présentant des défilés « haute couture ».

Les semaines de la mode sont en décalage avec la réelle saisonnalité des produits présentés. Pour l'été, les quatre principales « semaines » mondiales ont lieu en début d'année, créant ainsi un décalage de plusieurs mois entre les premières présentations à la presse ou au public et la présence des créations à la vente en boutique[7]. Mais depuis le milieu des années 2010, face à la réactivité des copies de la fast fashion et au succès de réseaux sociaux tel que Instagram publiant immédiatement en ligne les défilés, les marques cherchent à réduire ce délai[7]. Burberry reste reconnue comme précurseur sur ce point, ayant imposé le « see now, buy now » où les vêtements sont commercialisés immédiatement après le défilé[8].

Vers la même période, plusieurs créateurs se mettent en opposition à ces diktats temporels : « Nous ne voulons pas participer à cette folie qui exige que l'on présente une nouvelle collection toutes les six semaines » ; car au delà des principales semaines mondiales, s'ajoutent, pour de nombreuses marques, les « pré-co » réservées aux meilleures clientes et acheteurs, ainsi que les « collections croisières » arrivant à mi-saison, ce qui peut représenter au total jusqu'à huit collections par an[8]. L'historien Olivier Saillard explique : « j'ai calculé le nombre de défilés qu'il y avait à Paris, Londres, Milan et New York en une saison. J'ai répertorié les marques les plus connues : il y a quatre cent dix défilés. Mon assistant a calculé quatorze mille huit cent soixante-dix nouvelles silhouettes, c'est à dire des millions de vêtements. Une telle quantité annule presque l'idée de création[9]. » « Je crois qu'on demande aux créateurs d'en faire trop, trop de collections. Il est inconcevable pour moi qu'un créatif puisse avoir une nouvelle idée tous les deux mois. […] On ne demanderait pas à un peintre ou à un sculpteur de faire une exposition tous les deux mois » souligne déjà Azzedine Alaïa, plusieurs années auparavant[10].

Les plus petites entreprises, qui ne peuvent et ne cherchent pas à suivre ce rythme effréné, se passent des fashion weeks en diffusant régulièrement des nouveautés, afin de rester présent dans les médias[8].

Durant la pandémie de Covid-19, l'absence de défilés remet plus encore en question l'existence même des « semaines de la mode » ; plusieurs marques comme Saint Laurent, Nina Ricci en France ou Gucci en Italie veulent réduire le nombre d'évènements annuels, voire imposer leur propre calendrier[11]. Pourtant depuis quelques années, ces défilés, finalement fréquents, servent à produire mois après mois du contenu pour les réseaux sociaux[8] et parfois, à créer un « évènement » destiné à être repris et relayé[12]. Mais cette pandémie contribue à accélérer la numérisation de la mode, avec l'organisation de shows virtuels sans public ou la création de showrooms en ligne. Au delà du simple défilé filmé, en remplacement de la fashion week de Paris durant la pandémie, 33 marques réalisent chacune une vidéo au format libre, mélangeant présentation de vêtements, court métrage scénarisé, voire expérience musicale[11].

Liste de semaines de la mode et événementsModifier

C'est la liste de mode semaines/événements/spectacles organisés chaque année ou deux fois par an dans le monde entier. La liste est classée par région et par pays.

Notes et référencesModifier

  1. Denis Bruna (dir.), Chloé Demey (dir.), Astrid Castres, Pierre-Jean Desemerie, Sophie Lemahieu, Anne-Cécile Moheng et Bastien Salva, Histoire des modes et du vêtement : du Moyen Âge au XXIe siècle, Éditions Textuel, , 503 p. (ISBN 978-2845976993), « Le défilé, de la présentation intimiste à la surmédiatisation », p. 432 « Parmi les centaines de fashion weeks qui existent aujourd'hui, ces quatre destinations sont restées les plus prisées. »
  2. (en) Emine Saner, « Fashion weeks go global », Fashion, sur guardian.co.uk, The Guardian, (consulté le ) « Paris, Milan, New York and London will always remain the king-pins of the fashion show season, »
  3. Jean Paul Cauvin, « Fashion Week : Paris confirme sa première place », sur prestigium.com, (consulté le )
  4. Jean Paul Cauvin, « Milano Moda Donna : pantomime à l’italienne », sur prestigium.com, (consulté le )
  5. Harriet Worsley (trad. de l'anglais), 100 idées qui ont transformé la mode [« 100 ideas that changed fashion »], Paris, Seuil, , 215 p. (ISBN 978-2-02-104413-3), « Paris défié », p. 105 « Dans la première moitié du XXe siècle, Paris resta la capitale indiscutée de la mode ; ses collections de haute couture lançaient les tendances. Cinquante ans plus tard, au début d'un nouveau millénaire, New York, Londres et Milan sont devenus de sérieux prétendants à la couronne. Dans les années qui ont suivi, Sydney, Bombay et Tokyo ont accueilli à leur tour des défilés de mode d'une importance majeure, […] »
  6. Valérie Leboucq, « « Fashion week », le business avant le glamour », Mode, sur archives.lesechos.fr, Les Échos, (consulté le )
  7. a et b Charlotte Brunel et Karine Porret, « La mode, fille publique », L'Express Styles, vol. supplément à L'Express n° 3373,‎ , p. 132 à 135
  8. a b c et d Elvire Emptaz, « La fashion week durera bientôt une année ! », Capital, no Hors-série,‎ , p. 40 à 41 (ISSN 1162-6704)
  9. Donatien Grau (préf. Naomi Campbell), Prendre le temps, Arles, Actes Sud, , 237 p. (ISBN 978-2-330-13098-5), p. 209
  10. (en) Dirk Standen, « The Future of Fashion, Part Nine: Azzedine Alaïa », sur vogue.com, (consulté le )
  11. a et b Anne-Marie Rocco, « Le luxe français poussé à réécrire sa légende », Challenges, no 663,‎ , p. 34 à 37 (ISSN 0751-4417)
  12. Céline Cabourg et Henri Delebarre, « La mode a-t-elle encore de l'audace ? », sur Marie Claire (consulté le )

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Sophie Kurkdjian (dir.), « Lever de rideaux lors des Fashion Weeks », dans Géopolitique de la mode. : Vers de nouveaux modèles, Paris, Le Cavalier Bleu, (lire en ligne), p. 89-108

Articles connexesModifier

Lien externeModifier