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Famille Cousin (Nozeroy)

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Famille Cousin
Image illustrative de l’article Famille Cousin (Nozeroy)
Armes

Blasonnement D'azur à la fasce d'argent, chargée d'un serpent ondoyant en fasce de sinople, à la queue enroulée trois fois, langué de gueules, et accompagnée en chef d'une colombe essorante d'argent, becquée et membrée d'or[1],[2]
Devise Simplicitas prudens, prudentia simplex
Période XVIe – XVIIe siècle
Pays ou province d’origine Flag of Franche-Comté.svg Comté de Bourgogne
Allégeance Blason famille fr Chalon Arlay.svg Maison de Chalon-Arlay
Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnole
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Charges Chambrier de Hugues de Chalon
Fourrier de la cour de Charles Quint
Fonctions militaires Mestre de camp
Maréchal de camp
Fonctions ecclésiastiques Chanoine
Abbé de Faverney

La famille Cousin, originaire de Nozeroy en Franche-Comté, fut anoblie en 1555 par lettres patentes de Charles Quint en faveur de cinq frères. Elle fut notamment illustrée par Gilbert Cousin (1506-1572) dit Gilbertus Cognatus Nozerenus [3], chanoine, humaniste et théologien de la Renaissance. Elle s'éteignit au milieu du XVIIe siècle.

HistoireModifier

La famille Cousin est au début du XVIe siècle une famille de la petite bourgeoisie franc-comtoise, honorable et bien apparentée[4].

Le premier membre auquel on peut remonter la généalogie de cette famille est Guillaume Cousin, mort en avril 1519, bourgeois de Nozeroy et chambrier de Hugues de Chalon seigneur de Chastel-Guyon et de Nozeroy[5],[6].

Il fut le père de Claude Cousin, magistrat civil de la ville de Nozeroy, mort le 14 mars 1548 et marié à Jeanne Daguet[7] dont il eut dix enfants : sept garçons (dont Gilbert Cousin, l'ainé) et trois filles[8].

Des sept fils de Claude Cousin, six choisirent le métier des armes et trois d'entres eux s'illustrèrent au cours des guerres de Charles Quint[9].

Les frères Cousin paraissent avoir fait leurs premières armes sous la protection et les ordres de Philibert de Chalon, prince d'Orange et seigneur de Nozeroy, alors puissant les armées impériales [10].

En reconnaissance de leurs services, cinq frères Cousin : Gilbert, Hugues le vieux, Hugues le jeune, Antoine et Jean furent anoblis avec concession d'armoiries par lettres patentes de Charles Quint datées de Bruxelles le 17 octobre 1555[11],[1].

Mais l'éclat donné à la famille Cousin dura peu, car malgré la nombreuse descendance de Claude Cousin, son nom disparut vers le milieu du XVIIe siècle[12].

Au moment de la conquête française de la Franche-Comté en 1678, il ne restait plus à Salins aucun descendant mâle de Hugues Cousin le jeune (auteur de la branche cadette)[13].

La branche aîné (issue de Hugues Cousin le vieux s'éteignit avec Denyse Cousin, née vers 1625, fille de François Cousin, mentionnée pour la dernière fois en 1658 et morte plus tard à Lons-le-Saunier[14].

GénéalogieModifier

La généalogie simplifiée suivante est extraite de celle donnée par Georges Blondeau dans La famille Cousin de Nozeroy, ses lettres d'anoblissement, ses alliances[5] et André Pidoux de La Maduère dans Un humaniste comtois : Gilbert Cousin[6].

  • Guillaume Cousin († avril 1519), bourgeois de Nozeroy et chambrier de Hugues de Chalon seigneur de Chatelguyon et de Nozeroy, marié à Marie de Vers (1455-1516) (ou Jeanne Roline selon Chifflet), puis à Jeanne Colin. Dont (du premier mariage) :
    • Claude Cousin (né en 1478), magistrat civil de la ville de Nozeroy, mort le 14 mars 1548, marié à Jeanne Daguet (1485-1570). Dont 3 filles et 7 fils :
      • Gilbert Cousin (1506-1572), humaniste et théologien, secrétaire d'Erasme puis chanoine de Nozeroy, anobli en 1555 avec ses frères.
      • Étienne Cousin (1507-1542), maréchal de camp, mort en 1542 lors du siège de Corroy qu'il défend contre les troupes du duc de Clèves ;
      • Louis Cousin (1509-1544), capitaine dans les armées de Charles Quint, tué dans les troupes espagnoles lors du siège de Boulogne contre les Français par les troupes alliées de Charles Quint et du roi d'Angleterre.
      • Hugues Cousin dit le vieux (1511-vers 1580), il prend part à la conquête de Tunis, en poste dans le Roussillon puis un des commandants de la place de Châteauneuf dans l'actuel Monténégro en 1539, à sa chute le 7 août, il est emprisonné pendant 4 ans par les Turcs[15]. À sa libération, pour le récompenser Charles Quint le nomme mestre de camp puis écuyer fourrier de sa maison et le conserve à sa cour de 1548 à 1556. Il est anobli en 1555 avec ses frères. Après l'abdication de Charles Quint, il se retire à Nozeroy où il finit modestement ses jours. Il vit encore en 1574. Au cours de sa campagne dans les Flandres, il avait épousé Barbe Ganzeler (ou Gonrelaire) « native du duché de Brabant ». Dont entre autres :
        • Henry Simon Cousin, né dans le Brabant, sans postérité ;
        • Jean Cousin, né à Nozeroy le 6 juillet 1572, sans postérité ;
        • Gilbert Cousin, écuyer, né à Nozeroy le 29 mai 1560, capitaine des arquebusiers de Nozeroy, marié vers 1583 à Charla de Henauld, fille de Jean de Henauld, écuyer, de Nozeroy. Dont entre autres :
          • Noble François Cousin, né à Nozeroy vers 1585, médecin à Nozeroy, marié le 26 novembre 1615 à Claudine Bertin. Dont une fille unique :
            • Denyse Cousin, née à Nozeroy vers 1625, morte à Lons le Saulnier sans être marié, dernière de la branche aîné.
          • Hugues Cousin, né à Nozeroy le 15 septembre 1591, chanoine de Mièges ;
      • Hugues Cousin dit le jeune (né vers 1512, mort vers 1590). Sa carrière militaire est plus courte et moins brillante que celle de son frère. Anobli avec ses frères en 1555. Fourrier du roi Philippe II. Il se retire en 1547 à Salins (Jura) où il épouse Anne Volant (il eut 20 enfants dont 10 fils selon une affirmation sujette à caution de Chifflet) dont :
        • Michel Cousin ;
        • Gilbert Cousin ;
        • Claude Cousin ;
        • Gaspard Cousin (né à Salins le 21 mai 1552) ;
        • Balthazar Cousin ;
        • Melchior Cousin ;
        • Philippe Cousin (né à Salins le 19 novembre 1566) ;
        • N Cousin, religieux à Rome au monastère des Enfumés ;
        • N Cousin, religieux à Rome au monastère La Mère de Dieu ;
        • N Cousin (abbé de Faverney selon André Pidoux de La Maduère, mais il ne figure pas dans la liste des abbés).
      • Antoine Cousin, il sert dans les armées de Charles Quint, mort probablement au combat. Anoblie avec ses frères en 1555. Sans postérité connue.
      • Jean Cousin, il sert dans les armées de Charles Quint, mort probablement au combat. Anoblie avec ses frères en 1555. Sans postérité connue.

PortraitsModifier

Armoiries et deviseModifier

  • Armes : D'azur à la fasce d'argent, chargée d'un serpent ondoyant en fasce de sinople, à la queue enroulée trois fois, langué de gueules, et accompagnée en chef d'une colombe essorante d'argent, becquée et membrée d'or[1],[2].
  • Heaume : Heaume ouvert en façon de treillis et frangé finement, de couleur azur et argent
  • Cimier : Colombe d'argent éployée, becquée et membrée d'or
  • Supports : Un bouquet de laurier vert
  • Devise : Simplicitas prudens, prudentia simplex

Gilbert Cousin avait également pour lui-même un monogramme : Un livre posé sur une pierre carrée, soutenant un serpent en forme de G et une colombe en forme de C[16].

Œuvres des frères CousinModifier

Gilbert CousinModifier

  • Oiketes sive de officio famulorum, 1535
  • Sylva narrationum Gilberti Cognati Nozereni, Diligenter purgata, et uberior reddita : adiecta sunt eiusdem argumenti & quaedam alia, lectu perquam iucunda, 1552 ([1])
  • Brevis ac dilucida Burgundiae superioris, quae Comitatus nomine censetur, descriptio (Description de la Franche-Comté), 1552 (Gallica)
  • Illustrations de Brevis ac dilucida Burgundiae superioris... item brevis ad modum totius Galliae descriptio per eudem, 1552 (Gallica)
  • Généalogie de la famille de Nassau, 1552
  • Brevis ad modum totius Galliae descriptio per eudem, (Histoire de la Gaule), livre d'histoire, 1552
  • De legali studio, Gilberti Cognati Nozereni epistolae : una ad Ioan. Metellum: altera ad Anatolium Frontinum, 1560 ([2])
  • Aucunes œuvres de Gilbert Cousin, de Nozereth : tresutiles à chacun : Nouvellement imprimées, 1561 ([3])
  • Epistolae, 1560, recueil épistolaire

Hugues Cousin « le vieux »Modifier

  • Mémoires pour l'histoire de Charles Quint en 24 livres par Hugues COUSIN, fourrier de sa maison, publié en 1911 sous le titre Histoire inédite de Charles Quint par un fourrier de la cour ([4])

Hugues Cousin « le jeune »Modifier

  • Carte du comté de Bourgogne (Burgundiae comitatus), gravure sur cuivre, 1589

RéférencesModifier

  1. a b et c Roger de Lurion, Nobiliaire de Franche-Comté, Besançon, Impr. de P. Jacquin, (lire en ligne), p. 245.
  2. a et b Georges Blondeau, Mémoires de la Société d'émulation du Jura : La famille Cousin de Nozeroy, ses lettres d'anoblissement, ses alliances, Société d'émulation du Jura, (lire en ligne), p. 276.
  3. Gilbert Cousin, Description de la Franche-Comté par Gilbert Cousin, traduit pour la première fois et accompagnée de notes par M. Achille Chéreau, Lons-le-Saunier, (lire en ligne), préface page XXIX.
  4. Lucien Febvre, Bulletin historique et littéraire de la Société de l'histoire du protestantisme français : Un secrétaire d'Erasme, Gilbert Cousin et la Réforme en Franche-Comté, vol. 56, Société de l'histoire du protestantisme français, (lire en ligne), p. 98.
  5. a et b Georges Blondeau, Mémoires de la Société d'émulation du Jura : La famille Cousin de Nozeroy, ses lettres d'anoblissement, ses alliances, Société d'émulation du Jura, (lire en ligne), p. 252.
  6. a et b André Pidoux de La Maduère, Un humaniste comtois : Gilbert Cousin, Slatkine Reprints, (lire en ligne), p. 41.
  7. André Pidoux de La Maduère, Un humaniste comtois: Gilbert Cousin, Slatkine Reprints, , p. 42.
  8. Georges Blondeau, Mémoires de la Société d'émulation du Jura : La famille Cousin de Nozeroy, ses lettres d'anoblissement, ses alliances, Société d'émulation du Jura, (lire en ligne), p. 254.
  9. Georges Blondeau, Mémoires de la Société d'émulation du Jura : La famille Cousin de Nozeroy, ses lettres d'anoblissement, ses alliances, Société d'émulation du Jura, (lire en ligne), p. 255.
  10. André Pidoux de La Maduère, Un humaniste comtois: Gilbert Cousin, Slatkine Reprints, (lire en ligne), p. 43.
  11. Georges Blondeau, Mémoires de la Société d'émulation du Jura : La famille Cousin de Nozeroy, ses lettres d'anoblissement, ses alliances, Société d'émulation du Jura, (lire en ligne), p. 260-266.
  12. Georges Blondeau, Mémoires de la Société d'émulation du Jura : La famille Cousin de Nozeroy, ses lettres d'anoblissement, ses alliances, Société d'émulation du Jura, (lire en ligne), p. 268.
  13. Georges Blondeau, Mémoires de la Société d'émulation du Jura : La famille Cousin de Nozeroy, ses lettres d'anoblissement, ses alliances, Société d'émulation du Jura, (lire en ligne), p. 271.
  14. Georges Blondeau, Mémoires de la Société d'émulation du Jura : La famille Cousin de Nozeroy, ses lettres d'anoblissement, ses alliances, Société d'émulation du Jura, (lire en ligne), p. 276.
  15. Alfred Morel-Fatio, « Une histoire inédite de Charles-Quint par un fourrier de sa cour », Mémoires de l'Institut de France, vol. 39, no 1,‎ , p. 1–40 (DOI 10.3406/minf.1914.1597, lire en ligne, consulté le 19 octobre 2019)
  16. Gilbert Cousin, Description de la Franche-Comté, Gauthier frères, (lire en ligne)

BibliographieModifier

  • Georges Blondeau, La famille Cousin de Nozeroy, ses lettres d'anoblissement, ses alliances, Société d'émulation du Jura, (lire en ligne), p. 249-290.
  • André Pidoux de La Maduère, Un humaniste comtois : Gilbert Cousin, Slatkine Reprints, .

Voir aussiModifier