Famille Courlet de Vregille

Famille Courlet de Vregille
Image illustrative de l’article Famille Courlet de Vregille
Armes

Blasonnement D’azur au chevron d’or avec deux étoiles en chef et un cœur en pointe du même
Devise « Altius cor laetum. »
Période XVIe siècle au XXIe siècle
Pays ou province d’origine Comté de Bourgogne, Franche-Comté
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Demeures Château de Boulot
Château de Vregille
Charges Baillis des terres des princes d'Orange en Franche-Comté, conseillers au parlement de Besançon, conseillers-maîtres en la chambre des comptes de Dole
Fonctions militaires Officiers, garde du corps du roi
Récompenses militaires Ordre de Saint-Louis, Ordre de la Légion d'honneur

La famille Courlet de Vregille est une famille subsistante de la noblesse française originaire de Franche-Comté.

Elle compte parmi ses membres des baillis des terres des princes d'Orange en Franche-Comté, des conseillers au parlement de Besançon et des conseillers-maîtres en la chambre des comptes de Dole.

HistoireModifier

OriginesModifier

La famille Courlet est originaire du bourg de Liévremont d'où elle vint au XVIe siècle se fixer à Pontarlier. Son premier auteur connu, Hugues Courlet, était en 1527 procureur de la seigneurie de Lièvremont pour les princes d'Orange[1].

La filiation suivie remonte à Claude Courlet, qualifié selon les sources de « bourgeois de Pontarlier en 1579 » et de « noble Claude Courlet, licencié es lois ».

Nicolas-Antoine Labbey de Billy dans son Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne (1815) fait remonter la filiation de cette famille à « noble Claude Courlet, (vivant à la fin du XVIe siècle), licencié ès lois, bailli général des terres du prince d'Orange » en Franche-Comté[2]. La qualification de « noble » est très souvent portée en Franche-Comté par les docteurs ès droit à titre d'honneur sans pour autant qu'ils aient les privilèges de la noblesse[3].

En 1678, la famille Courlet n'avait pas de principe de noblesse reconnu car elle obtint à cette date une autorisation de posséder en fief (autorisation que devaient demander les roturiers pour posséder en fief[4]) pour la seigneurie de Boulot[1],[5] (Permission de tenir bien en fief au sieur Alexandre Courlet, avocat [6]).

Le premier à porter la qualité d'écuyer, réservée à la noblesse, fut Alexandre Courlet, seigneur de Boulot et de Vregille, après avoir acquis la charge anoblissante de conseiller au parlement de Besançon le [1].

Colette Brossault dans Les intendants de Franche-Comté écrit : « Claude François Courlet, seigneur du Boulot, subdélégué de Pontarlier en 1696 et 1697, ne devient noble que par la mort de son père acquéreur d’un office de conseiller au parlement, et par l’achat qu’il fait lui-même d’une charge de conseiller à la chambre des comptes de Dole en 1698. »[7].

Roger de Lurion dans le Nobiliaire de Franche-Comté (1890) fait remonter la filiation de cette famille à Claude Courlet, « bourgeois de Pontarlier en 1579 »[5].

Gustave Chaix d'Est-Ange écrit : « Ce Claude Courlet peut avoir été le même personnage qu'un Claude Courlet, de Lièvremont, qui dans un acte d' est qualifié notaire, homme sujet et originel mainmortable de Sa Majesté à cause de sa seigneurie de Lievremont. Un tableau généalogique conservé dans le Nouveau d'Hozier ne donne la filiation que depuis noble Claude Courlet, demeurant à Pontarlier, qui obtint des lettres de docteur es droits le  »[1].

En 1592 Claude Courlet (1521-1613) est tabellion général (notaire) au Comté de Bourgogne[8].

En 1609 Jean Courlet, procureur postulant au ressort de Pontarlier est également qualifié de « bourgeois de Pontarlier »[9].

F. de Saint-Simon donne pour principe de noblesse à cette famille la charge de conseiller au parlement de Besançon le et indique qu'elle obtint une permission de tenir en fief en 1678[10].

Selon Régis Valette, la famille Courlet de Vregille fut anoblie au XVIIIe siècle par des charges occupées au parlement de Besançon[11].

L'ouvrage Grands notables du Premier Empire (Jura, Haute-Saône, Doubs) (1979) indique également que la famille Courlet de Vregille a été anoblie en 1704 par l'achat d'une charge de conseiller au parlement et précise : « L'anoblissement avait été précédé, à la fin du XVIIe siècle, par l'achat des seigneuries de Boulot et de Vrégille »[12].

La famille Courlet se divisa au début du XVIIIe siècle en deux branches dites « Courlet de Boulot » (ainée, éteinte en 1862) et « Courlet de Vregille » (cadette, subsistante).

Bailli général des terres des princes d’Orange au comté de BourgogneModifier

Quatre générations de membres de la famille Courlet furent nommés à l'office de bailli général des terres et seigneuries des princes d'Orange au comté de Bourgogne de 1579 à 1668.

Conseiller au parlement de Besançon et en la chambre des comptes de DoleModifier

Plusieurs membres de la famille Courlet furent pourvu de charges anoblissantes au parlement de Besançon et en la chambre des comptes de Dole.

Illustrations familialesModifier

  • Claude Courlet (1521-1613), licencié ès lois, tabellion général (notaire) au comté de Bourgogne, bailli général des terres du prince d’Orange au comté de Bourgogne en 1579, marié à Henriette Cécile.
  • Jean Courlet (1569-1648) (son fils), bourgeois de Pontarlier, juge audit Montbenoit, et procureur postulant au ressort dudit Pontarlier [9], recteur de l’Université du comté de Bourgogne (1594), tabellion général (notaire) au comté de Bourgogne et bailli général des terres du prince d’Orange au comté de Bourgogne en 1601. Marié en premières noces Anne Favrot et en secondes noces en 1603 à Claudine Cécile.
  • Claude Courlet (1604-1668) (son fils), docteur ès droits en 1625, maire et capitaine châtelain de la ville de Pontarlier, avocat au parlement de Dole en 1626, bailli des terres du prince d’orange au comté de Bourgogne en 1649, marié en 1631 à Christine Comte.
  • Alexandre Courlet (1647-1720) (son fils), seigneur de Boulot et de Vregille, bailli général des terres du prince d'Orange au comté de Bourgogne, conseiller au parlement de Besançon le , marié en 1669 avec Marie Colombe Meillardet.
  • Alexandre François Courlet (1684-) (son fils), écuyer, seigneur de Boulot et Vregille, bailli des terres du prince d’Orange en 1668, échevin de Besançon, conseiller au parlement de Besançon le , conseiller honoraire le , marié en 1713 à Thérèse Françoise Mareschal de Longeville.
Branche ainée Courlet de Boulot (éteinte en 1862)
  • Claude François Courlet (1723-1807), (fils du précédent), écuyer, seigneur de Boulot, conseiller au parlement de Besançon, marié à Françoise Elizabeth de Raymond. Auteur de la branche du Boulot éteinte en 1862.
  • François Désiré Mathieu Courlet de Boulot (fils du précédent), exécuté à Paris le 9 thermidor an II pour "fidélité au roi" et inhumé à Picpus[13].
  • Théophile Constance Courlet de Boulot (1767-1848) (frère du précédent), chevalier de Saint-Louis, avocat à Besançon (1789), peintre miniaturiste. Il sortit de France avec les princes en 1791 et se réfugia en Suisse où, pour vivre, il mit à profit son talent de miniaturiste dans les principales familles de Berne et de Lausanne. Il voyagea par la suite en Italie, en Sicile, en Allemagne et en Russie. À Munich, il fut admis aux fêtes de la Cour et fit les portraits des princesses et des plus grandes dames de la ville. Il revint à Besançon où il décora des églises, puis se retira à Boulot. En 1807 il devint membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon et de Franche-Comté[14]. Il épousa en 1791 Céleste Courlet de Vregille, sa cousine germaine,
  • Alexandre Théophile Courlet de Boulot (1793-1862) (fils du précédent). Après être entré au 4e régiment des gardes d’honneur en 1813, fut garde du corps du roi. Il fit les campagnes de 1813 et 1814 et accompagna le roi Louis XVIII à Béthune. Au moment de son mariage, en 1826, avec Stéphanie Le Bas du Plessis (1805-1863), il est adjudant-major des gardes du corps du roi. N'ayant aucun héritier mâle, la branche Courlet de Boulot s’éteignit à sa mort, en 1862.
Branche cadette Courlet de Vregille (subsistante)
  • François Désiré Courlet, seigneur de Vregille (1732-1808), écuyer, fut lieutenant colonel d’artillerie, directeur-adjoint des forges de l'artillerie de Franche-Comté, Lorraine, Champagne et des Trois-Évêchés et enfin major, puis directeur général des forges de l'artillerie de l'Est sous Louis XVI[15]. Chevalier de Saint-Louis, il fut reçu aux États de Franche-Comté, dans la Chambre de Noblesse, en 1781. Il fut l'auteur de découvertes et de travaux sur la balistique, les effets et la composition de la poudre et des projectiles et de différents traités concernant les signaux de guerre, l’attaque et la défense des places et, surtout, l’artillerie montée. Entre autres, il fut l’auteur d’une pièce de canon se chargeant par la culasse et d’une cuirasse impénétrable à la balle. Des influences de cour empêchèrent François Désiré de prendre la succession de Gribeauval, que Louis XVI voulait lui accorder, ce qui recula d'un siècle les innovations capitales qu'il eut introduites dans son arme[16]. Il épousa en 1763 Marie Anne Charlotte de Tabouret de Crespy et fut l'auteur de la branche Courlet de Vregille, subsistante.
  • Mansuit Courlet de Vregille (1767-1847) (son fils), fut le condisciple de Bonaparte à l’école de Brienne[17]. Il subit une détention de quatorze mois sous la Révolution et avait dû renoncer à l’état ecclésiastique. Il fut capitaine au corps royal du génie et maire de Vregille. Il épousa en 1794 Victorine Droz des Villars, fille de l’historien Eugène Droz.
  • Auguste Courlet de Vregille (1804-1883) (son fils), fut chevalier de la Légion d’honneur (1869) et président de la Cour d’Appel de Besançon. Ses succès au collège royal de Besançon furent si brillants qu’un rapport fait au roi par le recteur de l’Académie lui fit décerner, à l’âge de 10 ans, la décoration du Lys. Artiste, il garda toute sa vie une activité de peintre ; très vite, ses conseils et ses suffrages comptèrent, dans les expositions, parmi les plus compétents et les plus éclairés de la province. Il fut ainsi membre de la Commission de surveillance de l’école de dessin de Besançon et de l’École des Beaux-Arts, ainsi que du musée de cette ville. Mais la société pour laquelle il manifesta le plus d’intérêt fut la Société de Secours et de Patronage, dont il fut l’administrateur le plus dévoué et le plus actif[18]. Il épousa Marie Valentine de La Chapelle en 1841.
  • Joseph Courlet de Vregille (1878-1949) : cavalier pour l’équipe de France aux Jeux Olympiques de 1920 (C.S.O. et dressage).
  • Bernard Courlet de Vregille (1915-2011) : jésuite, docteur en histoire, médiéviste, latiniste, auteur-collaborateur de nombreux ouvrages aux Sources chrétiennes[19].
  • Arnaud Courlet de Vregille (1958-) : artiste peintre.

ArmesModifier

Longtemps avant son arrivée aux charges parlementaires la famille Courlet avait des armoiries. Elles étaient gravées avec la date 1525 sur une maison qu'elle possédait à Lièvremont[2].

En 1696, La famille Courlet fit enregistrer son blason à l'Armorial général de France. Elle porte : D’azur à un chevron d’or accompagné en chef de deux étoiles de même et pointe d'un cœur aussi d'or.

PropriétésModifier

AlliancesModifier

Les principales alliances de la famille Courlet de Boulot et de Vregille sont : Cécile, Favrot, Comte, Meillardet, Mareschal de Longeville, d'Agay, de Raymond, de Tabouret de Crespy, Droz, Compagny de Courvières, le Bas du Plessis, de Bancenel, Durand de Gevigney, Castellain de Lispré, Arnoux de Corgeat, Passerat de La Chapelle, Huet de Charmoille, de Beaurepaire, de La Chapelle d'Uxelles, d'Orival de Miserey, Lefebvre de Saint-Germain, etc.

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 12, pages 135 à 137, Courlet de Boulot et de Vregille.
  2. a et b Nicolas-Antoine Labbey-de-Billy, Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne, volume 2, 1815, page 403 à 408.
  3. Adolphe de Troyes, La Franche-Comté de Bourgogne: sous les princes Espagnols de la Maison d'Autriche, 1847, page 386.
  4. "D’après la Coutume du Comté de Bourgogne et les anciennes Ordonnances notamment l’Edit de 1656 les roturiers ne pouvaient sous peine de commise, c’est-à-dire de confiscation, entrer en possession des fiefs et biens nobles par eux acquis sans la permission expresse du Roi. Celui-ci l’accordait d’ordinaire quand le suppliant était de bonne bourgeoisie et pouvait vivre noblement de ses rentes mais à la condition que de vingt ans en vingt ans il payât par forme de reconnaissance ès mains du receveur des domaines la finance à laquelle il serait taxé par la Chambre des Comptes de Dôle. Cette Chambre enregistrait la permission royale et la quittance du droit en question (droit de franc fief) qu’elle réglait généralement à la valeur du revenu d’une année des biens acquis. Les bourgeois de certaines villes de France étaient exempts de la taxe de franc fief Au XVIIe siècle et surtout au XVIIIe, un grand nombre de roturiers furent autorisés à posséder fief, ils étaient donc seigneurs sans être nobles". (Annales de la Société d'émulation et d'agriculture de l'Ain, 1904, page 216 à 217 )
  5. a et b Roger de Lurion, Nobiliaire de Franche-Comté, 1890.
  6. Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, Volume 32, 1897, page 861.
  7. Colette Brossault, Les intendants de Franche-Comté, 1674-1790, La Boutique de l'Histoire, 1999 Page 95.
  8. Alexandre Barthelet, Histoire de l'abbaye de Montbenoît du Val de Saugeois, et des anciennes seigneuries d'Arçon et de Liévremont, suivie d'un coup d'œil sur le patois du Saugeois, 1853, page 95.
  9. a et b Mémoires et documents inédits pour servir à l'histoire de la Franche-Comté, Volume 9, page 505.
  10. E. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, page 330.
  11. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au XXIe siècle.
  12. Grands notables du Premier Empire (Jura, Haute-Saône, Doubs) (1979), page 78.
  13. Supplément au n° IX de la Liste générale et très-exacte des noms, âges, qualités et demeures de tous les conspirateurs qui ont été condamnés à mort par le Tribunal révolutionnaire, établi à Paris par la loi du 17 août 1792, et par le second Tribunal établi à Paris par la loi du 10 mars 1793, pour juger tous les ennemis de la Patrie, Paris, Marchand, Berthé, Channaud, p. 8.
  14. Jacques Rittaud-Hutinet, Chantal Leclerc, Encyclopédie des Arts en Franche-Comté, Châtillon-sur-Chalaronne, La Taillanderie, 2004, p. 110.
  15. Histoire du Fer, Centre de Recherche de l'Histoire de la Sidérurgie, 1977, 2e éd., p. 95-98.
  16. Théophile de Lamathière, Panthéon de la Légion d’honneur, vol. XIX, 1903, p. 93.
  17. A. Chuquet, La jeunesse de Napoléon, I, Brienne, 1898-1899, p. 92 et 159.
  18. Théophile de Lamathière, Panthéon de la Légion d’honneur, vol. XIX, 1903, p. 97.
  19. http://data.bnf.fr/11928703/bernard_de_vregille/

Sources et bibliographieModifier

Articles connexesModifier