Ouvrir le menu principal

Faïencerie de Gien

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gien (homonymie).

Faïencerie de Gien
logo de Faïencerie de Gien
Logotype actuel.
illustration de Faïencerie de Gien
Les carreaux de faïences de Gien ont servis à la décoration des stations du métro de Paris comme ici à la station Porte de Clichy.

Création 1821
Dates clés 01-10-1984 : immatriculation de la société exploitante
Fondateurs Thomas Hall
Forme juridique SAS
Siège social Place de la Victoire, Gien
Drapeau de France France
Direction Yves de Talhouët
Activité Fabrication d'articles céramiques à usage domestique ou ornemental
Produits Faïence fine
Effectif 100 à 199 (données INSEE)
SIREN 330471640
Site web www.gien.com

Chiffre d'affaires 9 404 400 € au 31-12-2017[1]
Résultat net -375 200 € au 31-12-2017

Les Faïenceries de Gien[2] sont une entreprise de fabrication de faïence fine située dans la ville française de Gien dans le département du Loiret et la région Centre-Val de Loire.

Parmi les nombreuses faïenceries nées au XIXe siècle, la Faïencerie de Gien est l'une des plus renommées et la plus importante d'Europe.

La Manufacture de Gien a excellé dans l'art de l'imitation, et fabriqua des copies de pièces du passé à un prix accessible. Des pièces uniques furent également créées avec le concours d'artistes de talent qui les illustrèrent de nouveaux décors ou s'inspirèrent de ceux des siècles passés (XVIIe et XVIIIe siècles) ou de ceux d'autres faïenceries européennes et d'Extrême-Orient.

HistoireModifier

C'est en 1821[3] que l'industriel anglais Thomas Edme Hulm, dit « Hall » comme son père, après avoir cédé la manufacture de Montereau gérée par sa famille depuis 1774, acquiert les terrains et immeubles de l'ancien couvent des Minimes pour y installer une nouvelle manufacture de faïence, façon anglaise, appelée par la suite à une renommée mondiale.

 
Encrier en faïence de Gien, fabrique Geoffroy-Guèrin, 1871 exposé au musée de la faïence de Marseille.

La société connaît des difficultés financières très rapidement et elle change de fait plusieurs fois de mains dans la période 1826-1862. Cependant, en 1842, la société alors appelée « Guyon, Boulen & Cie », reprend son concurrent local, la faïencerie de Briare, en déconfiture, avant d'en perdre le contrôle un an plus tard[4]. Elle devient « Geoffroy, Guérin & Cie », est dirigée par Gustave Charles Gondouin, et emploie alors 500 ouvriers. Entre 1864 et 1866 le besoin d'argent frais se fait sentir - notamment du fait des dégâts causés par la grande crue de la Loire de 1866 - et provoque l'arrivée d'un nouvel apporteur de capitaux, Jean-Félix Bapterosses récent repreneur de l'ancienne Faïencerie de Briare devenue depuis lors les émaux de Briare[5]. La société prend finalement le nom de « Faïencerie de Gien » en 1875 à l'occasion de sa transformation en société anonyme, dont le premier président du conseil d'administration fut Jean-Félix Bapterosses[6]. Ses descendants gardèrent le contrôle de la fabrique jusqu'en 1983 ; Xavier Chodron de Courcel fut le dernier descendant à en être président directeur général.

La production s'est d'abord intéressée à la vaisselle utilitaire puis elle s’est orientée vers la fabrication de services de table, de pièces décoratives et de services aux armes des grandes familles. L'importante production de lampes à pétrole ou à huile est une spécificité de Gien. En 1882, la société se lance parallèlement dans la fabrication de carreaux de revêtement en céramique. Elle obtient notamment le marché du métropolitain parisien en 1906 (les fameux carreaux biseautés métro 7,5 × 15 cm)[7]. La production de carreaux de revêtement est arrêtée vers 1980[8].

Les faïenciers de Gien ont développé la technique des émaux cloisonnés, née à Longwy en Lorraine, vers 1870.

L'apogée de la production des faïenciers de Gien se situa entre 1855 et 1900 et de nombreuses récompenses leur furent décernées lors des grandes expositions internationales, comme en 1855, 1867, 1878, 1889 et 1900.

En décembre 1983, l'entreprise dépose le bilan. C'est Pierre Jeufroy qui reprend l'activité en 1984 avec 108 salariés, aidé par son épouse, nommée directrice artistique. Des mesures drastiques sont alors prises. La surface de production est divisée par deux et les produits non-rentables retirés du catalogue. La production se recentre sur le haut de gamme.Des décors de vaisselle font leur apparition. La faïencerie fait appel à des artistes afin d'élaborer une nouvelle gamme[9].

En 2002, Gien est cédée à Louis Grandchamp des Raux qui dirige l'entreprise jusqu'en mai 2014. Gien Finance, holding propriétaire de la Faïencerie est placé en redressement judiciaire en février 2014. Celle-ci est reprise en mai 2014 par Yves de Talhouët et quelques associés. Elle compte 170 salariés[10].

DécorsModifier

 
Faïence de Gien

Parmi les plus fameuses inspirations, on compte de nombreux décors :

  • ceux dits « de Gien » à fond brun noir ou bleu, majoliques à décor « Renaissance italienne » avec ses rinceaux, ses amours et ses chimères, etc. s'inspirant notamment des productions de Faenza, Urbino ou encore Savone ;
  • ceux dits « à façon », s'inspirant des porcelaines de Saxe, sous forme de décors floraux, d'attributs musicaux, d'amours ou d'angelots finement dessinés évoluant dans des médaillons feuillagés, dans un camaïeu de rose ou de pourpre mais aussi de bleu lavande rehaussé de parme ;
  • ceux dits « à la corne », « de lambrequins » et « de ferronneries », s'inspirant des productions des faïenceries de Rouen au XVIIIe siècle ;
  • les paysages champêtres ou maritimes, s'inspirant des faïenceries de Marseille ;
  • La porcelaine dite « anglaise » s'inspirant des faïences de Wedgwood, sous forme de modèles au ton de blanc bleuté et de bleu mauve.
  • les camaïeux bleus et blancs, s'inspirant des faïenceries de Delft sur le thème des grosses fleurs épanouies, paons, branchages, ou scènes chinoises ;
  • les fastueuses polychromies venues d'Extrême-Orient.
  • Jean Bertolle dans les années 1950 renouvela les décors proposés .

Les pièces recherchées par les collectionneursModifier

  • les pièces aux décors italianisants ;
  • les barbotines colorées impressionnistes de la fin du XIXe siècle signées Dominique Grenet, Clair Guyot, Eugène Petit, Félix Lafond, Jean Cachier, Paul Jusselin, ou Ulysse Bertrand ;
  • les barbotines colorées contemporaines de Claire Basler[12], Florence Lemichez[13] ;
  • les barbotines en trompe-l'œil de Christine Viennet[14] (à la façon de Bernard Palissy) ;
  • les grandes pièces décoratives, comme les lampes, les pendules, les luminaires ;
  • les pièces des décorateurs les plus célèbres, tels : Benoist, Blay, Ulysse Bertrand, Brim, Gondoin, Paul Jusselin, Manuel Cargaleiro, Pierre Maitre.

Musée de la faïencerieModifier

Article connexe : liste des musées du Loiret.

L'entreprise possède un musée situé dans l'enceinte même de la faïencerie. On peut y admirer une collection de pièces de faïence fine réalisées par la manufacture entre 1820 et 1920, ainsi que la reconstitution d'une salle à manger datant du XIXe siècle. Le musée, composé de trois salles, est le 12e équipement le plus visité du Loiret, avec 16 525 visiteurs en 2007[15].

Notes et référencesModifier

  1. report des données du site societe.com le 5 juin 2019
  2. « Identité, chiffre d'affaires, résultat, bilans de la société décrite », sur www.societe.com (consulté le 5 juin 2019)
  3. Une aventure industrielle p.18
  4. Une aventure industrielle p.19
  5. Une aventure industrielle p. 30
  6. Faïences de Gien, p.9
  7. Le Giennois industriel p.47
  8. Le Giennois industriel p. 111
  9. La faïencerie de Gien : une entreprise qui défie le temps. Site du Conseil général du Loiret. Le 29 décembre 2000.
  10. P. Renaud, « La faïencerie de Gien racheté », La République du Centre, 22 mai 2014, p. 4
  11. (en) « The Faience Factories of Gien - Marks used from 1920 to 1984 » (consulté le 15 juin 2018)
  12. Site de l'artiste Claire Basler
  13. Site de l'artiste Florence Lemichez
  14. Site de l'artiste Christine Viennet
  15. Les chiffres clés du tourisme dans le Loiret en 2007

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (fr + en) Roger Bernard, Jean-Claude Renard, La faïence de Gien, Editions Vilo, (ISBN 9782858890286)
  • Roger Bernard, Jean-Claude Renard, Gien, faïence, Société nouvelle des faïences de Gien, , 162 p. (ISBN 9782858890286)
  • Michèle-Cécile Gillard, Faïence de Gien ; Formes et décors, Charles Massin, coll. « Céramiques faïences porcelaines poteries », , 96 p. (ISBN 2707201227)
  • Michèle-Cécile Gillard, L'âge d'or des faïences de Gien, Charles Massin, coll. « Céramiques Faïences Porcelaines Poteries », (ISBN 9782707201966)
  • Pascale Nourisson, Une aventure industrielle. La manufacture de Briare (1837-1962), éditions Alan Sutton, coll. « Parcours et labeurs », , 144 p. (ISBN 2-84253-558-8)
  • Jean-Claude Renard, Faiences de Gien. Une technique, un art de vivre, une légende, éditions Alan Sutton, coll. « Parcours et labeurs », , 96 p. (ISBN 2842535812)
  • Antoinette Fay-Hallé, Comment reconnaître une faïence de Gien, Réunion des musées nationaux, coll. « Je regarde mieux », (ISBN 2711853276)
  • Michèle-Cécile Gillard, Faïences de Gien. 1821-1900, Charles Massin, , 272 p. (ISBN 978-2707205551)
  • Jean-Pierre Roth, Le Giennois industriel 1821 à 2001, , 35 à 148 p. (ISBN 2-9517946-0-6)
  • Jean-Claude Renard, La Faïence de Gien, Editions Massin, décembre 2017, 192 p. NOUVEAUTE

Articles connexesModifier

Liens externesModifier