Fédération des étudiants francophones

Fédération des étudiants Francophones
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Organisation de représentation étudiante
But

Défendre Représenter

Mobiliser
Zone d’influence Drapeau de la Belgique Belgique (Communauté française)
Fondation
Fondation 1973
Identité
Siège Bruxelles, Belgique
Président Chems Mabrouk[1]
Secrétaire général Manon Sperati[1]
Trésorier Romain Annoye[1]
Affiliation européenne Union des étudiants d’Europe
Méthode Information publique
Actions d'élus
Syndicalisme
Financement Subventions publiques
Subventions des conseils étudiants affiliés
Membres Près de 160 000 étudiants
Slogan "Vers un enseignement démocratique et émancipateur!"
Site web www.fef.be

La Fédération des étudiants francophones[2], parfois orthographiée Fédération des étudiant·e·s francophones[3] (FEF) est depuis 2019 la seule organisation de représentation étudiante de la Communauté française de Belgique[4].

Fondée en 1973 pour défendre les étudiants, la FEF représente actuellement près de 160 000 étudiants dans plus de trente établissements d'enseignement supérieur en Communauté française. La FEF représente tant des étudiants d'Universités que de Hautes écoles (HE), d'Écoles supérieures des arts (ESA) ou enfin d'établissements d'enseignement de promotion sociale.

Depuis 2003, la FEF est reconnue formellement par le gouvernement comme « Organisation Représentative Communautaire » des étudiants en Communauté française.[réf. souhaitée] À noter enfin qu'elle est affiliée au niveau supranational à l'Union des étudiants d'Europe (ESU).

Buts et objet de la FédérationModifier

La Fédération se donne pour objectif de représenter, défendre et informer les étudiants de l’enseignement supérieur en Communauté française tant au niveau de la Communauté elle-même qu’au niveau national (gouvernement fédéral belge) et international. Elle se veut garante de l’unité étudiante et se donne comme objectif principal la démocratisation de l’enseignement. À travers les années, la Fédération a développé cet objectif en se donnant pour axe la construction d'un enseignement supérieur public, gratuit, accessible à tous, de qualité, critique et citoyen.

Depuis 2003, la FEF est reconnue par le gouvernement de la Communauté française comme « organisation représentative des étudiants au niveau communautaire ». À ce titre, elle est consultée par les pouvoirs publiques lors de tout nouveau projet décrétal ou réglementaire touchant au domaine de l’enseignement supérieur.

Fonctionnement de la FédérationModifier

La Fédération est organisée sur le modèle d’une ASBL de droit belge (Association sans but lucratif). Ses membres sont des conseils étudiants qui représentent les étudiants au niveau local dans chaque établissement d’enseignement supérieur.

Selon ses statuts, le fonctionnement de la Fédération est basé sur le principe démocratique. [réf. souhaitée]

L’organe suprême de la Fédération est le « Conseil fédéral ». Ses membres sont des délégués étudiants élus par chaque conseil étudiant membre de la Fédération. Le Conseil fédéral se réunit en moyenne une fois par mois durant l’année académique et est compétent pour toutes les décisions importantes concernant la Fédération.

Chaque année, le Conseil fédéral nomme un « Comité exécutif », organe collégial chargé de la gestion au jour le jour et de la représentation de la Fédération à l’extérieur (en particulier, lors des négociations avec le gouvernement). Le président du Comité exécutif est le président de la Fédération.

Par ailleurs, le Conseil fédéral nomme de nombreux « mandataires externes » qui représentent la Fédération dans diverses autres associations ou instances officielles. Ainsi, par exemple, la FEF compte des représentants au sein de l'Académie de Recherche et d'Enseignement Supérieur (ARES), du Conseil de l'Éducation et de la Formation (CEF) ou encore du Conseil Supérieur des Allocations d'Études.

La FEF est également membre de l'Union des étudiants d’Europe (ESU). Le Conseil fédéral nomme deux International Officer qui représentent la Fédération au niveau international (notamment au sein de l’ESU). Entre 2005 et 2014, la FEF partage d'ailleurs ses locaux de Bruxelles avec l'ESU et la VVS (organisation représentative des étudiants en Flandre).

FinancementModifier

Le financement de la Fédération est assuré par des cotisations de ses membres ainsi que par des subventions octroyées par les pouvoirs publics sur base de son statut de mouvement de jeunesse et d’organisation représentative des étudiants.

ActivitésModifier

Les activités de la Fédération se développent sur trois axes.

  1. Premièrement, la Fédération apporte une aide individuelle aux étudiants qui s’adressent à elles pour des problèmes particuliers.
  2. Deuxièmement, la Fédération propose une aide au jour le jour aux Conseils étudiants qui font partie de ses membres.
  3. Troisièmement, la Fédération joue un rôle politique afin de faire progresser sa vision de l’enseignement supérieur (cf. ci-dessous). Pour ce faire, la Fédération adopte tout d’abord des prises de positions (« notes ») au sein de son Conseil fédéral et entreprend ensuite différentes actions pour essayer de faire prévaloir sa vision dans la mise en œuvre des politiques publiques. Ces actions passent notamment par la participation aux diverses instances consultatives ainsi que par des négociations avec le monde politique. La FEF fait également un recours intensif aux médias pour diffuser son point de vue. Par ailleurs, dans toute son histoire, la Fédération a fréquemment eu recours à la manifestation et aux mobilisations de toutes sortes pour faire entendre son point de vue.

Prises de positionModifier

La FEF étant une organisation représentative des étudiants, ses prises de position se concentrent sur toutes les questions liées à l’enseignement. Cependant, depuis sa création, la FEF a fréquemment pris position sur des questions non strictement liées au domaine de l’enseignement, en particulier en faveur de la défense des droits sociaux. Ainsi, la FEF a notamment pris position contre la limitation de l'accès aux allocations d'insertion, en faveur du mouvement des sans-papiers, en soutien à différents mouvements étudiants internationaux (Québec, Palestine, Chili...) ou contre la précarisation des conditions de travail, notamment des jeunes.

Vision générale de l’enseignementModifier

La Fédération défend un enseignement supérieur critique et citoyen, de qualité, gratuit, accessible à tous et entièrement financé par les pouvoirs publics. De manière générale, la Fédération regroupe ses revendications sous le thème de la « démocratisation » et de l' « émancipation » de l’enseignement supérieur.

Ses revendications reposent notamment sur deux grands arguments :

  1. Premièrement, la Fédération soutient que seul ce mode de fonctionnement est à même de lutter de manière effective contre les discriminations sociales à l’œuvre dans l’enseignement (cf. ci-dessous).
  2. Deuxièmement, selon la Fédération, l’enseignement est un bien public qui ne saurait être soumis au marché sous peine de dénaturer ses véritables fonctions. En particulier, la Fédération défend que l’enseignement doit permettre de former des citoyens actifs, libres et critiques, ce qui passe par une formation humaniste et pas uniquement professionnalisante.

Accès à l’enseignement supérieurModifier

La Fédération défend le principe du « libre accès à l’enseignement supérieur », ce qui signifie l’absence de tout examen d’entrée (sélectif ou non) ou numerus clausus. Selon la Fédération, toute restriction d’accès produirait une sélection sociale des étudiants en faveur des étudiants originaires des familles les plus dotées en capital (économique et culturel). [non neutre]

Sur base des études PISA de l’OCDE, la Fédération avance notamment que les établissements d’enseignement secondaire en Communauté française font partie de ceux qui discriminent le plus les étudiants sur une base sociale. Dès lors, toute limitation d’accès profiterait, selon la Fédération, aux étudiants originaires des meilleurs écoles qui sont aussi ceux des familles les plus aisées.

Le principe de liberté d’accès nourrit également l’opposition de la FEF au numerus clausus en vigueur pour certaines professions médicales en Belgique. Sur ce point, la FEF a notamment proposé, en collaboration avec plusieurs autres acteurs, un mode de régulation alternative de l’offre médicale[5].

Financement et gratuité de l’enseignement supérieurModifier

La Fédération soutient le principe de la gratuité de l’enseignement supérieur et son financement par les pouvoirs publics. Le principe de gratuité repose sur le même argument que la liberté d’accès (cf. ci-dessus). La Fédération s'appuie également sur l'article 13 du Pacte dit de New York, ratifié par la Belgique, et qui dit notamment que l'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous [...] notamment par l'instauration progressive de la gratuité. Ce principe a notamment guidé l’opposition de la Fédération à toute augmentation du montant des droits d’inscription. Ainsi, en 2005, la Fédération se targue d’avoir obtenu la suppression progressive des droits d’inscriptions complémentaires (DIC) réclamés par certaines Hautes Écoles à leurs étudiants.[réf. souhaitée]

La revendication d’un financement par les pouvoirs publics repose sur l’opposition à toute marchandisation de l’enseignement et sur le fait que, selon la Fédération, seuls les pouvoirs publics sont à même de prendre en compte pleinement des considérations humanistes et sociales dans la gestion de l’enseignement.

En conséquence, la Fédération déplore la baisse régulière du financement de l’enseignement supérieur depuis les années 1970 et n’a cessé de réclamer un refinancement public important. En particulier, la Fédération a été un des fers-de-lance du mouvement pour le refinancement de l’enseignement supérieur qui a traversé la Communauté française en 1996.

Processus de BologneModifier

Bien qu’elle ne possède pas de position extensive sur la question du processus de Bologne, la Fédération a traditionnellement adopté une position duale par rapport à l’harmonisation européenne de l’enseignement supérieur. D’une part, la Fédération soutient les mesures visant à favoriser la mobilité étudiante au niveau européen et la reconnaissance internationale des diplômes.

D’autre part, la Fédération s’est toujours montrée réticente face à la vision marchande et compétitive de l’enseignement supérieur qui est véhiculée, selon elle, dans les instances de décision du processus de Bologne. C’est pourquoi la Fédération s’est opposée à certains aspects des réformes entreprises récemment en Communauté française sous l’égide du processus de Bologne.

Questions socialesModifier

En conformité avec sa revendication de gratuité de l’enseignement, la FEF demande des aides sociales suffisantes pour les étudiants de manière à lutter contre toutes les formes de discrimination sociale dans l’enseignement supérieur. Ainsi, la FEF revendique une augmentation du montant des bourses en Communauté française (trop faibles, selon elle) et un assouplissement des conditions d’octroi desdites bourses.

Par ailleurs, la FEF s’oppose aux réformes récentes du revenu d'intégration (R.I.) (ancien Minimex) : en 2002, celui-ci a été transformé en un Revenu d’intégration sociale (RIS) dont l’octroi est soumis à un nombre plus importants de conditions et à la signature d’un contrat individualisé d’intégration. La FEF soutient que les conditions d’octroi du RIS aux étudiants sont beaucoup trop restrictives et contiennent des conditions qui mettent en danger la réussite des étudiants bénéficiant du RIS.

Promotion de la réussiteModifier

La FEF défend la mise en place de ce qui, selon elle, devrait être une politique de promotion de la réussite nettement plus active. Pour ce faire, la FEF défend notamment des mesures comme la mise en place d’un service public d’orientation, la généralisation des tutorats et des guidances dans le premier cycle de l’enseignement supérieur, un meilleur suivi pédagogique des étudiants, une formation pédagogique de tous les enseignants,…

Privatisation et marchandisation de l’enseignementModifier

La Fédération s’oppose à tout processus de privatisation ou de marchandisation de l’enseignement. Cette prise de position a notamment guidé l’opposition de la FEF au projet de directive Bolkestein (relative à la libéralisation du commerce des services dans l’Union européenne) ainsi qu’à l’accord général sur le commerce des services (AGCS) de l’OMC. Cette position a également été une des justifications avancées pour s’opposer, en 2005, au projet de Constitution européenne.

Participation étudianteModifier

La FEF défend le principe de la participation étudiante à tous les niveaux. Selon elle, un enseignement réellement démocratique doit permettre à des représentants étudiants de participer activement à la gestion de l’enseignement tant au niveau local que national. Dans cette optique, la Fédération se targue d’avoir négocié avec le gouvernement de la Communauté française plusieurs dispositions décrétales imposant la participation étudiante dans tous les établissements d’enseignement supérieur. [passage promotionnel]

La Fédération déclare également avoir augmenté la participation étudiante en son sein (augmentation de la fréquentation des conseils fédéraux) depuis 4 ans[6]

HistoriqueModifier

DénominationModifier

La FEF a connu différentes époques, sous différents noms et avec différentes structures.

On peut situer ses débuts à l’année 1972 où est fondée la Fédération des organisations francophones des étudiants de Belgique, la FOFEB.

Très vite, la FOFEB change de nom et devient le Front des étudiants francophones, le F.E.F. Celui-ci devient une structure permanente en 1979.

Enfin, en 1981, le F.E.F. est rebaptisé, marquant ainsi la naissance de la Fédération des étudiant(e)s francophones, la FEF, qui a, en 2006, fêté son quart de siècle.

Critiques et réformes récentesModifier

Depuis 2011, des critiques se firent connaitre dans la presse à propos du fonctionnement de la Fédération. Il est notamment reproché la trop grande présence d'une jeunesse communiste, un problème de fonctionnement (transparence du bureau) et le passage d'un mode de décision bottom-up par un mode top-down (cela est notamment marqué par le fonctionnement des sections régionales). Ces critiques auront pour conséquence la désaffiliation de membres (UCL, FUNDP, UMONS, notamment).

La Fédération réagit à ces critiques à partir de septembre 2011 par la création d'un groupe de travail sur le fonctionnement interne de l'organisation, puis par une transformation importante de son mode de fonctionnement. Lors de conseils fédéraux extraordinaires, des modifications satutaires sont votées : sont ainsi successivement approuvés l'interdiction de cumuler responsabilités à la FEF et dans un parti politique[7], l'interdiction pour un représentant de la FEF de se présenter à des élections, une ouverture du bureau de la FEF au pluralisme (les élections suivantes obligeront la mise en place d'une coalition en cas de présence de plusieurs listes concurrentes), et la possibilité de convoquer des conseils fédéraux (organe législatif) extraordinaires pour mieux contrôler l'action du bureau.

Le départ de l'AGL (représentant les étudiants de l'UCL) coïncide avec une unification des conseillers fédéraux restants[8], approuvant à 80 % une note d'orientation présentée par le bureau élargi[9].

Pour parachever les réformes successives et la reconvergence des visions communautaires de différentes associations (notamment entérinées par l'organisation d'états généraux de la représentation étudiante), le Bureau de la FEF démissionne collectivement le 30 mars 2012 et deux jours après, un Bureau d'Union de Transition, paritaire entre membres de l'ancienne équipe et membres issus des conseils étudiants critiques de l'ancien fonctionnement, est élu. Après 3 mois, des élections régulières mettront en place un nouveau bureau entièrement renouvelé[10], parachevant l'apaisement des tensions.

Les présidents de la FEFModifier

Conseils étudiants affiliésModifier

La FEF compte 35 conseils étudiants affiliés :

Universités
Hautes Écoles
Écoles Supérieures des Arts
  • Conseil des étudiants du Conservatoire royal de Bruxelles
  • Conseil des étudiants de l'ESA Saint-Luc Liège
  • Conseil des étudiants de l’École supérieure des Arts du Cirque (CE ESAC)
  • Conseil des étudiants du Conservatoire royal de Liège
  • Conseil des étudiants de l’Académie des beaux-arts de Tournai
  • Conseil des étudiants de l’ESA Saint-Luc Tournai
  • Conseil des étudiants de l’IAD – Institut des arts de diffusion (www.ce-iad.com) (CEDI)
  • Conseil des étudiants de l'ESA Arts²
  • Conseil Etudiant de l’INSAS
  • Conseil des étudiants de l’ENSAV - La Cambre
  • Conseil des étudiants de l’Académie de Liège – ESAVL
  • Conseil des étudiants de l’Institut Supérieur de Musique et de Pédagogie – IMEP
  • Conseil des étudiants de l'ERG
  • Conseil Etudiant - ESA le 75

Articles connexesModifier

Lien externeModifier

RéférencesModifier