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Ezekiel Alebua
Illustration.
Fonctions
Premier ministre des îles Salomon
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Baddeley Devesi
George Lepping
Prédécesseur Peter Kenilorea
Successeur Solomon Mamaloni
Biographie
Nationalité salomonienne

Ezekiel Alebua
Premiers ministres des îles Salomon

Ezekiel Alebua, né en 1947 à Avuavu à Guadalcanal[1], est un homme d'État salomonien, Premier ministre des îles Salomon du 1er décembre 1986 au 28 mars 1989[1]. S'il participe avec succès au lancement du Groupe mélanésien Fer de lance en 1988[2], il est surtout connu pour son rôle ambigu et essentiellement négatif lors des violences inter-ethniques sur son île natale de Guadalcanal à la fin des années 1990.

BiographieModifier

Après avoir suivi une formation en administration et en gestion à l'Université du Pacifique Sud, il travaille dans l'administration de plusieurs assemblées provinciales aux Salomon, puis se lance en politique. Élu député au Parlement national en 1981, il est nommé ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur cette même année par le Premier ministre Solomon Mamaloni. Il reste au gouvernement lorsque Peter Kenilorea remplace Mamaloni en 1984 ; le nouveau Premier ministre le nomme vice-Premier ministre et ministre de l'Agriculture, puis ministre des Affaires étrangères. En 1986, Kenilorea est accusé sans fondement d'avoir mal géré l'aide financière versée par la France après un cyclone, et démissionne ; Alebua prend la tête du gouvernement. Kenilorea devient son vice-Premier ministre[1].

Durant son mandat de Premier ministre, Alebua fait face à des premiers actes de violence sur l'île de Guadalcanal, entre communautés autochtones et migrants internes venus de l'île de Malaita. Les premières accusent les derniers d'avoir trop occupé de terres et d'emplois. Une pétition de la part d'habitants autochtones demande au gouvernement de déporter vers Malaita les migrants chômeurs qui squattent des terres à Guadalcanal ; Alebua n'y donne pas suite[3]. Il perd les élections législatives de 1989, et quitte le pouvoir[1].

Carrière politiqueModifier

En 1998, il devient premier ministre de la province de Guadalcanal. C'est durant son mandat qu'y éclatent des violences systématiques entre milices ethniques : le Isatabu Freedom Movement, des autochtones de Guadalcanal, et la Malaita Eagle Force de la communauté malaitane de l'île. S'alignant sur les griefs de la population autochtone, Alebua suggère que la propriété de terres à Guadalcanal soit interdite aux personnes non-autochtones. Il exige de la part du gouvernement national une compensation financière pour les habitants de sa province, pour les violences dont les autochtones ont été victimes de la part de la Malaita Eagle Force, et pour la présence de la capitale nationale, Honiara, sur Guadalcanal - présence qui attire les migrants venus d'autres provinces. Son discours pugnace est largement interprété comme une menace de violences si l'État national ignore ces demandes[3],[4]. Les demandes ayant effectivement été ignorées, des groupes de jeunes autochtones forment une « Armée révolutionnaire de Guadalcanal », et s'en prennent systématiquement aux migrants malaitans dans les régions rurales de l'île, les contraignant à quitter leur foyer. Alebua, soupçonné d'avoir orchestré ou encouragé les violences à des fins politiques, affirme que sa proximité avec les rebelles vise à les guider pour un retour à la paix[3]. Environ 25 000 Malaitans sont contraints de quitter leur maison, voire de quitter l'île. Au moins six personnes sont tuées. L'économie est durement affectée. L'état d'urgence est décrété, mais la police et le gouvernement national sont dépassés par les événements. Le Premier ministre des Salomon, Bartholomew Ulufa'alu, fait appel au Commonwealth des Nations, qui envoie l'ancien Premier ministre fidjien Sitiveni Rabuka comme médiateur. Un accord de paix est signé entre les différentes factions le 28 juin 1999, et des compensations financières sont prévues pour les victimes, mais Alebua est bientôt accusé d'avoir détourné à son propre profit une large partie de ces compensations[3],[4]. Les violences reprennent. Le 1er janvier 2001, Alebua survit à une tentative d'assassinat de la part du Isatabu Freedom Movement. Plus d'une demi-douzaine d'hommes ouvrent le feu sur lui alors qu'il est en voiture, l'atteignant au visage, au torse et au bras[5],[1]. Il quitte le pouvoir à Guadalcanal en 2003, l'année où la Mission d'assistance régionale aux îles Salomon, menée par l'Australie et la Nouvelle-Zélande à la demande du gouvernement salomonais, est déployée à Guadalcanal pour ramener la paix et l'ordre[1].

En juillet 2007, Alebua est condamné à trois ans et demi de prison pour détournement de fonds publics. Il est reconnu coupable d'avoir détourné plus de 194 000 SI$ (l'équivalent de 21 000 ) en 2000, lorsqu'il était Premier ministre de Guadalcanal[6].

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f (en) "Alebua, Ezekiel (1947 - )", Solomon Islands Historical Encyclopaedia 1893-1978
  2. (en) "PM Lilo highlight revelance of MSG principles", PINA, 25 avril 2013
  3. a b c et d (en) John Braithwaite et autres, Pillars and Shadows: Statebuilding as peacebuilding in Solomon Islands, Australian National University Press, 2010, (ISBN 9781921666780), chapitre 3
  4. a et b (en) "Freedom in the World 1999 - Solomon Islands", Freedom House, 1999
  5. (en) "Broken Nation", Time, 20 août 2001
  6. (en) "42 Months Jail Sentence for a Former PM", Solomon Times, 5 juillet 2007