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L'extrémisme (ou jusqu'au-boutisme[1]) est un terme utilisé pour qualifier une doctrine ou attitude (politique, religieuse ou idéologique) dont les adeptes refusent toute modération ou toute alternative à ce que leur dicte cette doctrine.

Les actions extrémistes sont par conséquent des méthodes (pouvant être violentes et agressives) ayant pour but un changement radical de leur environnement.

Sommaire

Mode de penséeModifier

Dans de nombreuses positions extrémistes, on retrouve des éléments récurrents : une pensée dogmatique, la préconisation de méthodes violentes et une conspiration.

Pensée dogmatiqueModifier

Une personne adoptant un point de vue extrémiste est persuadée de détenir « la » vérité. Elle considère a priori comme faux ce qui ne va pas dans son sens, sans fournir de preuve ou de raisonnement construit. [réf. souhaitée]

Préconisation de méthodes violentesModifier

Comme ces propositions feront toujours face à des adversaires qui y sont par nature opposés, des méthodes radicales violentes sont souvent imaginées, préconisées ou employées pour imposer le système voulu. Il peut s'agir d'attentats, d'assassinats, d'une révolution ou d'un putsch. Pour servir ses idéaux révolutionnaires, le groupe clandestin français Action directe, par exemple, a commis une cinquantaine d'attentats ou d'assassinats. Parmi les actions habituellement considérées comme extrémistes, il est possible de citer l'Inquisition de l'Église catholique, les pogroms, la Nuit de Cristal, la Terreur sous Robespierre ou le massacre de la Saint-Barthélemy.

Limites de l'usage de ce termeModifier

Ce terme d'extrémisme peut facilement être employé pour dévaloriser une position politique ou une doctrine qui cherche à mettre en cohérence la pensée et l'action par association déshonorante : vous voulez à tout prix mettre en œuvre vos idées, donc vous êtes extrémiste, donc vous êtes comme ceux qui pratiquaient l'Inquisition, la Terreur ou le Djihadisme. En effet, si l'extrémisme consiste comme dit plus haut à refuser « toute modération ou toute alternative » à ce que dicte une doctrine, on pourrait qualifier d'extrémiste un antiesclavagiste qui prône l'abolition immédiate de l'esclavage dans un pays qui le pratique et non pas seulement une amélioration graduelle de la condition de vie des esclaves, alors même qu'il s'oppose à tout usage de la violence comme ce fût le cas de l'anti-esclavagiste Garrison aux États-Unis. Mais inversement, ceux qui étaient pour une amélioration graduelle et donc contre l'idée d'abolir l'esclavage pouvaient tout aussi bien être qualifiés d'extrémistes, si ce n'est qu'ils ne s'opposaient pas à la réalité dominante mais seulement à ceux qui la contestaient. Ainsi tout refus radical d'une situation actuelle qu'on désapprouve, qu'il s'agisse de la diversité des croyances religieuses ou de l'oppression des femmes ou encore de la fraude fiscale peut être mise confusément sur le même plan, tout effort de cohérence et de rigueur dans la mise en œuvre des valeurs qu'on prône pouvant être qualifié d'extrémiste.

Ainsi aux États-Unis, Barry Goldwater a pu dire "L'extrémisme dans la défense de la liberté n'est pas un vice ; la modération dans la recherche de la justice n'est pas une vertu" lors de la convention nationale des Républicains de 1964. Robert F. Kennedy a dit quant à lui "ce qui est critiquable, ce qui est dangereux avec les extrémistes, ce n'est pas qu'ils sont extrêmes mais intolérants. Le mal n'est pas dans ce qu'ils disent pour défendre leur cause mais dans ce qu'ils disent à propos de leurs opposants."[2]

En Russie, les lois interdisant les contenus extrémistes sont utilisées (volontairement ou pas) pour réprimer la liberté d'expression à travers une interprétation souvent large et flexible des termes de la loi[3]. Les publications classées comme «extrémistes» et ainsi poursuivies comprenaient des protestations contre les décisions de justice dans l'affaire de la place Bolotnaïa («appel à une action illégale»), des critiques sur les dépenses du gouverneur local («insulte aux autorités»), un poème en soutien à l'Ukraine ("incitation à la haine") [4],[5].

AnnexesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Définition du CNTRL: http://www.cnrtl.fr/lexicographie/jusqu%27au-boutisme
  2. The Pursuit of Justice, p. 68, 1964
  3. Paul Goble, « FSB Increasingly Involved in Misuse of 'Anti-Extremism' Laws, SOVA Says », The Interpreter Magazine, (consulté le 1er avril 2015)
  4. « Examples of forbidden content » [archive du ], Zapretno.info, (consulté le 29 octobre 2014)
  5. Christian Neef et Matthias Schepp, « The Propaganda War: Opposition Sings Kremlin Tune on Ukraine », Spiegel Online,‎ (lire en ligne)

BibliographieModifier

  • Pierre-André Taguieff, La Foire aux "illuminés" : ésotérisme, théorie du complot, extrémisme, Paris, Mille et une nuits, 2005, 612 p.
  • Jean-Pierre Rissoan, Traditionalisme et révolution : les poussées d'extrémisme des origines à nos jours. Vol. 1, du Moyen Âge à 1914-1918, Lyon, Aléas, 2007, 445 p. (ISBN 978-1-4092-7779-8). vol.2 : "du fascisme au 21 avril 2002", 416 pages. 2007. (ISBN 978-1-4092-7757-6).
  • Boris L.

Voir aussiModifier