Expérience de satisfaction

L’expérience de satisfaction désigne la satisfaction de la pulsion, mais plus particulièrement la première satisfaction telle, en ce qu'elle orientera tout le comportement futur du sujet.

Modèle freudienModifier

L'expérience de satisfaction est décrite dans l'Esquisse d'une psychologie scientifique en tant qu'épreuve de la satisfaction[1] Pour Sigmund Freud, le nourrisson a faim, et le psychanalyste distingue le besoin de manger. Dans un état de détresse, ou de désaide cité dans Totem et tabou ; il n'est pas capable de subvenir à son besoin.

Puis, sa mère vient lui offrir le sein et l'infans vit sa première expérience de satisfaction, qui concerne donc d'abord un besoin vital, biologique. À la suite de cette expérience de satisfaction, la pulsion viendra rechercher une telle expérience : ainsi naîtra le désir, d'abord pulsion d'auto-conservation, qui poussera activement à l'obtention d'une telle satisfaction.

Selon ce modèle, la pulsion ne connaît à l'origine pas d'objet et la sexualité elle aussi sera anobjectale, recherchant simplement à recréer le plaisir.

ÉtayageModifier

Par la suite, l'enfant verra les pulsions sexuelles émerger, s'étayant sur cette satisfaction, et la sexualité psychique viendra se loger au sein de cette expérience, à propos de laquelle Karl Abraham distinguera deux phases : l'oralité des premiers temps et le stade sadique-oral, ou cannibalique.

Modèle lacanienModifier

Lacan reprend le modèle de l'expérience de satisfaction ; ce qui l'intéresse cependant est de différencier besoin, désir et demande : s'il retient donc la distinction freudienne, il apportera une vision différente du désir, comme désir de l'Autre, et accordera une importance particulière à la demande. Lacan dans le Séminaire Livre V, Les formations de l’inconscient.

Le besoin reste donc relatif à la privation, le désir concernera la frustration, la demande la castration, parce que :

  • le besoin vise l'accession directe à une satisfaction fondamentale biologique et/ou physique (par exemple manger ou dormir),
  • le désir ayant inclus l'expérience précédente avec connaissance de l'objet du manque et, élaboration intellectuelle faite, celui-ci devient objet d'amour (symbolisation).
  • la sensation primaire de faim est donc affectée par l'expérience, c'est-à-dire la découverte de l'objet de toutes ses satisfactions les plus fondamentales, OR :
  • la recherche satisfaction directe sera le but utopique constamment recherché d'où l'évocation d'une énergie somme toute déplacée, ou mieux, codée : l'énergie libidinale

RéférencesModifier

  1. Freud S., (1896) Esquisse d'une psychologie scientifique in La naissance de la psychanalyse, Paris, PUF, 1986, p. 336-338

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Sigmund Freud, (1986), Esquisse d'une psychologie scientifique in La naissance de la psychanalyse, Paris, PUF, 1986.
  • Sigmund Freud, (1900), L'interprétation des rêves, Paris, PUF,1987.
  • Sigmund Freud, (1905) Trois essais sur la théorie sexuelle, Gallimard, .
  • Joël Dor, Introduction à la lecture de Lacan, Tome I, Denoël, 1985.
  • Jacques Lacan, Les formations de l'inconscient, 1968, Seuil Ch 12 et 28