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L'eurocentrisme, ou européocentrisme, est une forme d'ethnocentrisme qui consiste à attribuer une place centrale aux cultures et valeurs européennes aux dépens des autres cultures. L'eurocentrisme a pour corollaire de considérer comme supérieures les cultures originaires d'Europe parfois au sens étroit, se limitant au continent, parfois au sens large, englobant les diverses branches de la civilisation occidentale.

DéfinitionModifier

Il est difficile de donner une définition claire et catégorique des termes « eurocentrisme » et « européanocentrisme ». Ces mots, apparus dans la deuxième moitié du XXe siècle, ne renvoient à aucune notion doctrinale ni aucune idéologie théorisée. Ils sont peu reconnus en langue française, ne figurant par exemple pas dans le Robert, ni dans l'Encyclopédie Hachette, ni dans le Dictionnaire de l'Académie française. En l'absence de codification officielle, ces termes sont soumis à des interprétations variables selon les personnes et les motifs. On trouve toutefois, en ligne, des entrées dans l'encyclopédie Universalis, qui définit ce concept comme une « analyse des situations ou des problèmes d'un point de vue uniquement européen »[1], ou dans le Larousse qui le présente comme une « analyse de tous les problèmes d'un point de vue européen, en négligeant le reste du monde »[2].

S'ils sont à rapprocher de l'ethnocentrisme, ces mots n'en sont pas moins différents par de nombreux aspects. Contrairement à l'ethnocentrisme qui renvoie à un groupe ethnique ou culturel homogène et déterminé, l'eurocentrisme renvoie de façon générale aux Européens, qui ne constituent pas une ethnie unique.

HistoriqueModifier

Sa portée actuelle est à mettre en relation avec le contexte qui a accompagné sa création. La naissance de ce mot coïncide en effet avec le mouvement de décolonisation engagé après la Seconde Guerre mondiale par les anciennes puissances européennes.[réf. nécessaire] La montée des nationalismes et les aspirations à l'indépendance, consécutives aux promesses de liberté des Alliés, ont amené les peuples colonisés à redécouvrir leurs identités, de manière très hétérogène selon les régions et les cultures. Ainsi nombreux ont été ceux qui ont dénoncé alors, de la part de leurs anciens oppresseurs, une vision encore empreinte de racisme ou du moins de condescendance vis-à-vis des pays nouvellement indépendants. Ces revendications se fondèrent pour une grande part dans le Mouvement des non-alignés au cours de la Guerre froide.

Dans le monde de l'art, à partir de 1987, la revue Third Text fondée par l'artiste d'origine parkistanaise Rasheed Araeen (en) cherche à critiquer les conséquences de l'eurocentrisme dans ce domaine[3]. Il s'agirait de dénoncer une mentalité "européenne" qui mépriserait[non neutre] les autres cultures au profit de la sienne propre, une néo-colonisation économique et culturelle.[évasif]

TempéramentModifier

Ce mot aurait vocation à désigner une pratique occidentale[Quoi ?]. Or l'Occident regroupe, outre l'Europe, les États-Unis, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Les Américains ont eux-mêmes une vision américano-centrée du monde, fort éloignée des représentations européennes, tout comme les Australiens ou les Néo-Zélandais. Il s'agirait donc d'une pensée spécifiquement européenne. Mais l'Europe est constituée d'une mosaïque de cultures diverses, très différentes entre elles, qui rendent improbable l'existence d'une telle pratique supposée commune[réf. nécessaire].

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. « https://www.universalis.fr/dictionnaire/eurocentrisme/ », sur universalis.fr (consulté le 29 août 2019).
  2. « Européocentrisme », sur larousse.fr (consulté le 29 août 2019).
  3. (en) Zachary Small, « Looking Back at a Conceptual Artist Who Rejected Eurocentric Art History », Hyperallergic,‎ (Looking Back at a Conceptual Artist Who Rejected Eurocentric Art History)