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Eugene McCown

peintre, pianiste et écrivain américain
Eugene McCown
Naissance
Décès
Nom de naissance
William Eugene McCownVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Formation

Eugene McCown ou MacCown, né le 27 juillet 1898 à El Dorado Springs (Missouri) et mort le 23 avril 1966 à New York, est un peintre, pianiste et auteur américain.

BiographieModifier

William Eugene McCown[1] est le fils de William McCown (1870-1961) et Inez Boyer (1877-1909). Après avoir été l'élève de la Westport High School (en) de Kansas City, il effectue durant trois années, de 1917 à 1919, des études de journalisme à l'Université Sigma Chi du Missouri (il y anime un club de mandoline)[2] et connaît une courte expérience professionnelle au journal The Kansas City Star avant d'entrer à la Modern Art School de New York en 1919[3].

 
Portrait de René Crevel par E. McCown, dans Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, 18 décembre 1926

Après un séjour au Venezuela où, à Caracas, il exécute des fresques murales dans le manoir du président Victorino Márquez Bustillos (es)[4], Eugene McCown part pour l'Europe et visite l'Espagne et l'Italie avant d'arriver à Paris en 1921 où il fréquente la bohême artistique et littéraire des Années Folles et en particulier Nancy Cunard dont il brosse un portrait en 1923[5], Jean Cocteau qui rencontre cet « adolescent aux mains longues, qui marche comme une panthère et a des yeux d'animal » à l'Hôtel Welcome de Villefranche-sur-Mer[6], ou René Crevel dont il fait la connaissance durant l'hiver 1923-1924[7],[8] et dont il devient l'amant[9] ; François Buot restituera avec précision cette histoire [10] après que Crevel l'eut transposée dans son roman à clef La mort difficile dont le personnage d'Arthur Bruggle n'est autre qu'Eugene McCown[11]. Emmanuel Pierrat remarque que de même McCown fascine profondément Bernard Faÿ et son jeune frère Emmanuel : « Mc Cown est l'incarnation exemplaire de ces anges américains qui fascinent tant Bernard Faÿ et, visiblement, son jeune frère. Ses dons amoureux, non moins que sa cruelle frivolité, paraissent fusionner en un magnétisme dont ils auront été les bénéficiaires autant que les martyrs »[12].

Musicien, il participe à l'introduction du jazz à Paris comme pianiste au cabaret Le Bœuf sur le toit : Yannick Seité évoque, à partir d'un témoignage de Virgil Thomson qui partagea l'appartement de McCown à Paris (c'est par McCown que Thomson fait alors la connaissance de Jean Cocteau, Francis Poulenc et Erik Satie[13]), un McCown y jouant du jazz au piano de 22 heures à 2 heures du matin, « jouant remarquablement bien et faisant toutes les conversations de Paris dont il est la coqueluche. Il peint les après-midi et a récemment été atteint de subite réussite financière »[9].

Figure du quartier du Montparnasse et de ses cafés tels que la Coupole, le Dôme où le Select, il s'installe dans un atelier de la rue Campagne Première, où il devient un peintre à succès de l'École de Paris. De cette époque, à l'instar de René Crevel et de Nancy Cunard, les traits d'Eugene McCown nous restent connus par la photo-portrait qu'en fit Man Ray[3].

Ses tableaux de style moderniste ont été exposés dans les galeries les plus importantes de Paris (des expositions à Bruxelles, Londres et Berlin, antérieures à 1930, sont également évoquées[4]) et certains sont encore présents dans les collections américaines. Eugene McCown effectue un voyage aux États-Unis en avril 1930 à l'occasion de l'exposition qui lui est consacrée, étendant son séjour new-yorkais jusqu'au Missouri pour des retrouvailles familiales avant d'être de retour à Paris au mois de mai suivant. Il quitte Paris pour Londres en 1933 pour revenir à New York en 1934.

Après la seconde guerre mondiale où sa connaissance de la langue française fait qu'on le retrouve à Londres en tant que traducteur missionné par l'Army Intelligence, sa trace aux États-Unis tend à se dissoudre, hormis sa publication du roman semi-autobiographique The Siege of Innocence en 1950, des traductions de livres de Georges Simenon puis son interview par les journalistes Robert Byington et Glen Morgan dans un magazine d'art en 1964 où il ne dissimule pas son combat contre un cancer des testicules, maladie qui l'emporte à Manhattan en avril 1966[14].

ŒuvreModifier

PeintureModifier

  • Portrait de Nancy Cunard, toile, collection Nancy Cunard, 1923[5].

Contributions bibliophiliquesModifier

LittératureModifier

Expositions personnellesModifier

Expositions collectivesModifier

RéférencesModifier

  1. « Eugene Maccown » dans le catalogue de la Bibliothèque nationale de France :[1]
  2. « William Eugene McCown », sur Find a grave.
  3. a et b Sheryl Aperry, Discovering my ancestors : William Eugene McCown
  4. a et b « Eugene McCown », The Sedalia Democrat, 14 mai 1930.
  5. a et b Nancy Cunard, Essays on race and empire, Maureen Moynagh, 2002.
  6. Jacques Biagini, Jean Cocteau, de Villefranche-sur-Mer, Serre Éditeur, 2007.
  7. Sous la direction de Jean-Michel Devésa, « René Crevel ou l'esprit contre la raison », Mélusine - Cahiers du Centre de recherches sur le surréalisme, Éditions L'Âge d'Homme, 2002.
  8. (en) Mo Amelia Teitelbaum, « René Crevel and Eugene McCown - a Transatlantic Partnership », dans The Stylemakers. Minimalism and Classic Modernism 1915-1945, Londres, Philip Wilson Publishers, (ISBN 978-0-85667-703-8, lire en ligne), p. 69-70.
  9. a b et c Yannick Séité, Le jazz, à la lettre : la littérature et le jazz, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Les littéraires », , 349 p. (ISBN 978-2-13-058239-7, lire en ligne).
  10. François Buot, Crevel, biographie, Grasset & Fasquelle, 1991.
  11. René Crevel, La mort difficile, Éditions Jean-Jacques Pauvert, 1974.
  12. Emmanuel Pierrat, Les francs-maçons sous l'Occupation, entre résistance et collaboration, Albin Michel, 2016.
  13. David Leavitt, Homintern - How gay culture liberated the modern world, Library of Congress, 2017.
  14. a et b Drewey Wayne Gunn 2016, p. 70-72.
  15. Recension par Pamela Taylor, The Saturday Review of Literature, 4 mars 1950, p. 30 Lire en ligne.
  16. (en) Paintings, Drawings, Gouaches by Eugene MacCown : Exhibition, New York, March 15-27, 1930, , 17 p..
  17. (en) « 46 Painters and Sculptors under 35 Years of Age », sur Museum of Modern Art.

BibliographieModifier

  • (en) « Eugene MacCown: The Siege of innocence, 1950 », dans Drewey Wayne Gunn, Gay American Novels, 1870-1970: A Reader's Guide, Jefferson, McFarland & Company, (ISBN 978-0-7864-9905-2, lire en ligne), p. 70-72.
  • Eugene McCown, Paintings, drawings, gouaches, Marie Sterner Galleries/Hours Press, New York, 1930.
  • « Eugene McCown », The Sedalia Democrat, 14 mai 1930 Lire en ligne.
  • Yannick Séité, Le jazz, à la lettre : la littérature et le jazz, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Les littéraires », , 349 p. (ISBN 978-2-13-058239-7, lire en ligne).
  • Yannick Séité, « Les musiques fantômes d’Albert Alexander Smith et d’Eugene McCown », L’Art du jazz II, Paris, éd. du Félin, 2011, p. 343-356.
  • René Crevel, La mort difficile, Éditions Jean-Jacques Pauvert, 1974.
  • Sous la direction de Jean-Michel Devésa, « Rene Crevel ou l'esprit contre la raison », Mélusine - Cahiers du Centre de recherches sur le surréalisme, Éditions l'Âge d'Homme, Lausanne, 1974.
  • François Buot, Crevel, biographie, Grasset & Fasquelle, 1991.
  • Anthony Tommasini, Virgil Thomson, composer on the Aisle, W.W. Norton & Company, 1997.
  • Nancy Cunard, Essays on race and empire, Maureen Moynagh, 2002.
  • Jacques Biagini, Jean Cocteau, de Villefranche-sur-Mer, Serre éditeur, 2007.
  • Lois Gordon, Nancy Cunard - Heiress, muse, political idealist, Columbia University Press, New York, 2007.
  • François Buot, Nancy Cunard, Paris, Pauvert, , 444 p. (ISBN 978-2-7202-1525-4).
  • Emmanuel Pierrat, Les francs-maçons sous l'Occupation, entre résistance et collaboration, Albin Michel, 2016.
  • Drewey Wayne Gunn, Gay American novels, 1870-1970 - A reader's guide, McFarland & Company, Jefferson (Caroline du Nord), 2016.
  • Jérôme Kagan, Eugene McCown, démon des Années folles, Séguier, à paraître le 21 novembre 2019[1].

Liens externesModifier