Eugène de Mirecourt

journaliste et écrivain français
Eugène de Mirecourt
Description de cette image, également commentée ci-après
Eugène de Mirecourt écrivant ses portraits de Contemporains (1856), gravure d'Octave Jahyer.
Nom de naissance Charles Jean-Baptiste Jacquot
Naissance
Mirecourt
Décès (à 67 ans)
Haïti
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres
pamphlets, romans, nouvelles, pièces de théâtre, biographies
Signature de Eugène de Mirecourt

Charles Jean-Baptiste Jacquot, dit Eugène de Mirecourt, né le à Mirecourt et mort le à Port-au-Prince, Haïti, est un journaliste et écrivain français.

Principal détracteur d’Alexandre Dumas, il contribua à animer la vie littéraire française de la seconde moitié du XIXe siècle.

BiographieModifier

Né le à Mirecourt (Vosges), Eugène de Mirecourt était le fils de Nicolas Jacquot et de Marie-Joséphine Petit-Jean.

Destiné à la prêtrise, Mirecourt fut élevé au séminaire et préféra, lorsqu’il en sortit, suivre la carrière des lettres. Après avoir exercé quelque temps le métier de maître de pension à Chartres[1], il vint débuter à Paris dans les petits journaux, sous le nom de plume d’Eugène de Mirecourt.

Il avait publié quelques nouvelles lorsqu’il fit paraître avec Leupol un ouvrage en trois volumes, la Lorraine (Nancy, 1839-1840), qui donna à son nom une certaine notoriété. Ce fut alors qu’il entreprit de faire connaître les nombreuses collaborations dont s’était servi Alexandre Dumas dans la série de romans publiés sous ce nom, avec son pamphlet Fabrique de romans. Maison Alexandre Dumas & Cie (1845)[2], où il dénonce le fait que l’œuvre de Dumas était écrite par d’autres et contribue ainsi à faire connaître l’acception figurée du mot « nègre ». Ayant dans cet ouvrage tenu des propos injurieux, dévalorisants et volontairement racistes sur l'aspect, l'odeur, les mœurs et la nature de « nègre » d'Alexandre Dumas, ce dernier porta plainte et Eugène de Mirecourt fut condamné à six mois de prison et à une amende[3].

Il publia ensuite plusieurs romans, et fit avec Fournier un drame, Mme de Tencin, qui fut joué au Français. Sa brochure contre Alexandre Dumas lui avait inspiré l’idée de passer en revue, dans des publications analogues, toutes les célébrités de l’époque : en 1854, il commença la Galerie des contemporains, qui souleva contre lui toute la presse. Cette galerie, dans laquelle il couvre de ridicule plusieurs grandes réputations, eut un succès momentané, auquel ne nuisirent ni les disputes sans nombre, ni l’éclat des procès soulevés contre l’auteur par La Mennais, George Sand, Jules Janin, Pierre-Joseph Proudhon, Émile de Girardin, Louis Veuillot, Millaud, etc.

La Galerie des contemporains fut initiée en 1854 chez Nicolas Roret puis reprise par l'éditeur Gustave Havard ; terminée en 1857, elle comprend plusieurs dizaines de monographies publiées en petit format sous couverture jaune et accompagnées d'une eau-forte généralement signée Charles Carey et d'un autographe reproduit au trait. Mirecourt fonda alors le journal Les Contemporains, qui paraissait toutes les semaines et contenait dans chaque numéro un article biographique. Ce journal, dans lequel il donna pleine carrière à son humeur mordante, souleva d’aussi vives disputes et d’aussi nombreux procès dans lesquels les tribunaux se montrèrent toujours sévères à son égard. Après une série de condamnations, Les Contemporains cesse de paraître. En 1867, Mirecourt relance sa collection de monographies des « Contemporains », qu'il achève en 1871, avec au total 74 portraits, publiés à l'enseigne de la Librairie des contemporains, située au 13 de la rue de Tournon. Par jeu, Commerson publia sous le titre Les Binettes contemporaines chez Havard une série de portraits charges illustrés par Nadar en 1854-1855.

Victor Hugo considérait qu’il possédait « un beau talent et un beau courage » avec un style « excellent et solide ». Théodore de Banville lui dédia, en 1846, un poème, le Mirecourt.

Fin de vieModifier

En 1872, Mirecourt entre chez les dominicains de Ploërmel, se fait prêtre, et est envoyé enseigner à Port-au-Prince, en Haïti, où il est mort[1],[4].

Il eut un fils, mort lieutenant à Bourges en août 1866, et deux filles. L'une se fit religieuse, l'autre actrice sous le nom d'Hélène Therval, qui mourut à 32 ans en 1876.

Bien qu’elle soit riche de 80 romans et nouvelles, de 140 biographies et d’une vingtaine de pièces de théâtre, l’œuvre d’Eugène de Mirecourt demeure aujourd’hui en grande partie méconnue.

ŒuvreModifier

  • Maison Alexandre Dumas et Compagnie. Fabrique de Romans, 1845.
  • Collection Les Contemporains. Hommes de lettres, publicistes, etc., etc., 100 volumes publiés à Paris par Roret puis Gustave Havard de 1854 à 1858, et enfin à compte d'auteur entre 1858 et 1860, biographies satiriques des célébrités de la politique, de la littérature et des arts, dont :
  • Confessions de Marion Delorme, Victor Bunel, 1856texte en ligne.
  • Rosa Bonheur, Gustave Havard, Paris, 1856. URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k200564h
  • Mémoires de Ninon de Lenclos, 1857.
  • Nos voisins les Anglais. Simples notes dédiées aux visiteurs de l'Exposition de Londres, Humbert, 1862.
  • Les vrais Misérables, Humbert, 1862 — critique acerbe contre l'ouvrage de Victor Hugo.
  • La Bourse et les signes du siècle, E. Dentu et Humbert, 1863 — texte en ligne.
  • Avant, pendant et après la Terreur, Dentu, 1866 — ouvrage chroniqué par Émile Zola le .
  • Collection Les Contemporains. Portraits et silhouettes du XIXe siècle, reprise de la collection précédente avec quelques inédits, chez Achille Faure de 1866 à 1868, puis à la Librairie des contemporains, jusqu'en 1871, dont :

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Gustave Mayer, Eugène de Mirecourt, coll. « Un contemporain », Paris, 1855 — texte en ligne.
  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 35, Paris, Firmin-Didot, 1861, p. 660-661.
  • Grand dictionnaire universel du XIXe siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique… T. 17 Suppl. 2, par M. Pierre Larousse (p. 1597) [1]

Notes et référencesModifier

  1. a et b Nécrologie publiée dans le Journal de Chartres du 21 mars 1880, page 2.
  2. Eugène de Mirecourt, Fabrique de romans : maison Alexandre Dumas et compagnie : XIXe – XIXe siècle : 1802-1845, Paris, Editions, . (BNF 30952600).
  3. Cf. Sylvain Ledda, Alexandre Dumas, Folio - Éditions Gallimard, 2014, p. 246 ; Eugène de Mirecourt, Fabrique de romans. Maison A. Dumas et compagnie, Chez les Marchands de nouveauté, 1845, p. 7.
  4. La Vie intellectuelle, Juvisy, 10 mars 1930, p. 608sur Gallica.

Liens externesModifier

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