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Eugène (usurpateur romain)

usurpateur romain
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Eugène.

Eugène
Usurpateur romain
Image illustrative de l’article Eugène (usurpateur romain)
Silique, Avers : Eugène avec les insignes impériaux.
Revers : VIRTVS ROMANORVM.
Rome assise tient une petite Victoire.
Règne
août 392 - (~2 ans)
Occident
Gaule
Empereur Théodose Ier
Biographie
Nom de naissance Flavius Eugenius
Décès
rivière froide (Dalmatie)
Usurpateur romain

Eugène (Flavius[1] Eugenius Augustus) (mort le ), rhéteur et grammairien, est proclamé empereur romain en 392 contre Théodose Ier.

BiographieModifier

Ses originesModifier

Eugène professe la rhétorique à Vienne (Dauphiné). Sa compétence est remarquée par le Franc Richomer. Celui-ci le recommande à son neveu, le général Arbogast, qui le nomme secrétaire dans l'administration de Valentinien II. Lorsque le jeune Valentinien II est trouvé mort dans sa chambre en mai 392, Arbogast craint d'être accusé de ce décès ; l'usurpation du pouvoir est sa seule issue, mais ses origines franques lui interdisent l'accès au titre impérial. Il proclame donc Eugène au titre d'Auguste, en août 392, à Vienne (Dauphiné) ou à Lugdunum (Lyon).

Son règneModifier

Dans un premier temps, Eugène cherche l'entente avec Théodose Ier, qui règne à Constantinople, comme en témoignent ses premières frappes monétaires et son envoi d'une ambassade, mais Théodose refuse ces propositions, probablement influencé par son épouse Aelia Galla, sœur de Valentinien II, et par le préfet du prétoire Flavius Rufinus, qui déteste Arbogast.

En Italie même, l'évêque Ambroise de Milan, autorité morale de l'époque, lui refuse son soutien. En revanche le comte Gildon qui gère l'Afrique romaine, précédemment révolté contre Valentinien II, reprend ses livraisons de ravitaillements à Rome, mais ne le reconnaît pas comme empereur. Quand en novembre 392[2] ou en janvier 393[1], Théodose élève son fils Flavius Honorius au rang d'Auguste d'Occident, l'affrontement est inévitable.

Eugène et Arbogast assurent d'abord leurs arrières sur le limes du Rhin par des accords de paix avec les Francs et les Alamans. Début 393, ils marchent sur l'Italie avec une armée de fédérés francs et alamans. À Milan, Ambroise persiste dans son attitude de refus ; mais l'aristocratie sénatoriale de Rome, dirigée par Quintus Aurelius Symmaque et Virius Nicomachus Flavianus, leur fait bon accueil, dans le contexte de « réaction païenne » face à l'interdiction du paganisme promulguée fin 392 par Théodose Ier. Eugène, chrétien modéré, rend aux sénateurs païens les biens qu'on leur avait confisqués, tout en laissant aux églises les biens pris aux temples. L'autel de la Victoire que Gratien avait fait enlever en 382 est replacé dans la Curie, tandis que se multiplient les cérémonies aux cultes anciens, un sénateur chrétien apostasie et des pamphlets circulent (Carmen contra Flavianum)[3].

En Orient, Théodose prépare longuement son expédition et quitte Constantinople en mai 394, avec une armée commandée par Stilicon et Gaïnas, constituée en majorité de Wisigoths, renforcée de contingents de Huns. La rencontre a lieu le , à la bataille de la rivière froide (bataille du Frigidus) près d'Aquilée. Malgré un succès initial, Arbogast et Eugène sont trahis par la défection d'une unité franque et vaincus. Eugène est décapité, ou se suicide. Arbogast se donne la mort, ainsi que Virius Nicomachus Flavianus.

Cette bataille marque la fin des tentatives pour rétablir le paganisme dans l'Empire romain, qui se voit réunifié pour quelques mois sous le pouvoir de Théodose Ier, qui meurt peu après en janvier 395 à Milan.

Sa titulatureModifier

Selon la pièce de monnaie dont l'image est ci-dessus, il porte les titres classiques suivants : D(ominus) N(oster) EVGENIVS P(ius) F(elix) AVG(ustus).

Ses monnaiesModifier

Les revers de ses premières pièces de monnaie suggèrent un règne collégial des deux empereurs :

  • GLORIA ROMANORVM (Gloire des Romains), avec les allégories de Rome et de Constantinople assises côte à côte (ref. Cohen 1).
  • VOTA PVBLICA (Souhait Populaire), avec deux empereurs.
  • VICTORIA AVGG (Victoire des Augustes), Eugène et Théodose assis de face, la Victoire entre eux, marques d'atelier monétaire avec T-R à gauche et à droite (Treveri / Trier, atelier de Trèves) et COM dans l'exergue (ref. Cohen 6).
  • VICTORIA AVGVSTORVM, Victoire seule marchant à gauche, tenant une couronne et une palme (ref. Cohen 10).

Ensuite, les slogans des revers ne portent plus que sur le thème de la Victoire, la personnification de Rome seule, et Eugène en armes :

  • SALVS REIPVBLICAE (Salut de la République), ou SPES ROMANORVM (L'Espoir des Romains) avec une Victoire, SALVS ROMANORVM, avec Rome (ref. Cohen 3 et 4).
  • VIRTVS EXERCITVS (Courage de l'Armée), ou GLORIA ROMANORVM, avec Eugène debout appuyé sur un bouclier et tenant un étendard (ref. Cohen 13).

Notes et référencesModifier

  1. a et b Selon Zingg et Zosso, son seul nom connu est Eugenius
  2. Selon Paul Petit
  3. Paul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, p 640,641

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Henry Cohen, Description historique des monnaies frappées sous l'Empire Romain, Paris, 1892, p 172 à 175, [1].
  • François Zosso et Christian Zingg, Les Empereurs romains, édition Errance, 1995, (ISBN 2877722260).
  • Paul Petit, Histoire générale de l'Empire romain, Seuil, 1974, (ISBN 2020026775).

Articles connexesModifier