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Estrées-Deniécourt

commune française du département de la Somme

Estrées-Deniécourt
Estrées-Deniécourt
Estrées-Deniécourt, l'église Saint-Quentin (1959).
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Péronne
Canton Ham
Intercommunalité Communauté de communes Terre de Picardie
(siège)
Maire
Mandat
Gérard Guillemont
2014-2020
Code postal 80200
Code commune 80288
Démographie
Population
municipale
325 hab. (2016 en diminution de 3,27 % par rapport à 2011)
Densité 50 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 52′ 30″ nord, 2° 49′ 22″ est
Altitude Min. 69 m
Max. 85 m
Superficie 6,45 km2
Localisation

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Estrées-Deniécourt

Estrées-Deniécourt est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Elle est le siège de la communauté de communes Terre de Picardie.

Sommaire

GéographieModifier

LocalisationModifier

La commune, située à l'est d'Amiens, dans le Santerre, au sud-ouest de Péronne, sur la route d'Amiens à Saint-Quentin.

La gare TGV Haute-Picardie est en partie située sur le territoire de la commune, ainsi que sur celui d'Ablaincourt-Pressoir.

Géographie physiqueModifier

Nature du sol et du sous-sol

Le sol de la commune est argilo-siliceux et caillouteux au nord-est[1].

Relief, paysage, végétation

Le relief de la commune est celui d'un plateau, le Santerre, un peu encaissé au centre du territoire communal[1].

Hydrographie

Aucun cours d'eau ne traverse la commune. La nappe phréatique est située à 15 / 20 mètres de profondeur[1].

Climat

Le climat de la commune est tempéré océanique avec vents dominants d'ouest.

Géographie humaineModifier

Urbanisme et aménagement du territoire

L'habitat de la commune est composé de deux entités, le village d'Estrées et la hameau de Deniécourt.

Détruits totalement au cours de la Première Guerre mondiale, les villages furent reconstruits dans l'entre-deux-guerres. Lieu de combats pendant la Bataille de France de 1940, Estrées en partie détruite fut reconstruite après 1945.

Transports et communications

La commune est située à l'intersection des autoroutes A1 (Paris – Lille) et A29 (Le Havre – Saint-Quentin) et à proximité de la gare TGV Haute-Picardie.

Communes limitrophesModifier

Transports en commun routiersModifier

La localité est desservie par les autocars du réseau inter-urbain Trans'80, Hauts-de-France (lignes no 47 et no 59)[2].

ToponymieModifier

EstréesModifier

Estrée est un mot d'ancien français, issu du latin strata (via), qui désignait une « voie couverte de pierres plates », par opposition à rupta (via) > route. Il s'est conservé dans la plupart des langues romanes (cf. l'italien et le roumain strada) et a été emprunté par le germanique (cf. l'anglais street, l'allemand Straße et le néerlandais straat[3]). Le mot estrée a disparu du français à la fin du Moyen Âge, mais il demeure dans un grand nombre de toponymes, particulièrement dans le nord de la France, signalant la proximité d'une voie romaine[4]. Ici, la voie romaine est la chaussée Brunehaut.

L'abbé Decagny pour sa part, indique comme signification du nom strada, « lieux foulés aux pieds »[5]. Il indique également qu'en 1146, on trouve le nom de Starda en Stangters et que la carte de Guillaume Delisle indique Estrées ou Mailleu, Mallieux, Maillou.

DeniécourtModifier

On trouve plusieurs formes pour désigner Deniécourt, dans les textes anciens : 1010, Digniscourt ; 1110, Dignicurt ; 1265, un titre mentionne Deniécourt sous la forme de Sancti Dionisii curia ce qui rend vraisemblable l'existence à Deniécourt, d'une ancienne église sous le vocable de saint Denis[5].

HistoireModifier

 
Plaque de rue apposée sur la droite, en direction d'Amiens.

Les fouilles archéologiques, effectuées lors de la construction de la ligne TGV Paris – Lille, ont révélé des vestiges de différentes périodes.

PréhistoireModifier

Âge du fer

Des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour les vestiges d'un établissement rural de l'époque de La Tène moyenne (second âge du fer), datant vraisemblablement du début du IIe siècle av. J.-C., avec un petit cimetière renfermant les restes d'une vingtaine de personnes[6].

AntiquitéModifier

Moyen ÂgeModifier

  • Le domaine d'Estrées dépendait au Moyen Âge de la châtellenie de Nesle. En 1147, Ives de Nesle, comte de Soissons, avant son départ pour la deuxième croisade, accorda à Ernaud, abbé de l'abbaye Saint-Crépin de Soissons, les dîmes d'Estrées, proche de Péronne[5].
  • Une charte de 1221 mentionne Pierre d'Estrées comme seigneur d'Estrées. Il porta bannière à la bataille de Bouvines, en 1214[5].
  • En 1270, Raoul d'Estrées est cité parmi les chevaliers participant à la huitième croisade[5].

Époque moderneModifier

Époque contemporaineModifier

Les deux communes d'Etrées et de Deniécourt, instituées pendant la Révolution française fusionnent entre 1790 et 1794 pour former celle d'Estrée-Deniécourt[7].

Pendant la Guerre franco-allemande de 1870, des habitants d'Estrées s'armèrent et tuèrent plusieurs Prussiens[1].

Première Guerre mondiale
  • En 1914, le village d'Estrées fut occupé par l'armée allemande, et, le 29 août, il ne restait plus que 39 habitants dont le curé sur 450. Les Allemands quittèrent la commune le 18 septembre après la bataille de la Marne. Mais, l'armée française se replie et les Allemands reprennent possession du village. Le 28 septembre, les hommes valides du village sont emmenés pour enterrer les morts. Le 30 septembre, les femmes, les enfants et les vieillards sont conduits à l'hospice de Déniécourt. Le 1er octobre, les femmes les plus jeunes et les enfants les plus âgés partent à pied pour Péronne. Le 13 octobre, douze hommes d'Estrées-Déniécourt dont le maire sont déportés en Allemagne.
  • En 1915, le village d'Estrées et son église furent totalement détruits par l'artillerie allemande.
  • En 1916, pendant la bataille de la Somme, la population de la commune dut évacuer Péronne pour le Nord du fait de l'offensive franco-britannique. Le 3 juillet, le 329e régiment d'infanterie entra dans ce qu'il restait d'Estrées. Le village changea quatre fois de main en deux jours. La reconquête par les Français se fit maison par maison jusqu'au 24 juillet. Les combats pour la reprise de Déniécourt durèrent du 4 au 18 septembre.
  • En 1918, le 21 mars, débuta l'offensive allemande du printemps ou bataille du Kaiser. Estrées-Deniécourt fut à nouveau occupée par les Allemands et les deux villages furent libérés en août 1918 par les troupes australiennes[8].
  • 1937, fin de la reconstruction de l'église d'Estrées.
Seconde Guerre mondiale
  • 23 mai 1940, mitraillage d'un groupe de reconnaissance du 14e régiment d'infanterie par les Allemands qui tenaient le plateau de Dompierre-Becquincourt. Le 5 juin 1940 à 21 h, faute de munitions, les soldats français qui tenaient encore Estrées-Déniécourt cessèrent le combat. Les villages d'Estrées et de Déniécourt étaient une nouvelle fois détruits.
  • La commune fut libérée le 1er septembre 1944[9].
Trente Glorieuses

Le 16 décembre 1966, eut lieu l'inauguration du tronçon Roye - Bapaume de l'autoroute A 1 (autoroute du Nord) avec l'échangeur de Péronne situé sur le territoire de la commune d'Estrées-Deniécourt.

Politique et administrationModifier

Rattachements administratifs et électorauxModifier

La commune se trouve dans l'arrondissement de Péronne du département de la Somme. Pour l'élection des députés, elle fait partie depuis 1958 de la cinquième circonscription de la Somme.

Elle faisait partie depuis 1801 du canton de Chaulnes[7]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, la commune est intégrée au canton de Ham.

IntercommunalitéModifier

La commune était le siège de la communauté de communes de Haute-Picardie, créée en 1994 sous le nom de communauté de communes de Chaulnes et environs, et qui a pris sa dénomination de communauté de communes de Haute-Picardie en 1999.

Dans le cadre des dispositions de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République du 7 août 2015, qui prévoit que les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre doivent avoir un minimum de 15 000 habitants, la préfète de la Somme propose en octobre 2015 un projet de nouveau schéma départemental de coopération intercommunale (SDCI) qui prévoit la réduction de 28 à 16 du nombre des intercommunalités à fiscalité propre du département[10].

Le projet préfectoral prévoit la « fusion des communautés de communes de Haute Picardie et du Santerre », le nouvel ensemble de 17 954 habitants regroupant 46 communes[11],[12],[13]. À la suite de l'avis favorable de la commission départementale de coopération intercommunale en janvier 2016[14], la préfecture sollicite l'avis formel des conseils municipaux et communautaires concernés en vue de la mise en œuvre de la fusion le [15].

Cette procédure aboutit à la création au de la communauté de communes Terre de Picardie, dont la commune est désormais membre[16].

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs[17]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2014 Pascal Vanysacker[18]    
2014[19] En cours
(au 6 mai 2014)
Gérard Guillemont    

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[21].

En 2016, la commune comptait 325 habitants[Note 1], en diminution de 3,27 % par rapport à 2011 (Somme : +0,27 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
556576512611604602612635612
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
599587575539574567544500513
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
527513521198330281272244253
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
272255285253252245275336325
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[22].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

ÉconomieModifier

L'économie de la commune reste dominée par l'agriculture. Quelques commerces de proximité subsistent dans le village d'Estrées.

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

  • Église Saint-Gentien de Deniécourt reconstruite durant l'entre-deux-guerres, à l'emplacement de l'église précédente, ancienne chapelle du château alors situé à proximité de Deniécourt[23].
  • Monument aux morts avec cette dédicace : « Aux enfants d'Estrées-Déniécourt morts pour la France » et la liste des vingt victimes de la commune, vingt soldats et vingt civils.
  • Stèle au 339e régiment d'infanterie érigée le .

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Monument disparu

Personnalités liées à la communeModifier

Pour approfondirModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Estrées-Deniécourt sur le site de l'Institut géographique national

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f Notice géographique et historique sur la commune d'Estrées-Deniécourt, rédigée par M. Leroy, instituteur, 189?, Archives départementales de la Somme
  2. « Le réseau Trans'80 en ligne ».
  3. John Ayto, Dictionary of Word Origins, Arcade Publishing, New York, 1990, 584 pages, pg 506
  4. Stéphane Gendron, La Toponymie des voies romaines et médiévales, éditions errance, Paris, 2006, 200 pages, pg 32
  5. a b c d e et f Abbé Paul Decagny, Chaulnes et ses environs, 1865, reprise Paris, 1992, Le Livre d'histoire, Res Universis, Rassorts Lorisse (ISBN 2 - 87 760 - 916 - 2)
  6. a et b Henri de Saint-Blanquat, Archéo-TGV, 450 km d'histoire, Paris, Casterman, 1992 (ISBN 2 - 203 - 23 303 - 6)
  7. a b et c Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Francine François-Dejuine, 1914-1924, 26 communes dans la tourmente, Inval-Boiron, 2007, La Vague verte, collection Souvenance (ISBN 978 - 2 - 913 924 - 99 - 4)
  9. Francine François-Dejuine, 1935-1955, Mémoires de 28 communes du Santerre, Inval-Boiron, 2011, La Vague verte, collection Souvenance (ISBN 978 - 2 - 35 637 - 035 -8)
  10. Vincent Fouquet, « Vers un mariage de la communauté de communes de Haute-Picardie avec celle de Rosières ? : Le conseil communautaire, qui s’est déroulé jeudi soir à Soyécourt, a été l’occasion d’annoncer la volonté de l’intercommunalité de fusionner avec celle de Rosières-en-Santerre », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne).
  11. « Coopération intercommunale : La préfète présente un nouveau schéma départemental » [doc], Communiqué de presse, Préfecture de la Somme, (consulté le 15 mai 2016).
  12. Vincent Fouquet et Cécile Latinovic, « Haute-Somme : La nouvelle carte du territoire fait réagir les présidents : La révélation de la nouvelle carte du département, et des découpages des intercommunalités fait réagir les présidents, qui sont majoritairement satisfaits », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne).
  13. « Un mariage entre Chaulnes et Rosières-en-Santerre est prévu pour 2017 : L’annonce a été faite jeudi 1er octobre à Rosières-en-Santerre : les communautés de communes de Haute Picardie (CCHP) et du Santerre (CCS) souhaitent fusionner. Voici leurs arguments », Le Courrier picard, édition du Santerre,‎ (lire en ligne).
  14. « Somme, la CDCI valide des projets de fusion d’ECPI », Décideurs en région,‎ (lire en ligne).
  15. « Arrêté préfectoral du 15 avril 2016 portant projet de périmètre de la communauté de communes issue de la fusion de la communauté de communes de haute Picardie avec la communauté de communes du Santerre », Recueil des actes administratifs de la préfecture de la Somme, nos 2016-031,‎ , p. 78-79 (lire en ligne [PDF]).
  16. « CC Terre de Picardie (N° SIREN : 200070928) », Fiche BANATIC, Ministère de l'intérieur, (consulté le 10 juin 2017).
  17. « Les maires de Estrées-Deniécourt », sur http://www.francegenweb.org/ (consulté le 15 juin 2017).
  18. Réélu pour le mandat 2008-2014 : « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr, (consulté le 12 août 2008)
  19. « Liste des maires de la Somme » [PDF], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme, (consulté le 9 juin 2014)
  20. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  21. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  22. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  23. André Guerville, Chapelles et oratoires en Pays de Somme, Abbeville, Frédéric Paillart, coll. « Richesses en Somme », 4e trimestre 2003, 302 p., p. 240 (ASIN B000WR15W8).
  24. Christian du Passage, Chateaux disparus dans la Somme, Amiens, CRDP, , 150 p. (ISBN 2-86615-008-2), p. 94-95