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En tant que pollinisateur, Osmia cornuta est responsable de la reproduction d'un grand nombre de plantes à fleur. Elle peut être considérée comme une espèce clé de voûte.

Une espèce clé de voûte est une espèce qui a un effet disproportionné sur son environnement au regard de ses effectifs selon le concept introduit pour la première fois en 1969[1] par Paine[2] ou de sa biomasse.

Certaines espèces affectent ainsi de nombreux autres organismes dans un écosystème. Par métaphore, on dit qu'elles jouent un rôle analogue à une clef de voûte dans une arche : lorsqu'elle est retirée, l'ensemble de l'arche, voire tout ou partie de l'édifice de pierres s'effondre. Quand une espèce clé de voûte disparaît, un écosystème peut subir une dégradation importante et éventuellement relativement rapide, ce qui en fait une espèce d'intérêt patrimonial. Il ne s'agit pas nécessairement d'une espèce de grande taille, ni d'une espèce ayant un effectif important ou une productivité importante, mais d'une espèce qui structure son écosystème ou en assure l'équilibre écologique[3].

Ce concept est remis en question en raison du caractère ambigu de sa définition[4],[5].

UtilitéModifier

La détermination des espèces clé de voûte permet de mieux cibler les actions de protection de la nature, trop souvent axées vers les espèces rares ou emblématiques, mais pas forcément les plus impliquées dans le fonctionnement global de l'écosystème[6].

Réintroductions, protectionModifier

La réintroduction, protection et gestion d'espèces clé peut contribuer à la renaturation et à la restauration écologique d'écosystèmes dégradés à faible coût. Ces écosystèmes deviennent alors également plus résilients. Parmi les exemples souvent cités figurent des animaux aussi variés que le vers de terre, l'abeille, le loup, des coraux, le castor[7] ou encore le chien de prairie[8], mais il peut aussi s'agir d'espèces végétales comme le bouleau[9] ou la sphaigne.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) R. T. Paine, « A Note on Trophic Complexity and Community Stability », The American Naturalist, vol. 103, no 929,‎ , p. 91-93.
  2. (en) R. T. Paine, « A Conversation on Refining the Concept of Keystone Species », Conservation Biology, vol. 9, no 4,‎ , p. 962–964 (DOI 10.1046/j.1523-1739.1995.09040962.x)
  3. (en) Simberloff, D., « Flagships, umbrellas, and keystones: is single-species management passé in the landscape era? », Biological Conservation, vol. 83, no 3,‎ , p. 247–257 (lire en ligne).
  4. (en) Donald R. Strong, « Are Trophic Cascades All Wet? Differentiation and Donor-Control in Speciose Ecosystems », Ecology, vol. 73, no 3,‎ , p. 747-754.
  5. (en) L.S. Mills, M.E. Soule, D.F. Doak, « The key-stone species concept in ecology and conservation. BioScience 43(4):219-224 », BioScience, vol. 43, no 4,‎ , p. 219-224.
  6. (en) Frédéric Ducarme, Gloria M. Luque et Franck Courchamp, « What are “charismatic species” for conservation biologists ? », BioSciences Master Reviews, vol. 1,‎ (lire en ligne).
  7. Gorczyca, E., Krzemień, K., Sobucki, M., & Jarzyna, K. (2018). Can beaver impact promote river renaturalization? The example of the Raba River, southern Poland. Science of the Total Environment, 615, 1048-1060.
  8. Davidson, A. D., Hunter, E. A., Erz, J., Lightfoot, D. C., McCarthy, A. M., Mueller, J. K., & Shoemaker, K. T. (2018). Reintroducing a keystone burrowing rodent to restore an arid North American grassland: challenges and successes. Restoration Ecology |résumé.
  9. Oksanen, E., Lihavainen, J., Keinänen, M., Keski-Saari, S., Kontunen-Soppela, S., Sellin, A., & Sõber, A. (2018). Northern Forest Trees Under Increasing Atmospheric Humidity.|résumé