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Ernst Rüdin

psychiatre et généticien suisse
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Ernst Rüdin
Portrait de Ernst Rüdin
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à Saint-GallVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
à MunichVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Médecin militaire (d), juge, psychiatre, professeur d'université (d) et généticien (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Université Louis-et-Maximilien de Munich et Université de BâleVoir et modifier les données sur Wikidata
Membre de LeopoldinaVoir et modifier les données sur Wikidata

Ernst Rüdin, né le à Saint-Gall et mort le à Munich, est un psychiatre généticien suisse. Eugéniste, il est l’un des instigateurs, à la demande d’Adolf Hitler de la Loi du 14 juillet 1933 sur la stérilisation contrainte.

Cette loi rend la stérilisation obligatoire pour neuf maladies, considérées comme héréditaires à l’époque ou congénitales : faibles d’esprit congénitaux, personnes atteintes de troubles neuropsychiatriques tels que la schizophrénie, personnes atteintes de cécité ou surdité congénitales, alcooliques graves.

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, il est l’un des généticiens les plus réputés dans le monde[1]. Bien que quasiment unanimement approuvé avant guerre, il est discrédité par sa collusion avec les nazis, et déchu de sa nationalité suisse.

BiographieModifier

En 1905, il est membre fondateur de la nouvelle « Société d'hygiène raciale » d’Alfred Ploetz, qui est aussi son beau-frère, puis devient membre du comité directeur jusqu'en 1933, date à laquelle il devient président. Cet institut regroupe l’élite de la psychiatrie d’alors dont le docteur Aloïs Alzheimer.

En 1908, il est coéditeur de la revue eugéniste Archiv für Rassen- und Gesellschafts-Biologie (ARGB).

C'est l'un des pionniers de l'approche génétique en psychiatrie, avec son étude de 1916 sur l'hérédité de la schizophrénie.

En 1924, il est directeur du Service de recherche psychiatrique sur l'hérédité à Munich, centre intégré en 1924 à la prestigieuse fondation Kaiser Wilhelm.

De 1933-1935 à 1945, Rüdin préside à la fois la Société d'hygiène raciale et la Société des neurologues et psychiatres allemands, qui existe encore : Max-Planck-Institut für Psychiatrie, l'équivalent allemand du CNRS.

En 1934, il devient le président de la Fédération internationale des organisations eugénistes.

Après guerre, il est peu inquiété par la dénazification et émigre aux États-Unis où il continue ses travaux bien qu'il ait été deux fois décoré par Hitler lui-même[2].

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. « the most respected genetic scientist in the field of psychiatry until the outbreak of World War II » (en) Peter Roger Breggin, Toxic psychiatry : why therapy, empathy, and love must replace the drugs, electroshock, and biochemical theories of the "new psychiatry, New York, St. Martin's Press, , 1re éd., 464 p. (ISBN 978-0-312-05975-0, OCLC 231299871), p.  102.
  2. Max Weinreich et Samuel Kassow (avant-propos) (trad. Isabelle Rozenbaumas, préf. Martin Gilbert.), Hitler et les professeurs : le rôle des universitaires allemands dans les crimes commis contre le peuple juif, Paris, Les Belles lettres, , 393 p. (ISBN 978-2-251-44469-7, OCLC 874842517), p. 45.