Ercole de’ Roberti

peintre italien
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Ercole de’ Roberti (v. 1450 - 1496) (Ercole Ferrarese pour Vasari[1]) est un peintre italien important de l'école de Ferrare pendant la Renaissance italienne du Quattrocento.

Ercole de’ Roberti
Delle vite de' più eccellenti pittori, scultori, et architetti (1648) (14779874435).jpg
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
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Activités
Maître
Lieux de travail

Michel-Ange jeune, voyant en 1494 ses fresques (aujourd'hui détruites à l'exception d'un fragment) de la chapelle Garganelli dans la basilique San Petronio à Bologne, déclarait que cet ouvrage « valait la moitié de Rome. »

BiographieModifier

Formé avec Francesco del Cossa auprès de Cosmè Tura à Ferrare, Ercole de’ Roberti fait ses débuts au palais Schifanoia, dans la salle des Mois.

La collaboration de Cossa et de Roberti se poursuit à Bologne où Ercole peint les prédelles des retables :

Son œuvre humaniste, teintée d'ésotérisme, a nourri l'imaginaire du Bolonais Amico Aspertini et le Ferrarais Ludovico Mazzolino, stimulé leur goût pour la magie, le masque, le tragique et le grotesque.

Les fresques perdues de la chapelle GarganelliModifier

 
Madeleine en pleurs, fragment des fresques de la chapelle Garganelli (Pinacothèque nationale de Bologne)

Après la mort de Cossa, Ercole de' Roberti prend sa suite, de 1481 à 1485[2], pour peindre à fresque la chapelle Garganelli (it), dans la basilique San Petronio à Bologne. Selon Roberto Longhi, ces fresques « furent, dans la décennie 1475-1485, l'événement artistique majeur de toute l'Italie »[3] ; déjà Michel-Ange, de passage à Bologne, disait que « la chapelle que vous avez ici est à moitié aussi bonne que Rome »[4].

Endommagée lors de travaux d'agrandissement de la nef, la chapelle est démolie à la fin du XVIe siècle. Si certains fragments de fresque ont été découpés et vendus, un seul, représentant Madeleine en pleurs, a été conservé jusqu'à nos jours[5].

Le contenu des fresques est toutefois assez bien connu[6] grâce à une description détaillée par Vasari, qui soulignait le naturalisme des figures[7], ainsi que par des copies des peintures de Roberti réalisées avant la destruction : des copies partielles de la Crucifixion dans la sacristie de la cathédrale San Pietro à Bologne et de la Dormition de la Vierge au Louvre, ainsi qu'une copie plus complète de la Dormition au Ringling Museum de Sarasota[6],[8].

Chaque scène mesurait environ 9 mètres de largeur et 7,5 mètres de hauteur, ce qui devait produire un effet d'autant plus grand sur le spectateur que chaque mur était occupé par une seule scène, contrairement à la pratique habituelle des artistes de l'époque[9].

Dans la Crucifixion, Roberti multiplie les personnages et les événements, retrouvant la violence et l'impact émotionnel de version d'un thème qui, au cours du XVe siècle, avait perdu de son ampleur. De même pour la Dormition, l'artiste choisit une mise en scène d'une monumentalité sans précédent[10].

ŒuvresModifier

 
Prédelle de la chapelle Griffoni, basilique San Petronio à Bologne

Notes et référencesModifier

  1. Notice
  2. Manca 1986, p. 151.
  3. Longhi 1991, p. 138.
  4. Phrase citée par Pietro Lamo (it) vers 1560 (Manca 1986, p. 147, Longhi 1991, p. 138).
  5. Natale 2003, p. 144.
  6. a et b Manca 1986.
  7. Vasari 1841.
  8. (en) « Copy after Roberti's Dormition of the Virgin (site du Ringling Museum de Sarasota ».
  9. « Each fresco was about 30 feet wide and 25 feet high » (Manca 1986, p. 151-152.
  10. Manca 1986, p. 153 à 158.
  11. Giovanna Nepi Sciré, La Peinture dans les musées de Venise, éditions Place des Victoires, (ISBN 978-2-8099-0019-4), p. 110
  12. Stefano Zuffi (trad. de l'italien), Le Portrait, Paris, Gallimard, , 304 p. (ISBN 2-07-011700-6), p.27
  13. Erich Lessing, La Renaissance italienne, Paris, Hatier, , 323 p. (ISBN 2-218-07255-6), p. 221

Sources et bibliographieModifier

  • (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Ercole de' Roberti » (voir la liste des auteurs).
  • Giorgio Vasari (trad. Léopold Leclanché), Vies des peintres, sculpteurs et architectes, Just Tessier, (lire sur Wikisource), « Ercole, peintre ferrarais »
  • Gustave Gruyer, L'art ferrarais à l'époque des princes d'Este, t. 2, Paris, Plon, (lire en ligne), p. 145
  • (en) Joseph Manca, « Ercole de' Roberti's Garganelli Chapel Frescoes: A Reconstruction and Analysis », Zeitschrift für Kunstgeschichte, Deutscher Kunstverlag GmbH Munchen Berlin,‎ , p. 147-164 (lire en ligne)
  • Roberto Longhi (trad. Claude Lauriol), L'atelier de Ferrare [« L'officina ferrarese »], Brionne, Gérard Monfort,
  • Mauro Natale, « Les arts à Ferrare au XVe siècle », dans Une Renaissance singulière : la cour des Este à Florence, Snoeck,

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Références bibliographiquesModifier

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