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Entrammes (Mayenne)

commune française du département de la Mayenne
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Entrammes.

Entrammes
Entrammes (Mayenne)
Le nouvel hôtel de ville.
Blason de Entrammes
Blason
Entrammes (Mayenne)
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Mayenne
Arrondissement Laval
Canton L'Huisserie
Intercommunalité Laval Agglomération
Maire
Mandat
Didier Marquet
2014-2020
Code postal 53260
Code commune 53094
Démographie
Gentilé Entrammais
Population
municipale
2 249 hab. (2016 en augmentation de 1,35 % par rapport à 2011)
Densité 86 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 45″ nord, 0° 42′ 50″ ouest
Altitude Min. 33 m
Max. 108 m
Superficie 26,16 km2
Localisation

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Entrammes

Entrammes est une commune française, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, peuplée de 2 249 habitants[Note 1].

GéographieModifier

Entrammes se situe à 10 km au sud de Laval au bord de la N 162[1].

HydrographieModifier

Entrammes est en rive gauche de la Jouanne, qui conflue avec la Mayenne sur le territoire de la commune à 2 km au sud-ouest de la ville[2].

L'Ouette sert de limite de commune à l'est et au sud-est avec Parné-sur-Roc et Maisoncelles-du-Maine, puis traverse le sud-est de la commune pour confluer elle aussi avec la Mayenne sur le territoire d'Entrammes à quelque 3 km au sud d'Entrammes[2].

Communes limitrophesModifier

Neuf communes sont limitrophes à celle d'Entrammes[2] :

GéologieModifier

Un substrat fait de siltites, de grès et de conglomérats du Carbonifère, est traversé par un massif volcanique composé principalement de ignimbrites rhyolitiques. À l’est et au sud d’Entrammes, de sables et graviers pliocènes et des sables éocènes recouvrent ces roches. Des blocs isolés de grès lustrés[n 1] tertiaires ont été érodés par les vents au Quaternaire. La vallée est recouverte d'alluvions holocènes (sables, graviers et limons)[4].

ToponymieModifier

Interamnis signifiant « entre les eaux », est formé de la préposition latine inter (entre, parmi, au milieu de) et de amnis (cours d’eau rapide, fleuve, rivière)[5]. Ce nom gallo-romain serait calqué sur le nom celtique enterana « entre marais » ou enterambes (attesté dans le Glossaire de Vienne « enter ambes : inter rivos »).[réf. nécessaire]

Cette localisation « entre les eaux » connait une continuité d’occupation entre l’Antiquité et le Moyen Âge [6]. Au haut Moyen Âge, Entrammes est citée parmi les paroisses les plus anciennes du diocèse du Mans. Elle aurait été fondée par saint Julien à la fin du IVe siècle ou au début du siècle suivant : « ecclesias dedicavit… de Intramnis »[7].

Une monnaie mérovingienne à la légende « Interamnis/AVDIGISILUS », est attribuée à Entrammes[8]. Intramnis monasterio (le monastère d’Entrammes) est mentionné en 837 dans le testament d’Aldric, évêque du Mans[9].

Le gentilé est Entrammais.

HistoireModifier

Époque gauloiseModifier

L'agglomération d'Entrammes s'est créée grâce à un gué très important sur la Mayenne. La route qui menait du Mans à Rennes passait par ce gué. Grâce à ce gué s'est d'abord créé un important oppidum gaulois de 55 hectares (le plus vaste connu dans la région) qui fait l'objet de mesures d'archéologie préventive depuis des travaux sur la RD 103[10] ; il était occupé dès le Ier siècle av. J.-C..

Le site de « la Carie » se trouve le long d'une voie gauloise[11], à environ 700 m au nord-ouest de la ville en rive droite de la Jouanne[2] et près du gué sur cette rivière. Il a été occupé depuis le milieu de la Tène moyenne jusqu'à la fin de la Tène D1 (Tène finale, vers 70 av. J.-C.)[11]. Les traces d'habitat les plus anciennes connues remontent à la transition entre le IIIe et le IIe siècle av. notre ère[12] ; la fosse F26 de cette époque[13] a livré entre autres un morceau de vase balustre[14] daté de la transition de la Tène C1 à C2[13], des céramiques diverses (écuelles, coupelles, pots, gobelets)[15] et des fragments d'amphores[16] de transition entre les gréco-italiques et les Dressel 1A (seconde moitié du IIe siècle av. J.-C.)[17] : 892 fragments de panses, 117 bords, 18 lèvres et 50 fonds[15].

Lors de la conquête de la Gaule, l'oppidum du « Port-du-Salut » à l’ouest de la Carie » cesse d'être occupé ; l'habitat est transféré à l’est de « La Carie », sous le bourg actuel d’Entrammes[18].

Époque gallo-romaineModifier

Haut-Empire

Le gué serait à l'origine de l'agglomération gallo-romaine d’Interamnes, nom gallo-romain d'Entrammes calqué sur le nom celtique enterana car Entrammes est situé entre trois rivières : la Mayenne, la Jouanne et l'Ouette. Cette référence à une situation géographique particulière, s’appliquerait plus à l’oppidum gaulois du Port-du-Salut situé à la confluence entre la Mayenne et la Jouanne qu’à la ville antique gallo-romaine[5].

Le site de « la Carie » reprend de l'importance pendant le Haut-Empire romain à partir de Tibère (14-37 apr. J.C.). Un atelier de potiers[11],[19] forme une zone artisanale jouxtant le nouveau chef-lieu du pagus gallo-romain d’Entrammes. Pendant la dynastie des Flaviens (69 à 96), de nouvelles structures apparaissent et s'agrandissent jusqu'à l'avènement de la dynastie des Sévères (qui débute en 193 apr. J.-C.)[11]. L'habitat est abandonné au Bas-Empire[11].

Les fours de poterie d'Entrammes font exception[20] : les « rayons » destinés à soutenir les objets mis à cuire sont en ignimbrite rhyolitique, pierre locale facilement clivable - et non pas en argile[21].

Ces fours produisent la céramique commune, principalement les pots utilisés pour la cuisson[22]. Les sigillées importées viennent principalement des ateliers du centre de la Gaule pendant les deux premières décennies du Ier siècle, mais à partir de la moitié de ce siècle elles proviennent surtout des ateliers de Gaule du sud, qui fournissent à cette époque une meilleure qualité[23]. Les assiettes proviennent du centre de la Gaule, de l’Ouest ou d’Aquitaine[24].

À la fin du Ier siècle et durant tout le IIe siècle, l'occupation s'étend le long de la voie[25]. Les fours locaux produisent toujours écuelles et marmites mais certaines de ces céramique commune proviennent du val de Loire, notamment de l’atelier de Thésée-Pouillé (Loir-et-Cher, dans la vallée du Cher)[26] ainsi que des amphores, sauf pour deux amphores à lèvre plate qui semblent venir de Rezé (Loire-Atlantique)[n 2],[27]. Des dolia tournés à lèvre déversée arrondie peuvent venir de l’atelier de Mougon (à Crouzilles en Indre-et-Loire), ou de Rezé ou encore de Mazières-en-Mauges ; ces jarres y sont produites à partir de la fin du Ier siècle et durant tout le IIe siècle[28]. Ce commerce s'étend en cette période du Haut-Empire jusqu'à la vallée de l'Allier[29] : la sigillée du sud de la Gaule (Lezoux, Lubié) est encore présente jusqu'au tout début du IIe siècle[30] (elle représente au total 56,1 % de la céramique trouvée à Entrammes[31]), mais elle est alors nettement supplantée par celle du centre de la Gaule, avec une majorité de formes lisses mais surtout la forme moulée Drag. 37[30]. Ce commerce se diversifie et de nouvelles pièces sont régulièrement importées depuis le centre de la Gaule dont la production s'accroît en nombre et en qualité[32]. 5 à 6 % des pièces trouvées proviennent de Gueugnon (Sâone-et-Loire), Les Martres-de-Veyre (Puy-de-Dôme), Lubié et Toulon-sur-Allier (Allier)[31].

Moyen ÂgeModifier

Le site de « la Carie » est abandonné après l'établissement d'une petite nécropole mérovingienne[11].

En 863, Salomon, roi des Bretons, rencontre Charles le Chauve au gué d’Entrammes, la Mayenne constituant alors la frontière entre les royaumes de Bretagne et des Francs[7].

Entrammes est une des rares communes de l'arrondissement de Laval qui faisaient partie de l'Anjou avant 1790. Elle se trouvait dans le pays d'élection de Laval et dans le diocèse du Mans, ainsi qu'à la frontière du Maine. Les communes voisines de Parné-sur-Roc[réf. nécessaire], de L'Huisserie[33] et de Forcé faisaient partie du Maine,[réf. nécessaire] et Nuillé-sur-Vicoin[34] et Maisoncelles étaient en Anjou[35].

HéraldiqueModifier

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

De sable à trois fasces bretessées d'or semées de trèfles de sinople.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Administration municipaleModifier

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
Maire en 1970[36] mars 1983 Yves de Poulpiquet   Maraîcher retraité
Réélu en 1971 et 1977
mars 1983[37] mars 2008 Hubert Lardeux    
mars 2008[37] mars 2014 Jean Bodin   Retraité para-agricole
mars 2014[38] en cours Didier Marquet DVG Retraité agricole

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[39]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[40].

En 2016, la commune comptait 2 249 habitants[Note 2], en augmentation de 1,35 % par rapport à 2011 (Mayenne : +0,21 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 0419879921 0591 2371 4101 4031 4381 500
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4491 5001 4171 3321 3531 3101 2741 3101 226
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 2021 1211 1079771 0111 0521 0231 028989
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 0041 0191 1831 5821 8021 8472 0762 1082 237
2016 - - - - - - - -
2 249--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[41] puis Insee à partir de 2006[42].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

EnseignementModifier

Manifestations culturelles et festivitésModifier

SportsModifier

MédiasModifier

ÉconomieModifier

Lieux et monumentsModifier


 
Jumelage.

Activités et manifestationsModifier

JumelagesModifier

Personnalités liées à la communeModifier

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

SourcesModifier

BibliographieModifier

  • Pierre Bouchardon, Le puits du presbytère d'Entrammes (Affaire de l'Abbé Bruneau), Éditions Albin Michel, 1942.
  • [Guillier et al. 2012] Gérard Guillier, Emmanuelle Coffineau, Richard Delage, Valérie Deloze, Alain Valais, Séverine Lemaitre, Fabien Pilon et Laure Simon, « Le site gaulois et antique de « La Carie », entre oppidum et ville romaine à Entrammes (Mayenne) », Revue archéologique de l'Ouest, no 29,‎ , p. 145-201 (lire en ligne [sur journals.openedition.org]). Cet article utilise les initiales NMI ; NMIp, nombre minimum d'individus par phase ; NMIg, nombre minimum d'individus global.
  • [Morin de la Beauluère 1884] Louis Julien Morin de la Beauluère, Notice Historique sur la Commune d'Entrammes (Entramnes). Le Prieuré de Saint-Martin de Laval. Recherches sur les Corporations d'Arts et Métiers du Comté-Pairie de Laval avant 1789, Laval, libraire-éditeur Chailland, , sur (présentation en ligne). La "Notice sur Entramnes" a été publiée dans le tome II du Bulletin de la Société de l'Industrie de la Mayenne (il existe un tiré à part publié par Godbert).

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le grès lustré est une variété de grès « translucide, d'un blanc grisâtre, veiné de gris ; sa cassure est conchoïde, lisse et luisante. Cet aspect remarquable est dû à une cimentation parfaite des granules constitutifs. On a observé depuis longtemps qu'en appliquant un fort coup de marteau sur une plaque de grès lustré placée sur un terrain compressible, il s'en détachait souvent un éclat de la forme d'un cône très surbaissé »[3].
  2. Rezé a produit des amphores à lèvre plate depuis le milieu du IIe siècle jusqu'au début du IIIe siècle[27].
Notes sur la démographie
  1. Population municipale 2016.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. « Entrammes », sur google.fr/maps. Les distances par route entre deux points donnés sont calculées dans le panneau latéral (voir l'onglet en haut à gauche de l'écran) – cliquer sur "Itinéraires".
  2. a b c et d « Entrammes, carte interactive » sur Géoportail. Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées.
  3. « Les grès », sur cosmovisions.com.
  4. Guillier et al. 2012, paragr. 10.
  5. a et b Guillier et al. 2012, paragr. 8, note 2.
  6. [Naveau 1992] Jacques Naveau, « Les thermes d'Entrammes (Mayenne) », Revue archéologique de l'ouest, vol. 9, no 1,‎ , p. 129–159 (ISSN 0767-709X, DOI 10.3406/rao.1992.986, lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  7. a et b Guillier et al. 2012, paragr. 8.
  8. [Amécourt (d') 1883] Gustave Ponton d'Amécourt, Recherche des monnaies mérovingiennes du Cenomannicum, Mamers G. Fleury & A. Dangin, (lire en ligne).
  9. [Quicherat 1867] Jules Quicherat, « Remarques sur quelques noms de lieux des monnaies mérovingiennes », Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 28, no 1,‎ , p. 105–123 (ISSN 0373-6237, DOI 10.3406/bec.1867.446188, lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  10. « Entrammes », sur inrap.fr, Institut national de recherches archéologiques préventives, .
  11. a b c d e et f Guillier et al. 2012, Résumé.
  12. Guillier et al. 2012, paragr. 16.
  13. a et b Guillier et al. 2012, paragr. 42.
  14. Guillier et al. 2012, paragr. 29, fig. 11 : le vase balustre de l'horizon 1 (fosse F26).
  15. a et b Guillier et al. 2012, paragr. 30.
  16. Guillier et al. 2012, paragr. 29, fig. 12 : les amphores de l'horizon 1.
  17. Guillier et al. 2012, paragr. 41.
  18. Guillier et al. 2012, paragr. 50.
  19. Guillier et al. 2012, paragr. 55-59.
  20. Guillier et al. 2012, paragr. 60.
  21. Guillier et al. 2012, paragr. 61.
  22. Guillier et al. 2012, paragr. 69.
  23. Guillier et al. 2012, paragr. 64.
  24. Guillier et al. 2012, paragr. 67.
  25. Guillier et al. 2012, paragr. 101.
  26. Guillier et al. 2012, paragr. 105.
  27. a et b Guillier et al. 2012, paragr. 109.
  28. Guillier et al. 2012, paragr. 110.
  29. Guillier et al. 2012, paragr. 112.
  30. a et b Guillier et al. 2012, paragr. 102.
  31. a et b Guillier et al. 2012, paragr. 127.
  32. Guillier et al. 2012, paragr. 126.
  33. [Expilly 1764] Jean-Joseph Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, t. 3, Desaint et Saillant, , sur books.google.fr (lire en ligne), p. 786.
  34. Expilly 1764, p. 271.
  35. Expilly 1764, p. 498.
  36. « 4 octobre 1970 : signature de la charte de jumelage entre Rosendahl et Entrammes », sur rosentrammes.eu.
  37. a et b « Jean Bodin a été élu maire par le nouveau conseil », sur ouest-france.fr, Ouest-France.
  38. « Didier Marquet et ses adjoints ont été élus », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 19 juillet 2015).
  39. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  40. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  41. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  42. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  43. « Lactalis s'en prend à un reportage d'Envoyé Spécial », sur ouest-france.fr, Ouest-France, .