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L'enrésinement, au sens strict, est le processus artificiel, et parfois naturel par lequel, dans une forêt, les feuillus sont remplacés par des résineux (exemples : transformation des châtaigneraies des Cévennes par le pin maritime lors des reboisements du FFN). Au sens large, il désigne aussi le boisement de terres non forestières (landes, terres incultes, prairies, jachères…) par des résineux. Ce fut le cas au XIXe siècle du boisement massif par des pins des Landes, de la Sologne et de la Champagne.

Ce terme d’ « enrésinement » n’a pas d’équivalent dans d’autres langues (en anglais on peut le traduire par « afforestation with conifers »). Il a été employé pour la première fois au début du XXe siècle pour qualifier la conversion de taillis sous futaie peu productifs en futaies résineuses [1].

Depuis le milieu du XIXe siècle, il suscite de farouches oppositions[2],[3].

Sommaire

Impact écologiqueModifier

 
Boisement artificiel en alignements de pins, dans l'arrondissement de Tandil, au sud-est de la province de Buenos-Aires. Le tapis d'aiguilles de pins peine à se dégrader et empêche la végétation naturelle de pousser

L'enrésinement artificiel a plusieurs effets environnementaux négatifs ; au moins quatre grands problèmes sont cités par la littérature :

  1. Diminution de la biodiversité et de la naturalité[4] ;
  2. dégradation des sols, par un humus acide de type mor[5] ;
  3. sensibilité accrue aux feux de forêts[6] ;
  4. réchauffement climatique par la diminution de l'albédo[7]

En FranceModifier

L'enrésinement a été massivement pratiqué, d'abord avec l'introduction de pins dans les landes et sur d'autres littoraux sableux, puis dans les années 1960 et 1970 parce qu'encouragé par le Fonds forestier national dans tous les massifs forestiers de France, avec des essences souvent exotiques (épicéa de Sitka, sapins de Douglas, pins noir d'Autriche...).

Le soutien public à l'enrésinement a été en grande partie abandonnée depuis les années 1990, du fait de la prise en compte des facteurs environnemental et paysager.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Vincent Moriniaux (résumé et texte complet téléchargeable ; 951 p.), Les Français face à l’enrésinement : XVIe-XXe siècles. (Thèse de Géographie), Paris, Université Paris-Sorbonne, , 2 vol., 568 p. et 348 p. p. (lire en ligne)
  • Vincent Moriniaux, « Les Français face à l’enrésinement : XVIe-XXe siècles. », Annales de Géographie, nos 609-610,‎ , p. 660-663 (lire en ligne, consulté le 10 janvier 2016)

Notes et référencesModifier

  1. (Moriniaux 1999, p. 205)
  2. Philippe Riou-Nivert, « Les résineux : écologie et pathologie ; tome 2 », La peur de l’enrésinement (pp. 366-376) et la peur des exotiques (pp. 377-391), sur books.google.fr, (consulté le 10 janvier 2017)
  3. (Moriniaux 1999, p. 245-360, chapitre 3 : « La haine de l’arbre vert »)
  4. Jean-Luc Dupouey et al., « Impacts des changements d’usage sur la biodiversité et les sols. Mieux produire et préserver : Quelles approches pour les forêts au sein des territoires ? », in projet FORGECO ; résumé ; effets des enrésinements en forêt d’Orléans sur les communautés de coléoptères saproxyliques par Christophe Bouget et al. et sur les communautés végétales par Laurent Bergès et al., sur prodinra.inra.fr, (consulté le 10 janvier 2017)
  5. Maurice Bonneau, « Les enrésinements risquent-ils de diminuer la fertilité des sols ? », Revue forestière française, (consulté le 10 janvier 2017)
  6. René et Roger Molinier, « La forêt face aux incendies », Revue forestière française, (consulté le 10 janvier 2017)
  7. (en) J. Otto et al., « Forest summer albedo is sensitive to species and thinning : how should we account for this in Earth system models ? », article 17 p., sur biogeosciences.net, (consulté le 10 janvier 2017)