Emotional Freedom Technique

pseudoscience qui postule que la stimulation menée par un thérapeute de points situés sur le trajet des méridiens répertoriés par la médecine chinoise permet d'agir positivement sur la psychologie d'une personne.

L'Emotional Freedom Techniques (littéralement : « Techniques de libération émotionnelle»), abrégée en EFT, représente une pratique psycho-corporelle fondée aux États-Unis en 1995 par un ingénieur américain du nom de Gary Craig aujourd'hui à la retraite et qui selon son auteur aurait valeur de psychothérapie. C'est une technique de la même famille que la Tapas Acupressure Technique (TAT).

L'EFT a pour but d’alléger les souffrances émotionnelles et psychologiques des personnes. Elle se pratique par l'entretien thérapeutique et la stimulation de points situés sur le trajet des méridiens répertoriés par la médecine chinoise, d’où cette appellation de technique dite « méridienne ».

L'EFT n'a pas plus d'efficacité que l'effet placebo, et est de fait considérée par la communauté scientifique comme une pseudoscience[1],[2],[3],[4],[5].

HistoriqueModifier

L’EFT prend sa source dans la TFT (Thought Field Therapy, Thérapie du champ mental), une technique établie par Roger Callahan, psychologue cognitiviste et hypnothérapeute spécialisé dans le domaine des phobies. Dans les années 1980, il étudie les méridiens chinois puis s'inspire des travaux du chiropracteur George j. Goodheart qui mit en évidence la relation entre méridiens, organes et muscles qui le mèneront à la kinésiologie appliquée et du Dr John Diamond qui découvre le lien entre émotions et méridiens.

Gary Craig, le créateur de l’EFT, suit la formation de Callahan. A la recherche d'une technique utilisable par tous, il simplifie la TFT qui nécessite la présence d'un praticien afin d'établir un diagnostic avant d'utiliser les bons algorithmes. Il a l'idée de regrouper les 14 points présents dans les multiples algorithmes de la TFT pour en faire une seule et même séquence applicable par tous. En 2012, Gary Craig réduit sa séquence de base à seulement 8 points. Au 7 premiers points de la séquence de base initiale est ajouté le point sur la tête définit par Michael Gandy, acupuncteur qui accompagnait les séminaires de Gary Craig, pour tester les points utilisés.

PrésentationModifier

L’EFT vise à éliminer les perturbations présentes dans le système énergétique corporel afin d'en rétablir le flux correct. L'EFT est utilisée en self-help pour gérer émotions et douleurs, en coaching pour lever les blocages qui empêchent de se réaliser et en psychothérapie pour un accompagnement en profondeur notamment pour traiter les traumatismes sans les faire revivre, les phobies, les comportements (Tics, TOC,...) et toutes situations qui méritent l'accompagnement d'un professionnel. Cependant, l'EFT n'a pas vocation à remplacer le conseil du médecin.

À un niveau de base, cette technique est simple, facile à utiliser. Elle a pour objectif de gérer les émotions perturbatrices du quotidien : peur, tristesse, colère... sous toutes leurs déclinaisons, et toute douleur d'origine émotionnelle[réf. nécessaire].

Selon les praticiens de la méthode, l'EFT est capable d'apaiser en quelques minutes et de donner une sérénité de vie appréciable en cas d'utilisation régulière.[réf. nécessaire] Pour les problèmes sérieux ou anciens, l'EFT doit être utilisée avec un praticien expérimenté.

L’EFT fait aux États-Unis l’objet d’études approfondies, notamment pour traiter les vétérans souffrant de stress post-traumatique(PTSD)[6]. Elle a été mise en œuvre pour aider les populations à surmonter les effets traumatiques de plusieurs catastrophes : séisme de 2010 à Haïti [7], ouragan Katrina[8], tsunami de 2011 au Japon[réf. nécessaire], etc.

CritiquesModifier

Certains auteurs ont établi que les études favorables mises en avant n'obéissaient pas aux critères de qualité de la recherche scientifique (biais d'évaluation qui faussent les résultats[9],[1]).

De même, au-delà de l'effet bénéfique des techniques qu'elle reprend (notamment la remémoration de l'émotion vécue, retrouvée sous différentes formes dans toutes les psychothérapies issues de la psychanalyse et assimilable à la technique d'exposition en imagination des thérapies cognitives et comportementales), il n'a pas pu être prouvé en 2013 qu'elle avait un effet supérieur à l'effet placebo[10].

En 2009, une méta-analyse a démontré que des erreurs méthodologiques avaient été commises dans des études menées précédemment, ayant eu pour conclusion que l'EFT et la TAT (une autre pseudo-science liée aux thérapies dites énergétiques) avaient de « faibles résultats positifs (small successes) »[5]. Cette étude méta-analytique rapporte : « Les psychologues et les chercheurs doivent être méfiants quant à la pratique de ces techniques, et doivent faire des efforts pour informer le public des effets nocifs des thérapies qui font la promotion de résultats miraculeux »[5].

Elle est considérée comme une pseudo-science par le Skeptical Inquirer[11]. Le magazine scientifique Sciences et Avenir l'a présentée comme une « thérapie en toc »[12].

Notes et référencesModifier

  1. a et b (en) Gary M. Bakker, « The current status of energy psychology: Extraordinary claims with less than ordinary evidence », Clinical Psychologist, vol. 17, no 3,‎ , p. 91–99 (ISSN 1742-9552, DOI 10.1111/cp.12020, lire en ligne, consulté le 3 janvier 2020)
  2. (en) John C. Norcross, Gerald P. Koocher et Ariele Garofalo, « Discredited psychological treatments and tests: A Delphi poll. », Professional Psychology: Research and Practice, vol. 37, no 5,‎ , p. 515–522 (ISSN 1939-1323 et 0735-7028, DOI 10.1037/0735-7028.37.5.515, lire en ligne, consulté le 3 janvier 2020)
  3. (en) Scott O. Lilienfeld, Steven J. Lynn et Jeffrey M. Lohr, Science and Pseudoscience in Clinical Psychology, Guilford Publications, (ISBN 978-1-57230-828-2, lire en ligne), p. 2
  4. (en) David Semple et Roger Smyth, Oxford Handbook of Psychiatry, OUP Oxford, (ISBN 978-0-19-969388-7, lire en ligne), p. 393
  5. a b et c (en) Danny L. McCaslin, « A review of efficacy claims in energy psychology. », Psychotherapy: Theory, Research, Practice, Training, vol. 46, no 2,‎ , p. 249–256 (ISSN 1939-1536 et 0033-3204, DOI 10.1037/a0016025, lire en ligne, consulté le 4 janvier 2020)
  6. (en) « Tapping method eases stress in many | The United States Army », sur www.army.mil, (consulté le 28 avril 2016)
  7. « Formations EFT et REMAP en Haïti, du 26 juin au 2 juillet 2013 », sur Energies PSY Sans Frontières (consulté le 11 avril 2014)
  8. (en) David Feinstein, Ph.D., « Energy Psychology in Disaster Relief », Traumatology, vol. 14, no 1,‎ , p. 124-137 (lire en ligne)
  9. editors, Katherine van Wormer, Bruce A. Thyer, (2010). Evidence-based practice in the field of substance abuse : a book of readings . Thousand Oaks, Calif.: Sage. p.2 (ISBN 1412975778).
  10. WHEELER TJ, BASNETT CR, HANISH MJ et al "fibular taping does not influence dorsiflexion range of motion or balances measures in instability" J Sci Med Sport 2013 ; 16 ; 488-92.
  11. (en) Brandon A. Gaudiano et James D. Herbert, « Can we really tap our problems away? », Skeptical Inquirer, vol. 24, no 4,‎ (lire en ligne).
  12. Olivier Hertel, « La technique de libération émotionnelle: une thérapie en toc », sur sciencesetavenir.fr, (consulté le 17 juillet 2018)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Gary Craig, Le tutoriel de l'EFT officiel : Votre liberté émotionnelle au quotidien, éditions Le Souffle d'Or (15 juillet 2020)
  • (en) Gary M. Bakker, « The current status of energy psychology: Extraordinary claims with less than ordinary evidence », Clinical Psychologist, vol. 17, no 3,‎ , p. 91–99 (ISSN 1742-9552, DOI 10.1111/cp.12020, lire en ligne, consulté le 3 janvier 2020)
  • (en) John C. Norcross, Gerald P. Koocher et Ariele Garofalo, « Discredited psychological treatments and tests: A Delphi poll. », Professional Psychology: Research and Practice, vol. 37, no 5,‎ , p. 515–522 (ISSN 1939-1323 et 0735-7028, DOI 10.1037/0735-7028.37.5.515, lire en ligne, consulté le 3 janvier 2020)
  • (en) Scott O. Lilienfeld, Steven J. Lynn et Jeffrey M. Lohr, Science and Pseudoscience in Clinical Psychology, Guilford Publications, (ISBN 978-1-57230-828-2, lire en ligne), p. 2
  • (en) David Semple et Roger Smyth, Oxford Handbook of Psychiatry, OUP Oxford, (ISBN 978-0-19-969388-7, lire en ligne), p. 393.
  • (en) Danny L. McCaslin, « A review of efficacy claims in energy psychology. », Psychotherapy: Theory, Research, Practice, Training, vol. 46, no 2,‎ , p. 249–256 (ISSN 1939-1536 et 0033-3204, DOI 10.1037/a0016025, lire en ligne, consulté le 4 janvier 2020)