El paso del Ebro

chant de lutte de la guerre civile
(Redirigé depuis El Ejército del Ebro)

El paso del Ebro, également connue sous le titre ¡Ay, Carmela!, est une chanson populaire espagnole, née en 1808 dans la Guerre d'indépendance espagnole contre Napoléon Ier.

Deux chansons populaires de la guerre civile espagnole par Leon Lishner, baryton-basse :
1/ Los cuatro generales sur l'air de Los cuatro muleros de Federico García Lorca et sur des paroles de Ernst Busch
2/ Viva la quince brigada, chanson de la XVe brigade internationale (es)
autre variante de El paso del Ebro.

Elle est reprise plus tard par les soldats républicains et par les volontaires des Brigades internationales pendant la Guerre civile (1936-1939), avec notamment sa variante Viva la Quinta Brigada.

ParolesModifier

Chaque demi-strophe de deux vers est répétée deux fois.

En espagnol

El Ejército del Ebro
Rumba la rumba la rum bam bam!
Una noche el río pasó,
¡Ay, Carmela!, ¡ay, Carmela!.

Y a las tropas invasoras
Rumba la rumba la rum bam bam !
Buena paliza les dió,
¡Ay, Carmela!, ¡ay, Carmela!.

El furor de los traidores[Note 1]
Rumba la rumba la rum bam bam !
Lo descarga su aviación,
¡Ay, Carmela!, ¡ay, Carmela!.

Pero nada pueden bombas
Rumba la rumba la rum bam bam !
Donde sobra corazón,
¡Ay, Carmela!, ¡ay, Carmela!.

Contrataques muy rabiosos
Rumba la rumba la rum bam bam !
Deberemos resistir,
¡Ay, Carmela!, ¡ay, Carmela!.

Pero igual que combatimos
Rumba la rumba la rum bam bam !
Prometemos resistir[Note 2],
¡Ay, Carmela!, ¡ay, Carmela!.

Traduction en français

L'armée de l'Èbre
Rum bala rum bala rum ba la !
Une nuit passa le fleuve
Oh Carmela, oh Carmela !

Et aux troupes d'envahisseurs
Rum bala rum bala rum ba la !
Elle donna une bonne raclée
Oh Carmela, oh Carmela !

La fureur des traîtres
Rum bala rum bala rum ba la !
Abat son aviation sur nous
Oh Carmela, oh Carmela !

Mais les bombes ne peuvent rien
Rum bala rum bala rum ba la !
Là où il y a plus de cœur qu'il n'en faut
Oh Carmela, oh Carmela !

À des contre-attaques enragées
Rum bala rum bala rum ba la !
Nous devrons résister
Oh Carmela, oh Carmela !

Comme nous avons combattu
Rum bala rum bala rum ba la !
Nous promettons de résister
Oh Carmela, oh Carmela !

Viva la Quince Brigada

Viva la Quince Brigada,
rumba la rumba la rumba la.
Que se ha cubierto de gloria,
¡Ay Manuela! ¡Ay Manuela!

Luchamos contra los moros,
rumba la rumba la rumba la.
Mercenarios y fascistas,
¡Ay Manuela! ¡Ay Manuela!

Solo es nuestro deseo,
rumba la rumba la rumba la.
Acabar con el fascismo,
¡Ay Manuela! ¡Ay Manuela!

En el frente de Jarama,
rumba la rumba la rumba la.
No tenemos ni aviones, ni tanques ni cañones,
¡Ay Manuela! ¡Ay Manuela!

Ya salimos de España,
rumba la rumba la rumba la.
A luchar en otros frentes,
¡Ay Manuela! ¡Ay Manuela!

MusiqueModifier

 

Adaptations et interprétationsModifier

Au-delà de sa version initiale lors de la Guerre d'indépendance espagnole, El paso del Ebro évoque un siècle plus tard la bataille de l'Èbre, dernière offensive des forces républicaines lors de la Guerre civile espagnole. Viva la Quince Brigada honore la XVe brigade internationale (es) qui s'est notamment illustrée par son fameux bataillon Abraham Lincoln dans la bataille du Jarama[1].

Ses différents titres : El paso del Ebro (le passage de l'Èbre), El Ejército del Ebro (l'Armée de l'Èbre (es)), ¡Ay, Carmela! (Oh, Carmela), Viva la Quince Brigada (Vive la quinzième brigade (es)), ainsi que ses paroles (cf. supra) et notamment son refrain (« ¡Ay, Carmela! » pour les premiers, « ¡Ay, Manuela! » pour Viva la Quince Brigada) diffèrent selon les époques et les nombreuses versions.

Cette chanson contestataire a en France été adaptée, reprise par nombre de chanteurs ou de groupes. Notamment, le parolier Georges Coulonges en écrivit une adaptation qui fut interprétée par Francesca Solleville sur l'album "Le chant des ouvriers (ballades et complaintes syndicalistes)" en 1972[2]. En 1974, Guy Debord la pastiche avec Les journées de mai, hommage aux journées de sur le disque Pour en finir avec le travail. Leny Escudero[3], la reprend également sur le disque Leny Escudero chante la liberté (1997), dans un style de tango argentin qui confère à la chanson un aspect sombre et tragique, assez éloigné des versions plus traditionnelles au tempo de paso doble. Le groupe Zebda en propose sa version[4], dans l'album Motivés de 2001.

En hollande, le groupe anarchiste The Ex la chante sur l'album Spanish revolution, .

Plus récemment, El paso del Ebro a été adaptée par le groupe turc Bandista. Cette version a été utilisée en faveur du régime de Bachar al-Assad dans la guerre civile syrienne[5].

En 2021 en Bretagne la fanfare La WASO la reprend la chanson contestataire El paso del Ebro avec un nouvel arrangement pour un clip réalisé par Gaby Kerdoncuff[6].

Ce chant est aussi scandé et joué à l'harmonica par Pablo Sanchez, le personnage principal du téléfilm L'Espagnol (1967), de Jean Prat.

Son refrain « ¡Ay, Carmela! » sert de titre à une pièce de théâtre de José Sanchis Sinisterra (1987) ainsi qu'à un film de Carlos Saura (1990).

Enfin, le groupe Motivés ! en a fait sa propre version.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Ce vers devient « El furor de los fascistas » (la fureur des Fascistes) dans une autre version où les deux derniers couplets font référence à Franco et au drapeau républicain [cf. Lucchetti: Ay Carmela (el paso del Ebro) sur YouTube]
  2. Ce vers devient « Prometemos combatir » (Nous promettons de combattre) dans une autre variante [cf. Cancionero republicano - El paso del Ebro sur YouTube]

RéférencesModifier

  1. « « ¡Ay, Carmela! » Il y a 65 ans : la Bataille de l'Èbre », Bribes d'histoire de la guerre civile en Espagne, (lire en ligne)
  2. « mouloudji/solleville/octaves, Le chant des ouvriers »
  3. Leny Escudero, El paso del Ebro sur YouTube
  4. El paso del Ebro - Zebda sur YouTube.
  5. Bandista Ay Carmela sur YouTube
  6. « El Paso del Ebro » (consulté le )

Voir aussiModifier

Article connexeModifier