Edmund Kemper

tueur en série condamné

Edmund Kemper
Tueur en série
Portrait d'Edmund Kemper
Photo d'idendité judiciaire d'Edmund Kemper
Information
Nom de naissance Edmund Emil Kemper
Naissance (71 ans)
Burbank, Californie (États-Unis)
Surnom L'Ogre de Santa Cruz, co-ed killer[réf. souhaitée], le méchant garçon de l’ouest américain, le tueur d'étudiantes
Condamnation
Sentence Prison à perpétuité
Actions criminelles Meurtres
Victimes 10
Période -
Pays États-Unis
États Californie
Arrestation

Edmund Emil Kemper (né le à Burbank, Californie, États-Unis) est un tueur en série américain accusé de 10 meurtres dont celui de sa propre mère, Clarnell Strandberg-Kemper. Personnage impressionnant par sa taille, son poids (2,06 m et 135 kg[1]) et son QI de 145, il a commencé sa série de meurtres avec celui de ses grands-parents à l'âge de 14 ans.

BiographieModifier

Edmund Kemper est né le 18 décembre 1948 à Burbank, Californie. Son père Edmund Kemper Jr est un ancien combattant du Pacifique, électricien et sa mère Clarnell Strandberg. Ils ont trois enfants : Susan, Edmund III et Allyn. Leur mariage est orageux et ils se séparent en 1957, son père accusant sa mère d'alcoolisme avant de divorcer officiellement en 1961. Sa mère, souffrant de problèmes psychologiques, frappait ses compagnons et divorça trois fois. Kemper en souffrira toute sa jeunesse. La plus grande de ses sœurs, Susan, le frappait. Leur maison du Montana n'étant pas très grande et sa mère, qui le déteste et argue que dormir dans la chambre de ses sœurs est inconvenant, l'envoie vivre à la cave sur un grabat près de la chaudière dont les flammes le terrifient. Il prend plaisir à torturer et décapiter les animaux domestiques du quartier, notamment son chat qu'il enterre vivant. La mère de Kemper l'envoie ensuite vivre chez ses grands-parents paternels Maude et Edmund Kemper, ce qui lui donne l'impression d'être abandonné[2].

Lors de ses études secondaires, il ne se fait pas remarquer. Le 27 août 1964, alors qu'il est âgé de 15 ans, Edmund Kemper s'empare d'un fusil et tire sur sa grand-mère qui le maltraitait. Quelques minutes plus tard son grand-père arrive et Kemper lui tire dans la nuque. Il affirmera ensuite qu'il l'avait tué par pitié, pour qu'il n'apprenne pas le meurtre de sa femme.

Il est alors placé sous la garde de la California Youth Authority (en). Un psychiatre, mandaté par la Cour, diagnostique qu’Edmund est schizophrène paranoïde. Le 6 décembre 1964, le juge le fait interner à l’hôpital d’État d’Atascadero où il a des discussions passionnées avec les violeurs et meurtriers. Il se familiarise avec le langage psychiatrique, étant employé dans le laboratoire de psychologie qui met au point les tests et aide à administrer ces tests, ce que les médecins interprètent comme un signe favorable pour sa réhabilitation[2].

En 1969, il est libéré de l'institution psychiatrique dans laquelle il avait été placé durant cinq ans. Contre l’avis des psychiatres, qui préconisent qu’il aille vivre avec son père (resté introuvable), il doit finalement s’installer chez sa mère à Aptos, près de Santa Cruz (Californie). Sa mère souhaite le voir poursuivre des études normales à l'université. Mais Kemper préfère fréquenter les bars, tout en espérant un jour faire carrière dans la police. Après plusieurs petits métiers, il obtient finalement un travail dans la Division des Autoroutes californiennes, ce qui lui permet de quitter sa mère et de se réinsérer progressivement. Un accident grave, en Harley Davidson, alors qu'il est ivre, le laisse démuni et sans ressources, il doit alors retourner vivre chez sa mère[2].

MeurtresModifier

Il commence une série de meurtres le 7 mai 1972 dans la région de Santa Cruz. Il tue en tout 8 jeunes femmes, généralement des auto-stoppeuses, libérées sexuellement alors que Kemper n'a jamais pu avoir de relations sexuelles. Il les amène dans sa Ford Galaxie (en) dans des coins éloignés puis les étrangle ou leur tire une balle dans la tête avant de ramener leurs corps chez lui. Nécrophile, il pratique sur les corps des actes sexuels avant de les découper puis de s'en débarrasser, certains morceaux étant trouvés sur des lieux publics. Ed Kemper avoua au psychiatre Donald Lunde avoir préparé avec soin une liste des caractéristiques physiques et morales de ses futures victimes. Elles ne doivent pas être de « sales hippies » mais des jeunes femmes de bonne famille[3].

Le 21 avril 1973, Edmund commet l’un de ses deux derniers meurtres en tuant notamment sa mère, qu'il décapite, et dont il dépose la tête sur la cheminée de la maison, afin de l’utiliser comme cible de jeu de fléchettes. Il aurait eu ensuite des rapports sexuels avec le corps de cette dernière, fait que Kemper a continuellement nié[1].

État de santéModifier

Il a été diagnostiqué comme schizophrène paranoïde et soigné à l'hôpital psychiatrique où il fut interné. Considéré comme sociopathe, des expertises psychiatriques ont déterminé que Kemper possèderait un QI supérieur à 140[3].

Kemper possède une excellente mémoire. Généralement à l'aise et très bavard avec les personnes qui l'entourent, il n'hésite pas à faire part de tous ses crimes dont il se souvient avec exactitude jusqu'à décrire les odeurs, l'atmosphère et mimer les attitudes corporelles de ses victimes. Son degré d'auto-analyse permettra une avancée phénoménale dans la compréhension du fonctionnement psychologique des tueurs en série[4].

Condamnation et peine de prisonModifier

Kemper a été condamné à la perpétuité (la peine de mort ayant été suspendue entre 1971 et 1974). Kemper est actuellement emprisonné à la Prison d'État de Vacaville (Californie) et participe volontiers à des entretiens permettant de mieux comprendre le comportement des tueurs en série. Il est employé à la bibliothèque du pénitencier et est devenu lecteur de livres pour aveugles. Il a reçu à ce titre plusieurs médailles qui ornent sa chambre pénitentiaire, en récompense de son travail de lecteur[5].

Il est le premier tueur en série interrogé par les profileurs Robert Ressler et John E. Douglas dans le cadre d'un programme d'entretiens du FBI avec 36 tueurs en série et criminels sexuels afin d'apprendre à mieux les cerner ; il pourrait avoir inspiré en partie le personnage d'Hannibal Lecter[6].

En 1991, Stéphane Bourgoin, écrivain français ayant supposément interrogé 77 tueurs en série principalement aux USA, réalisera une longue interview filmée de plusieurs heures de Kemper. Une partie de cette interview est disponible sur Youtube.

Fan de la série Mindhunter, Bourgoin s'exprimera à propos de ces entretiens dans une interview donnée au magazine les Inrocks :

"Lors de mes entretiens avec lui, je n’ai pas retrouvé cette atmosphère moyenâgeuse et sinistre. Il y a aussi quelques détails qui diffèrent. Par exemple, il n’a jamais été menotté en ma présence, ni entravé aux chevilles. Par ailleurs, on ne lui a pas non plus donné de pizza, contrairement à ce qui est montré dans la série… Par contre l’acteur est une copie conforme à l'original ! Les scénaristes ont sûrement dû regarder mes vidéos d’entretien sur YouTube, parce que c’est mot pour mot les réponses qu’il me donne lors des entretiens. Du reste, la série est excellente."[4]

Il s’avère qu'en réalité les propos retranscrits par le Ed Kemper dans la série Mindhunter sont extrait des entretiens qu'il a accordé à John Douglas bien avant d'avoir rencontré Stéphane Bourgoin.

VictimesModifier

BibliographieModifier

Marc Dugain s'inspire d'Edmund Kemper pour son roman Avenue des géants publié chez Gallimard en 2012[7].

Références musicalesModifier

Le groupe de deathgrind industriel The Berzerker fait référence à Kemper dans son morceau Forever (de l'album éponyme) avec des extraits sonores du film documentaire Born To Kill. Ce documentaire fait référence à ses nombreux meurtres et cas de nécrophilie.

Le groupe de death metal Macabre parle de Kemper dans sa chanson Edmund Kemper Had a Horrible Temper de son album Sinister Slaughter.

Le groupe d'EBM Obszön Geschöpf, dans son album Erection Body Mutilated, évoque l'Ogre du Montana dans le titre du même nom.

Le groupe de stoner doom metal japonais Church of Misery fait référence à Ed Kemper sur le titre Killifornia de l'album Masters of Brutality (2001)[8]

Documentaires télévisésModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b (en)A&E Television Networks, « Edmund Kemper Biography », sur Biography.com,
  2. a b et c Jacques Pradel, « Ed Kemper, tueur en série et personnage de roman », émission L'Heure du crime sur RTL, 17 avril 2012
  3. a et b Stéphane Bourgoin, Serial Killers: Enquête mondiale sur les tueurs en série, juin 2011
  4. a et b « Comme dans “Mindhunter”, il a interviewé des dizaines de serial killers : rencontre », sur Les Inrocks (consulté le 15 février 2020)
  5. Interview de Marc Dugain, Le magazine des loisirs culturels Auchan, avril 2012
  6. (en) Philip Jenkins, Using Murder : The Social Construction of Serial Homicide, Transaction Publishers, (lire en ligne), p. 89
  7. Delphine Peras, « Avenue des Géants, par Marc Dugain », sur lexpress.fr,
  8. Metallum, « Church of Misery - Master of Brutality », sur Metallum, Webzine, (consulté le 17 juin 2019)

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier