Edmond Petitfils

personnalité politique française

Edmond Petitfils
Illustration.
Edmond Petitfils (1912).
Fonctions
Député des Ardennes
Élection
Réélection
Groupe politique Indépendants (1919-1924)
Démocrates (1924-1928)
Coalition Bloc national (jusqu'en 1924)
Biographie
Nom de naissance Edmond Eugène Petitfils
Date de naissance
Lieu de naissance Sedan
Date de décès
Lieu de décès Reims
Nationalité Drapeau de la France France
Parti politique ALP, PDP
Profession Avocat, publiciste
Résidence Charleville

Edmond Petitfils, né le à Sedan (Ardennes) et décédé le à Reims (Marne), est un avocat, publiciste et homme politique français.

Il a notamment été député des Ardennes entre 1919 et 1928.

BiographieModifier

Il est le fils d'un couple originaire de l'arrondissement de Rethel, Marie Hénon et Élisée Petitfils. Ce dernier est conducteur des Ponts et Chaussées et devient ultérieurement architecte municipal de Charleville[1]. Ancien élève de l'Institution Saint-Rémi de cette ville, Edmond Petitfils effectue des études de droit et obtient un doctorat. Devenu avocat, il s'inscrit au barreau de Charleville.

Parallèlement à son activité professionnelle, il s'investit dans le premier tiers du XXe siècle dans des activités militantes. Inscrit dans la mouvance de l'Action libérale populaire[2][3], Edmond Petitfils est un républicain libéral, c'est-à-dire un conservateur catholique rallié à la République.

En 1899, il fonde un hebdomadaire, Le Peuple ardennais, qui entend prendre la suite de La Vérité sociale, une feuille démocrate-chrétienne à destination du public ouvrier. Il donne au nouveau journal un ton nettement plus politique et nationaliste[4]. Il a d'ailleurs pour sous-titre Organe des républicains nationalistes, antisémites et démocrates des Ardennes[5] et diffuse un discours anti-dreyfusard, antisémite et antimaçonnique[6].

Edmond Petitfils est élu en 1912 conseiller municipal de Charleville et le reste jusqu'en 1919[7]. Il est candidat malheureux aux élections législatives de 1910[8] et 1914[9]. Pour sa première tentative, il fonde un périodique, L'Union républicaine, qui doit porter sa candidature dans l'arrondissement de Mézières[10]. En 1914, il s'assure le concours de La Semaine ardennaise dont il est le directeur politique[11].

En 1919, il est candidat sur la liste du Bloc national qui unit des libéraux, des progressistes et des radicaux. A l'issue du scrutin, elle emporte les six sièges de députés du département des Ardennes et Edmond Petitfils est ainsi élu. Au cours de la législature, il est inscrit au groupe des Indépendants, qui regroupe des députés catholiques et nationalistes.

Présenté sur une liste d'Union républicaine (droite), Edmond Petitfils est réélu député en mai 1924. Il est l'un des membres-fondateurs du « groupes des Démocrates » ou « groupe des quatorze », créé à la Chambre pour la nouvelle législature. Cette formation parlementaire réunit des députés sensibles à la doctrine sociale de l'Église et tous issus des zones périphériques catholiques. Avec d'autres organisations, ce groupe est l'origine du Parti démocrate populaire (fondé en ), la première formation démocrate chrétienne d'importance en France, et il en devient la représentation parlementaire[12].

Comme avocat et député d'un département du Nord-Est, il axe notamment son activité à la Chambre sur les questions judiciaires et des dommages de guerre des régions libérées.

Avec le rétablissement du scrutin uninominal d'arrondissement, Edmond Petitfils est candidat à Rocroi lors du renouvellement de 1928. Il a comme adversaire Henri Philippoteaux, républicain-socialiste, élu sur la même liste que lui en 1919. Très bien implanté dans cet arrondissement, Philippoteaux l'emporte et Petitfils, battu, se retire de la vie politique.

Il est le père de Pierre Petitfils, critique littéraire, et le grand-père de Jean-Christian Petitfils, historien.

DécorationsModifier

SourcesModifier

  • « Edmond Petitfils », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Raymond Stévenin, « Les élections de 1919 dans les Ardennes », dans Revue historique ardennaise, XXII, pp.155 à 168.
  • Ibidem , « Les élections de 1924 dans les Ardennes », dans Revue historique ardennaise, XXIII, pp.181 à 194.

Liens externesModifier

Article connexeModifier

Notes et référencesModifier

  1. Acte de décès d'Antoine Ulysse Élisée Petitfils, 6 décembre 1909, Charleville, état-civil (décès) pour les années 1909-1910, vue 175/408, AD08, 2E105 223.
  2. Jean-Claude Delbreil, Centrisme et démocratie-chrétienne en France: le Parti démocrate populaire des origines au M.R.P., 1919-1944, Presses universitaires de la Sorbonne, 1991, pp.46-47. Lire en ligne
  3. En 1904, il est secrétaire général du Comité ardennais de l'Action libérale populaire (« Le Monde - Mariages » dans Gil Blas, 21 novembre 1904).
  4. Pierre Trimouille, Léon Harmel et l'usine chrétienne du Val des Bois (1840-1914) : fécondité d'une expérience sociale, Lyon, Centre d'histoire du catholicisme, 1974, p.178.
  5. Notice du Peuple Ardennais sur le catalogue de la presse locale ancienne du site de la BnF.
  6. Michel Winock, La France et les Juifs de 1789 à nos jours, Seuil, 2004. Lire en ligne
  7. « Renseignements à l'appui d'une proposition de nomination ou de promotion dans l'Ordre de la Légion d'honneur » dans le dossier de légionnaire d'Edmond Petitfils, vue 8/13.
  8. « Élections législatives du 24 avril » dans Le Temps, 26 avril 1910.
  9. « Élections législatives du 26 avril » dans Le Temps, 28 avril 1914.
  10. « Chronique locale et régionale - Charleville » dans Le Petit Ardennais, 29 octobre 1909.
  11. Notice de La Semaine ardennaise sur le catalogue de la presse locale ancienne du site de la BnF.
  12. Delbreil, ibidem, p.25 sq.