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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Heuzé.
Edmond Heuzé
Naissance
Décès
(à 83 ans)
Paris
Nom de naissance
Amédée-Honoré Letrouvé
Nationalité
Activités
Autres activités
Formation
Élève
Lieu de travail
Influencé par
Distinctions
Commandeur de la Légion d'honneur

Edmond Heuzé, pseudonyme d'Amédée-Honoré Letrouvé, né le dans le 15e arrondissement de Paris et mort dans la même ville le [1], est un peintre, dessinateur, graveur, illustrateur et écrivain français.

Sommaire

BiographieModifier

Amédée Letrouvé voit le jour au 29, rue Violet dans le 15e arrondissement de Paris. Il est le fils du gardien de la paix Victor Letrouvé et d'Émiienne Tessier, chemisière, installés dans le quartier de Grenelle[2]. Le couple va divorcer en 1893. En 1895, la famille Heuzé s'installe à Montmartre. Ses parents l'inscrivent à la communale de la rue Caulaincourt[3]. Le couple se sépare en 1893 et la mère d'Amédée se remarie en 1897 avec Émile Heuzé, tailleur rue Custine à Montmartre. Il décide de changer de nom vers l'âge de quinze ans et de prendre celui de son beau-père Heuzé[3]. Jeune peintre amateur autodidacte, il fait la rencontre, avec André Utter, de Suzanne Valadon qui l'encourage dans sa vocation et lui permettra de fréquenter les artistes de la butte Montmartre dont Maurice Utrillo[4].

Son beau-père le destinait à son métier, mais Edmond Heuzé quitte le domicile paternel de la rue Custine pour rejoindre à Montmartre son ami d'enfance André Utter. Il peint alors sur le motif en compagnie de David Laksine dit « Laxine » (1888-1911), un jeune sculpteur russe. Ils s'installent dans une mansarde au 8, rue Cortot. Cette cohabitation dura deux années, jusqu'à l'entrée de Laxine à l'atelier de Fernand Cormon et son suicide dans la Seine[5]. « Au bout de quelques jours, la misère devient plus complète, et plus affreuse. Il partageait avec moi, ce qu'il n'avait pas. (C'est Heuzé qui parle), Nous guettâmes le moment où la concierge partirait. Elle avait un chien ; dans son écuelle il restait encore de la soupe de la veille. Nous sautâmes sur cette soupe et nous mangeâmes ce qu'il en restait[6]. ». De retour à la maison, son beau-père le fait admettre comme coupeur au grand magasin La Samaritaine, qu'il quittera au bout de quelques jours[réf. nécessaire].

Pendant une trentaine d'années, Edmond Heuzé vivra de 17 petits métiers divers : « une carrière aventureuse et pittoresque » qui le fait comparer par son ami Pierre Mac Orlan à Jack London[7] ; Nénesse le fait entrer sous le nom de scène de « William » comme danseur dans la troupe du Moulin Rouge avec La Goulue, ce qui lui permet de faire le tour du monde. Il devient également marchand, intermédiaire, camelot, régisseur de cirque ambulant, danseur de claquettes chez Maxim's, au Monico, etc[réf. nécessaire]. C'est dans cette dernière profession qu'il aura l'occasion de peindre le monde du cirque à ses moments de loisirs. Il épouse Nina Bacquet, la directrice du cirque Médrano. Réformé en 1904, il s'engage comme volontaire en 1914[réf. nécessaire]. Avant la déclaration de la Première Guerre mondiale, il était conservateur de la collection d'émaux du grand-duc Nicolas Mikhaïlovitch de Russie[8]. Il est incorporé au bout de six tentatives infructueuses[réf. nécessaire] comme gardien au magasin d'habillement du 22e régiment d'infanterie, comme André Utter, et s'en inspira pour une série de peintures intitulée Les Masques.

En 1918, après divers métiers, il devient directeur de la galerie Sagot, rue Laffitte, où il vend des toiles de ses amis Maurice Utrillo, Suzanne Valadon, André Thomas Rouault, ainsi que les siennes. Les douze tableaux de la série Les Masques sont vendus durant les deux premiers jours[9]. Il conserva des liens étroits avec Utrillo, Jules Depaquit et Tiret-Bognet.

Grâce à la générosité de Georges Chéron, marchand de tableaux, il peut recommencer à peindre[réf. nécessaire]. À partir de 1920, il expose à la galerie Bernheim-Jeune ainsi qu'à la galerie Chiron en 1923, et peut désormais vivre de son art qu'il consacre alors aux portraits, notamment dans le milieu du cirque[10]. En 1938, il obtient le prix Paul-Guillaume pour le portrait du mime Farina.

En 1941, il acquiert un appartement au 38, rue Ramey à Paris[réf. nécessaire] mais habite au 58, rue Custine de 1937 à 1963[11].

En 1948, Edmond Heuzé devient membre de l'Académie des beaux-arts, élu au fauteuil no 5 de la section peinture. En 1951, il est nommé professeur à l'École des beaux-arts de Paris. Cette même année il remplace Jean Dupas ayant dû subir une intervention chirurgicale[réf. nécessaire]. Il devient par ailleurs un maître pour Francis Carco[réf. nécessaire].

En 1953, deux panneaux sont placés dans l'entrée du Moulin rouge : Hommage à Lautrec et Prière aux Artistes, où figurent les portraits de Piéral et d'Edmond Heuzé.

Edmond Heuzé meurt le à Paris, rue Charles-Dickens.

ŒuvresModifier

Œuvres dans les collections publiquesModifier

DécorsModifier

Ouvrages illustrésModifier

ExpositionsModifier

Réception critiqueModifier

  • « Heuzé, curieux homme, à l'origine fort redevable à Rouault et l'un des meilleurs chroniqueurs du cirque, avant de retrouver cette technique que l'on pouvait croire perdue : l'art du portrait. » - Raymond Escholier[16]
  • « Heuzé a fréquenté à Montmartre tous les locataires du Bateau-Lavoir ; ce personnage d'exception a exercé tous les métiers : danseur, tailleur, fort des Halles, ce bohême pittoresque est élu à 65 ans membre de l'Institut. Formé par le cubisme, il montre dans ses paysages, et surtout dans ses clowns et ses scènes de cirque, des dons d'observation qu'il exprime avec une sensibilité où se confrontent la discipline plastique, la générosité et l'humour. » - Gérald Schurr[14]

Récompense et distinctionModifier

ÉlèvesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Institut de France, le second siècle, 1895-1995, volume 2, Jean Leclant, éditions Institut de France, p. 660.
  2. Dans leur ouvrage Alphonse Quizet et ses amis , Martine et Bertrand Willot disent que le père était un militaire devenu gardien de la paix et que la mère était chemisière.
  3. a et b Galerie Roussard, Biographie du Peintre Edmond Heuzé, Éditions André Roussard.
  4. Jeanne Champion, Suzanne Valadon, Fayard, 2004.
  5. Martine et Bertrand Willot, Alphonse Quizet et ses amis , Édition HC, la Vie d'Artiste, p. ?[précision nécessaire].
  6. Martine et Bertrand Willot, Alphonse Quizet et ses amis p. ?[précision nécessaire]
  7. a et b Gérald Schurr, « Les expositions - Cannes : Heuzé et ses amis », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°20, 17 mai 1974, page 21.
  8. Collection qui ne comporte que dix pierres, selon Heuzé.[réf. nécessaire]
  9. Lucien Seroux, « Les Illustrateurs de Gaston Couté », Les Amis de Gaston Couté, no 35, 1976, p. 2.
  10. Biographie d'Edmond Heuzé sur le site de la galerie André Roussard.
  11. Alain Dautriat, Guide des plaques commémoratives de Paris, Éditions de l'Inventaires, 1999, p. 144-167.
  12. Les Amis de Gaston Couté, no 35, 29e année, 1976.
  13. Ouvrage sur les classes dites « dangereuses » selon les propos de Pierre Mac Orlan.
  14. a et b Gérald Schurr, « Les expositions en France », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°29, 21 juillet 1989, page 24.
  15. La Gazette de l'Hôtel Drouot, 23 janvier 2009.
  16. Raymond Escholier, « Vingt ans de peinture française » dans Les problèmes de la peinture, ouvrage collectif sous la direction de Gaston Diehl, Éditions Convergences, 1945, page 111.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Ouvrage collectif sous la direction de Gaston Diehl, Les problèmes de la peinture, Éditions Convergences, 1945.
  • Jean-Pierre Crespelle, Montmartre vivant, Hachette, 1964.
  • Edmond Heuzé, Éditions du Musée de Montmartre, 1972.
  • Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, vol.2, Les Éditions de l'Amateur, 1972.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993.
  • Jean Leclant, Institut de France, le second siècle, 1895-1995, volume 2, Éditions Institut de France.
  • André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Éditions André Roussard, 1999.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001.
  • Jeanne Champion, Suzanne Valadon, Fayard, 2004.
  • Millon et associés, commissaires priseurs à Paris, Le temps de la découverte - Edmond Heuzé, catalogue de la vente de l'atelier Edmond Heuzé, Hôtel Drouot, 26 janvier 2009.

IconographieModifier

Liens externesModifier