Drill (musique)

sous-genre musical du hip-hop

La musique drill (habituellement drill, parfois décrite drill scene, drill-hop ou encore grime[1]) est un sous-genre musical du hip-hop lancé par les jeunes rappeurs et producteurs originaires des quartiers de South Side à Chicago[2].

Le genre est l'une des facettes contemporaines les plus importantes de la scène hip-hop de Chicago. La drill est caractérisée par des paroles choquantes ou au contraire irréprochable mais posées sur un rythme irrégulier (obtenu avec un Roland TR-808, charleston, etc.).

Popularisée localement à Chicago, les rappeurs de drill attirent l'attention médiatique par leurs paroles violentes, et la scène est par la suite associée aux crimes perpétrés à Chicago.

La drill s’exporte par la suite en Angleterre. Les rappeurs de Londres s’inspirent grandement de la scène de Chicago, avec certaines approches différentes et ont adopté un vocabulaire typique des quartiers londoniens, avec parfois des paroles extrêmement sombre. Depuis que la UK Drill a commencé à avoir de plus en plus de popularité, certains artistes comme Central Cee ont fait le choix de rendre le genre plus accessible en rappant sur plusieurs thèmes divers et variés très opposés aux paroles sombre de certains morceaux.

Le genre s’est directement exporté dans le monde entier. La drill est devenue très populaire en 2019 et 2020. En France, de nombreux artistes comme Freeze Corleone, Ashe 22, Ziak ou le rappeur Gazo ont également permis à la UK Drill de connaître un grand succès dans l’hexagone, inspirant eux mêmes d’autres artistes venant de toute l’Europe.

CaractéristiquesModifier

Les paroles de la drill se concentrent sur les difficultés de la vie quotidienne à Chicago. Lucy Stehlik, du Guardian, explique que « la drill nihiliste reflète la vie actuelle, là où ses équivalents du hip-hop ont échoué[3] ». Les paroles de la drill divergent fortement de celles des premiers rappeurs de Chicago, comme Common et Twista, qui s'inclinent plus vers le rap conscient[4] et le hip-hop contemporain populaire, qui au temps de la montée de la drill semblerait glorifier et célébrer un gain de richesse[5]. Les paroles de la drill reflètent typiquement la loi de la rue, et se concentrent sur des thèmes sombres, nihilistes, réalistes et violents. Les rappeurs drill font usage de l'Auto-Tune[6],[7]. Les rappeurs originaires d'Atlanta Gucci Mane et Waka Flocka Flame influencent significativement la scène drill[8]. Partageant quelques similitudes avec la musique trap, le rythme de la drill est plus rapide et s'accompagne d'un tempo oscillant à 140 BPM[9],[10]

Les « drillers » sont habituellement jeunes ; la plupart des musiciens de cette scène attirent l'attention tandis qu'ils sont encore adolescents[11]. L'un de ces musiciens, Chief Keef, n'avait que 16 ans lorsqu'il a signé un contrat de 6 millions de dollars avec Interscope[12] ; Lil Wayne, par exemple, signera un driller de 13 ans, Lil Mouse[13]. Des artistes féminines représentent également la scène à ses débuts[14].

Article connexeModifier

Notes et référencesModifier

  1. Rob Markman et Mangum, Ade, « King L Reigns Over Chicago's Drill Scene With Drilluminati », sur MTV.com, (consulté le ).
  2. (en) « What Is Drill Music? » (consulté le ).
  3. (en) Lucy Stehlik, « Chief Keef takes Chicago's drill sound overground », sur The Guardian, (consulté le ).
  4. (en) Jim DeRogatis, « The battle for the soul of Chicago hip hop », sur wbez.org, WBEZ, (consulté le ).
  5. (en) Jon Caramanica, « Chicago Hip-Hop’s Raw Burst of Change », (consulté le ).
  6. (en) David Drake, « Katie Got Bandz, "Ridin Round and We Drillin" MP3 », (consulté le ).
  7. (en) Jordan Sargent, « Lil Durk: Life Ain't No Joke », (consulté le ).
  8. (en) David Drake, « Chicago Rap Blazes Up From the Streets », (consulté le ).
  9. (en) « What is Trap Music? Trap Music Explained », sur Run The Trap (consulté le ).
  10. (en) SherronShabazz, « Young Chop Says, I Don't Even Know What Drill Music Is », HiphopDX (consulté le ).
  11. (en) Jordan Sargent, « Drum Majors: Four Producers to Watch: Paris Beuller », (consulté le ).
  12. (en) Rob Markman, « Chief Keef's Interscope Deal Revealed To Be Worth $6 Million », MTV, (consulté le ).
  13. (en) Sam Gould, « Chief Keef, Chicago and violence in hip hop », (consulté le ).
  14. (en) Miles Raymer, « Sasha Go Hard: Round 3: The Knockout », (consulté le ).