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Dominus Iesus est le nom donné à une déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi vaticane sur l'unicité et l'universalité salvifique de Jésus-Christ et de son Église. Elle a été écrite par le cardinal Ratzinger (désormais pape émérite Benoît XVI) et son secrétaire, le cardinal Bertone, et approuvée par le pape Jean-Paul II le . Il s'agit d'un document important pour l'Église catholique qui réaffirme ainsi qu'elle est la seule source de salut pour l'humanité.

Sommaire

Révélation complète et définitiveModifier

Cette déclaration est centrée sur la foi catholique.

L'objet de la déclaration est de rappeler aux fidèles, aux théologiens et aux évêques de cette Église certains contenus dogmatiques essentiels : le relativisme en matière de religion qui s'oppose aux doctrines de la révélation du Christ, de l'Écriture, et de l'unité du Verbe incarné et du Saint-Esprit, de la médiation salvifique et de la subsistance de la seule Église catholique.

Les doctrines à réfuter sont l'éclectisme théologique, le subjectivisme religieux, l'agnosticisme théologique, les privations eschatologiques et l'opposition que l'on a bâtie entre l'Orient et l'Occident. Pour remédier à tous ces problèmes, il faut reconnaître la complétude de l'Évangile de Jésus-Christ.

La thèse qui soutient que Jésus n'a pas annoncé une révélation complète est donc jugée contraire à la doctrine de l'Église. Cette thèse aurait pour origine l'idée qu'aucune religion ni même celle de Jésus-Christ ne pourrait être comprise par personne. Cela est donc en contradiction radicale avec les affirmations de la foi.

Logos incarné et Saint-Esprit dans le salutModifier

La déclaration se permet d'avertir tous les théologiens qui ne voient pas en Jésus de Nazareth la seule et unique incarnation du Logos divin. Le néo-arianisme pose en effet une double économie du Père et du Fils, qu'il généralise à toutes les traditions religieuses.

Pour combattre ces déformations théologiques, la déclaration propose de s'en remettre au concile de Nicée et au concile de Chalcédoine, qui définissent la foi trinitaire. Il est dit que le nominalisme contemporain a créé de fausses distinctions entre le Verbe et le Logos.

Unicité du MystèreModifier

Le catéchisme définit la foi comme une adhésion personnelle, un don de grâce, un accueil de la vérité, une vertu surnaturelle, un abandon libre et entier à Dieu. La foi théologale doit alors être fermement distinguée des croyances des autres religions non dogmatiques.

La déclaration réaffirme ensuite la nécessité de croire en la doctrine de l'unicité de l'économie salvifique du Dieu Un et Trine. L'Évangile de Jean et les Épîtres aux Corinthiens offrent un support biblique à cette doctrine. Tout aussi importante est la doctrine voulant que la communion de l'Esprit-Saint soit un événement trinitaire.

La congrégation rappelle que le qualificatif de textes inspirés est réservé aux livres dits canoniques. L'Église reconnaît les apports spirituels des autres religions mais se garde évidemment d'affirmer que les textes de toutes les religions sont inspirés divinement.

Doctrinalement, cela veut dire que Jésus-Christ exerce une fonction sotériologique unique sur le plan humain. Tous les espoirs de la civilisation convergent vers le seul et unique Dieu, objet de l'histoire, début et fin, Alpha et Oméga (cf.Ap 22,13).

Unicité et unité de l'ÉgliseModifier

Le qualificatif Sponsa Christi rappelle le caractère inséparable de l'Église et de son Sauveur. Le salut continue dans l'Église et à travers l'Église. La tête et le corps ne pouvant être confondus, il subsiste ce qui est appelé « Christ total ».

Croire en l'unicité de l'Église fondée par le Christ est proclamé nécessaire à la foi catholique. Tous les fidèles sont tenus de professer la continuité historique entre l'Église instituée par le Christ et l'Église catholique. L'expression subsistit in formulée par le concile Vatican II devient alors importante pour le dialogue œcuménique.

Par la validité de leur succession apostolique et de leurs sacrements, les évêques orthodoxes sont indirectement mais étroitement unis à l'Église catholique.

L'Église : Royaume de Dieu et Royaume du ChristModifier

La mission de l'Église est d'annoncer le Royaume du Christ à toutes les nations. Elle est signe parce qu'elle est appelée à annoncer et bâtir. L'action du Christ s'exerce toutefois en dehors des limites visibles de l'Église. Le régnocentrisme, théocentrisme et l'ecclésiocentrisme sont condamnés au profit d'un équilibre durable entre le Royaume de Dieu, le Royaume du Christ et l'Église.

Selon cette déclaration, toutes les autres religions contiendraient des « parcelles » de vérité qui ont toujours Dieu pour origine, mais elles n'auraient pas l'efficacité salvifique sacramentelle ex opere operato. Des autres croyances naîtraient des erreurs et des superstitions qui constitueraient un obstacle au salut. L'avènement de la foi n'enlèverait en rien la considération et le respect que l'Église porte aux autres religions, mais elle exclurait seulement la mentalité relativiste et indifférentiste.

RéférencesModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

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