Dominique Sopo

militant français

Dominique Sopo, né le à Valenciennes, est un militant associatif français. Il est président de SOS Racisme de 2003 à 2012, puis à nouveau depuis 2014.

Dominique Sopo
Dominique Sopo 2011.jpg
Dominique Sopo le 14 juillet 2011 au concert pour l'égalité organisé par SOS Racisme.
Fonction
Président
SOS Racisme
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BiographieModifier

Dominique Sopo est né en 1976 d’une mère française (Bernadette Sopo, actuellement maire de La Sentinelle) et d’un père togolais naturalisé français en 1993. Son père est venu en France en 1966 pour y suivre des études de mécanique. Reparti au Togo en 1969, il revient s'installer définitivement en France dès 1970 en travaillant dans l'industrie automobile comme agent de maîtrise.

Il a fait toute sa scolarité jusqu'au baccalauréat à Valenciennes dans le nord de la France, puis est allé à Paris pour suivre des études de sciences politiques à l'IEP de Paris (dont il sortira diplômé en 1997), et d’économie à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, où il obtiendra un DEA d'épistémologie économique. En 2003, il est reçu à l'agrégation de sciences économiques et sociales[1].

Dominique Sopo a commencé à s’investir dans des associations en 1995-1996 par du syndicalisme étudiant au sein de l’UNEF-ID dont il est le responsable pour la région parisienne en 1998-1999. Il devient l'attaché parlementaire de Julien Dray. Il adhère au Mouvement des jeunes socialistes à la même époque et à SOS Racisme en 1996. Il s'investit davantage dans l'association en 1999 quand Malek Boutih devient président.

En juin 2003, il est nommé président de SOS Racisme[2]. Cette nomination provoque une séparation d'une dizaine de comités de l'organisation-mère, ces comités déplorant l'arrivée à leur tête de Sopo, considéré « inconnu jusqu'alors à SOS Racisme » et « une figure du MJS »[3].

Le 4 octobre 2006, Dominique Sopo a accepté, avec Patrick Gaubert, président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, une « mission de médiation » dans l'affaire des expulsés de Cachan.

En 2007, il est — aux côtés notamment d'Élisabeth Badinter, François Hollande, Antoine Sfeir, François Bayrou… — l'un des témoins au « procès des caricatures » intenté contre Charlie Hebdo par plusieurs organisations religieuses[4]. Il prend la défense de la publication des caricatures de Mahomet au nom de la liberté d'expression et du droit à la satire[5].

Il a été, avec SOS Racisme, un des initiateurs de la création, en février 2005, du Collectif Urgence Darfour[1], ce qui le mène, au cours de la campagne présidentielle de 2007, à être un des initiateurs, à la Mutualité, d'un meeting d'interpellation publique des candidats quant à leur politique à l'égard du conflit au Darfour.

Durant cette campagne présidentielle, il publie Le Manifeste pour l'égalité qui se veut une série de propositions visant à rétablir l'égalité mise à mal par les logiques de ghettoïsation et de discriminations. Quelques mois après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, il rédige la pétition « Touche pas à mon ADN » pour contester l'amendement Mariani visant à instaurer des tests ADN dans le cadre du regroupement familial[6]. Cette pétition est publiée en collaboration avec Charlie Hebdo et Libération[7]. Elle réunit 316 486 signatures[8] et débouche sur un meeting-concert au Zénith, en présence de nombreuses personnalités politiques, artistiques, dont Carla Bruni.

En décembre 2009, dans le cadre de l'enquête sur des mouvements de fonds suspects sur les comptes du député Julien Dray, ce dernier, Dominique Sopo et six autres personnes font l'objet d'un rappel à la loi[9].

En tant que directeur de publication du site internet de SOS racisme, Dominique Sopo est condamné en juin 2014 par le tribunal correctionnel de Paris (mais relaxé par la Cour d'appel de Paris en janvier 2016[10]) à 600 euros d'amende pour avoir diffamé Marine Le Pen dans un communiqué du 28 janvier 2012 qui accusait la présidente du FN d'avoir participé à un « bal immonde » en Autriche coïncidant « avec le 67e anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz »[11].

Après s'être retiré de la présidence de SOS racisme en 2012, il revient à la tête de l'association le 16 juin 2014[12].

 
Dominique Sopo, le 18 octobre 2020, lors du rassemblement en hommage à Samuel Paty, place de la République à Paris.

En février 2018, il rejette l'idée de « racisme antiblanc » en commentant : « Défendre l'existence du racisme anti-Blanc, c'est rendre service à l'extrême droite[13]. » En septembre de la même année, interviewé dans le cadre de la polémique autour du clip Pendre les Blancs du rappeur Nick Conrad, il déclare :

« Nous ne reprendrons jamais [l'expression racisme antiblanc]. Qu'il y ait des personnes qui soient racistes envers les Blancs, c'est assez banal de le dire. Le racisme n'a pas de couleur, n'a pas de frontière[14]. »

Le 27 avril 2020, il signe une tribune dans Libération appelant à « une vraie lutte contre le racisme au sein des forces de l’ordre » à la suite des propos racistes tenus par des policiers lors d'une interpellation musclée la veille, sur les rives de l'Île-Saint-Denis et qui selon lui, « n'ont rien d'un "dérapage" isolé »[15].

Il enseigne les sciences économiques et sociales au lycée Claude-Monet, à Paris, dans le 13e arrondissement.

Propos polémiquesModifier

En 2020, il déclare sur Twitter que la comparaison entre le haut-fonctionnaire d'origine égyptienne Jean Messiha et un chameau est insultante pour les chameaux[16],[17]. La députée Laetitia Avia de La République en marche « aime » le message de Dominique Sopo[18]. Marine Le Pen et des cadres du RN condamnent ce tweet qu'ils jugent raciste, Julien Aubert des Républicains juge que les propos sont « gravissimes »[18]. Libération considère en revanche que cette comparaison relayée par Dominique Sopo n'aurait par exemple rien à voir avec « celles qui faisaient de Christiane Taubira une guenon », mais qu'il s'agirait « tout simplement d’une (basse) attaque sur le physique, inutilement blessante mais pas raciste pour autant »[19]. Jean-Michel Apathie estime que si Dominique Sopo n'est pas viré, SOS Racisme devra expliquer le sens donné au mot racisme. Éric Naulleau se demande s'ils n'ont pas tous décidé d'aider le RN à parvenir au pouvoir[20].

PublicationsModifier

  • SOS Antiracisme, 2005 Dominique Sopo s'en prend en termes vifs à ce qu'il présente comme les dérives de l'antiracisme. Il écrit au sujet de l'islamisme : « Pour cela, les islamistes savaient pouvoir compter en Europe sur un allié de poids : la mauvaise conscience post-coloniale. Le discours antiraciste fut alors dévoyé en prenant en compte cet élément majeur. Pour échapper à toutes critiques de leurs visées réactionnaires et de leurs stratégies d’influence, ces extrémistes entreprirent, en dénaturant profondément la philosophie et les mots de l’antiracisme, de dénoncer une “islamophobie” dont la moindre critique à leur égard aurait été le signe[21]. »
  • La Grande Peur des belles âmes, Grasset, 2014

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Dominique Sopo », sur huffingtonpost.fr (consulté le 30 décembre 2015).
  2. « La petite main », Charlotte Rotman, Libération, 1er juillet 2003.
  3. « Scission au sein de SOS Racisme », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juin 2014).
  4. « Les caricatures de Mahomet mènent "Charlie Hebdo" devant la justice », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 30 décembre 2015).
  5. « Charlie Hebdo jugé ce mercredipour les caricatures de Mahomet », sur L'Obs, (consulté le 30 décembre 2015).
  6. « TOUCHE PAS A MON ADN », sur Observatoire de la démocratie, (consulté le 30 décembre 2015).
  7. Laurent Joffrin, « Touche pas à mon ADN - Front républicain », sur touchepasamonadn.blogs.liberation.fr, (consulté le 30 décembre 2015).
  8. Robert Boure et Franck Bousquet, « La construction polyphonique des pétitions en ligne », Questions de communication,‎ , p. 293-316 (ISSN 1633-5961, DOI 10.4000/questionsdecommunication.2120, lire en ligne, consulté le 30 décembre 2015).
  9. « Un simple rappel à la loi pour Julien Dray », Libération, 18 décembre 2009.
  10. « La cour d'appel a jugé que Dominique Sopo disposait d'une "base factuelle suffisante" pour "mettre en cause" Marine Le Pen dans les termes dans lesquels il l'a fait «en raison de sa participation» à ce bal. » « Marine Le Pen au "bal antisémite" : le président de SOS Racisme relaxé en appel », Le Parisien, 14 janvier 2016.
  11. « Marine Le Pen fait condamner SOS Racisme », Le Figaro, 12 juin 2014.
  12. Dominique Sopo de retour à la tête de SOS Racisme, Libération, 16 juin 2014.
  13. Louis Chahuneau, « Une association réveille le débat sur le "racisme anti-Blanc" », Le Point, (consulté le 7 juillet 2018).
  14. « Clip "Pendre les blancs" : "C'est l'extrême droite qui en a fait la promotion", estime le président de SOS Racisme » (France TV Info, 27 septembre 2018, [twitter- en ligne].
  15. Dominique Sopo, « A quand une vraie lutte contre le racisme au sein des forces de l’ordre ? », sur Libération.fr, (consulté le 27 avril 2020)
  16. Jonathan Bouchet-Petersen, « Messiha un chameau, Sopo un raciste ? Minute papillon », sur liberation.fr,
  17. « Le président de SOS Racisme défend le racisme de Bellatar à l’encontre de Jean Messiha »,
  18. a et b SOS Racisme accusé d'être raciste par le Rassemblement national, lepoint.fr, 23 février 2020
  19. https://www.liberation.fr/france/2020/02/23/messiha-un-chameau-sopo-un-raciste-minute-papillons_1779330 Messiha un chameau, Sopo un raciste ? Minute papillon, liberation.fr, 23 février 2020
  20. « Jean Messiha traité de chameau : SOS Racisme accusé de racisme », sur lefigaro.fr,
  21. Dominique Sopo, SOS Antiracisme, éditions Denoël, 2005, p. 78.

Liens externesModifier