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Le président chinois Xi Jinping, en mars 2017.

Le Document numéro 9, intitulé officiellement « De la situation dans la sphère idéologique », est une liste d’instructions du comité central à l'intention des cadres du Parti communiste chinois. Élaboré en juillet 2012, il s'agit de la liste des « sept périls » ou sept sujets qu'on ne discute pas (chinois : 七不講), qui menaceraient la suprématie du Parti communiste.

HistoriqueModifier

Ce document a fait l'objet d'une diffusion restreinte au sein du parti communiste. Cette liste est en premier exposé par Xüězhōng Zhāng, un enseignant de l'Université de Droit et des Sciences Politiques de l’Est de Chine en 2013 sur Sina Weibo et elle est confirmée par d'autres professeurs et enseignants des établissements chinois d'enseignement supérieur[1].

Puis il a été publié par la journaliste dissidente Gao Yu en avril 2013. À la suite de cette publication non autorisée, Gao Yu a été arrêtée en mai 2014 et jugée le 21 novembre pour « divulgation de secrets d'État »[2]. En avril 2015, Gao Yu est condamnée, à une peine de sept ans de prison, pour avoir divulgué à l'étranger, des « secrets d'État », à savoir le document numéro 9[3].

Le président Xi Jinping aurait approuvé le texte, qui s'oppose à « la démocratie et aux droits de l’homme »[4]. Les points de vue contraires au Parti communiste chinois ou à sa ligne politique sont interdits et ne peuvent pas être publiés[5].

Ces sept sujets « qu'on ne discute pas » sont :

  1. Les valeurs universelles ;
  2. La liberté de la presse ;
  3. La société civile ;
  4. Les droits civiques ;
  5. Les erreurs historiques du Parti communiste chinois ;
  6. Le capitalisme de connivence au sein du pouvoir ;
  7. L'Indépendance judiciaire[6],[7].

Depuis la diffusion de ce « Document numéro 9 », la répression, contre les blogueurs et les internautes demandant une libéralisation politique, s'est intensifiée. Des militants du mouvement des nouveaux citoyens ont été arrêtés dont Wang Gongquan[8].

AnalyseModifier

Ce « Document numéro 9 » permet à Xi Jinping de stopper, aussi bien au sein du Parti communiste que dans la société chinoise, les velléités de promouvoir une libéralisation du système politique[9].

RéférencesModifier

  1. « 主旋律升级:“五不搞”后迎来“七不讲”? », Deutsche Welle
  2. Le « Document n°9 » ou le pense-bête d’un régime chinois assiégé par l’Occident Le Monde, 12 décembre 2014
  3. Harold Thibault, « Sept années de prison pour la journaliste chinoise Gao Yu » », Le Monde, 17 avril 2015. « Les magistrats l’ont cette fois-ci jugée coupable d’avoir transmis à un groupe de médias dissident installé aux États-Unis, Mingjing, qui gère une maison d’édition et un site web, une directive émise en 2013 par les dirigeants du PCC et mettant en garde ses hauts cadres contre la démocratie constitutionnelle, les valeurs universelles, la société civile, l’historiographie faisant état des erreurs du parti unique ou encore la liberté de la presse. Le fondateur de Mingjing, Ho Pin, a nié auprès de l’agence Reuters avoir reçu de Mme Gao ce texte, baptisé « document 9 ». »
  4. (en-US) Chris Buckley, « China Takes Aim at Western Ideas », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 11 janvier 2019)
  5. Philippe Grangereau, Gao Yu, la mémoire broyée de Tiananmen Libération, 8 mai 2014, « Nous ne devons jamais permettre la dissémination d’opinions qui s’opposent aux théories du Parti ou à sa ligne politique, ni la publication de points de vue contraires à ceux des dirigeants »
  6. China Warns Officials Against ‘Dangerous’ Western Values New York Times, 13 mai 2013
  7. (en) « Document 9: A ChinaFile Translation How Much Is a Hardline Party Directive Shaping China’s Current Political Climate? », 11 août 2013.
  8. Jean-Michel Quatrepoint,Les sept périls Le choc des empires. États-Unis, Chine, Allemagne : qui dominera l’économie-monde, 2014
  9. « Le Parti communiste chinois impose une ligne rouge à la libéralisation de l'économie », La Tribune, août 2013.