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Le général Michel Roquejeoffre, commandant de l'opération Daguet, et le général Bernard Janvier, commandant la division, durant la revue des forces françaises à As Salman, en Irak, le .

La division Daguet est une division de l'armée de terre française constituée à la fin de 1990 pour participer à la défense de l'Arabie saoudite, puis engagée contre l'Armée irakienne lors de la guerre du Golfe en février 1991 dans le cadre de l'opération Tempête du désert.

Division provisoire, elle n'a existé que le temps de l'opération Daguet, de septembre 1990 à mars 1991. Quant au nom de la division et de l'opération, un daguet est un jeune cerf.

OrganisationModifier

 
La première unité déployée a été le porte-avions Clemenceau, grée en porte-hélicoptères transportant 12 Puma, 30 Gazelle, 70 véhicules et 600 personnes du 5e RHC dans le port saoudien de Yanbu le 24 septembre 1990[1].

La division, créée pour la circonstance en septembre 1990, est placée sous les ordres du général de corps d'armée Michel Roquejeoffre (le chef de la FAR), qui supervise l'opération Daguet (comprenant les forces françaises en Arabie saoudite, soit la division et des éléments de l'armée de l'air). Le commandement de la division est confié au général de division Jean-Charles Mouscardès (le chef de la 6e DLB) du au puis, à la suite d'un malaise et de l'évacuation sanitaire de ce dernier, par le général de brigade Bernard Janvier à partir de cette date.

La division était constituée par différentes unités de l'armée de terre française dont les derniers renforts arrivèrent en février 1991. Ces unités sont constituées chacune autour du noyau d'un régiment métropolitain, complété par des détachements issus d'autres régiments de la même arme, le tout formant une sorte de régiment de marche. 57 régiments différents sont ainsi concernés, car seuls des engagés (et aucun appelé) sont envoyés pour cette opération. Le cœur de la division est issu de la Force d'action rapide (FAR), notamment des 6e division légère blindée (6e DLB) et 4e division aéromobile (4e DAM), car les professionnels sont nombreux au sein de la FAR[2].

Commandement et soutienModifier

L'état-major est fourni par le 6e régiment de commandement et de soutien (6e RCS). S'y rajoutent :

Groupement ouestModifier

Groupement estModifier

MoyensModifier

La division ainsi composée, dans son articulation de combat, aligne au total 2 500 matériels majeurs parmi lesquels 132 hélicoptères de toutes catégories de l'ALAT, dont 60 Gazelle HOT, 1 130 camions, 794 véhicules légers tous terrains (dont des Peugeot P4) et 500 véhicules blindés dont 424 VAB (10 % du parc), 104 AMX-10 RC (80 % du parc capable de tirer des obus-flèches)[3], 44 chars de combat AMX-30 B2, 12 ERC-90 Sagaie et 20 canons tractés de 155 mm TR F1. Son personnel perçoit entre autres les premiers uniformes traités pour limiter la détection infrarouge par l’imbibition au noir de carbone de l'armée française.

Une brigade d'infanterie de la 82e division aéroportée américaine, la 18e brigade d'artillerie américaine et le 27e bataillon du génie américain sont mises sous contrôle opérationnel français. Ces unités renforcent le groupement oriental de la division Daguet. La division compte finalement près de 17 000 hommes (12 500 Français et 4 500 Américains).

Ces moyens donnent à la division une certaine puissance de feu antichar et une bonne mobilité, mais avec beaucoup moins de force qu'une division blindée. La doctrine d'emploi de la division est fondée sur le concept d'engagement de la Force d'action rapide : une contre-attaque ou une flanc-garde.

La division passe sous contrôle opérationnel (OPCON) du 18e corps d'armée des États-Unis à partir du . Il ne s'agit pas d'un commandement opérationnel (OPCOM), le général américain commandant la coalition n'a donc pas le droit de réaffecter les unités.

Notes et référencesModifier

  1. (fr) 1954-1997 La vie du Clemenceau, Net Marine
  2. « Interview du général de corps d'armée Michel Roquejeoffre par le journaliste Pierre Bayle », sur http://www.site-daguet.fr.
  3. L'armée de terre française 1978-2015. Bilan de 37 années d'opérations ininterrompues, Centre de doctrine d'emploi des forces, , 52 p., p. 17.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Lien externeModifier