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La division Brehmer a été constituée pour réduire les forces du maquis de la région Centre-Ouest de la France à partir de mars 1944. Elle était placée sous le commandement de Walter Brehmer.

Sommaire

Composition de la division BrehmerModifier

La division Brehmer ou division « B » a sévi à partir du 26 mars 1944 jusqu'au 19 avril. Forte de 8 000 hommes, elle comprenait :

Massacres perpétrés par la division Brehmer en 1944Modifier

Les exactions de la division Brehmer ont fait 250 maquisards et civils assassinés et des centaines de déportés en Dordogne.

L'opération commence le 26 mars par des interventions dans la forêt de la Double, dans un triangle compris entre Ribérac, Saint-Lauren-des-Hommes et Mussidan. L'état-major de la division s'est installé à Ribérac, des unités mobiles ratissent les environs pour débusquer les maquisards. Ils interviennent à Saint-Étienne-de-Puycorbier, Saint-Michel-de-Double, Saint-André-de-Double, Beauronne, Saint-Laurent-des-Hommes où il y a de nombreuses exactions. Ils sont à Rouffignac, Montignac, Brantôme et Terrasson où ils assassinent des civils, violent des femmes, multiplient les rafles et les incendies.

  • 26 mars 1944[1] :
    • Brantôme : après des tirs de résistants contre la voiture du général Walter Brehmer, ayant causé la mort de deux policiers, des membres du Sipo-SD exécutent 25 détenus de la prison de Limoges, dont des Juifs[2], ainsi qu'un jeune habitant de la commune.
    • Ribérac et Mussidan : les Allemands y prennent position ; le général Walter Brehmer installe même son quartier général à Ribérac. Ils sillonnent la forêt de la Double orientale et déclenchent des incendies pour débusquer les maquisards[3],[4]. 252 personnes sont arrêtées, emprisonnées dans la caserne du 35e régiment d'artillerie avant d'être déportées.
    • Allemans : 2 civils fusillés.
    • Beauronne : 1 civil fusillé.
    • La Jemaye : 2 civils fusillés.
    • Saint-André-de-Double : 1 civil fusillé.
    • Saint-Laurent-des-Hommes : 1 civil fusillé.
    • Saint-Martin-de-Ribérac : 5 civils fusillés.
    • Saint-Médard-de-Mussidan : 1 civil fusillé.
    • Saint-Médard-de-Double : 3 civils fusillés.
    • Saint-Paul-la-Roche : 1 civil fusillé.
    • Saint-Sulpice-de-Roumagnac : 5 civils fusillés.
  • 27 mars 1944 :
    • Brantôme : 13 civils sont passés par les armes.
    • Candillac : 4 civils fusillés.
    • Champagnac-de-Belair : 4 civils sont fusillés.
    • Condat-de-Trincou : 1 civil fusillé.
    • Saint-Crépin-de-Richemont : 5 fusillés dont 2 femmes.
    • Sainte-Marie-de-Chignac : 26 personnes sont passées par les armes.
    • Saint-Pancrace : 5 civils fusillés.
    • Villars : 5 fusillés.
  • 28 mars 1944 :
    • Saint-Front-d'Alemps : 2 civils fusillés.
  • 29 mars 1944 :
    • Château-l'Évêque : 5 Juifs sont assassinés.
    • Clermont-d'Excideuil : 1 Juif est tué.
    • Corgnac-sur-l'Isle : 1 civil et 2 Juifs sont tués.
    • Lanouaille : 1 Juif tué.
    • Lempzours : 1 civil tué.
    • Nantheuil-de-Thiviers : 4 Juifs tués.
    • Preyssac-d'Excideuil : 2 civils fusillés.
    • Saint-Germain-des-Prés : 2 Juifs tués.
    • Saint-Médard-d'Excideuil : 1 Juif tué.
    • Saint-Romain-et-Saint-Clément : 4 civils tués.
    • Sarliac-sur-l'Isle : 2 Juifs tués.
    • Sarrazac : 1 Juif et 4 civils sont tués.
    • Vaunac : 1 civil tué.
  • 30 mars 1944 :
    • Auriac-du-Périgord : 6 civils fusillés.
    • Azerat : 3 tués.
    • Chasteaux : 1 tué.
    • Coly : 1 Juif et 1 civil tués.
    • Condat-sur-Vézère : 2 Juifs et 3 civils tués.
    • Fanlac : 2 civils tués.
    • La Bachellerie : 11 Juifs et civils tués. Le château de Rastignac est pillé et incendié. Les trente-trois tableaux de la galerie parisienne Bernheim-Jeune cachés dans le château au début de la guerre ont disparu[5].
    • Montignac : 1 Juif tué.
    • Saint-Amand-de-Coly : 1 civil tué.
    • Saint-Rabier : 2 Juifs et 1 civil tués.
    • Villac : 4 civils tués.
    • Arnac-Pompadour : 1 civil tué.
    • Cublat : 2 civils tués.
    • Jayac : 2 Juifs tués.
    • Nadaillac : 2 civils tués.
    • Saint-Médard-d'Excideuil : 2 Juifs tués.
    • Terrasson : 6 civils tués
    • Thenon : 1 Juif et 3 civils tués.
    • Valajoux : 1 civil tué.
  • 31 mars 1944 :
    • Rouffignac est entièrement détruit et brûlé à titre de représailles, par la division Brehmer, à l'exception de l'église et des maisons attenantes. Un odonyme local (« Place du 31-Mars-1944 ») rappelle cet événement.
  • 1er avril 1944 :
    • La division Brehmer intervient à Badefols-d'Ans où elle pille et brûle le château, arrête Jehan de Lestrade de Conty, son fils Louis et des femmes. Jehan de Lestrade de Conty et son fils sont déportés.
    • Annesse-et-Beaulieu : 1 juif tué.
    • Azerat : 2 Juifs tués.
    • Chavagnac : 2 civils tués.
    • Cornil : 1 civil tué.
    • Hautefort : 4 Juifs tués.
    • La Cassagne : 1 civil tué.
    • Le Lardin-Saint-Lazare : 1 Juif tué.
    • Saint-Pantaléon-de-Larche : 3 Juifs tués.
    • Saint-Pierre-de-Chignac : 1 juif et 1 civil tués.
    • Terrasson : 2 civils tués.
    • Thenon : 5 Juifs tués.
    • Tourtoirac : 4 juifs tués.
  • 2 avril 1944 :
    • Sainte-Orse, une colonne de 200 SS investissent le village, arrêtent une trentaine de juifs, 7 sont abattus, les autres sont déportés. 1 civil est tué.
    • Les exactions continuent à Alles-sur-Dordogne, Azerat, Génis, Marquay, Saint-Hilaire-Peyroux, Saint-Martial-d'Albarède, Tulle, Vernasat avec 21 fusillés dont 10 Juifs.
  • Le 3 avril 1944, la division Brehmer entre en Corrèze où agissent les Résistants placés sous la direction de Georges Guingouin. Du 3 au 16 avril, elle intervient dans les communes de Lonzac, Noailles, Brive, Lacelle, Saint-Ybard, Treignac, Aubas, Le Lonzac, Moustier-Ventadour, , Saint-Just-le-Martel, Saint-Priest-de-Gimel, Bugeat, Eymoutiers, Peyrat-le-Château, Rempnat, Saint-Hilaire-les-Courbes, Tarnac, Ussel, Meilhards, Lacelle, Saint-Amand-le-Petit, Saint-Germain-les-Belles, Vignols, Turenne, Ligueux, Sorges, Noailhac, Martignac--sur-Jalle où elle a fait 77 victimes assassinées dont 28 Juifs.

Au total 347 personnes ont été abattues entre le 26 mars et le 19 avril.

À la mi-avril, le général Brehmer est de retour à Paris.

À la fin de la guerre, les responsables des ces crimes furent peu inquiétés ou poursuivis[réf. nécessaire].

Notes et référencesModifier

  1. Dominique Lormier, Les crimes nazis lors de la libération de la France, 1944-1945, Paris, Cherche midi, , 223 p. (ISBN 978-2-749-12998-3, OCLC 929837722, lire en ligne)
  2. Francis Cordet, Carnets de guerre en Charente, Romagnat, De Borée, coll. « Récits », , 400 p. (ISBN 978-2-844-94235-7, OCLC 55060581)
  3. Guy Penaud (préf. Roger Ranoux), Les crimes de la division "Brehmer", Périgueux, La Lauze, , 424 p. (ISBN 978-2-912-03265-2, OCLC 470291677) p. 113-134
  4. La Dordogne martyre de Jean Bart, resistancefrancaise.blogspot.fr.
  5. Dominique Richard, « 33 toiles de maîtres volées en 1944 en Dordogne sont toujours portées disparues », Sud Ouest, 26 mai 2010.]

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier