Discussion:Pierre Michel Moisson-Desroches

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Fusion de Pierre Michel Moisson-Desroches et Pierre-Michel Moisson-DesrochesModifier

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Il s'agit de la même personne. --Pierrot Lunaire (d) 9 décembre 2009 à 23:17 (CET)

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QQ précisionsModifier

Jules Henriet, dans son article « Les transport par voie ferrée » de 1912, paru dans le compte-rendu de la 41ème session de l’Association française pour l'avancement des sciences (Volume 20, numéro 1, 1913), donne une description sommaire du mémoire de Moisson-Desroches remis à l’empereur [1] : « (…) Dans les premières années du dix-neuvième siècle, la question de l’établissement des chemins de fer commençait à passionner les hommes politiques de l’Angleterre. Napoléon Ier, par une prescience qu’on ne saurait trop signalée, comprit tout de suite l’importance du nouveau mode de transport, encore embryonnaire. En 1814, sur la demande de l’empereur, l’ingénieur Moisson-Desroches, un des premiers organisateurs de l’Ecole des Mines de Saint-Etienne, prépare un étude pour but de constituer un réseau national de voies ferrées pour voyageurs. Ce document, conservé à Paris, aux Archives du Ministère des travaux publics, est annoté par Napoléon Ier. L’ingénieur Moisson-Desroches proposait la construction d’un réseau composé de sept grandes voies :

  • 1° De Paris à Gênes par Lyon et Marseille (P-L-M) ;
  • 2° De paris à Bordeaux (Orléans) ;
  • 3° De Paris à Nantes (Etat) ;
  • 4° De Paris au Havre, par Rouen (Ouest) ;
  • 5° De Paris à Calais, par Boulogne (Nord) ;
  • 6° De Paris à Gand, par Lille (Nord) ;
  • 7° De Paris à Mayence (Est).

Les désastres de 1815 ne permirent pas au gouvernement français de donner suite au projet étudié. Mais, dès les premières années de la Restauration, l’ingénieur Moisson-Desroches reprit seul les éléments qu’il avait préparés sous l’Empire ; c’est sur son initiative personnelle que Louis XVIII, en 1823, accorda la concession du chemin de fer de Lyon à Saint-Étienne et Roanne (…) »

Ce mémoire est cité dans la notice consacrée à Moisson-Desroches dans le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, 1re édition (1866-1877), Tome 11 (1874), page 391. Neantvide (discuter) 11 janvier 2015 à 19:11 (CET)
Idem dans La grande encyclopédie (1885-1902), Tome XXIII, page 1199. Neantvide (discuter) 23 janvier 2015 à 21:26 (CET)

Cette description sommaire laisse le lecteur sur sa faim ; sur quels éléments techniques, ou économiques, l’auteur s’est-il appuyé pour justifier ce schéma ?

L’ouvrage de Pierre-Charles Laurent de Villedeuil, «Bibliographie des chemins de fer », Tome I. Fascicules 1-2-3, daté de1903 [2], ne fait pas mention du mémoire de Moisson-Desroches. Or cette bibliographie, qui recense des documents relatifs au monde ferroviaire depuis la fin du XVIIIème siècle, est la reproduction des « sommiers respectifs des Ponts et Chaussées (…) et des chemins de fer (…) que le ministère des Travaux Publics a fait déposer aux Archives nationales. Le sommier est le livre d’enregistrement des pièces qui entrent dans un service… le nom de sommier y a été donné, parce qu’il contient une analyse sommaire des diverses pièces énumérées dans ce catalogue. » (cf. page 75)

Pour sa part, L-J. Gras dans son ouvrage « Le premier chemin de fer de France (Saint-Étienne à Andrézieux) – notes et documents » extrait du Mémorial de la Loire (25 février – 29 avril 1923), pages 12 à 14, précise : « (…)En 1906, un journaliste signala à l’attention du public une tombe abandonnée dans le cimetière de Montbrisson portant l’inscription suivante : Ici repose Pierre-Michel Moisson-Desoches, ingénieur en chef des mines, promoteur des chemins de fer en 1814, né à Caen le 9 juillet 1785, décédé le 30 mai 1865 (…). Moisson-Desroches, dont le Grand Larousse et la Grande encyclopédie donnent une biographie en quelques lignes, aurait adressé à Napoléon, en 1814, un mémoire sur la possibilité d’abréger les distances par la création de sept lignes ferrées reliant paris aux extrémités de l’Empire.(…)Les mots de « promoteur des chemins de fer » inscrits sur la tombe de Desroches ont été gravés certainement par les soins de la famille, après avoir été recueillis de la bouche paternelle. Chose à retenir : Fourneyron, inventeur des turbines, élève de Desroches et de Beaunier, attribuait l’idée du premier chemin de fer, non pas à Desroches ou à Beaunier, mais à l’ingénieur de Gallois … l’idée de de Gallois était d’établir une ligne de fer de la Loire au Rhône. Beaunier restreignit cette idée à ne constituer qu’un chemin d’exploitation de houille.(…)Alphonse Peyret, en 1835 [NB : « Statistique industrielle du département de la Loire »], a rappelé également que le premier chemin de fer avait été proposé par de Gallois en 1818. Comment se fait-il qu’à l’époque où Desroches vivait encore, à quelque dix ou douze ans de la construction du premier chemin de fer, ni Alphonse Peyret, ni Founeyron, ni personne ne rappelèrent que Desroches avait été le promoteur des voies ferrées en France ? »

Gras revient plus en détail sur Moisson-Desroches dans son ouvrage de 1924 « Histoire des premiers chemins de fer français… », page 3 et suivantes. Après une digression sur les filles des Moisson-Desroches, Gras conclut sa rédaction par ces mots : « Cela nous écarte un peu du « précurseur », si précurseur il y a. J’ai fait rechercher au Ministère des Travaux Publics, aux archives nationales, à la Bibliothèque nationale, la trace du mémoire de 1814 de Moisson-Desroches, sur la possibilité d’abréger les distances par la création de lignes ferrées. On ne l’a point trouvé. (…) Les mots « promoteur des chemins de fer en 1814 » inscrits sur la tombe par les soins de la famille, destinés à rappeler le mémoire présenté à Napoléon, qui à ce moment jouait son empire dans la campagne de France, méritent néanmoins qu’on s’y arrête. Le problème historique de la recherche de ce mémoire ne doit pas être abandonné. »

En résumé, en 1903, P.- Ch. Laurent de Villedeuil ne mentionne pas le mémoire de Moisson-Desroches, cité pourtant en 1912 par Jules Henriet qui en donne en description sommaire soit parce qu’il a consulté le mémoire soit parce qu’il en a lu une retranscription dans un document, alors que Gras, en 1923 et 1924, n’a pas pu mettre la main sur ce mémoire dans aucun service d’archives.

Il est à noter qu'un article de H. Angenot paru dans la revue L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, volume 51, n° du 30 juin 1905, pages 996-997, fait également mention du mémoire de Pierre Michel Moisson-Desroches : " Son nom ne figure ni dans les délibérations législatives de l'époque, ni dans aucun ouvrages traitant des chemins de fer ". Le mémoire n'a pas été retrouvé à cette date (1905) : "Il serait intéressant de retrouver le Mémoire en question...". Neantvide (discuter) 8 janvier 2015 à 00:19 (CET)
De même, L'Echo des mines et de la métallurgie, du 1er novembre 1910, page 1248, rappelle le rôle de Moisson-Desroches comme le "Promoteur des chemins de fer en France" (article quelque peu erroné lui attribuant à tort la direction des travaux du chemin de fer de Saint-Etienne à Andrézieux ou des essais avec une locomotive Stephenson).
Le même journal, de son « correspondant Francis Laur », dans son édition du 22 janvier 1912, page 95, mentionne à nouveau Moisson-Desroches à l'occasion de la découverte de sa sépulture portant l'inscription « ... Promoteur des chemins de fer en 1814 ... »Neantvide (discuter) 17 janvier 2015 à 18:51 (CET)
Le contenu des deux articles de ce journal, est repris, avec les mêmes erreurs, dans la Revue Hebdomadaire, dans son numéro de janvier 1913, page 346-347.--Neantvide (discuter) 1 février 2015 à 19:09 (CET)

L’évocation du mémoire de Moisson-Desroches est reprise par différents auteurs contemporains spécialistes des chemins de fer, dont Falaize et Caron.

Jean Falaize « L’épopée du rail » in « Histoire des chemins de fer en France » (chapitre II) - 1963 - Les Presses Modernes : « D’autre part à l’école des Mines de Saint-Etienne, qu’il [Beaunier] avait fondé et qu’il dirigeait, professait Moisson-Desroches, également du corps des mines et dont l’enthousiasme pour le nouveau mode de transport s’était déjà exprimé avec une étonnante vision de l’avenir. N’avait-il pas adressé à Napoléon Ier, en 1814, un mémoire sur la possibilité d’abréger les distances par la création de sept lignes ferrées, reliant à Paris les extrémité de l’Empire ! Il est difficile de penser que ce promoteur des chemins de fer en France n’ait pas collaboré à l’établissement de la première voie avec Beaunier, si proche de lui à temps de point de vue »

F. Caron – « Histoire des chemins de fer » Tome 1, Fayard, 1997, page 83 : « Il était naturel que la curiosité à l’égard des chemins de fer s’éveilla plus tôt au sein du corps des Mines qu’au sein du corps des Ponts et Chaussées. Dès 1810, Moisson-Desroches, un « mineur », adressa à l’empereur un mémoire dans lequel il préconisait l’établissement de « sept grandes voies ferrées » pour « abréger les distances dans l’empire ».

De même dans la biographie (sans date) de Moisson-Desroches sur le site Internet consacré aux ingénieurs des mines [3].

Par ailleurs, désigner Moisson-Desroches comme « promoteur des chemins de fer en 1814 » soulève bien des interrogations outre l’absence du mémoire en question. En effet, certains auteurs font mention d’un dénommé James Henderson comme l’auteur d’un mémoire présenté au premier Consul en 1804 relatif à un « plan de routes en fer avec chariots à vapeur » (cf. revue Le magasin pittoresque – 1874 [4] ): « Ce James Henderson, qui a du être le véritable inventeur [NB : de la machine à coudre], se qualifie dans le mémoire descriptif du titre d’ingénieur et d’auteur du plan des routes en fer avec chariots à vapeur, présenté au premier consul. C’était un esprit très inventif… »

Or, ce mémoire est cité par Pierre-Charles Laurent de Villedeuil dans sa bibliographie des chemins de fer (page 82, notice n° 7). Il semble cependant qu’il s’agissait de réflexions désordonnées plutôt que d’un réel travail d’études.

Cette référence à Henderson est reprise dans certains ouvrages tels « Histoire de la locomotion terrestre – les chemins de fer » de Ch. Dollfus & Ed. de Geoffroy (L’Illustration - 1935, page 29), « Le Rail et son histoire » de Noël.Ganem (1969, Article : « les premiers chemins de fer en France » [5]) ou « Le Canal du Midi: Grand moments et grands sites » de Jean-Denis Bergasse (1982).

Quoi qu’il en soit de la paternité de Moisson-Desroches sur la définition d’un premier réseau de voies ferrées en France, l’émergence de ce nouveau moyen de transport (convergence entre voie, wagon et moteur) à la fin du XVIIIème siècle a suscité rapidement l’intérêt de l’opinion et la diffusion d’opuscules favorable à la promotion des chemins de fer, pas toujours fondés sur une approche rationnelle. C’est généralement le cas pour toute innovation technique. C’est la raison pour laquelle il faut retenir l’article de l’ingénieur des mines de Gallois, de 1818, comme le véritable écrit scientifique précurseur des chemins de fer en France à son retour d’un voyage d’étude en Angleterre sur la houillères [6].

86.70.148.60 (d)

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