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Direction du musée du Louvre

Le Musée du Louvre est créé en 1793 et il est dirigé à partir de 1802 jusqu'en 1968 par le directeur des Musées nationaux, de 1968 à 1992 par un directeur spécifique au musée puis à partir de 1992 par un président-directeur. Les collections du musée sont réparties autour des départements (actuellement huit) et la gestion du musée autour de directions de services (actuellement onze), ces départements et directions sont rattachés à la direction du musée aujourd’hui présidée par Jean-Luc Martinez.

Histoire de la direction du Musée du LouvreModifier

Le Musée du Louvre nait le 27 juillet 1793 sous le nom Muséum central des Arts de la République, après sa fermeture pour cause de difficultés d'organisation il ouvre définitivement le 18 novembre 1793. À l'origine géré par le directeur des Musées nationaux, sa direction est confiée en 1802 au baron Vivant Denon. Le Louvre n'eut pas de directeur propre avant 1968, André Parrot fut le premier à exercer cette fonction, cependant ses pouvoirs étaient limités. En 1992, à la suite de la refonte du musée dans le cadre du projet du Grand Louvre, le statut du musée évolue en établissement public à caractère administratif à vocation culturelle (EPAC) après la publication du décret no 92-1338 du 22 décembre 1992[1] portant sur la création de l'Établissement Public du Musée du Louvre. Le statut de directeur général évolue alors en président-directeur, assumé à sa création par Michel Laclotte. Le statut d'Établissement Public permet au musée du Louvre de jouir d'une autonomie financière, d'une autonomie administrative (à l'égard de la Direction des Musées de France), d'une autonomie en ce qui concerne la politique d'acquisition, de publication et d'exposition (à l'égard de la Réunion des Musées Nationaux) et d'une autonomie dans sa politique vis-à-vis du Ministère de la Culture et de la Communication qui exerce sa tutelle[2].

Les missions du Louvre sont dans le cadre de son projet scientifique et culturel : conserver, protéger, restaurer et présenter au public ses œuvres, contribuer à l’acquisition de biens culturels pour enrichir les collections nationales, assurer l’accueil du public que ce soit dans le musée que dans les jardins, assurer l’étude scientifique de ses collections, encourager la formation et la recherche en histoire de l’art, muséographie et archéologie, gérer l’auditorium et sa programmation, préserver gérer et mettre en valeur ses biens immeubles, et conserver, protéger, restaurer et communiquer ses collections des bibliothèques et des documentations[1].

Le Louvre a aussi le droit de délivrer des autorisations d’occupation du domaine public à des personnes publiques ou privées, restaurants, magasins, etc., qui permettent de faire vivre financièrement le musée[1].

Le Conseil d’administration du Louvre comprend dix-neuf membres, le président de l’établissement (nommé en raison de ses compétences scientifiques pour une durée de trois ans), le directeur général des patrimoines, le secrétaire général du ministère chargé de la culture, le directeur du budget au ministère chargé du budget, le président de l’établissement public de la Réunion des Musées Nationaux, trois membres des corps des conservateurs généraux ou des conservateurs du patrimoine et trois représentants du personnel. Ce Conseil d’administration se réunit au moins trois fois par an et règle par ses délibérations les affaires de l’établissement (politique scientifique et culturelle, acceptation ou refus des dons et legs, etc)[1].

En plus du budget alloué par l'État le Musée du Louvre est financé par la billetterie, le mécénat auquel se rajoute, dans un cadre plus restrictif, le Fonds de dotation du Louvre, le mécénat reste trop faible pour se substituer totalement à l'argent public[3].

En 2004 le musée Eugène-Delacroix a été rattaché à la direction du Musée du Louvre. Il conserve une gestion propre tout en étant dirigé par un des conservateurs du Musée du Louvre.

Depuis l'arrivée d'Henri Loyrette comme directeur du musée, le Louvre devient label de prestige pour des projets culturels français (Louvre-Lens) ou étrangers (Émirats arabes unis : Louvre Abou Dabi).

Directeurs du Musée du LouvreModifier

Moins de dix ans après la création du Musée du Louvre, sa direction est assurée par le directeur des Musées nationaux, le baron Vivant Denon. Depuis, le Louvre a connu vingt-six directeurs des Musées nationaux, mais pas une seule directrice. À partir de 1945, ce titre évolue en directeur des Musées nationaux de France, qui devient la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais des Champs-Élysées, en janvier 2011. À partir de 1968, la direction du Louvre est assurée par un directeur propre au Musée du Louvre, mais ses pouvoirs sont cependant extrêmement limités. Il faut attendre 1992 pour que le Louvre, devenu établissement public, ait à sa tête un directeur véritablement maitre des décisions du musée, avec le double titre de président et directeur[2].

Le président-directeur du Louvre est nommé par le président de la République pour trois ans renouvelables. Jusqu'en 1993, il était obligatoirement choisi parmi les conservateurs des Musées nationaux. Depuis, il peut être choisi parmi des personnalités scientifiques reconnues, mais seuls des conservateurs du patrimoine ont été appelés à la direction. Le président-directeur désigne son administrateur général.

Un logement de fonction est attribué au président-directeur au Pavillon de Flore du Palais du Louvre[2].

Directeurs du Musée du Louvre :

Départements de conservationModifier

OrganisationModifier

La Musée du Louvre possède aujourd’hui huit et bientôt neuf départements. Ce chiffre a évolué depuis la création du musée en 1793, si les départements d’origines sont les Peintures et les Antiquités grecques, étrusques et romaines, ils ont été enrichis par le département des Arts graphiques, le département des Antiquités orientales, le département des Antiquités égyptiennes, le département des Sculptures, et le département des Objets d’art. En 2003 est créé un nouveau département, celui de l’Art de l’Islam. Le neuvième département, dédié aux Arts de Byzance et Chrétientés d’Orient, fait l’objet d’une mission de préfiguration.

Ces huit départements fonctionnent comme huit musées différents qui cohabitent au sein d’une même structure.

En 2012, le musée du Louvre compte huit départements [17] :

  • le département des peintures[18],
  • le département des arts graphiques[19],
  • le département des sculptures du Moyen Âge, de la Renaissance et des Temps modernes[20],
  • le département des objets d'art[21],
  • le département des antiquités grecques, étrusques et romaines[22],
  • le département des antiquités égyptiennes[23],
  • le département des antiquités orientales[24],
  • le département des arts de l'Islam[25].

Chaque département est dirigé par un directeur de département aussi appelé conservateur en chef. Deux fois par mois est organisé un « collège » composé de la direction du musée et des chefs des huit départements qui donnent leur avis sur des questions scientifiques et muséologiques, sur l’occupation des espaces pour des manifestations exceptionnelles et sur la politique culturelle de l’établissement [1].

Antiquités ÉgyptiennesModifier

Le département des Antiquités égyptiennes a été créé par décret en 1826 et inauguré le 15 août 1827 par Charles X[2]. On nomme usuellement le département AE.

Le premier conservateur du département fut Jean-François Champollion (1790-1832), le père du déchiffrement de l'écriture hiéroglyphique.

Conservateurs du département des Antiquités égyptiennes :

Antiquités Grecques, Étrusques et RomainesModifier

Ce département est avec celui des peintures le plus ancien du musée du Louvre. Projeté depuis la création du Muséum central des Arts en 1793, il est inauguré le 9 novembre 1800 (18 brumaire an IX)[2]. D'abord département des Antiques, puis des antiquités grecques et romaines, enfin des Antiquités grecques, étrusques et romaines. nomme usuellement le département AGER.


Conservateurs du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines :

Antiquités orientalesModifier

Le département des Antiquités orientales est issu du musée Assyrien du Louvre qui présentait les objets issus des fouilles de Khorsabad (1842-1847). Les objets découverts au cours des fouilles de Khorsabad sont jointes aux "antiques", c'est-à-dire aux sculpture grecques et romaines. Ce n'est qu'en 1881 à la suite des fouilles de Tello que le département des Antiquités orientales est créé officiellement et prend son indépendance des "antiques"[26]. On nomme usuellement le département AO.

Conservateurs du département des Antiquités orientales :

Arts GraphiquesModifier

Autrefois nommé Cabinet des Dessins, la collection d'art graphique est rattachée jusqu'en 1989 au département des Peintures. Depuis cette date le département des Arts graphiques constitue le septième département du musée du Louvre. On nomme usuellement le département AG[2].

Au cours de la répartition des œuvres (peintures, sculptures et objets d'art) entre le Louvre et le musée d'Orsay, selon des critères chronologiques, le cabinet des dessins a fait exception.

Le département des Arts graphiques conserve le cabinet Edmond de Rothschild qui rassemble une collection exceptionnelle de gravures de plus de 40 000 estampes et d'environ 3 200 dessins[2].

Conservateurs du Cabinet des dessins :

  • De 1797 à 1827 : Louis Morel d'Arleux (1755-1827), « gardien des dessins » de 1797 à 1802, 1er conservateur[27]
  • De 1827 à 1850 : poste supprimé (les dessins sont à la charge du Conservateur des peintures)[27]
  • De 1850 à 1861 : Frédéric Reiset (1815-1891)[27].
  • De 1861 à 1881 : poste supprimé (les dessins sont à la charge du Conservateur des peintures)[27]
  • De 1881 à 1886 : Pierre-Paul Both de Tauzia (1823-1888)[27].
  • De 1886 à 1935 : poste supprimé (les dessins sont à la charge du Conservateur des peintures)[27],
  • Gabriel Rouches
  • Jacqueline Bouchot-Sauique
  • Maurice Sérullaz
  • Roseline Bacou
  • Françoise Viatte
  • Carel van Tuyll van Serooskerken
  • Depuis 2013 : Xavier Salmon

Arts de l'IslamModifier

Créé en 2003 la collection est issue des objets du département des Antiquités orientales[2]. On nomme usuellement le département I.

Les nouvelles salles du département ont officiellement été ouvertes le 22 septembre 2012.

Conservateurs du département des Arts de l'Islam :

Objets d'ArtModifier

Les domaines couverts par ce département ont varié dans le temps et il s'est difficilement détaché des "antiques". L'autonomie du département des Objets d'art s'est faite entre 1855 et 1863[2]. On nomme usuellement le département OA.

Les nouvelles salles du département consacrées au mobilier français du règne de Louis XIV à la fin du règne de Louis XVI ont ouvert au public le 6 juin 2014.

Conservateurs du département des Objets d'art :

PeinturesModifier

Ce département est avec celui des Antiquités grecques, étrusques et romaines le plus ancien du musée du Louvre. Il occupe la plus grande surface du musée[2]. On nomme usuellement le département P.

Conservateurs du département des Peintures :

SculpturesModifier

Le département des Sculptures dépend à l'origine du département des "antiques" (Antiquités grecques, étrusques et romaines), mais a une certaine autonomie sous la Seconde République et le Second Empire. Puis il est uni au département des Objets d'art de 1871 à 1893, dont il se sépare alors [2].

Conservateurs du département des Sculptures :

Directions de servicesModifier

À la Direction du musée du Louvre sont associées des directions de services dont le nombre a fluctué au cours des vingt dernières années. Ces directions ont été mises en place à l'occasion de la reconfiguration du musée dans les années 1980 et afin de prévoir sa mutation en Établissement Public.

En 2012, le musée du Louvre compte onze directions de services [17] :

  • la direction de l’accueil
  • la direction de la surveillance et de la vente
  • la direction des systèmes d’information
  • la direction architecture, muséographie et techniques
  • la direction de la maitrise d’ouvrage
  • la direction politique des publics et éducation artistique
  • la direction de l’auditorium et des manifestations culturelles
  • la direction de la production culturelle
  • la direction du développement et du mécénat
  • la direction de la communication, la direction des affaires juridiques et financières
  • la direction des ressources humaines et du développement social.

Les directions sont l'élément central pour la gestion administrative et financière du musée mais aussi pour la gestion des espaces et du public. À la tête de chaque direction se trouve un directeur qui change plus régulièrement que les directeurs de départements.

L'agence comptable et le SPSI relèvent directement du président-directeur[2].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d et e décret n°92-1338 du 22 décembre 1992, http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006080556
  2. a b c d e f g h i j k et l Pierre Rosenberg, "Dictionnaire Amoureux du Louvre", Paris : Plon, 2007
  3. Philippe Dagen et Michel Guerrin, « Picasso et les maîtres » : au profit de qui ?, Le Monde, 27 décembre 2008
  4. J. J. Marquet de Vasselot, Répertoire des catalogues du musée du Louvre, Paris : Hachette, 1917, p. 125 voir.
  5. a et b J.-J. Marquet de Vasselot, Répertoire des catalogues du musée du Louvre, Paris : Hachette, 1917, p. 126.
  6. J.-J. Marquet de Vasselot, Répertoire des catalogues du musée du Louvre, Paris : Hachette, 1917, p. 125.
  7. a b et c J.-J. Marquet de Vasselot, Répertoire des catalogues du musée du Louvre, Paris : Hachette, 1917, p. 127.
  8. a et b J.-J. Marquet de Vasselot, Répertoire des catalogues du musée du Louvre, Paris : Hachette, 1917, p. 128.
  9. a et b J.-J. Marquet de Vasselot, Répertoire des catalogues du musée du Louvre, Paris : Hachette, 1917, p. 129.
  10. J.-J. Marquet de Vasselot, Répertoire des catalogues du musée du Louvre, Paris : Hachette, 1917, p. 129-130. Il démissonne après le vol de la Joconde (1911).
  11. a et b J.-J. Marquet de Vasselot, Répertoire des catalogues du musée du Louvre, Paris : Hachette, 1917, p. 130.
  12. Agathe Dufour, Henry Marcel (1854-1926), thèse de l’École nationale des Chartes, soutenue en 2007 Abstract.
  13. Pierre Demargne, « Allocution à l'occasion de la mort de M. André Parrot, membre de l'Académie », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 124, no 3,‎ , p. 511-515 (lire en ligne [PDF]).
  14. Décret du 9 janvier 1979 M. André Chabaud est nommé directeur du Musée du Louvre, en remplacement de M. Quoniam [1].
  15. Notice biographique de Jacques Mullender[2].
  16. Un archéologue prend la direction du Louvre, Le Monde du 04/04/2013.
  17. a et b http://www.louvre.fr/organigramme
  18. Musée du Louvre : département des peintures
  19. Musée du Louvre : département des arts graphiques
  20. Musée du Louvre : département des sculptures
  21. Musée du Louvre : épartement des objets d'art
  22. Musée du Louvre : département des antiquités grecques, étrusques et romaines
  23. Musée du Louvre : département des antiquités égyptiennes
  24. Musée du Louvre : département des antiquités orientales
  25. Musée du Louvre : département des arts de l'Islam
  26. Pierre Amiet, Le Louvre. Sept visages d'un musée, Paris : RMN, 1986
  27. a b c d e et f Louvre, site web Arts graphiques
  28. a b c d e et f Stéphane Loire, Peintures italiennes du XVIIe siècle du musée du Louvre : Florence, Gênes, Lombardie, Naples, Rome et Venise., Paris : Gallimard, 2006 [584 p., ill.] (ISBN 978-2-07011-828-1), p. 32.