Directeur d'hôpital

personne exerçant la direction d'un établissent hospilalier

En France, le directeur d'hôpital est un haut-fonctionnaire qui peut exercer des fonctions de chef d'établissement ou de directeur adjoint dans les centres hospitaliers régionaux ou universitaires et dans les centres hospitaliers généraux.

Directeur d'hôpital
Appellation
directeur d'hôpital
Secteur d'activité
Santé
Niveau de formation
École des hautes études en santé publique (EHESP)
après concours national
Professions voisines
Directeur d'établissement sanitaire social et médico-social
Attaché d'administration hospitalière
Codes
IDEO (France)
ROME (France)
K1403

Corps des directeurs d'hôpitalModifier

Les directeurs d'hôpital constituent un corps de catégorie A+ de la fonction publique hospitalière. Ils exercent leurs fonctions dans

  • les établissements suivants de plus de 250 lits : établissements publics de santé, centres d'accueil et de soins hospitaliers et établissements publics locaux accueillant des personnes âgée ;
  • les syndicats interhospitaliers, les groupements de coopération sanitaire, les groupements de coopération sociale ou médico-sociale et les autres structures de coopération.

Le corps est constitué de trois grades (classe normale, hors classe et classe exceptionnelle)[1].

Ce corps a été créé dans les années 1940 et est une spécificité française. Dans la plupart des pays européens, les directeurs d’hôpital ne sont tout simplement pas des professions réglementées. Le recrutement dans cette école se fait par voie de concours, accessible aux titulaires d’un diplôme de niveau licence. Les épreuves, fixées par le ministère chargé de la santé, sont essentiellement composées de droit, de sciences sociales et d’économie. Ainsi, en 2018, plus de 62 % des lauréats avaient un master d’un institut d'études politiques[2].

Le décret no 2014-1706 du 30 décembre 2014 a modifié le décret no 2005-921 du 2 août 2005 portant statut particulier des personnels de direction. Il a notamment mis en place un troisième concours, comme pour l'ENA[3]. De ce fait, la répartition des places offertes est modifiée.

À compter de 2015, elle est désormais la suivante ; le nombre de postes offerts au concours externe (ouvert aux titulaires d'un diplômes de niveau II) est au plus égal à 60 % du nombre total des postes offerts aux trois concours, 5 à 10 % des places offertes sont proposées au troisième concours (ouvert aux personnes ayant au moins huit années d'activité dans le secteur privé ou bénévole, aux élus et aux représentants syndicaux), le différentiel étant offert au concours interne (réservé aux fonctionnaires et agents publics).

Les candidats admis à ces trois concours doivent suivre un cycle rémunéré de formations théorique et pratique d’une durée de vingt-quatre mois, tenant lieu du stage, organisé par l’École des hautes études en santé publique (EHESP). En 2015, 80 postes sont ouverts dont 48 au concours externe, 5 au troisième concours et 28 au concours interne.En 2016, ce chiffre est porté à 85 et maintenu en 2017.(cf. site du Centre National de Gestion)

Les élèves directeurs sont formés pendant vingt-quatre mois à l'École des hautes études en santé publique (EHESP) à Rennes. La formation comporte plus d'un an de stages (dans des hôpitaux français et étrangers, en ambassade, en entreprise et laboratoire de recherche).

Métier de directeur d'hôpitalModifier

Le directeur d'hôpital peut exercer ses fonctions en tant que chef d'établissement (environ un cinquième du corps) ou en tant qu'adjoint (environ les quatre cinquièmes du corps).

En tant que chef d’établissement, président du directoire, le directeur d’hôpital a pour fonctions de conduire la politique générale de l’hôpital. Il assure la gestion de l'établissement et doit en tenir informé le conseil de surveillance. Il doit par ailleurs tenir compte des orientations définies par l’Agence régionale de santé. Le directeur engage sa responsabilité et celle de l’établissement dans tous les domaines touchant à l’organisation des services. Il exerce son autorité sur l'ensemble du personnel. Il est l'ordonnateur de l'état des prévisions de recettes et de dépenses. Il soumet au conseil de surveillance le projet d'établissement qui définit la stratégie de l'hôpital sur plusieurs années. Il est assisté d'un directoire et d'une équipe de direction et travaille en étroite collaboration avec le président de la commission médicale d'établissement (CME) qui représente le corps médical et est le vice-président du directoire.

En tant que directeur adjoint, il appartient à l'équipe de direction et se voit confier la responsabilité de services comme les ressources humaines, les affaires financières, les services économiques et logistiques, les travaux et équipements, les systèmes d’informations, la communication, la qualité, etc.

Carrière du directeur d'hôpitalModifier

À l'issue de la formation à l'EHESP, les élèves directeurs sont d'abord amenés à occuper des postes de directeur adjoint en centre hospitalier. Ils ont vocation à accéder, au cours de leur carrière, à des postes de chef d'établissement (directeur général).

La mobilité leur donne également accès aux métiers de la fonction publique d'État ou territoriale par la voie du détachement ou de l'intégration directe : sous-préfet, administrateur civil, administrateur territorial issu de l'INET, conseiller de tribunal administratif et de cour administrative d'appel (magistrat administratif), conseiller de chambre régionale des comptes, commissaire de police, magistrat judiciaire...

Les directeurs d'hôpital peuvent aussi devenir inspecteurs généraux des affaires sociales (IGAS) par le tour extérieur ou contrôleurs généraux des établissements de santé.

Ils peuvent également effectuer des périodes de disponibilité comme directeur de clinique privée ou d'ESPIC.

Rémunération et avantagesModifier

En contrepartie de leur participation aux astreintes administratives garantissant la continuité du service public hospitalier, les directeurs d'hôpital sont logés par l'établissement qui les emploie[4]. La rémunération comprend le traitement indiciaire de droit commun de haut fonctionnaire et une prime, dénommée Prime de fonction et de résultat (PFR). Des primes supplémentaires peuvent être versées en cas de direction commune entre plusieurs établissements, d'intérim de direction, de gestion d'un établissement de grande taille (NBI).

Notes et référencesModifier

  1. Décret n° 2005-921 du 2 août 2005 portant statut particulier des grades et emplois des personnels de direction des établissements mentionnés à l'article 2 (1° et 2°) de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière., (lire en ligne)
  2. Alessia Lefébure, « La formation des directeurs d’hôpital public, une singularité française », sur The Conversation,
  3. Décret no 2014-1706 du 30 décembre 2014 modifiant le décret no 2005-921 du 2 août 2005 portant statut particulier des grades et emplois des personnels de direction des établissements mentionnés à l'article 2 (1° et 7°) de la loi no 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière et le décret no 2007-1930 du 26 décembre 2007 portant statut particulier du corps des directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux de la fonction publique hospitalière.
  4. Décret no 2010-30 du 8 janvier 2010

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier