Diocèse de Perpignan-Elne

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Diocèse de Perpignan-Elne
(la) Dioecesis Elnensis
Image illustrative de l’article Diocèse de Perpignan-Elne
La cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan.
Pays Drapeau de la France France
Église catholique (latine)
Rite liturgique romain
Type de juridiction diocèse suffragant
Création VIe siècle
Suppression 1801-1822
Affiliation Église catholique en France
Province ecclésiastique Montpellier
Siège Maison Diocésaine, Parc Ducup,Allée des chênes
66027 Perpignan cedex
Conférence des évêques Conférence des évêques de France
Titulaire actuel Norbert Turini
Langue(s) liturgique(s) français
Calendrier grégorien
Paroisses 251
Prêtres 99 en 2018 (90 prêtres séculiers et 9 prêtres réguliers)
Religieuses 109
Territoire Pyrénées-Orientales
Superficie 4 116 km2
Population totale 400 000 (2004)
Population catholique 308 000 (2004)
Pourcentage de catholiques 77,0 %
Site web http://www.perpignan.catholique.fr/
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Le diocèse de Perpignan-Elne (en latin : dioecesis Elnensis) est une église particulière de l'Église catholique en France.

Érigé au VIe siècle, le diocèse d'Elne est le diocèse historique du Roussillon. Supprimé en 1801, il est rétabli dès 1822 et couvre, depuis, le département des Pyrénées-Orientales. Depuis 2002, il est suffragant de l'archidiocèse de Montpellier. Son titulaire est depuis le 18 octobre 2014 : Mgr Norbert Turini[1].

TerritoireModifier

Le diocèse de Perpignan-Elne couvre le département des Pyrénées-Orientales, en région Occitanie.

L'enclave espagnole de Llívia relève du diocèse d'Urgell.

Le diocèse confine, au nord, avec les diocèses de Pamiers, Couserans et Mirepoix et de Carcassonne et Narbonne et, au sud, avec ceux de Gérone, Vic, Solsona et Urgell.

HistoireModifier

Le diocèse d'Elne est fondé dans la seconde moitié du VIe siècle[2],[3]. Sa création est postérieure au concile d'Agde de [2],[3] et à la bataille de Vouillé de [2]. Elle contemporaine de celle du diocèse de Carcassonne[3]. Elle est généralement datée du règne de Liuva, roi wisigoth de à [3]. Le premier évêque d'Elne connu est Domin (Dominus), mentionné en 571 dans la Chronique de Jean de Biclar.

Le diocèse d'Elne est reconstitué au IXe siècle[4]. Il s'étend sur deux comtés — le Roussillon et le Conflent[4] — sans coïncider avec eux[5].

Le premier concile d'Elne se tient en 1027. Huit autres conciles se tiennent à Elne jusqu'au XIVe siècle : en 1058, 1114, 1335, 1337, 1338, 1339, 1340 et 1380.

En , la chapellenie majeure de Saint-Jean de Perpignan est unie à la mense épiscopale[6]. Dès lors, les évêques commencent à résider tantôt à Elne tantôt à Perpignan, à la Canorgue[6].

Devenu évêque d'Elne, César Borgia réussit à provoquer une révolte du clergé en 1497 par l'excès des charges qu'il prélève sur le diocèse. La somme est réduite de moitié l'année suivante après que le clergé se soit plaint auprès du roi[7].

Jusqu'en 1511, le diocèse d'Elne est suffragant de l'archidiocèse de Narbonne et après de celle de Tarragone.

Par le traité des Pyrénées de , l'Espagne cède le diocèse d'Elne à la France.

En puis en , les consuls de Perpignan adressent au roi Philippe II des suppliques pour demander le transfert à Perpignan de la résidence de l'évêque et du chapitre cathédral[8]. En , par la bulle Superna dispositione du [9], le pape Clément VIII autorise le transfert à Perpignan de la résidence — et non du siège — de l'évêque et du chapitre cathédral[6]. En , la bulle est présenté au chapitre le [6] ; la cérémonie a lieu le [6], date effective du transfert de la résidence[10].

Le traité de Llívia du arrête la liste des trente-trois villages de Cerdagne devant appartenir à la France en vertu du traité des Pyrénées. Ils restent rattachés au diocèse d'Urgell.

SuppressionModifier

À la Révolution française, lors de la division du royaume de France en départements, les paroisses du diocèse sont comprises dans le département des Pyrénées-Orientales. Puis la constitution civile du clergé, décrétée par la Constituante le et sanctionnée par Louis XVI le suivant, fait de Perpignan le siège du diocèse du département des Pyrénées-Orientales.

Sous le Consulat, à la suite du Concordat de 1801, par la bulle Qui Christi Domini du [11], le pape Pie VII supprime le diocèse de Perpignan-Elne et incorpore son territoire à celui de Carcassonne qui couvre alors les départements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales.

RétablissementModifier

Sous la Restauration, à la suite de la signature du Concordat de 1817, par la bulle Commissa divinitus du , Pie VII prévoit de rétablir le diocèse de Perpignan-Elne pour le département des Pyrénées-Orientales. Mais le concordat n'est pas ratifié. Ce n'est que par la bulle Paternae caritatis du [12], que Pie VII rétablit le diocèse de Perpignan-Elne. Il couvre le département des Pyrénées-Orientales et est suffragant de l'archidiocèse d'Albi.

Sous la IIIe République, à la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État du , le diocèse de Perpignan-Elne devient une association diocésaine.

Par un décret du [13], la Congrégation pour les évêques élève le diocèse de Montpellier au rang d'archidiocèse métropolitain et fait du diocèse de Perpignan-Elne un de ses suffragants.

CathédralesModifier

La cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan, dédiée à Jean le Baptiste, est l'église cathédrale du diocèse et, depuis le , une basilique mineure.

La cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie d'Elne, du XIIIe siècle-XIVe siècle, est l'ancienne cathédrale du diocèse.

Les évêques de Perpignan-ElneModifier

Évêques originaires du diocèse de Perpignan-ElneModifier

Notes et référencesModifier

  1. (it) Salle de presse du Saint-Siège, « Rinunce e nomine », sur press.vatican.va, (consulté le 18 octobre 2014)
  2. a b et c Schneider 2008, p. 76.
  3. a b c et d Sénac 2007, p. 49.
  4. a et b Schneider 2008, p. 89.
  5. Catafau 2005, § 17.
  6. a b c d et e Brutails, Desplanque et Palutre 1904, p. X.
  7. Fabricio Cárdenas, 66 petites histoires du Pays Catalan, Perpignan, Ultima Necat, coll. « Les vieux papiers », , 141 p. (ISBN 978-2-36771-006-8, notice BnF no FRBNF43886275)
  8. Brutails, Desplanque et Palutre 1904, p. X, n. 5.
  9. (la) la bulle Superna dispositione du 1er septembre 1601, dans Bullarum diplomatum et privilegiorum sanctorum Romanorum pontificum Taurinensis editio, vol. X, pp. 723-731 (consulté le 2 juillet 2013)
  10. Jean-Pierre Pélissier, Paroisses et communes de France : dictionnaire d'histoire administrative et démographique, vol. 66 : Pyrénées-Orientales, Paris, CNRS, , 378 p. (ISBN 2-222-03821-9)
  11. (la) La bulle Qui Christi Domini du 29 novembre 1801, dans Bullarii romani continuatio, t. XI, Rome, 1845, pp. 245-249 (consulté le 2 juillet 2013)
  12. (la) La bulle Paternae caritatis du 6 octobre 1822, dansBullarii romani continuatio, t. XV, Rome 1853, pp. 577-585 (consulté le 2 juillet 2013)
  13. (fr) Le décret du 8 décembre 2002 (consulté le 2 juillet 2013)

Voir aussiModifier

BiblographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier