Dierrey-Saint-Julien

commune française du département de l'Aube

Dierrey-Saint-Julien
Dierrey-Saint-Julien
Le lavoir.
Blason de Dierrey-Saint-Julien
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Aube
Arrondissement Nogent-sur-Seine
Intercommunalité Communauté de communes de l'Orvin et de l'Ardusson
Maire
Mandat
Bruno Richard
2020-2026
Code postal 10190
Code commune 10124
Démographie
Gentilé Dierrotain / Dierrotaine
Population
municipale
259 hab. (2018 en augmentation de 2,37 % par rapport à 2013)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 18′ 46″ nord, 3° 49′ 49″ est
Superficie 21,25 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Troyes
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Saint-Lyé
Législatives Troisième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Grand Est
Voir sur la carte administrative du Grand Est
City locator 14.svg
Dierrey-Saint-Julien
Géolocalisation sur la carte : Aube
Voir sur la carte topographique de l'Aube
City locator 14.svg
Dierrey-Saint-Julien
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Dierrey-Saint-Julien
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
City locator 14.svg
Dierrey-Saint-Julien

Dierrey-Saint-Julien est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est.

GéographieModifier

Communes limitrophes de Dierrey-Saint-Julien
Dierrey-Saint-Pierre
Mesnil-Saint-Loup   Macey
Estissac Fontvannes
Bucey-en-Othe

Le territoire de Dierrey-Saint-Julien est arrosé par le Bétrot, affluent de la Vanne.

TopographieModifier

Le territoire de Dierrey-Saint-Julien est situé en Champagne crayeuse, aux portes du Pays d'Othe, et s'ouvrant sur la plaine de Châlons-en-Champagne.

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Dierrey-Saint-Julien est une commune rurale[Note 1],[1]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Troyes, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 209 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[4],[5].

ToponymieModifier

HistoireModifier

Les premières traces d'occupation humaine remontent à la préhistoire. Au XIXe siècle, une série d'outils en silex a été retrouvé au lieu-dit Côte-Rouge, ce qui permet de situer le premier village en haut de la colline d'Ervaux. D'autres traces, d'origine plus tardive, montre une activité agricole gallo-romaine au lieu-dit les Perrières Saint Aubin.

Si la première mention du village actuel dans les textes anciens ne date que du Moyen Âge, la présence de l'ancien village de Moirey, sur les berges du Bétrot, est en revanche établi depuis l'Antiquité romaine.

L'hypothèse selon laquelle l'ancien hameau ou lieu-dit de Moirey (Campus Mauriacus) aurait été le lieu où s'est déroulée la bataille des champs Catalauniques contre Attila en 451 (la bataille de Campus Mauriacus), a été émise par quelques auteurs dont Louis Halphen, Joseph Roserot de Melin, Élie Griffe, et, de manière plus probable par l'historien Michel Rouche[6]. Néanmoins, bien qu'il demeure le plus tangible, ce postulat ne se révèle pas faire consensus[6]. À cet effet, pour d'autres spécialistes tels que les médiévistes Ferdinand Lot, Christian Pfister ou encore François-L. Ganshof, cette hypothèse ne s'appuierait uniquement sur les propos et arguments évoqués par Henri d'Arbois de Jubainville[6],[7]. Cependant, une étude plus récente de Fabrice Delaître affirme que le début de la bataille s'est bel et bien déroulé aux abords de Moirey avant de se poursuivre aux portes de Troyes. De maigres traces d'aménagement du camp romain sur la colline de Beauregard ont par ailleurs été révélées[8].

Victime des guerres de Religion et de différents épidémies liés à sa proximité avec la rivière, le village de Moirey s'est dépeuplé progressivement au cours du XVIe siècle avant de devenir un hameau rattaché au village de Dierrey Saint Julien situé un kilomètre plus au nord. L'église Saint-Aubin, bâtie au XIIe siècle, perd son statut d'église paroissiale et est dépouillée de ses ornements au profit de la nouvelle église dédiée à saint Julien de Brioude située au bourg Dierrey-Saint-Julien. La carte communale réalisée en 1744 n'indique plus que les ruines d'une maison au croisement de la route et du chemin du lavoir ainsi que l'église Saint-Aubin, finalement rasée au tout début du XIXe siècle.

Le village dépendait de la seigneurie de Villemaur, puis du duché d'Estissac.

En 1789, le village relevait de l'intendance et de la généralité Châlons-sur-Marne, de l'élection et du bailliage de Troyes.

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Dierrey-Beaugué[9] et de Petit-Dierrey[10] avant redevenir Dierrey-Saint-Julien sous la Restauration.

HéraldiqueModifier

Les armes de la ville se blasonnent ainsi :

d’azur aux trois épées renversées d’argent, au chef du même chargé de trois croissants de gueules.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 mars 2008 Francesca Ferré SE  
mars 2008 En cours Bruno Richard[11]
Réélu pour le mandat 2020-2026[12]
LR Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[14].

En 2018, la commune comptait 259 habitants[Note 3], en augmentation de 2,37 % par rapport à 2013 (Aube : +1,12 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
393431430373388400410380379
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
369379382379353340350315312
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
296300263220226234247241240
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
209242215222216225246256258
2018 - - - - - - - -
259--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monumentsModifier

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

L'église Saint Julien de Brioude était à l'origine une succursale de l'église paroissiale Saint-Aubin de Moirey, aujourd'hui détruite, et dépendait du doyenné de Villemaur. L'église a été rebâtie au XVIe siècle dans un style gothique tardif suivant les caractéristiques de l'art champenois de la Renaissance : les arcs brisés aux profils ouvragés prennent appuis directement sur une forte colonne circulaire, sans utilisation de chapiteau. Son plan est en forme de croix latine et elle mesure 25 m de long pour 7,10 m de large (nef) et 7 m de hauteur sous voûte. La nef est composée de deux travée. La première travée aux piliers renforcés par des murs montre que le projet d'origine prévoyait d'ériger une tour clocher imposante correspondant à son nouveau statut d'église paroissiale. Cet élément ne sera finalement jamais construit, tout comme les bas-côtés dont le tracé des voûtes et les pierres en attente sont visibles depuis l'extérieur sur le mur nord de la nef[16].

Une suite de dons de particuliers ainsi qu'une souscription publique ouverte en 1868 ont permis à l'édifice de se doter de nouveaux vitraux ainsi que d'un autel majeur néogothique et d'une nouvelle cloche. En 2016, la municipalité a confié à Cécile Boël le soin de créer deux vitraux contemporains à l'emplacement de deux fenêtres jusque là dénuées d'ornement.

 
Nef de l'église Sain- Julien de Brioude.
 
Vitrail contemporain symbolisant le moulin.

Le lavoir, situé près de l'ancien hameau de Moirey, a été bâti en 1896 par M. Germain, architecte à Estissac mandaté par le conseil municipal pour offrir aux habitantes un espace plus commode que « la planche » installée immédiatement à la sortie du village, rue de la planche.. Ce bâtiment est à cheval sur la rivière permettant de dégager deux espaces de travail de chaque côté des berges. Les côtés sud et ouest bénéficient d'un jour permettant d'aérer et d'apporter de la lumière naturelle tandis que les côtés nord et est sont entièrement couverts pour isoler des vents froids d'hiver.

Personnalités liées à la communeModifier

Pierre Dumay était le dernier prêtre de la paroisse de Dierrey-Saint-Julien sous l'Ancien Régime. Bien qu'il ait prêté serment à la constitution civile du clergé, il a été envoyé au tribunal révolutionnaire de Paris sur dénonciation calomnieuse. Il lui a été reproché d'avoir péché en faveur des princes chrétiens et d'avoir incité les paroissiens à plus d'assiduité aux sacrements. Le tribunal révolutionnaire l'a condamné à mort malgré ses protestations et l'affirmation de sa bonne foi. Il a été guillotiné le 2 juillet 1794, place de la Révolution, à Paris[17].

Articles connexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

RéférencesModifier

  1. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 24 mars 2021).
  2. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le 24 mars 2021).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 24 mars 2021).
  4. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 24 mars 2021).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 24 mars 2021).
  6. a b et c Isabelle Crété-Protin, « La christianisation de l'Antiquité tardive », dans Isabelle Crété-Protin, Église et vie chrétienne dans le diocèse de Troyes du IVe au IXe siècle., Presses Universitaires de France, coll. « Septentrion », , 446 p. (lire en ligne), p. 168.
  7. Henri d'Arbois de Jubainville, « Encore un mot sur la bataille de Mauriacus. », Bibliothèque de l'école des chartes, École nationale des chartes, t. 31,‎ , p. 211 à 216 (DOI 10.3406/bec.1870.446323, lire en ligne, consulté le 24 mai 2017).
  8. Fabrice Delaître, La Bataille des Champs Catalauniques, 1er - 2 septembre 451, Historic'one,
  9. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Courtalon, Topo. Hist., III, 150.
  11. Conseil général de l'Aube mise à jour au 10 avril 2008
  12. https://reader.cafeyn.co/fr/1927222/21599644
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  16. Henri d' (1827-1910) Auteur du texte Arbois de Jubainville, Répertoire archéologique du département de l'Aube : rédigé sous les auspices de la Société d'agriculture, sciences et belles-lettres du département par M. d' Arbois de Jubainville,..., Impr. impériale, (lire en ligne)
  17. Elisabeth Liris, La Révolution et la mort, Presses Univ. du Mirail, , 266 p. (ISBN 978-2-85816-134-8, lire en ligne)