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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Leschi.

Didier Leschi est un haut fonctionnaire français né en 1959, spécialiste des questions relatives aux cultes et à la laïcité.

Engagement militantModifier

Lycéen engagé, il manifeste devant les usines Renault après l’assassinat du militant maoïste Pierre Overney, milite contre la guerre du Viêt Nam ou encore contre la révision entreprise par Michel Debré des conditions du sursis militaire en 1973[1]. Il sera un des principaux animateurs des coordinations lycéennes de la fin des années 1970 et directeur de publication du journal Effervescences lycéennes. Exclu de son lycée, il apprend le métier de compositeur-typographe comme apprentis dans l'enseignement technique, et travaille dans l'imprimerie tout en restant animateur de la coordination permanente lycéenne avec Christophe Ramaux.

Après le mouvement lycéen de 1973, Didier Leschi adhère à l'Organisation communiste Révolution !. Cette organisation va, en 1977 fusionner avec une organisation maoïste issue du PSU, l'organisation gauche ouvrière et populaire dirigée par Alain Lipietz, François Gèze, Alain Rist pour fonder l'Organisation communiste des travailleurs. Hostile à ce regroupement, avec quelques militants de l'Organisation communiste des travailleurs, dont Jean-François Jousselin et Michel Taubman, il rejoint la même année les Comités communistes pour l'autogestion (CCA) officiellement créés en mai 1977 après le refus de la LCR de fusionner avec le PSU[2]. En 1982 il fait partie de la minorité des CCA qui adhère à la LCR, mais Didier Leschi n'y reste que peu de temps, ayant rejoint par la suite le courant des proches de Jean-Pierre Chevènement au sein du Parti socialiste, le CERES, en 1985. Il conduit les syndicalistes proches de ce courant à rejoindre l'UNEF-ID en 1987 après le succès du mouvement contre le projet Devaquet en 1986[3]. Il sera président de la commission de contrôle de l'UNEF-ID[4], puis vice-président de 1987 à 1989[5]. En 1988, il est élu au CNESER[6].

CarrièreModifier

Né en 1959[7], titulaire d’une maîtrise de droit privé et de deux DEA en histoire contemporaine et en sciences politiques, Didier Leschi commence sa carrière en tant que chargé de mission, de 1988 à 1991, au cabinet du ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement, puis de 1991 et 1994 aux côtés du député de Côte-d’Or Roland Carraz. Il collabore de nouveau avec Jean-Pierre Chevènement alors qu'il dirige le Mouvement des citoyens en tant que chargé de mission (1995-1997), puis rejoint son cabinet au ministère de l’Intérieur, entre 1997 et 1999[8]. Chargé des questions de jeunesse pour le MDC, il confie en 2017 : « J’ai adhéré à Chevènement plus qu’au PS : pour moi, il était le partisan de l’union de la gauche, l’artisan du programme commun[1]. »

Chef de cabinet, entre 1999 et 2002, du préfet d’Île-de-France Jean-Pierre Duport, il est chargé de mission pour la politique de la ville auprès des préfets de la région Rhône-Alpes entre 2002 et 2004 Michel Besse puis Jean-Pierre Lacroix. Chef du bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur entre juillet 2004 et mai 2008[8], il assiste à l’émergence du futur Conseil français du culte musulman et échange avec l'islamologue Jacques Berque, lui aussi membre du MDC[1]. Didier Leschi a été chef du service de l’accès au droit et à la justice et de la politique de la ville au ministère de la Justice de 2008 à 2013. De 2013 et 2016, il est préfet pour l’égalité des chances auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, puis Philippe Galli[8].

Il est nommé fin décembre 2015 directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII)[8],[9].

Spécialiste reconnu des cultes en France et de la laïcité, il est marqué par l'affaire de Creil en 1989 et continue à s'intéresser à cette thématique à laquelle il consacre deux livres[1]. Dans Misère(s) de l'islam de France[10], il estime que la militante du PIR Houria Bouteldja « revendique son dégoût du métissage, rejoignant par-là l’extrême droite racialiste[11] ». Il ajoute : « ces nouveaux damnés de la terre défendent un projet identitaire qui maintient l’idée de domination et propose de l’inverser et non de la renverser au profit de tous (...) au contraire, dans cette perspective « indigène », ce qui est réhabilité ce sont les identités, qui valorisent les structures d’appartenance où chaque individu doit d’abord prêter allégeance à ce qui l’enferme[12]. »

En janvier 2018, il est nommé pour quatre ans président de l’Institut européen en sciences des religions, centre d’expertise sur les questions religieuses crée en 2002 qui fait partie l’École pratique des hautes études (EPHE). En poste pour une durée de quatre ans, il y succède à Dominique Borne, en poste depuis 2005[8].

Articles connexesModifier

OuvragesModifier

  • La laïcité au quotidien: Guide pratique, éd. Gallimard, col. Folio, 2016, avec Régis Debray
  • Didier Leschi, Misère(s) de l'islam de France, cerf, coll. « Actualité », , 164 p. (ISBN 978-2204117487)
  • Didier Leschi et Robi Morder, Quand les lycéens prenaient la parole : les années 68, Paris, Syllepse, 2018.
  • Rien que notre défaite, Paris, Cerf, 2018.
  • Avec Zeev Sternhell, L'histoire refoulée, La Rocque, les Croix de feu et le fascisme français, le cerf, 2019

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Anne-Bénédicte Hoffner, « Didier Leschi, républicain dans l’âme », la-croix.com, (consulté le 15 janvier 2017)
  2. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 241
  3. « L’engagement et sa mémoire », La Revue des cadres CFDT no 499, (consulté le 16 janvier 2018)
  4. Sylvia Zappi et Abel Mestre, « A l’UNEF, un machisme qui remonte aux années 1980 », lemonde.fr, (consulté le 16 janvier 2018)
  5. « Didier Leschi, préfecture de Seine-Saint-Denis », gazette-sante-social.fr (consulté le 16 janvier 2018)
  6. « Didier Leschi », lesbiographies.com (consulté le 16 janvier 2018)
  7. « Didier Leschi », exemole.fr (consulté le 16 janvier 2018)
  8. a b c d et e Shahinez Benabed, « Didier Leschi prend la présidence du conseil de direction d’un institut européen », acteurspublics.com, (consulté le 15 janvier 2018)
  9. « Décret du 17 décembre 2015 portant nomination du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration - M. LESCHI (Didier) », legifrance.gouv.fr (consulté le 16 janvier 2018)
  10. Leschi, Didier, (1959- ...)., Misère (s) de l'islam de France, Les Editions du Cerf, dl 2017, cop. 2017 (ISBN 220411748X, OCLC 976435276, lire en ligne)
  11. Ariane Bonzon, « Toutes les femmes voilées ne pensent pas la même chose », sur slate.fr,
  12. « Didier Leschi : « La portée réactionnaire du discours de la race écrase le combat social » », lemonde.fr, (consulté le 16 janvier 18)

Liens externesModifier