Des fleurs pour Algernon

livre de Daniel Keyes

Des fleurs pour Algernon
Auteur Daniel Keyes
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Science-fiction
Version originale
Langue Anglais américain
Titre Flowers for Algernon
Éditeur Harcourt Trade Publishers
Date de parution
ISBN 0-15-131510-8
Version française
Traducteur Georges H. Gallet
Éditeur J'ai lu
Collection Science-fiction no 427
Lieu de parution Paris
Date de parution 1972
Type de média Broché
Couverture Sofk Éditions J'ai lu

Des fleurs pour Algernon (titre original : Flowers for Algernon) est un roman de science-fiction de Daniel Keyes, publié en 1966. Il a obtenu le prix Nebula du meilleur roman la même année.

Historique de la publicationModifier

Le roman est publié en 1966. Auparavant, Daniel Keyes avait écrit une nouvelle du même titre, publiée en dans The Magazine of Fantasy & Science Fiction no 95 et qui remporta le prix Hugo de la meilleure nouvelle courte en 1960. Cette nouvelle a été traduite en français et reprise dans le recueil Histoires de surhommes, publié en 1984.

RésuméModifier

Charlie Gordon, un homme âgé de 32 ans[note 1] souffrant de retard mental, gagne sa vie comme apprenti dans une boulangerie. Son oncle a pris des dispositions pour qu'il occupe un poste de boulanger afin de ne pas avoir à vivre dans un établissement spécialisé. Parallèlement, il suit des cours de lecture et d'écriture à l'université Beekman (Beekman College Center for Retarded Adults) dans la classe de Miss Alice Kinnian. Malgré son retard mental, Charlie est l'un des rares élèves de Miss Kinnian à faire de réels efforts pour progresser, même si ses progrès restent modestes. À son travail à la boulangerie, Charlie est souvent, sans s'en rendre compte, l'objet des railleries de certains de ses collègues de travail.

Un jour, le Dr Strauss et le Pr Nemur, deux chercheurs de l'institut Beekman, lui proposent de subir une opération au cerveau visant à améliorer ses facultés mentales. Cette intervention ayant entraîné des progrès spectaculaires chez une souris de laboratoire nommée Algernon, les deux scientifiques sont maintenant prêts à tenter l'expérience sur un être humain. La recommandation de Miss Kinnian et la motivation de Charlie à vouloir s'améliorer malgré son handicap convainquent les deux scientifiques de le préférer à des élèves plus intelligents que lui : Charlie est opéré.

Après l'opération, Charlie, qui est suivi psychologiquement par les deux chercheurs, doit rédiger à cet effet son journal intime sous forme de comptes rendus. Il doit aussi régulièrement effectuer des tests pour évaluer ses facultés mentales (notamment un test de Rorschach), son ancien professeur, Miss Kinnian, l'accompagnant dans son évolution.

Progressant intellectuellement de manière très rapide, Charlie accumule les connaissances et maîtrise plusieurs langues, mais a toujours beaucoup de mal à lier des relations normales avec les autres, se disputant avec Nemur et Strauss et rompant avec Miss Kinnian avec qui il avait entamé une histoire d'amour. Ses collègues à la boulangerie, qui s’amusaient à ses dépens, le craignent maintenant et lui reprochent son intelligence accrue ; ils persuadent leur patron de le renvoyer.

La source du problème de Charlie est une maturité affective insuffisante qui n'a pas suivi l'essor de sa nouvelle intelligence. Charlie est aussi obsédé par la compréhension de sa vie antérieure, celle du Charlie Gordon attardé mental. Cela le conduira à revivre en pleine conscience les scènes les plus traumatisantes de son enfance, notamment les souvenirs de sa mère qui n'a jamais accepté son handicap, ses relations avec son père et sa sœur et aussi certaines scènes où des personnes profitaient de son retard.

Mais un jour, la souris Algernon donne des signes inquiétants de dégénérescence cérébrale. Elle finit par mourir. Charlie, qui vit reclus dans un appartement avec la souris, sait fort bien que son sort est lié à celui d'Algernon et comprend qu'il va lui aussi régresser aussi vite que son développement intellectuel a été rapide. Il s'empresse alors de reprendre les travaux scientifiques de Nemur et Strauss afin de trouver les failles expliquant l'origine de cette dégénérescence. Il réussit et rédige un rapport érudit en ce sens.

Peu de temps après, Charlie sombre lentement, mais inexorablement, dans l'instabilité mentale de ses débuts. Malgré sa régression, il se souvient d'avoir été un génie. Incapable de supporter l’idée d’être pris en pitié par ses amis et collègues, il finit par se résoudre à aller vivre à l'asile Warren, qu'il redoutait tant depuis son enfance, laissant « l'autre » Charlie reprendre possession de son corps. Dans un dernier post-scriptum, il demande à ce que quelqu'un mette des fleurs sur la tombe d'Algernon, enterré dans l'arrière-cour de son ancienne résidence.

StyleModifier

Le roman et la nouvelle sont tous deux écrits dans un style épistolaire, rassemblant les « rapports d'étape » (les comptes-rendus) personnels de Charlie quelques jours avant l'opération jusqu'à sa régression finale.

Initialement, les comptes-rendus sont remplis d’erreurs d’orthographe et de phrases construites maladroitement[1]. À la suite de l’opération, toutefois, les rapports de Charlie commencent à montrer des améliorations notables en orthographe, grammaire, ponctuation et diction, indiquant l'augmentation de son intelligence[2],[3]. Vers la fin du roman, la régression mentale de Charlie est montrée (en) par la perte de ces compétences[2].

CritiqueModifier

Dans son Histoire de la science-fiction moderne, Jacques Sadoul déclare à propos de ce roman :

« C'est là une œuvre d'une poignante beauté, un récit humain et désespéré[4]. »

Un classique de la science-fictionModifier

Ce roman est considéré comme un grand classique de la science-fiction dans les ouvrages de références suivants :

AdaptationsModifier

CinémaModifier

  • Charly (1968), film de Ralph Nelson.
  • Shirley ou le protocole Algernon (2017), court-métrage français réalisé dans le cadre d'un projet de l'éducation nationale. Cette adaptation replace l'œuvre de Keyes dans le cadre scolaire, en y associant des thématiques de droit à la différence et de maltraitance infantile[5].

TélévisionModifier

ThéâtreModifier

RadioModifier

  • Des fleurs pour Algernon, Lecture par Michel Vitold d'une adaptation de la nouvelle, radiodiffusée en France[Où ?] le . Vitold réussit, par la modification progressive puis régressive de sa voix et de sa diction, à dépeindre l'évolution mentale de Charlie Gordon.

DanseModifier

Livre audioModifier

La nouvelle est disponible en livre audio aux éditions Audiolib, lue par Grégory Gadebois.

Dans la culture et la fictionModifier

LittératureModifier

  • Le roman Théa pour l'éternité (2012) de Florence Hinckel s'inspire explicitement du roman de Keyes : une expérience scientifique, la forme du journal intime, les souris (dont une est prénommée Algernon), l'importance de l'amitié.

CinémaModifier

  • Bien qu'officiellement inspiré d'une nouvelle de Stephen King, l'intrigue du film Le Cobaye (1992) de Brett Leonard présente de nombreuses similitudes avec Des fleurs pour Algernon. Dans ce film, Jobe, le personnage principal, également arriéré mental, verra ses facultés mentales décuplées grâce à la modélisation informatique de son esprit.

TélévisionModifier

  • Plusieurs épisodes de la série Les Simpson sont explicitement inspirés de ce récit. L'un d'eux est « Le Cerveau » (« HOMR »), dans lequel Homer Simpson tient le rôle de Charlie. Le titre original de cet épisode se réfère d'ailleurs au logo américain du film Charly. Un épisode antérieur place également Lisa Simpson dans une situation analogue, lui faisant rédiger notamment le journal intime de sa dégénérescence intellectuelle.
  • Une référence est également faite dans la série animée Ghost in the Shell: Stand Alone Complex (saison 1 : « The Laughing man », épisode 15), avec les Tachikoma.
  • Dans la série Brooklyn Nine-Nine (saison 1, épisode 2), Algernon est une souris qui habite dans les tiroirs de Jake Peralta.
  • Dans la série Person of Interest (saison 2, épisode 2), l'amie d'enfance de Root emprunte le roman à la bibliothèque avant de disparaître. Root envoie par la suite le roman chaque année, le jour anniversaire de la disparition de son ami, à la bibliothécaire pour lui rappeler ce qu'elle n'a pas fait.

Jeu vidéoModifier

  • Un personnage du nom d'Algernon apparaît dans le jeu vidéo Fallout 2. Arriéré mental, il peut prodiguer gratuitement au joueur l'amélioration de certaines armes.

MusiqueModifier

  • L'artiste de hip-hop Cise Starr fait une référence à ce livre dans les paroles du morceau Feather de Nujabes, sur l'album Modal Soul.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Flowers for Algernon » (voir la liste des auteurs).
  1. Dans la nouvelle publiée en 1959, il est âgé de 37 ans.

RéférencesModifier

  1. Bujalski 2002, p. 21
  2. a et b Bujalski 2002, p. 15
  3. Cheryl Hill, « A History of Daniel Keyes’ Flowers for Algernon » [archive du ] [PDF],
  4. Jacques Sadoul, Histoire de la science-fiction moderne (1911-1984), Robert Laffont, coll. « Ailleurs et Demain », , 231 p.
  5. Shirley ou le protocole Algernon sur YouTube
  6. Ce film est visible en v.o. (au 16/07/20) sur la chaîne UCLAFilmTVArchive du site YouTube (durée 59'39").
  7. (en) « Flowers For Algernon », sur dogaru.fr (consulté le ).
  8. Jean Talabot, Nathalie Simon, Étienne Sorin et Marin de Viry, « Angels in America, Hamlet, Des fleurs pour Algernon... Les spectacles de la semaine », Le Figaro.fr, 24 janvier 2020.
  9. voir en ligne
  10. « Agenda / Holeulone », La Terrasse (consulté le ).
  11. Miklos, « Rage, rage against the dying of the light », (consulté le ).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier