Traversée de Paris des condamnés à mort sous la Révolution française

La Traversée de Paris des condamnés à mort sous la Révolution française, est le parcours parisien en charrette des condamnés par le tribunal révolutionnaire, partant de la Cour du Mai (dans l'enceinte du palais de justice de Paris) jusqu'à la place du Trône-Renversé (actuelle place de la Nation) où ils étaient exécutés par la guillotine.

Le départ et la traversée de Paris par les condamnésModifier

Les charrettes sont stationnées dans la Cour de Mai, au pied du Palais de Justice. Les condamnés sortent à l'appel de leur nom, et montent ou sont hissés dans les voitures.

La traversée de Paris, commence par le pont au Change, le quai de Gesvres, la place de Grève (aujourd'hui place de l'Hôtel-de-Ville) et la rue Saint-Antoine. Il faut environ une heure et demie au cortège, précédé d'un détachement de gendarmes, et suivi d'une escorte, pour parvenir jusqu'à la barrière du Trône.

Il passe devant l'église Saint-Paul, les charrettes parviennent à la porte Saint-Antoine et débouchent sur la place du Trône. À la droite s'élève la guillotine. Les condamnés descendent des charrettes, les gendarmes font écran devant la foule.

L'exécutionModifier

Le bourreau, effectue son travail, assisté par deux aides. À l'appel de son nom, chaque victime est hissée sur la plate-forme, puis étendue sur une planche. Quand la planche bascule, la lunette se ferme et le couperet tombe. Les corps et les têtes sont jetés dans un tombereau, immense voiture assez basse doublée de plomb et peinte en rouge pour éviter qu'on ne distingue trop clairement le sang.

Le dernier voyageModifier

 
La porte charretière par laquelle les tombereaux entraient dans le cimetière de Picpus

La nuit, la voiture longe l'avenue Saint-Mandé, puis rejoint la porte charretière du cimetière de Picpus. La porte est verrouillée derrière le passage du tombereau.

Commence alors la récupération des vêtements des victimes. Les cadavres sont déshabillés, et on jette les corps dans les fosses communes. Les scribes de la République font l'inventaire des habits récupérés au profit de la Nation. En effet, dans un premier temps, ceux-ci servaient de pourboire aux exécuteurs mais, le nombre des condamnés augmentant de jour en jour, il est décidé que les hospices seront désormais les destinataires des effets des victimes. Seuls les accessoires : souliers, bas, fichus, sont maintenus pour les exécuteurs. Mais le nombre augmentant toujours, ceux-ci leur seront bientôt également supprimés.

 
Les restes de la porte de la chapelle qui tenait lieu de bureau

Les scribes se plaignent d'ailleurs de ne pouvoir remplir leur office dans des conditions satisfaisantes. Ils adressent des réclamations pour que soient remis des carreaux à la chapelle qui leur sert de bureau, car le vent éteint les chandelles et quand il pleut, on pourrait oublier de transcrire le nombre exact de redingotes, « ce qui serait une perte pour la Nation de plus de 100 livres par habit… »

SourcesModifier

  • Les victimes de Picpus 1794-1994, livre provenant du Cimetière de Picpus et édité à l'occasion du bicentenaire de la Révolution française[source insuffisante].

Liens internesModifier