Denis Kambouchner

philosophe français

Denis Kambouchner, né le à Paris est un philosophe et historien de la philosophie français, spécialiste de Descartes. Le patronyme Kambouchner est d'origine bessarabe.

Denis Kambouchner
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Denis Kamboutchner en novembre 2019
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Société française de philosophie
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Carrière universitaireModifier

Après une brillante scolarité (reçu 1er à l'École normale supérieure en 1974, puis à l'agrégation de philosophie en 1976), il a enseigné dans les universités de Besançon, Clermont-Ferrand et Paris-Nanterre, ainsi qu'à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm.

En rédigeant une thèse d'État en 1990 (sous la direction de Geneviève Brykman), puis en publiant L’Homme des Passions (en 1995), Denis Kambouchner a contribué à accorder une nouvelle importance au traité de Descartes, les Passions de l’Âme (1649), qui était jusqu’à ses travaux relativement ignoré par la littérature secondaire. L’Homme des Passions porte la trace de l’enseignement de Derrida reçu à l'École normale supérieure, à la fois par l’attention soutenue portée au texte de Descartes, et par l’interrogation constante sur ses difficultés intrinsèques et ses apories. Cet ouvrage a participé à remettre en cause l'image d'un Descartes simplement dualiste, et a attiré l'attention des commentateurs sur l'importance de la théorie de l'union de l'âme et du corps. Il a notamment critiqué la lecture par Damasio de la philosophie de Descartes sur ces questions.

Historien de la philosophie très documenté, Denis Kambouchner est à l'origine d'une réflexion particulièrement riche sur Descartes. Il s'inscrit dans la lignée des commentateurs pour lesquels la fréquentation assidue des textes classiques forme un objet d'étude inépuisable. Il occupe, au sein de la philosophie française contemporaine, une place de premier plan, et préside depuis 2019 la Société française de philosophie. À ce titre, il est directeur de publication de la Revue de métaphysique et de morale.

Auteur d’ouvrages techniques reconnus dans le monde universitaire sur la philosophie morale ou la métaphysique de Descartes, il a également écrit en 2015 un ouvrage adapté à un public plus large, Descartes n’a pas dit […], et est intervenu à l'occasion dans des journaux pour rectifier certains préjugés sur le philosophe français[1]. Il a également publié des travaux en philosophie de l’éducation et de la culture.

Il dirige actuellement l'édition des œuvres complètes de Descartes chez Gallimard, à paraître dans la collection « La Pléiade ».

Il est, de 2008 à 2011, président du jury des concours externe et interne de l'agrégation de philosophie. Il est actuellement professeur émérite de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Interventions politiquesModifier

Il s'est illustré dans le débat public par des interventions concernant les politiques éducatives. En août 2000, il publie un traité de réfutation des positions pédagogiques de Philippe Meirieu, sous le titre polémique Une école contre l'autre [2]. Il affirme l'urgence d'ouvrir à nouveau la réflexion philosophique sur l'école : « Exception faite de quelques travaux courageux, il faut bien faire état d'une sorte d'assèchement, dont témoignent aussi bien l'inexistence presque absolue de la philosophie de l'éducation comme spécialité universitaire que le faible intérêt marqué dans l'Université et autour d'elle pour la définition des tâches, contenus et structures d'un nouvel enseignement de masse. »[3]

Hostile aux réformes proposées par Lionel Jospin, il prône le retour à une éducation plus classique. Lorsque Luc Ferry et Jack Lang publient une tribune contre Xavier Darcos et les nouveaux programmes scolaires[4], il prend la plume pour apporter son soutien dans Le Monde à la politique du Ministre de l'Éducation nationale[5]. Il écrit à cette occasion : « Au principe « enseigner moins pour enseigner mieux », il s'agit donc de préférer cet autre : « enseigner mieux en enseignant plus » - « plus ne voulant pas dire ici plus longtemps, mais en transmettant davantage, à commencer par les bases. Un tel principe est-il réactionnaire ? Nullement. Sera-t-il aisément reçu ? C'est autre chose ». »

Son dernier ouvrage, Quelque chose dans la tête, s'adresse à la fois aux adultes et aux adolescents. Il insiste sur la nécessité d'une culture large de toutes les « choses les plus belles » chez les enfants, tout en montrant la nécessité de prendre « une certaine liberté à l’égard des produits culturels de masse et des systèmes de captation de l’attention »[6].

BibliographieModifier

  • L’Homme des passions, ouvrage issu de sa thèse d'état, Albin Michel, 2 vol., 1995.
  • Une école contre l'autre, PUF, 2000 (télécharger l'avant-propos)
  • Le Vocabulaire de Descartes, avec Frédéric de Buzon, Ellipses, 2002
  • Les Méditations métaphysiques de Descartes I, PUF, 2005
  • Descartes et la Philosophie morale, Hermann, 2008
  • L’École, question philosophique, Fayard, 2013
  • Descartes n’a pas dit, Belles lettres, 2015, [présentation par l'auteur ; vidéo de 6:05 min.]

L'auteur a participé à l'organisation de travaux collectifs :

  • Notions de philosophie, Folio-Gallimard, 1995, 3 vol., dont il a dirigé l'édition et où il a signé l'article sur la culture
  • avec François Jacquet-Francillon, il a organisé le colloque La crise de la culture scolaire : origines, interprétations, perspectives (actes parus aux PUF, 2005)
  • Les Passions de l’âme à l'âge classique, dir. Pierre-François Moreau, PUF, 2006
  • Il a été le responsable du numéro de la Revue de Métaphysique et de Morale : « Penser l'éducation aujourd'hui », automne 2007.
  • Derrida. La Déconstruction., dir. Charles Ramond, PUF, 2008.
  • René Descartes. Œuvres complètes, Gallimard, coll. Tel, 2009-....

Ouvrages pour la jeunesse :

Denis Kambouchner en débat avec Philippe Meirieu, dans la Revue française de pédagogie, n° 137, 2002, ("La pédagogie et les savoirs" en ligne)

Notes et référencesModifier

  1. « Denis Kambouchner : « Il n’y a pas de philosophie plus solide que celle de Descartes » », sur L'Humanité, (consulté le 3 mars 2020)
  2. Aux Presses Universitaires de France, collection « Questions actuelles ».
  3. Ibidem, p. 7.
  4. Le nouvel observateur du jeudi 13 mars 2008.
  5. « École, révision indispensable », Le Monde, 9 avril 2008, [lire en ligne]
  6. Nicolas Celnik, « Denis Kambouchner : «Que serait une culture sans la connaissance de ce qui est génial ?» », sur Libération.fr, (consulté le 3 mars 2020)

Liens externesModifier