Deicide

groupe de musique américain
Deicide
Description de cette image, également commentée ci-après
Deicide au Metaltown Festival en juin 2011.
Informations générales
Autre nom Amon, Carnage
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre musical Death metal, brutal death metal
Années actives Depuis 1987
Labels Roadrunner Records (1989–2003), Earache Records (2003–2011), Century Media Records (depuis 2011)
Site officiel www.deicide.com
Composition du groupe
Membres Glen Benton
Steve Asheim
Kevin Quirion
Mark English
Anciens membres Brian Hoffman
Eric Hoffman
Ralph Santolla †
Jack Owen

Deicide est un groupe de death metal américain, originaire de Tampa, en Floride. D'abord appelé Amon, le groupe s'est formé en Floride en 1987. Il compose deux demos, Feasting the Beast en 1987 puis Sacrificial en 1989. Peu de temps plus tard, le groupe choisit son nom définitif et sort son premier album éponyme. Le bassiste et chanteur Glen Benton se fait marquer au fer rouge une croix inversée sur le front. Deicide a vendu environ 400 000 exemplaires de son album Legion, ce qui est un record dans le death metal. Deicide se proclame sataniste et le thème de toutes leur chansons est opposé au christianisme. Ils sont interdits de jouer à de nombreux endroits comme d'autres groupes du même style.

Dans les années 1990, alors que Deicide se produit à Stockholm dans le cadre d'une tournée en compagnie des néerlandais de Gorefest, une bombe explose à proximité de la salle où joue le groupe. Si certains indices accréditent la thèse d'une opération menée par des organisations similaires à l'ALF en guise de représailles contre le groupe dont les paroles prônent les sacrifices d'animaux, Glen Benton de son côté impute l'attentat à des fans extrémistes de black metal, des groupes d'activistes en « guerre ouverte » contre les groupes de death metal américains comme Cannibal Corpse et Deicide, jugés comme étant une dérive musicale commerciale et parodique de la philosophie sataniste[réf. nécessaire].

BiographieModifier

Débuts sous Amon/Carnage (1987–1989)Modifier

 
Le bassiste et chanteur Glen Benton, un des deux membres consistants de Deicide.

Deicide est formé le à Tampa, en Floride, lorsque Glen Benton reçoit un coup de téléphone du guitariste Brian Hoffman répondant à une annonce qu'il a fait paraître dans un magazine local. Hoffman, son frère et le batteur Steve Asheim, sont d'anciens membres d'un groupe appelé Carnage, qui était en manque de bassiste et de chanteur[1]. Carnage reprenait des chansons de Slayer, Exodus, Celtic Frost et Dark Angel[2].

Le nouveau groupe, appelé Amon, se compose de Benton (basse et chant), Hoffman, son frère Eric (guitare) et Steve Asheim (batterie)[3]. En un mois, ils enregistrent la démo huit titres Feasting the Beast dans le garage de Benton et joue de temps à autre dans la banlieue de Tampa[3]. En 1989, Amon enregistre sa deuxième démo, Sacrificial, aux studios Morrisound Recording, avec le producteur Scott Burns. Le guitariste Phil Fasciana, du groupe Malevolent Creation, se rappelle d'un des premiers concerts effectués par Carnage : « C'était du Slayer mais en mille fois plus intense [...] À Carnage, ils s'étaient pris un mannequin qu'ils avaient rempli de sang et de tripes venant de chez le boucher... puis ils l'ont balancés par terre. Morbid Angel lâchait des pitbulls qui déchiquetaient tout ça. C'était vraiment chelou, mec. Il y avait de la barbaque partout[4]. »

Sous Deicide (1989–2004)Modifier

 
Steve Asheim de Deicide.

Benton se serait présenté chez l'A&R du label Roadrunner Records, Monte Connors, pour lui présenter une démo en disant « Signe-nous, sale enflure ! » Le lendemain, ils signent un contrat au label[5]. En 1989, le groupe change son nom pour Deicide sous la demande de Roadrunner Records. Deicide publie ensuite son premier album éponyme, produit par Scott Burns aux Morrisound, en 1990. Leur premier album comprend des versions réédités de leurs chansons sur Sacrificial.

Eric et Brian attribueront au groupe un style musical rapide et la structure définitive définie par leurs morceaux et solos de guitares techniques. Cette formation reste intacte jusqu'au , à la veille d'un conflit entre Glen Benton et les frères Hoffman concernant les royalties[6]. Les frères Hoffman reformeront Amon.

Période post-frères Hoffman (depuis 2004)Modifier

 
Jack Owen, guitariste du groupe entre 2004 et 2016.

Peu après, le rôle de guitariste est confié à Jack Owen (ex-Cannibal Corpse) et Dave Suzuki (Vital Remains). Après une tournée, Suzuki est remplacé par Ralph Santolla, ancien membre de Death, Iced Earth et Sebastian Bach. Santolla explique être catholique, ce qui a été mal reçu par certains fans de metal. Malgré cela, le huitième album de Deicide, The Stench of Redemption, est bien accueilli par la presse spécialisée[7],[8],[9],[10].

En janvier 2007, Benton quitte la tournée européenne pour revenir aux États-Unis, à cause de problèmes judiciaires. Asheim annonce l'arrivée de Seth van Loo, du groupe d'ouverture Severe Torture, et de Garbaty « Yaha », du groupe de death metal polonais Dissenter, comme remplaçants de Glen Benton à compter du 9 janvier aux Pays-Bas, jusqu'au retour de Benton. Benton rejoint le groupe à Paris, le 13 janvier[11],[12]. Le 24 mai 2007, le départ de Ralph Santolla est annoncé[13]. Il rejoindra Obituary et participera à l'album Xecutioner's Return et à sa tournée qui suit. Le 20 juillet 2007, le guitariste Jack Owen annonce la pause de Deicide ; il annonce aussi son arrivée au sein du groupe death/thrash Estuary pour leurs tournées[14]. Le groupe joue une tournée dans les Balkans nommée Balkans AssassiNation Tour en octobre 2007 avec Krisiun, Incantation et Inactive Messiah.

En novembre 2007, Deicide commence à travailler sur son neuvième album aux studios Morrisound Recording. Intitulé Till Death Do Us Part, la suite de The Stench of Redemption (2006) promet d'être l'« album de Deicide le plus sauvage et agressif », selon la presse spécialisée. Le batteur Steve Asheim enregistre les morceaux de batterie et Benton commence à mixer les morceaux vocaux en décembre[15]. En avril 2008, deux chansons issues de l'album sont postées[16]. Il est finalement publié le 28 avril 2008. À cette période, Benton hésite à se retirer de la musique[17].

En juin 2010, Glen Benton révèle le titre du prochain album de Deicide, To Hell With God[18]. Il est produit par Mark Lewis aux Audiohammer Studios de Sanford, en Floride, et publié le 15 février 2011. Deicide publie son onzième album, In the Minds of Evil, le 26 novembre 2013[19]. Le 9 octobre 2014, The Village Voice rapporte un nouvel album de Deicide prévu pour 2017[20]. En novembre 2016, Jack Owen quitte le groupe et est remplacé par Mark English.

ControversesModifier

Les albums et les paroles de Deicide ont suscité une grande controverse, notamment en raison de leur thématique anti-chrétienne, comme dans les titres "Death to Jesus", "Fuck Your God", "Kill the Christian", "Behead the Prophet" et "Scars of the Crucifix", entre autres. Le batteur Asheim a déclaré : "Le but de la musique satanique est de blasphémer contre l'Église", "Je ne crois pas au diable ni ne l'adore. La vie est assez courte sans qu'il faille la gaspiller à faire tout ce truc organisé de prier, d'espérer, de souhaiter un être supérieur"[21].

La controverse a surtout entouré le frontman Benton pour une série d'interviews percutantes et de déclarations. Benton a tracé une croix inversée sur son front à au moins 12 occasions différentes. Au cours d'une interview avec le magazine NME, il a abattu un écureuil avec un fusil à plomb pour éviter d'endommager davantage son système électrique dans le grenier où se tenait l'interview. Cet acte a attiré l'attention négative des critiques et de certains défenseurs des droits des animaux. Benton avait professé des croyances dans le satanisme théiste pendant les premières années de Deicide, prétendait abattre des rongeurs pour le plaisir, et affirmait qu'il croyait en la possession démoniaque et qu'il était possédé. Ces déclarations avaient finalement été considérées comme du sensationnalisme par les membres du groupe questionnés à ce propos[22]. En outre, Benton a affirmé au début des années 1990 qu'il se suiciderait à l'âge de 33 ans pour avoir la même durée de vie que Jésus-Christ. Cependant, il a dépassé cet âge en 2000 et ne s'est pas suicidé, répliquant en 2006 que ces déclarations avaient été des "remarques stupides" et que "seuls les lâches et les perdants" choisissent de se suicider[22].

Deicide s'est vu interdire de jouer dans plusieurs lieux (comme à Valparaiso, au Chili, à cause d'une affiche promotionnelle représentant Jésus-Christ avec un trou de balle dans le front[23]) et dans divers festivals comme le Hellfest, après que plusieurs tombes aient été peintes à la bombe avec "When Satan Rules His World", une référence à une chanson de l'album Once Upon the Cross de Deicide en 1995. En outre, leur clip vidéo pour " Hommage for Satan ", qui met en scène des zombies éclaboussés de sang, et capturant un prêtre, a été interdit sur la chaîne de télévision musicale britannique Scuzz.

En 1992, Deicide est en tournée en Europe avec le groupe allemand Atrocity et Gorefest, un groupe néerlandais de death metal. À Stockholm, lors du concert de Gorefest, une bombe fut découverte sur scène[24] et explosa dans le club où ils jouaient. La bombe était située à l'arrière de la scène, derrière une lourde porte ignifugée. L'explosion était assez importante pour déformer la porte et la faire sauter de ses charnières. Deicide a réussi à jouer trois chansons avant que la police ne décide d'arrêter le concert et d'évacuer le club. Dans un premier temps, Benton attribue cette attaque à la scène black metal norvégienne, où la forme de death metal de Deicide est méprisée. De nombreuses personnes ont rejeté la faute sur les militants des droits des animaux qui étaient furieux des paroles de Deicide sur le thème du sacrifice des animaux[25].

MédiasModifier

Dans le jeu de rôles humoristique et parodique INS/MV, il est précisé que le Prince-Démon Furfur a gagné son titre grâce au groupe Deicide. Son pouvoir démoniaque est d'ailleurs de provoquer le suicide, comme on en a accusé à tort les jeux de rôles et ce genre musical. Il est évident qu'il s'agit d'un clin d'œil/provocation délibérée de l'auteur Croc, lui-même fan de heavy metal et spécialiste de l'humour noir.

MembresModifier

Membres actuelsModifier

  • Glen Benton – chant, basse (depuis 1987)
  • Steve Asheim – batterie (depuis 1987), guitare (2007-2008)
  • Kevin Quirion – guitare (2008–2009, 2009–2010, depuis 2011)
  • Mark English – guitare (depuis 2016)

Anciens membresModifier

  • Brian Hoffman – guitare (1987–2004)
  • Eric Hoffman – guitare (1987–2004)
  • Ralph Santolla – guitare (2005–2007, 2008–2009, 2010–2011)
  • Jack Owen – guitare (2004–2016)

Membres liveModifier

  • Dave Suzuki – guitare (2004)
  • Seth Van Loo – chant (2007)
  • Dariusz « Garbaty Yaha » Kułpiński – chant, basse (2007)

ChronologieModifier

DiscographieModifier

Albums studioModifier

CompilationsModifier

Live albumsModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) « DEICIDE Interview with Eric Hoffman » (version du 16 janvier 2009 sur l'Internet Archive), Bushmado.com.
  2. (en) « Interview with Steve Asheim », sickdrummermagazine.com, (consulté le 21 août 2014).
  3. a et b (en) Mudrian, Albert (2004). Choosing Death: The Improbable History of Death Metal and Grindcore. Feral House. (ISBN 1-932595-04-X). pages 90-91.
  4. (en) Behind the Crooked Cross. Decibel : pages 72-78.
  5. (en) Mudrian, Albert (2004). Choosing Death: The Improbable History of Death Metal and Grindcore. Feral House. (ISBN 1-932595-04-X). page 162.
  6. (en) Frank Rini, « Interview with Amon guitarist, Eric Hoffman », All About the Rock, (consulté le 13 mars 2014).
  7. (en) Bowar, Chad. "Deicide - The Stench Of Redemption Review". About.com. With this new lineup Deicide sounds better than they have in years.
  8. (en) Prato, Greg. "The Stench of Redemption - Deicide". AllMusic : Despite the lineup juggle, Deicide's trademark extreme metal sound has remained intact, as evidenced throughout The Stench of Redemption.
  9. (en) Alisoglu, Scott. "DEICIDE - The Stench of Redemption (Earache)", Blabbermouth.net : The Stench of Redemption' is sure to become a U.S. death metal favorite among both fans and critics."
  10. (en) Herzebeth. "Deicide - The Stench Of Redemption review". Metal Storm : The Stench of Redemption is one of the most intense experiences in modern metal [and] a masterpiece and it will surely become a classic record in the future.
  11. (en) Deicide soldier on without Glen. Metal Hammer. 2007.
  12. (en) Deicide Frontman To Rejoin Tour, Encore. 2007.
  13. (en) « DEICIDE Parts Ways With Guitarist RALPH SANTOLLA », Blabbermouth.net, (consulté le 3 décembre 2016).
  14. (en) « DEICIDE Guitarist JACK OWEN To Tour With ESTUARY », Blabbermouth.net, (consulté le 3 décembre 2016).
  15. (en) « DEICIDE's GLEN BENTON Recording Vocals For 'Till Death Do Us Part' », Blabbermouth.net, (consulté le 3 décembre 2016).
  16. (en) « DEICIDE: Another New Song Posted Online », Blabbermouth.net, (consulté le 3 décembre 2016).
  17. « I Was Worried, I Might Rip My Fucking Ass » (sur l'Internet Archive), sur Metal Sucks, .
  18. (en) K Panagiotis, « Deicide (Glen Benton) interview », MetalPaths, (consulté le 7 juin 2010).
  19. (en) « DEICIDE: 'In The Minds Of Evil'Release Date Announced », Blabbermouth.net, (consulté le 3 septembre 2013).
  20. (en) Katherine Turman, « Proudly Satanic Deicide's Secret to Success? "Surrounding Yourself With Positive People" », blogs.villagevoice.com, (consulté le 4 novembre 2014).
  21. (en) Owen Thomson, « Deicide », sur The Sydney Morning Herald, (consulté le 5 mars 2020)
  22. a et b « BLABBERMOUTH.NET - DEICIDE Frontman On JON NÖDVEIDT's Suicide: 'Only Cowards And Losers Choose That Option' » (version du 3 mars 2008 sur l'Internet Archive), sur www.roadrunnerrecords.com,
  23. « Metal Hammer - News Article » (version du 27 septembre 2007 sur l'Internet Archive), sur www.metalhammer.co.uk,
  24. « Deicide | Music Artist | Videos, News, Photos & Ringtones | MTV » (version du 24 avril 2008 sur l'Internet Archive), sur www.mtv.com,
  25. Ekeroth, Daniel, 1973-, Swedish death metal, Tamara Press, (ISBN 91-974334-2-X et 978-91-974334-2-6, OCLC 185486610, lire en ligne)

Liens externesModifier