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Daniel Goossens

dessinateur et scénariste de bandes dessinées
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Daniel Goossens
Daniel Goossens - Utopiales 2014 - P960443.jpg
Daniel Goossens aux Utopiales 2014 à Nantes.
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Daniel Goossens, né le à Salon-de-Provence, est un auteur de bandes dessinées français. Pilier du magazine Fluide glacial depuis 1977, il est reconnu pour l'humour absurde, cérébral et froid de ses histoires. Célébré par la critique et par ses pairs, il a obtenu le grand prix de la ville d'Angoulême en 1997. Son succès public est plus limité.

Daniel Goossens est également chercheur en intelligence artificielle.

BiographieModifier

Daniel Goossens commence sa carrière dans la revue Pionniers. Après un court passage dans Pilote, il entame en 1977 une collaboration avec le mensuel Fluide glacial pour lequel il crée ses œuvres les plus originales, bien qu'il participe épisodiquement à d'autres revues ((À suivre), Le Petit Psikopat illustré, Rigolo, PLG) et divers collectifs.

Il reçoit le grand prix de la ville d'Angoulême en 1997[1].

Parallèlement à la bande dessinée, Daniel Goossens a pour autre domaine professionnel la recherche en intelligence artificielle[2]. Après le baccalauréat, il s'était inscrit à ce qui était alors l'université expérimentale de Vincennes[3] pour y suivre des cours de bande dessinée (Moebius puis Mézières y ont enseigné), et c'est à cette occasion qu'il a découvert l'existence de l'IA[4]. Il poursuit à Paris VIII une carrière d'enseignant-chercheur (au sein du Laboratoire d'Informatique avancée de Saint-Denis[5]), publiant ses travaux notamment dans la revue Technique et Science informatiques[3].

HumourModifier

L'humour des œuvres de Daniel Goossens ne fait pas consensus, c'est un humour singulier, où les situations les plus absurdes sont traitées sur un ton sérieux, dans la lignée des Monty Pythons, qu'il reconnaît comme une de ses références, ou de Pierre Desproges. Mais l'auteur est également un héritier de Marcel Gotlib, même si le ton de Goossens est sciemment plus froid. En outre, cet humour fait régulièrement appel à des références culturelles (cinématographiques, littéraires, artistiques, philosophiques, religieuses...), mélangées de manière absurde et grotesque. Il joue sur la confusion entre propre et figuré, synonymes, époques et lieux, symbolique et pragmatique, fiction et réel, enfance et âge adulte, religion et politique, etc. d'où des dialogues basés sur le sabotage du langage, de la communication, des émotions et des clichés, à la manière de Gustave Flaubert ou d'Eugène Ionesco.

Bien que Goossens ne pratique pas directement la parodie, une certaine culture générale, et notamment une connaissance de registres de fiction (films de guerre, etc.), est donc souvent nécessaire à la perception de toutes ses subtilités humoristiques. Ses détournements de la culture dite « noble » tiennent plus du pastiche que de la parodie car il ne se moque pas de ses références puisées dans la littérature, la religion, les sciences ou le vieux cinéma, mais s'amuse à les placer dans un contexte bête et vulgaire : cour de maternelle, scènes de ménage, débats-télé, publicité, roman de gare, pornographie, campagne électorale, etc. ou, pour reprendre ses dires, « dans un contexte où c'est inopérant »[6]. Ailleurs il précise qu'il n'arrive pas à pasticher la culture contemporaine : « Comment dévaloriser ce qui n'a pas de valeur ? »[7][réf. non conforme].

Style graphiqueModifier

Son style se situe dans la lignée du "comico-réaliste", héritée du Mad Magazine, qui consiste à emprunter à la fois des éléments au style "gros nez" et au style réaliste. Contrairement à Gotlib, Goossens ne pratique pas la déformation "cartoon", dessine au contraire des personnages raides et inexpressifs, et le graphisme est très académique: parfaite maîtrise de l'anatomie, de la perspective, de la lumière, des couleurs, du lavis/aquarelle, et surtout du drapé dont il fera un "traité d'anatomie" parodique où il s'amuse à donner des noms scientifiques aux plis de vêtements tels que "sardines de l'avant-bras" ou "grand souligneur du coude". Sachant qu'il est de formation autodidacte, beaucoup de ses confrères le considèrent comme un surdoué[réf. souhaitée].

Reconnaissance professionnelleModifier

Si son succès public est limité, Daniel Goossens jouit d'une grande reconnaissance dans le milieu de la bande dessinée, comme en témoigne l'obtention du grand prix d'Angoulême. Ainsi des auteurs comme Manu Larcenet, Marc-Antoine Mathieu, Blutch, Dupuy-Berberian, Guillaume Bouzard, Libon, Boulet, Pochep, B.Gnet ou encore Monsieur le chien le reconnaissent comme une influence. Il est également admiré par des auteurs comme Marcel Gotlib, Jean-Pierre Gibrat, Maëster, Kerbaj, Frank Margerin, Ptiluc, Matthieu Bonhomme ou Riff Reb's[8].

Souvent comparé à François Boucq, Goossens explique : « Nous avons été accusés mutuellement de nous copier. Il se trouve que nous avons fait carrière en parallèle, et que s'il y a eu des influences, elles proviennent de notre goût commun pour un certain style de dessin. Rien de plus[4]. »

En dehors du milieu de la bande dessinée, il a également influencé des humoristes comme Les Nuls. Dans l'émission La vraie histoire de... consacrée à l'acteur Benoît Poelvoorde[9], ce dernier amène l'équipe de tournage au domicile de Daniel Goossens à propos duquel il déclare : « C'est au-delà de l'admiration, c'est un homme extraordinaire ».

PublicationsModifier

Bande dessinéeModifier

PériodiquesModifier

 
Portrait de Goossens.
  • Sept récits courts dans Pilote, Dargaud, 1976-1977.
  • Une centaine de récits courts et gags dans Fluide glacial no 9-356, Audie, 1977-2006.
  • La Science mystérieuse des grands anciens, dans (À suivre) no 9-21, Casterman, 1978-1979.
  • La Vie d'Albert Einstein, dix-neuf histoires courtes dans Fluide glacial no 34-77, Audie, 1979-1982.
  • Trois récits courts, dans (À suivre), Casterman, 1979-1981.
  • « Le Crime était presque parfait à un poil près » (dessin), avec Marcel Gotlib (scénario), dans Fluide glacial no 53-56, Audie, 1980.
  • « L'Homme d'Isabrayka », dans Super Tintin no 14, Éditions du Lombard, 1981.
  • Neuf histoires courtes dans Le Petit Psikopat illustré no 2-10, 1982-1984.
  • Superdupont : « Naissance d’un surhomme » (dessin), avec Marcel Gotlib et Jacques Lob (scénario), dans Fluide glacial spécial Superdupont, Audie, 1982.
  • L'Encyclopédie des bébés, vingt-quatre récits courts dans Fluide glacial no 110-163, Audie, 1985-1989.
  • Trois histoires courtes dans Psikopat no 1-4, 1985.
  • Route vers l'enfer, six récits courts dans Fluide glacial no 114-119, Audie, 1985-1986.
  • Le Père Noël, trois récits courts dans Fluide glacial no 121-123, 1986.
  • Six histoires courtes dans Rigolo no 1-13, Les Humanoïdes associés, 1983-1984. Reprises dans Gag Mag no 1-5, Glénat, 1988.
  • Georges et Louis racontent, trente-neuf récits courts dans Fluide glacial no 171-382, Audie, 1990-2008.
  • « À la poursuite de Louis Boulanger », dans Lapin no 8, L'Association, 1995.
  • Jésus-Christ, sept récits courts dans Fluide glacial no 399-413, Audie, 2009-2010.

AlbumsModifier

  • Le Messie est revenu, Audie, coll. « Fluide glacial », 1979.
  • La Vie d'Einstein, Audie, coll. « Fluide glacial » :
  1. Enfance, 1980.
  2. Le Révolté, 1983.
  • Ga, Bédérama, 1980.
  • Le Romantisme est absolu, Audie, coll. « Fluide glacial », 1980.
  • « Naissance d'un surhomme » (dessin), avec Jacques Lob et Marcel Gotlib (scénario), dans Superdupont t. 4 : Oui nide iou, Audie, coll. « Fluide glacial », 1983, p. 7-16.
  • L'Esprit, le Corps et la Graine, Audie, coll. « Fluide glacial », 1984.
  • Laisse autant le vent emporter tout, Les Humanoïdes associés, coll. « H Humour Humanoïdes », 1985. Réédition L'Association, coll. « Éperluette », 2003.
  • L'Homme à la valise, Audie, coll. « Fluide glacial », 1986.
  • « La Légende du trésor d'Adam l'aventurier », dans Les Histoires merveilleuses des oncles Paul, Vents d'Ouest, 1986.
  • Route vers l'enfer, Audie, coll. « Fluide glacial », 1986.
  • L'Encyclopédie des bébés, Audie, coll. « Fluide glacial » :
  1. L’Encyclopédie des bébés, 1987.
  2. L’Acquisition du langage, 1988.
  3. Psychanalyse du nourrisson, 1990.
  1. Georges et Louis racontent, 1993.
  2. Introduction à la psychologie de bazar, 1994.
  3. La Fin du monde, 1997.
  4. La Reine des mouches, 2001.
  5. La Planète des moules, 2004.
  6. Panique au bout du fil, 2006.
  7. Sacré Comique, 2011.
  8. Passions, 2014.
  9. Combats, 2015 - Sélection officielle du Festival d'Angoulême 2016.
  • Adieu mélancolie, L'Association, coll. « Éperluette », 1994.
  • Voyage au bout de la lune, Audie, coll. « Fluide glacial », 1999.
  • « On n'est pas pas bœufs » (d'après Pierre Desproges), dans Desproges en BD, Jungle, 2005, p. 89-90.
  • « La Coccinelle du Gévaudan », dans Rubrique abracadabra, Dargaud, 2008, p. 18-19.
  • « Les Moustaches », dans Cicatrices de guerre(s), Éditions de la Gouttière, 2009.

IllustrationModifier

  • Frank, Diacétylmorphine, Futuropolis, coll. « Futuropolice nouvelle », 1984.

RechercheModifier

  • CREA : Compréhension, raisonnement et expressions artificiels / Construction de jeux interactifs et interfaces en langage naturel. Avec Vincent Lesbros, in L’imagination informatique de la littérature, actes du colloque de Cerisy, Presses universitaires de Vincennes, 1991.
  • Collaborations (textes mais aussi dessins de couverture et d'illustrations) aux publications des Presses de Vincennes : ArtInfo/MusInfo (1978), Lisp Bulletin (1978) et VLISP (1980)[10].
  • Articles, communications et documents de travail : 1978-2010[11], 2010-2018[5].

Prix et distinctionsModifier

RéférencesModifier

  1. « Festival d'Angoulême », sur Encyclopédie Larousse (consulté le 31 janvier 2019).
  2. David Vandermeulen, « Avant-propos », dans Jean-Noël Lafargue et Marion Montaigne, L'Intelligence artificielle : Fantasmes et réalités, Le Lombard, coll. « La petite bédéthèque des savoirs », , 72 p. (ISBN 978-2-8036-3638-9, lire en ligne), p. 9.
  3. a et b « Daniel Goossens, entre BD et IA », sur sciencesetavenir.fr, Sciences et Avenir, .
  4. a et b Goossens 1997-1998.
  5. a et b « Documents de Daniel Goossens », sur hal.inria.fr (consulté le 2 septembre 2019).
  6. « Daniel Goossens en interview pour planetebd.com ».
  7. Frémion 1997.
  8. « Ces auteurs qui considèrent aussi Goossens comme un génie », sur www.senscritique.com, .
  9. Émission diffusée sur M6 le 17 juillet 2011.
  10. « Les contributions de Daniel Goossens », sur ArtInfo–MusInfo.
  11. (en) « dblp: Daniel Goossens », sur dblp.uni-trier.de (consulté le 2 septembre 2019).
  12. a et b Thierry Groensteen et collectif, Primé à Angoulême : 30 ans de bande dessinée à travers le palmarès du festival, Éditions de l'An 2, (ISBN 2-84856-003-7).
  13. « Goossens, prix de la BD d’humour à Nantes », sur Tout en BD, .

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Monographie
Interviews
  • Daniel Goossens (int. par Jean-Philippe Renoux), « Entretien avec Goossens », dans Portfolio Goossens, A.P.J.A.B.D., (ISSN 0223-0844), p. 4-12.
  • Daniel Goossens (int. par Philippe Morin, Pierre-Marie Jamet, Emmanuel Moynot et Dominique Poncet), « Goossens », PLG, no 20,‎ , p. 21-31.
  • Daniel Goossens (int. par Christian Marmonnier et Évariste Blanchet), « Entretien avec Daniel Goossens », Critix, no 5,‎ 1997-1998, p. 5-20.
  • Moebius (int. Philippe Morin et Dominique Poncet) et Goossens, « Mœbius/Goossens, dialogue d'artistes », PLG, no 37,‎ 2002-2003.
Articles
  • Vincent Baudoux, « Daniel dans la fosse aux romans », dans 9e Art, no 3, janvier 1998.
  • Vincent Baudoux, « L'Équation de Goossens », Humoresques, Vincennes, Presses universitaires de Vincennes, no 10,‎ , p. 9-18 (ISBN 2842920511).
  • Évariste Blanchet, « Daniel Goossens téléphile », dans Critix, no 5, hiver 1997-1998, p. 37-40.
  • Évariste Blanchet, « Voyage au bout de la lune », dans Critix, no 10, hiver 1999-2000, p. 40-45.
  • Erwin Dejasse, « Daniel Goosens », Beaux-Arts Magazine, hors-série : Qu'est-ce que la BD aujourd'hui ?,‎ , p. 78-79 (ISSN 0757-2271).
  • Thierry Groensteen, « Le téléspectateur Flaubert », dans Les Cahiers de la bande dessinée, no 63, mai-juin 1985.
  • Thierry Groensteen, « Georges et Louis sont dans un bureau », dans 9e Art, no 3, janvier 1998.
  • Daniel Hugues, « Einstein est revenu », dans Les Cahiers de la bande dessinée, no 63, mai-juin 1985.
  • Bruno Lecigne et Jean-Pierre Tamine, « Goossens et la fission nucléaire », dans Les Cahiers de la bande dessinée, no 63, mai-juin 1985.
  • Dominique Poncet et Philippe Morin, « Bibliographie Goossens », P.L.G., no 20,‎ , p. 32-34.
  • Philippe Wurm, « Des volumes et des plis », dans Les Cahiers de la bande dessinée, no 63, mai-juin 1985.
  • « Gossens, notre Woddy Allen à nous », dBD, no 7,‎ , p. 64-68.

Liens externesModifier