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Daniel Auteuil
Description de cette image, également commentée ci-après
Daniel Auteuil lors de la présentation de son film La Fille du puisatier, pendant le salon du livre de Paris en 2011.
Naissance (69 ans)
Alger, Département d'Alger, Algérie
Nationalité Drapeau : France Français
Profession Acteur
Metteur en scène
Réalisateur
Films notables voir filmographie

Daniel Auteuil, né le à Alger, dans le département d'Alger (Algérie française), est un acteur, metteur en scène et réalisateur français.

Nommé douze fois aux Césars, il remporte en 1987 le César du meilleur acteur pour son rôle dans les films Jean de Florette et Manon des sources, puis un autre en 2000 pour La Fille sur le pont. Il remporte également en 1996 le Prix d'interprétation masculine du Festival de Cannes pour le film Le Huitième Jour.

BiographieModifier

Enfance et familleModifier

Daniel Auteuil naît à Alger lors d'une tournée de ses parents, Henri Auteuil (1926-2006) et Yvonne Castellan, chanteurs lyriques d'opéras et d'opérettes, qui se produisent dans cette ville, et où ils résident jusqu'à ses six mois[1].

Ses ancêtres paternels sont originaires d'Afrique du Nord, le patronyme « Auteuil » étant le nom qui a été attribué arbitrairement par l'Assistance publique à Alfred Auteuil, l'arrière-grand-père de Daniel Auteuil[2], un enfant trouvé à Alger en 1873, dont on ne connaît pas les origines[3]. Alfred Auteuil deviendra maçon et peintre en bâtiment et épousera à Alger le Henriette Urios (1879-1921). Leur fils, François Auteuil, naît le 1er août 1905 à Alger et deviendra serrurier.

Daniel Auteuil grandit à Avignon, d'où sont originaires ses parents. La fréquentation des théâtres où se produisent ses parents, les tournées notamment avec l'Opéra de Paris, le prédisposent à embrasser une carrière artistique. À quatre ans, il est déjà sur scène dans le rôle du fils de Madame Butterfly[4]. Vers l'âge de 7 ans, il vit à Nancy, ville dont il garde beaucoup de souvenirs. Il fait trois classes de quatrième en collège professionnel, et en est renvoyé[5].

Débuts de comédien (années 1960-1970)Modifier

À seize ans, Daniel Auteuil débute sur scène grâce à André Benedetto, qui anime une compagnie à Avignon, dans une pièce de Tchekhov, La Demande en mariage[6]. Pour faire plaisir à ses parents, il commence des études de géomètre et, le samedi soir, pour se faire un peu d'argent de poche, il tient le vestiaire d'une boîte de nuit[6].

En 1969, après avoir fréquenté entre autres le Lycée Philippe de Girard à Avignon, il monte à Paris avec son ami Roger Miremont[6]. Il s'inscrit aux cours d'art dramatique du Cours Florent. Malgré plusieurs tentatives, il ne sera jamais admis au concours d'entrée du Conservatoire national supérieur d'art dramatique.

En 1970, il fait ses débuts au théâtre national populaire dans Early Morning, puis joue, en 1972 et 1973, dans la comédie musicale américaine Godspell aux côtés, notamment, d'Armande Altaï, Dave et Michel Elias. Partenaire au théâtre d'Edwige Feuillère (La folle de Chaillot) et de Maria Pacôme (Apprends-moi, Céline), il connaît un triomphe sur les planches au côté de François Périer grâce au Coup de chapeau qui lui vaut le prix Gérard-Philipe 1979, décerné au meilleur jeune acteur de l’année. Il monte et interprète ensuite, pour la scène, Le Garçon d'appartement, que Gérard Lauzier adapté au cinéma en 1982 sous le titre T’empêches tout le monde de dormir.

En 1974, il fait ses débuts à la télévision sous la direction de Marcel Jullian dans la série Les Fargeot avant d'enchaîner aux côtés de Rellys, Jackie Sardou et Fernand Sardou, Adieu Amélie de Jean-Paul Carrère[7]. En 1977, il interprète le rôle de l'inspecteur Camaret dans une série de six épisodes, Rendez-vous en noir, d'après le roman de William Irish.

En 1975, Gérard Pirès, qui l’a fait tourner quelques années auparavant dans une publicité pour Mennen, se souvient de lui et offre son premier rôle à Daniel Auteuil au cinéma dans L'Agression aux côtés de Catherine Deneuve et Jean-Louis Trintignant.

Révélation et consécration (années 1980)Modifier

Mais, c’est en 1980 avec son interprétation d'un lycéen flemmard, dragueur et peu studieux dans Les Sous-doués, de Claude Zidi, qu’il accède à la notoriété et acquiert un statut de grand acteur comique. Le film connaît une suite, sortie en 1981 : Les Sous-doués en vacances.

Il va enchaîner les comédies populaires : T'empêches tout le monde de dormir (1981), Pour cent briques, t'as plus rien... (1982), P'tit Con (1983) ou encore Palace (1984). Il collabore alors avec des spécialistes du genre : Gérard Lauzier et Édouard Molinaro.

En 1986, il parvient à s'imposer spectaculairement dans un registre dramatique, aux côtés d’Yves Montand, Gérard Depardieu et Emmanuelle Béart. En effet, son interprétation d’Ugolin dans le diptyque Jean de Florette et Manon des sources, mis en scène par Claude Berri et adapté de l'œuvre de Marcel Pagnol, révèle son talent d'interprète dramatique et lui permet d'être sacré Meilleur acteur à la 12e Cérémonie des Césars.

Confirmation (années 1990-2000)Modifier

 
L'acteur devant Pascal Duquenne, pour la présentation du Huitième Jour, au Festival de Cannes 1996.

Dans les années 1990, il enchaîne les rôles d'un registre plus grave grâce à des réalisateurs comme Claude Sautet (Un cœur en hiver), André Téchiné (Ma saison préférée), Régis Wargnier (Une femme française), Christian Vincent (La Séparation) ou encore Jaco Van Dormael (Le Huitième Jour). Pour ce dernier film, il remporte, ex æquo avec Pascal Duquenne, le Prix d'interprétation masculine au 49e Festival de Cannes.

Il conclut cette décennie en remportant un nouveau César pour le rôle de Gabor, un lanceur de couteaux amoureux d'une fille mystérieuse et malheureuse jouée par Vanessa Paradis dans La Fille sur le pont de Patrice Leconte.

Durant les années 2000, il va alterner rôles dramatiques et comiques : il défend ainsi des rôles sombres dans des œuvres remarquées : L'Adversaire (2002), de Nicole Garcia, 36 quai des Orfèvres (2004), d'Olivier Marchal ou encore Caché (2005), de Michael Haneke. Il revient aussi vers la comédie sous la direction une fois encore de spécialistes du genre : Francis Veber pour Le Placard (2002) et La Doublure (2006), mais aussi Pierre Salvadori pour Après vous (2003) et l'expérimental La Personne aux deux personnes (2008), de Nicolas et Bruno.

Passage à la réalisation (années 2010)Modifier

 
L'acteur au Festival de Cannes 2013, où il est membre du jury présidé par Steven Spielberg.

Il va conclure cette décennie par un nouveau tournant de sa carrière, le passage à la réalisation. Il signe La Fille du puisatier, une adaptation de l'œuvre éponyme de Marcel Pagnol, avec Sabine Azéma, Kad Merad, Jean-Pierre Darroussin et Nicolas Duvauchelle[8]. La réception est positive, et il s'attelle donc par la suite à un projet encore plus ambitieux, une autre œuvre de Marcel Pagnol, la Trilogie marseillaise. Cependant, les deux premiers opus - Marius / Fanny - sortis en juillet 2013, ne rencontrent pas le public. César est annoncé pour 2014, mais ne sera jamais réalisé.[1]

En mai de la même année, il est membre du jury du 66e Festival de Cannes, présidé par Steven Spielberg[9].

En tant qu'acteur, après l'échec de la comédie Donnant Donnant (2010), troisième réalisation d'Isabelle Mergault, il se concentre dans un premier temps sur les drames : en 2012 sortent La Mer à boire, de Jacques Maillot et Le Guetteur, de Michele Placido ; puis en 2013, il est au casting de Jappeloup (2013), de Christian Duguay, et Avant l'hiver de Philippe Claudel.

C'est en 2015 qu'il revient à la comédie avec le film de bande Entre amis, d'Olivier Baroux. Il s'aventure aussi sur le terrain de l'humour noir avec Nos femmes, de Richard Berry. Les deux films sont des échecs critiques et commerciaux. De même pour la comédie d'aventure Les Naufragés, de David Charhon, sortie en 2016.

C'est dans le drame qu'il renoue avec le succès : après l'ambitieux film historique Au nom de ma fille, de Vincent Garenq, il tient le premier rôle masculin de Le Brio, d'Yvan Attal. La même année, il joue également dans un film italien, Les Confessions, de Roberto Andò.

En 2018, il dévoile sa quatrième réalisation, la comédie Amoureux de ma femme. Il est aussi la tête d'affiche de l'ambitieux film familial de fin d'année Rémi sans famille, d'Antoine Blossier, où il incarne le vieux et attachant Vitalis.

L'année 2019 le voit partager l'affiche de la comédie dramatique Qui m'aime me suive ! avec Catherine Frot. Il fait aussi confiance à Nicolas Bedos, qui le dirige pour son second film comme réalisateur, La Belle Époque.

En 2020, il retrouvera Patrice Leconte pour tenir le rôle-titre de Maigret et la jeune morte.

Engagements et hommagesModifier

En 2009, Daniel Auteuil est le parrain du Téléthon.

Une salle de théâtre est baptisée à son nom aux Cours Florent.

Vie privéeModifier

De 1978 à 1984, il vit avec l'actrice Anne Jousset. Ils ont une fille, Aurore, née en 1981. Il est depuis grand-père[5].

En 1984, il rencontre Emmanuelle Béart sur le tournage de L'Amour en douce, dont il chante d'ailleurs la chanson du générique, Que la vie me pardonne ! (le disque sort en 1985). Il partage la vie de l'actrice onze ans durant. Ils se marieront seulement en 1993, mais se sépareront en 1995. Ils ont une fille, Nelly, née le [10] (qui a épousé le 24 août 2018 Lucas Veil, fils d'Agnès Buzyn et de Pierre-François Veil et petit-fils de Simone Veil).

Jusqu’au début des années 2000, il partage la vie de la comédienne Marianne Denicourt.

En 2003, il rencontre l’artiste corse Aude Ambroggi, originaire de Bonifacio. Il l'épouse le à Porto-Vecchio, avec pour témoins le chanteur Dave et leurs amis Maxime Le Forestier, Christian Clavier et Élie Semoun. Le , un fils, Zachary, nait de leur union[11].

FilmographieModifier

ActeurModifier

CinémaModifier

Années 1970Modifier
Années 1980Modifier
Années 1990Modifier
Années 2000Modifier
Années 2010Modifier

TélévisionModifier

Vidéo-clipsModifier

RéalisateurModifier

ThéâtreModifier

ActeurModifier

Metteur en scèneModifier

DistinctionsModifier

DécorationsModifier

 
Daniel Auteuil recevant le César du meilleur acteur pour La Fille sur le pont, lors de la 25e cérémonie des César en 2000.

CinémaModifier

César du cinémaModifier

NominationsModifier

Autres récompensesModifier

ThéâtreModifier

PublicationModifier

  • Il a fait l'idiot à La Chapelle, Paris, Le Seuil, collection « Points », 2004.

Notes et référencesModifier

  1. Clara Géliot, « Les toutes premières fois de Daniel Auteuil », sur Le Figaro.fr, .
  2. Jean-Michel Frodon et Jean-Claude Loiseau, Jean de Florette : la folle aventure du film, Herscher, , p. 164
  3. Dictionnaire étonnant des célébrités, par Jean-Louis Beaucarnot et Frédéric Dumoulin, First éditions, 2015, page 24.[réf. non conforme]
  4. Bernard Boyé, Les légendes du cinéma français : Daniel Auteuil, Autres Temps, , p. 11.
  5. a et b Eric Libiot, « Daniel Auteuil : La concurrence, je m'en fous », sur L'Express.fr, .
  6. a b et c Bernard Boyé, Les légendes du cinéma français : Daniel Auteuil, Éditions Autres Temps, , page 12.
  7. Bernard Boyé, Les légendes du cinéma français : Daniel Auteuil, Éditions Autres Temps, , page 14.
  8. Bernard Boyé, Les légendes du cinéma français : Daniel Auteuil, Éditions Autres Temps, , page 39.
  9. Thomas Morel, « Festival de Cannes : le jury dévoilé », sur Europe 1.fr,
  10. Marie Claire : 50 ans de la vie des femmes, Éditions Marie Claire, , p. 146
  11. Matthieu Ecoiffier, « Daniel Auteuil, ses confessions », Libération.fr, 23 janvier 2017.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier

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