Désiré Bianco

militaire français

Désiré Bianco
Désiré Bianco

Naissance
Marseille
Décès (à 13 ans)

Mort au combat
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Conflits Première Guerre mondiale
Distinctions Citation à l'Ordre du Corps de l'Armée française d'Orient
Médaille militaire
Numéro un de la Légion des Mille

Désiré Bianco, né le à Marseille et mort tué à l'ennemi le , est un soldat français durant la Première Guerre mondiale. Il est considéré comme le plus jeune mort pour la France de la Grande Guerre[1],[2],[3]. À ce titre, il porte le matricule numéro Un au sein de la Légion des Mille.

BiographieModifier

Origine et prime enfanceModifier

Originaire de Caraglio, province de Coni, dans le Piémont italien, la famille Bianco est pauvre. Elle émigre en France et s'installe à Marseille, dans le quartier ouvrier de Menpenti[4], où naît[5],[6],[7] Désiré Bianco[5] le [5]. Il a une sœur prénommée Alice.

À la déclaration de la Première Guerre mondiale en , Désiré fréquente une école proche des casernes du 6e régiment de hussards où il voit « la foule [qui] se presse sur le passage des troupes [où] défilent les fantassins, la fleur au fusil, et ses chers hussards en tenue de campagne, fleuris eux aussi et acclamés comme peuvent s'en souvenir les témoins oculaires[8]... ».

Cet évènement fait naître chez Désiré un fort sentiment patriotique et un seul objectif qui est celui de suivre ces soldats. Il attend dès lors l'occasion qui va se présenter quelques mois plus tard.

Engagement et faits d'armesModifier

Volontaire en , il suit le 6e hussards sur le front de la Meuse au sein du groupe cycliste du 1er escadron. En mars, il est renvoyé à l'arrière puis réussit à nouveau à monter au feu avant d'être restitué à ses parents.

N'abandonnant pas son idéal, Bianco s'embarque clandestinement le depuis le port de Toulon sur le France, paquebot chargé de convoyer le 58e régiment d'infanterie coloniale (58e RIC) à destination du détroit des Dardanelles en Turquie où, depuis le mois de février, un corps expéditionnaire anglo-français tentait une percée sur le front d'Orient. Quelques jours plus tard, la flotte alliée débarque à Seul-Bahr[9] sur une plage de la péninsule de Gallipoli.

Le [5] à 17 h 15, l'attaque générale se déclenche. Bianco devant demeurer dans une tranchée, le lieutenant Asquier du 58e RIC lui prend fusil et baïonnette en échange de son propre sabre. Ne pouvant se maîtriser, Bianco s'élance alors à la tête de la compagnie, « levant le sabre qui lui a été confié et criant : « En avant ! À la baïonnette ! » […] avant d'expirer à quelques mètres du fortin ennemi[10] » dit de l'haricot[5].

Honneurs posthumesModifier

Bianco est cité à l'ordre de l'Armée française d'Orient (AFO) par le général Cordonnier le [11].

Le , il est déclaré Mort pour la France par un jugement du tribunal de Marseille[5].

En , il est inscrit comme numéro Un au sein de la Légion des Mille[12].

En , un buste à son effigie est érigé à Toulon, devant la caserne Grignan. Le texte de la stèle est le suivant :

« In memoriam.
Corps expéditionnaire des Dardanelles.
Citation à l'ordre du Corps d'armée BIANCO Désiré, pupille du 58e RIC.
Jeune enfant de 13 ans, n'écoutant que ses sentiments enthousiastes est parvenu à se glisser sur le transport La France avec les hommes du 58e régiment d'infanterie coloniale embarqués sur ce paquebot.
Débarque à Sedul Bahr Dardanelles avec ce régiment.
A fait preuve de vaillance et de grand courage à l'assaut du où il a été tué en s'élançant aux cris de « En avant à la baïonnette ! »
Général Cordonnier
Au GQA le . »

Une avenue porte également son nom à Marseille[4].

Notes et référencesModifier

  1. Leclercq 2014.
  2. « 11-Novembre : le plus jeune « mort pour la France » était parti de Toulon », sur Nice-Matin, (consulté le ).
  3. « 11-Novembre : le plus jeune « mort pour la France » était parti de Toulon », sur Var-Matin, (consulté le ).
  4. a et b « Ces personnages oubliés de la guerre 14-18 », sur L'Express, (consulté le ).
  5. a b c d e et f Mémoire des hommes.
  6. Il existe deux versions quant au lieu de naissance de Désiré Bianco : selon L'Express il serait né à Caraglio et selon le rédacteur de La revue de la légion des Mille, il serait natif de Marseille.
  7. Selon le registre 4 des naissances de l’année 1902 de Marseille, folio 141 verso, acte no 561, Désiré François Bianco est bien né à Marseille, 2 rue Thibaut, fils de Jean, journalier et de Mathilde Françoise Clotilde Tron, journalière.
  8. Raoul Estripaut, jeune volontaire de 17 ans, relate cet épisode à l'occasion du 25e anniversaire de la Légion des Mille, ayant été de ceux qui ont pu assister à la scène.
  9. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6908210d.
  10. Cette version est attestée par deux témoignages : celui du soldat Louis Nicolas (cf. article de l'Express) ; celui du soldat Péchamat (cf. La revue de la légion des mille).
  11. Historique du 58e régiment d'infanterie coloniale pendant la grande guerre (1914-1918), Toulon, Mouton et Combe, , 31 p., in-16 (BNF 42716125, lire en ligne), p. 16 [lire en ligne (page consultée le 10 juillet 2016)].
  12. « La Légion des Mille », sur Fédération nationale des combattants volontaires (consulté le ).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier