Département d'Oruro

département de Bolivie

Département d'Oruro
Blason de Département d'Oruro
Héraldique
Drapeau de Département d'Oruro
Drapeau
Département d'Oruro
Panorama près de Chipaya (Sabaya).
Administration
Pays Drapeau de la Bolivie Bolivie
Gouverneur Jhonny Franklin Vedia (2021-2026)
Capitale Oruro
ISO 3166-2 BO-O
Démographie
Gentilé Orureño, Orureña
Population 494 587 hab. (2012)
Densité 9,2 hab./km2
Géographie
Superficie 5 358 800 ha = 53 588 km2
Localisation
Localisation de Département d'Oruro

Le département d'Oruro est un département de l'ouest de la Bolivie, situé dans les Andes. Sa capitale est la ville d'Oruro. Sa population s'élève à 494 587 habitants en 2012. Le département est créé le par un décret du président Antonio José de Sucre.

GéographieModifier

LocalisationModifier

D'une superficie de 53 588 km2, il est le troisième plus petit département bolivien, après ceux de Chuquisaca et de Tarija. Le département est situé au centre-ouest de la Bolivie. Il est limité au sud par le département de Potosí, à l'ouest par le Chili, à l'est par les départements de Potosí et de Cochabamba, et au nord par le département de La Paz.

ReliefModifier

Deux zones se partagent le département :

ClimatModifier

Le climat est essentiellement froid, et sur la Cordillère occidentale, le thermomètre peut atteindre des températures polaires. La température annuelle moyenne est de 9 ° C, atteignant 20 ° C en été au milieu de la matinée et une partie de l'après-midi. La différence de températures minimales entre l'hiver et le printemps et l'été dépasse 10 ° C. Selon la classification climatique de Köppen, les climats présents dans le département sont semi-aride froid (BSk) et aride froid (BWk)[1].

HydrographieModifier

Le río Desaguadero est situé partiellement dans le département. Long de 436 km, il relie le lac Titicaca au lac Poopó.

HistoireModifier

En 1585, le prêtre Francisco de Medrano baptise l'endroit où est situé le village d'Ururu (maintenant la ville d'Oruro) sous le nom de San Miguel de Oruro. Celui-ci est réputé pour ses ressources minières[2].

Le , Miguel de Castro y Padilla (es), l'oidor de l'Audience royale de Charcas (es), une entité politico-judiciaire espagnole, fonde officiellement la ville sous le nom de San Francisco de Austria[2].

À la suite du remplacement de petits mineurs au bénéfice des plus grands, une révolte (es) éclate le contre la vice-royauté espagnole. Les protestations sont violemment réprimées par le gouvernement.

Le , l'émancipation de la région à l'égard des autorités coloniales s'est toutefois poursuivie par la déclaration d'Oruro faite par le membre de la Première Junte, Tomás Barrón. Aidé par des combattants venus de Cochabamba, le pouvoir royaliste est évacué d'Oruro, le . Les milices de Cochabamba et d'Oruro repartent ensemble vers le nord à la rencontre des troupes royalistes envoyées pour réprimer l'insurrection d'Oruro. Le , les milices peu armées, remportent contre les troupes royalistes, la bataille d'Aroma (es), considérée comme un jalon important de l'indépendance bolivienne[3],[4].

Quant au département en lui-même, il faut attendre le , où il est créé par décret suprême, sous la présidence du maréchal d'Ayacucho et deuxième président de la Bolivie, Antonio José de Sucre.

PopulationModifier

Langues parléesModifier

Les principales langues parlées dans le département sont l'espagnol, l'aymara et le quechua. Aussi, la quasi-totalité des locuteurs boliviens du Chipaya sont situés dans le département, la langue occupe d'ailleurs la quatrième position des langues les plus parlées. Le tableau suivant présente le nombre d'habitants du département âgés de six ans et plus en fonction de leur langue principalement parlée pour l'année 2012[5].

Langue Département Bolivie
Espagnol 272 683 5 424 685
Aymara 64 011 836 570
Quechua 50 171 1 339 919
Chipaya 1 366 1 383
Autre langue autochtone 274 72 338
Autre langue 2 761 146 683

Évolution démographiqueModifier

Le tableau suivant présente la population du département selon les recensements boliviens. Il est à noter que les résultats antérieurs à 1882 peuvent avoir une fiabilité variable, considérant les méthodes d'estimation de l'époque qui pouvaient s'appliquer à des territoires plus étendus[6].

Évolution démographique du département d'Oruro
1831 1835 1845 1854 1882 1900 1950 1976 1992
84 100111 00095 32491 751111 37286 081192 356310 409340 114
2001 2012 2022 - - - - - -
392 451494 587------

Villes principalesModifier

 
Rue de la capitale départementale, Oruro.

Le tableau suivant présente les villes ayant une population supérieure à 20 000 habitants en 2012, tel que comptabilisé par le recensement bolivien de cette même année[7].

Ville Population

(2001)

Population

(2012)

Oruro 201 504 264 943
Challapata 24 370 28 304
Huanuni 19 428 24 677
Caracollo 20 619 23 115

Divisions administrativesModifier

Le département d'Oruro est divisé en 16 provinces et en 35 municipalités :

Province Chef-lieu Superficie

(km²)

Population

(2012)

Carte des provinces
Carangas Corque 5 472 11 071  
Cercado Oruro 5 766 309 629
Eduardo Avaroa Challapata 4 015 32 355
Ladislao Cabrera Salinas de Garcí Mendoza 8 818 14 851
Litoral Huachacalla 2 894 10 409
Nor Carangas Huayllamarca 870 5 502
Pantaléon Dalence Huanuni 1 210 29 497
Poopó Poopó 3 061 16 806
Puerto de Mejillones La Rivera 785 2 076
Sabaya (anc. Atahuallpa) Sabaya 5 885 10 924
Sajama Curahuara de Carangas 5 790 9 391
San Pedro de Totora Totora 1 487 5 531
Saucarí Toledo 1 671 10 149
Sebastián Pagador Santiago de Huari 1 972 13 897
Sur Carangas Santiago de Andamarca 3 536 7 232
Tomas Barrón Eucaliptus 356 5 267

TransportsModifier

 
Route nationale 4 près de Lequepalca.

La ville d'Oruro est la première capitale départementale et deuxième ville de Bolivie à être desservie par un chemin de fer. Le , la ville est reliée par voie ferrée avec la ville d'Uyuni et conséquemment celle d'Antofagasta, ceci contribuant au progrès, à la modernité et à la croissance économique de la ville et du département pour plusieurs décennies. Il faut attendre plusieurs années afin qu'une deuxième grande ville bolivienne soit reliée par chemin de fer, en effet, c'est en 1905 que La Paz obtient sa voie ferrée. Le chemin de fer constitue toujours aujourd'hui un moyen de transport utilisé par la population[8].

Le département d'Oruro est également desservi par plusieurs routes nationales d'importance, telles que les routes 1, 4, 6, 12, 27, 30, 31, 32 et 44. La plupart de celles-ci sont complètement asphaltées.

Par ailleurs, le principal aéroport du département se situe dans la capitale, il s'agit de l'aéroport international Juan Mendoza, offrant des liaisons régulières avec Cochabamba, La Paz et Santa Cruz de la Sierra.

ÉconomieModifier

Le département d'Oruro constitue le noyau historique de l'industrie minière bolivienne, il est notamment à ce titre le premier producteur d'étain de tout le pays. Le département produit également plusieurs produits andins comme le quinoa et la patate et procède à l'élevage de camélidés tels que le lama et l'alpaga[9].

En 2018, le produit intérieur brut du département représente environ 2 000 millions de dollars, ce qui représente 5 % du PIB national. Le PIB par habitant est quant à lui de 3 849 $ US. Quant aux activités économiques dominantes du département, le secteur minier représente environ 27,16 % du PIB départemental, celui de l'administration publique en représente 20,34 % et celui du transport, de l'entreposage et des communications en représente 10,95 %[9].

Outre ses activités minières, agricoles et d'élevage, le département se distingue par sa production de boissons non alcoolisées, de bière, son industrie alimentaire, de textiles, de produits non métalliques et de bois. Toutefois, malgré son importance, le tourisme a une importance limitée dans l'activité économique globale départementale[10].

TourismeModifier

 
Flamants roses sur le lac Poopó.

Situé à la rencontre de l'altiplano et des hauts sommets andins, le département dispose de plusieurs attraits naturels sur lesquels repose en grande partie son industrie touristique. La région est caractérisée par son relief montagneux, il s'y trouve donc des gisements minéraux, des sources thermales, des volcans actifs, des lacs, des déserts et des salars. La liste qui suit présente des attraits touristiques importants du département d'Oruro.

Carnaval d'OruroModifier

 
Costumes typiques de la diablada lors du carnaval de 2011.

Le carnaval d'Oruro est un événement culturel qui puise ses racines dans les traditions des peuples andins et dans la religion catholique, introduite lors de la colonisation espagnole. Initialement un festival visant à invoquer la Pachamama, il s'est transformé, œuvre du syncrétisme religieux, en une célébration de la Vierge Marie, le tout dans un cadre festif. Durant plusieurs jours, des danseurs et des musiciens paradent dans la ville, révélant des danses et des airs issus du folklore bolivien, et ce, dans la diversité des nations qui composent le pays. L'une des danses les plus emblématiques du festival est la diablada. Le carnaval jouit d'une renommée internationale et attire en moyenne 400 000 visiteurs par année. Il est en outre inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO[19],[20].

Notes et référencesModifier

  1. DB-City, « Département Oruro, Bolivie », sur fr.db-city.com (consulté le )
  2. a et b (en) Embajada de Bolivia en Canadá, « Departamento de Oruro », sur Embajada de Bolivia en Canadá (consulté le )
  3. (es) La Razón, « Esteban Arze encabezó la revolución de septiembre », sur www.bolivia.com, (consulté le )
  4. (es) Redacción Central, « La rebelión de Oruro en un momento político importante », sur Opinión Bolivia, (consulté le )
  5. (es) Instituto Nacional de Estadística, Censo de Población y Vivienda 2012 Bolivia - Características de la población, La Paz, , 200 p. (lire en ligne), p. 36
  6. (es) Instituto Nacional de Estadística, Censo de Población y Vivienda 2012 Bolivia - Características de la población, La Paz, , 200 p. (lire en ligne), p. 11-12
  7. « Noticias | CENSOS », sur censosbolivia.ine.gob.bo (consulté le )
  8. (es) Reynaldo Carlos Alí, « El primer ferrocarril en Oruro - Periódico La Patria (Oruro - Bolivia) », sur Periódico La Patria, (consulté le )
  9. a et b (es) Dirección de Análisis Productivo - Ministerio de Desarrollo Productivo y Economia Plural, Estado Productivo del Departamento de Oruro, La Paz, , 17 p. (lire en ligne), p. 1-3
  10. (es) Dirección de Análisis Productivo - Ministerio de Desarrollo Productivo y Economia Plural, Estado Productivo del Departamento de Oruro, La Paz, , 17 p. (lire en ligne), p. 9-10
  11. a b c et d (es) Bolivia Turismo, « Turismo en Oruro », sur www.boliviaturismo.com.bo (consulté le )
  12. (en) Bolivia Travel Site, « Cala Cala, Oruro », sur BoliviaTravelSite, (consulté le )
  13. Bolivia es turismo, « Lac Uru Uru - Oruro », sur La Bolivie est le tourisme, (consulté le )
  14. Émilien Buffard, « En Bolivie, les orphelins du Poopó pleurent leur lac disparu », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie, (consulté le )
  15. (es) Bolivia en tus manos, « Cultura Milenaria Chipaya | Información turística », sur Boliviaentusmanos.com (consulté le )
  16. (es) Servicio Nacional de Áreas Protegidas, « Parque Nacional Sajama – Fauna », sur sernap.gob.bo (consulté le )
  17. (es) Servicio Nacional de Áreas Protegidas, « Parque Nacional Sajama – Vegetación y Flora », sur sernap.gob.bo (consulté le )
  18. Bolivia Excepción, « Le Parc National Sajama en Bolivie : guide de voyage », sur Bolivia Excepción, (consulté le )
  19. (es) Página Siete, « Oruro celebra hoy 239 años de su efeméride con miras al comercio, la quinua y el turismo », sur www.paginasiete.bo, (consulté le )
  20. UNESCO, « Carnaval d'Oruro », sur ich.unesco.org (consulté le )

Voir aussiModifier

Liens externesModifier